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Homélie pour le 18ème Dimanche du T.O B (1er Août 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Homélie pour le 18ème Dimanche du T.O B (1er Août 2021)

Frères et Sœurs,

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à savoir reconnaître le don de Dieu. Ce don est un cadeau gratuit qu’il nous fait pour nous manifester son amour infini. C’est ce cheminement que nous trouvons dans la 1ère lecture : A peine les hébreux avaient-ils traversé la mer Rouge qu’ils commençaient à récriminer contre Moïse et Aaron. Ils regrettaient déjà le confort qui leur était assuré par leur vie d’esclaves, car ils avaient l’assurance d’avoir à manger. Dans leur nouvelle condition ils avaient perdu cet avantage et ils risquaient de mourir de faim et de soif dans ce lieu inhospitalier.

Ces récriminations, Dieu les entend : il leur donne cette nourriture spéciale appelée « manne » ; mais ce don qu’il leur fait est aussi une épreuve, un test pour éprouver leur foi : il leur interdit de faire des réserves ; la Manne avait lieu pour la première fois dans une répartition de justice et d’égalité entre toutes les familles : « Celui qui en avait ramassé beaucoup n’eut rien de trop ; celui qui en avait ramassé peu ne manqua de rien. Ainsi, chacun en avait recueilli autant qu’il pouvait en manger. » (Exode 16,18). Ce miracle quotidien dura jusqu’à l’entrée en Terre Promise : « Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés. À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. » (Josué 5,11-12a).

Dans l’Évangile, nous retrouvons Jésus qui vient de nourrir une foule affamée ; pour ces pauvres gens, c’est quelque chose d’extraordinaire : ils viennent à lui pour qu’il réponde à leurs besoins matériels. Mais Jésus ne veut pas être pris pour un « super boulanger » ; ce n’est pas sa mission : il a bien mieux à leur proposer. C’est dire que nos prières ne doivent pas se limiter à de simples demandes matérielles : ce que le Seigneur veut nous donner est bien plus important. La priorité ce n’est pas les biens que nous possédons, ni ceux que nous voulons posséder. Car tout cela est périssable. Aujourd’hui, Jésus voudrait nous révéler une autre nourriture, un pain “venu du ciel” pour la Vie Éternelle.

L’Évangile nous parle donc du “vrai pain”, “le pain de Dieu”, “le pain de vie”, “le pain venu du ciel”. Ce n’est pas comme la manne que les anciens ont mangée dans le désert. Cette nourriture largement offerte à tous c’est d’abord la parole de Jésus : “L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Dt. 8. 3). Jésus est également nourriture par son Corps et son Sang ; cette nourriture est offerte à tous lors de la célébration Eucharistique.

Actuellement, le même Christ voit tous ces jeunes et moins jeunes qui courent vers les plaisirs que procure la société de consommation, la drogue, l’alcool, les décibels. Il voit tous ces gens qui sont angoissés parce qu’ils ont perdu leur emploi. Il leur manque un climat d’amour. Nous chrétiens, nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour qui est en Dieu et le communiquer à tous ceux qui nous entourent.

Comme les hébreux du désert, comme la foule autour de Jésus, nous exigeons toujours de nouveaux signes pour éclairer notre foi car nous voulons faire l’œuvre de Dieu. La réponse se trouve dans la Parole qui nous est donnée aujourd’hui : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » (v.29). Le Christ se donne à tous ceux et celles qui faim de sa Parole et de son Pain. Lui seul peut nous guider sur le chemin de la conversion. Rendons-lui grâce pour ce don qu’il nous fait.

 

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Homélie pour le 17ème Dimanche du T.O B (25 Juillet 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Dans son récit, saint Jean ne nous parle pas de miracle mais plutôt de « signe ». Ce n’est pas anodin car derrière ce geste, Jésus nous dit quelque chose de lui et de son Père. Comme Élisée (dans la 1ère lecture), il nous montre que Dieu voit la souffrance des hommes et qu’il n’est pas indifférent à leur situation. En effet, dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus est suivi par une foule immense de personnes ; elles sont désireuses de lui soumettre leurs problèmes, leurs souffrances, leurs maladies, leurs échecs, leurs difficultés. En venant à lui, elles espèrent trouver une solution à leurs soucis ; il y en a aussi qui le suivent peut-être par simple curiosité ; mais Jésus qui ne néglige rien de l’humain constate que la foule est affamée, et qu’il faut donc la nourrir.

Bien sûr, il y a la faim physique ; et en cette période de pandémie nous y pensons tous. Beaucoup s’inquiètent de la diminution de leurs ressources pour pouvoir manger et se loger. Oui, bien sûr ; mais il y a aussi toutes les autres faims qu’un être humain peut éprouver, faim d’être écouté, de pouvoir donner son avis, faim de respect, de dignité faim de se rencontrer, de vivre sans restriction, …

Et Jésus sait que « ventre affamé n’a pas d’oreille ». Quand on a trop faim, on n’écoute plus. Alors, comme Élisée l’avait fait avec le peu de nourriture qu’il avait, Jésus dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Cette parole, il nous faut l’entendre et la prendre au sérieux. Cependant, comme Philippe, nous pouvons être tentés de dire : « Cet enfant n’a que cinq pains et deux poissons ; qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » Nous pouvons nous reconnaître dans cette réaction quand nous nous entendons dire : « L’Europe ne peut pas tout faire… Ce n’est pas à nous de relever les économies des pays pauvres… ou d’accueillir toute la misère du monde,… » C’est à ces moments précis qu’il nous est bon de réentendre le Christ nous dire : « Donnez-leur vous-même à manger. » Car c’est toujours avec le petit peu que nous avons que Dieu peut agir. Si cet enfant n’avait pas donné ses cinq pains et ses deux poissons, il ne se serait rien passé. Dieu a besoin de nos gestes de partage pour réaliser de grandes choses. Une pauvre femme disait à saint Vincent de Paul : « Si les pauvres ne partagent pas, qui le fera ? » Dieu a tant besoin du peu que nous avons pour faire de grande chose, le peu d’amour, le peu de biens matériels, le peu de disponibilité, …

Aussi, un autre geste révélateur de Jésus. Il fait ramasser les restes pour que rien ne se perde. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à cet immense gaspillage de nourriture dénoncé par le pape François dans son encyclique « Laudato Si ». Que Dieu nous donnes la grâce de la bonne gestion des ressources de la Terre.

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Homélie pour le 16ème Dimanche du T.O B (18 Juillet 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Voici que les apôtres reviennent de la mission que Jésus leur avait confiée. Ils lui rapportent donc tout ce qu’ils ont fait et enseigné. Et lui, les invite à venir à l’écart pour se reposer “dans un endroit désert”. Bien sûr, ils en avaient besoin ; mais le plus important était ailleurs : Car tout apostolat a besoin de se nourrir de méditation et de contemplation. Et c’est à cela que Jésus les invite, dans le silence et la prière. Et de nos jours, nous voyons également de plus en plus de gens qui cherchent cette forme de repos dans des endroits calmes et retirés, les monastères par exemple.

Mais nous voyons bien que tout ne se passe pas comme prévu : au lieu du silence dans le désert, c’est une foule immense qui cherche à voir Jésus, à le toucher et à l’entendre. Face à cette foule, le Christ est saisi de pitié. Il ne supporte pas de les voir partir dans tous les sens comme des brebis sans berger. Alors, il prend lui-même le relai et se met à les enseigner longuement.

Aujourd’hui encore nous vivons dans un monde blessé par les guerres, les violences, le désespoir, le chômage, la peur du Virus, mais aussi du vaccin, et que sais-je encore. Nous pouvons aussi penser à tous ces enfants qui ne peuvent pas bénéficier de l’école. Aux personnes victimes d’exploitation et d’injustice. A ces jeunes désorientés qui deviennent la proie de toutes les tentations. Sans compter que beaucoup croient trouver leur bonheur dans des sectes ou loges maçonniques. D’autres foules courent après l’argent, le confort, les richesses matérielles. Ils croient qu’avec plus d’argent et plus de confort, ils seront plus heureux. Mais ils s’aperçoivent au final que tout cela ne suffit pas à leur soif de bonheur.

Ainsi le grand manque dont Jésus a pitié, c’est donc l’ignorance, c’est l’erreur dans laquelle les foules sont immergées. « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Et pour répondre à ce besoin essentiel, Jésus enseigne longuement. C’est dire que le 1er service que Jésus rend aux foules désorientées, c’est de les réorienter. Il enseigne le sens profond de la vie humaine. Le Seigneur, “Berger de toute humanité” ne cesse de nous appeler à revenir vers lui. Lui-même vient à notre rencontre. Il nous rejoint dans l’Eucharistie que nous célébrons en ce dimanche. Il vient nous apporter la lumière de sa présence et la chaleur de son amour.

Ce don merveilleux que nous recevons du Seigneur, nous ne pouvons pas le garder pour nous. Il nous est donné pour être communiqué à tous ceux et celles qui nous entourent. Tous, nous sommes ensemble responsables de cette immense prédication. Nous savons que cette mission dépasse nos possibilités humaines. Mais si le Seigneur nous appelle à lui c’est pour refaire nos forces, nous ressourcer. Il nous envoie vers les foules de notre temps, en particulier les plus petits, ceux et celles qui sont avides de justice et de paix.

Dans ce monde souvent désemparé et déboussolé, nous sommes tous envoyés pour témoigner de la tendresse de Dieu. En ce jour, nous prions le Seigneur de mettre en nous cette tendresse et cette pitié envers les brebis sans berger d’aujourd’hui.

 

 

 

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Homélie pour le 14ème Dimanche du T.O B (04 Juillet 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

À force de voir chaque soir le coucher du soleil, nous finissons par ne plus admirer sa beauté. En effet, la proximité semble engendrer une certaine myopie. Nous devenons incapables d'apprécier. Ainsi, les gens du temps de Jésus attendaient un libérateur de leur situation sociale; ce qui fait qu’ils  n’ont vu en Jésus que le fils de Marie. Ils manquaient de distance entre ce qu’ils voyaient et ce qu’ils attendaient. C’est dire que Jésus était trop connu chez lui pour être cru. Mais si ses auditeurs trébuchent, c’est qu’ils ne savent pas voir le chemin qui leur est proposé. Un peu comme nous tous parfois. Ils sont incapables de voir au-delà du fils de Marie. Aujourd’hui encore, comme à cette époque, Jésus est toujours étonné de notre manque de foi. Oui, Jésus souffre, désemparé de ce que l’on puisse ainsi refuser la bonté de Dieu qui se propose. Et à cause de notre indifférence à la présence de Dieu dans nos vies, Jésus est là, impuissant ; et il ne peut accomplir aucun miracle chez nous. Comme dans son pays, où méconnu, il n’a pu rien faire, sauf guérir quelques malades en leur imposant les mains. 

Et pourtant Dieu n'a jamais fini de nous dérouter. Car malgré notre méconnaissance, il ne cesse pas de nous parler, même quand nous refusons de l’entendre. Malheureusement, plus Jésus devient proche de nos vies, plus sa présence nous crève les yeux, et il devient méconnaissable. D’où cette question dimanche dernier : « Aux dire des gens qui suis-je ? » Oui qui est Jésus pour toi, pour moi, pour nous? Serait-ce le Dieu caché, l’inconnu, le refusé ou bien, comme a su le dire St Pierre : « le fils de Dieu ». Nous voici donc interpellés, nous qui sommes du pays de Jésus, sa parenté, ses frères et sœurs par le baptême. Nous sommes donc comme les concitoyens de Jésus chaque fois que nous refusons de nous laisser déranger, de remettre en question notre croyance. Nous déplorons que notre société soit corrompue, que l’individualisme nous empêche de répondre à la souffrance des autres. Mais une réalité demeure : dans toutes les religions du monde, il y a des hommes et des femmes capables d’un regard pénétrant, capables de voir vivre la vie qui se cache derrière les pires scènes de désolation. Nous devons dénoncer les injustices que subissent les faibles et leur permettre d’espérer. Nous devons redonner  la dignité aux exclus et leur faire espérer un monde meilleur.

Par nos gestes et nos paroles, saurons-nous redire le Dieu de Jésus?  Quelle est notre réaction lorsque les événements nous invitent à vivre autrement nos valeurs ? Saurons-nous et savons-nous le reconnaître, quand il vient par des chemins trop familiers  ou des témoins très proches de nous ? Ne nous enfermons pas dans des idées préconçues. Ne nous enfermons pas dans des réponses toutes faites. Un prophète, c'est un voisin, un collègue, une vieille, un jeune... des gens tout simples, tout simplement fidèles, à travers lesquels Dieu nous interpelle. Saurons-nous voir en eux des envoyés de Dieu ?  Jésus est la nouveauté qu’il ne faut pas chercher en dehors de nous-mêmes, ni conquérir par la force, mais qu’il faut simplement reconnaître dans le quotidien et accueillir avec foi.

 

 

 

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Homélie pour le 13ème Dimanche du T.O B (27 Juin 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Les Écritures d'aujourd'hui portent sur un sujet qui cause beaucoup de consternation : la mort. Dieu n'a pas fait la mort,  pas plus qu'il ne prend plaisir à la maladie ou au mal-être. Voilà ce qui ressort du livre de la Sagesse, environ 50 ans avant la naissance de Jésus. Mais à cette période, la justice laissait à désirer, car il y avait une oppression et une exploitation croissante des pauvres de la part des dirigeants. Je ne sais pas, si c’est mieux aujourd’hui. Toujours est-il que l’auteur dit que le mal ne peut venir de Dieu.  Le mal et la mort sont des accidents passagers et ils n’auront pas le dernier mot puisque Dieu est un Dieu de vie. Ce message  prépare celui de l’évangile du jour : Dieu ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Toute l'action et toutes les paroles de Jésus le proclament et l'évangile d'aujourd'hui nous présente deux récits qui véhiculent un même message de foi par rapport à la vie.

Deux femmes sont donc au centre du récit de Marc, la petite fille de Jaïre âgée de douze ans et celle en perte de sang depuis douze ans. L'une était pauvre, l'autre issue d'une illustre famille.  Mais les ressources humaines de la médecine n’ont pas pu les guérir, et Marc fait ainsi ressortir la puissance de la foi. C’est dire que notre relation à Dieu n'est pas dictée par notre situation sociale, religieuse, économique, non. Cependant, la confiance de Jaïre et de cette femme nous invite  à toucher Jésus qui marche au milieu de nous. «Si je pouvais seulement toucher la frange de son manteau... Sois sans crainte, crois seulement. ». Notons que Jaïre et la femme non nommée  ont mis leur espoir en Jésus. Et, de fait, ils deviennent pour nous une bonne nouvelle. Mais cette femme a plus que touché Jésus, car elle est entrée en relation de personne à personne avec lui. Son geste anonyme est devenu rencontre de foi : « Va, ta foi t’a sauvée ». Et de son côté également, Jaïre a plus que rencontré Jésus puisqu’il s'est ouvert à sa parole: crois seulement. Il a fait route avec lui, il a entendu Jésus dire à sa fille: lève-toi.

La foi éclaire de l'intérieur les réalités de nos vies, elle leur donne un autre sens, une autre direction. Dans les deux récits, Dieu se soucie de la vie des autres. Ainsi, se réjouirait-il vraiment de ce que notre humanité, capable d'envoyer des engins dans l'espace et rêvant de s'installer sur Mars, n'ait pas encore trouvé le moyen de nourrir tous ceux qui sont sur Terre ? Il y a encore des peuples entiers confrontés au manque de nourriture, à l’absence de médicaments susceptibles d’enrayer la diarrhée du nourrisson, le VIH. Il y a encore des hommes et des femmes, seuls ou accompagnés de leurs enfants, qui fuient leur village, leur pays. Et Jésus nous indique que c’est à nous de continuer son œuvre, qu’il nous faut faire ce qui est de notre pouvoir pour donner toutes ses chances à la vie.

Aujourd'hui, dans les textes liturgiques, une femme est guérie parce qu'elle a touché le manteau de Jésus avec toute sa foi. Une fille de douze ans revient de la mort parce que son père a été à la recherche de Jésus sur la route. C'est cela une foi à transporter les montagnes. Prenons la route qui mène à la rencontre d’autrui, à la rencontre de Dieu.

 

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Homélie pour le 12ème Dimanche du T.O B (20 Juin 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Essayons d’imaginer ce qui s’est passé ce soir-là. Jésus monte dans une barque et demande à ses apôtres de passer sur l’autre rive, c'est-à-dire vers le territoire païen, chez des gens loin du vrai Dieu. Et puis, pendant la traversée, il y a une tempête. Mais Jésus, à l’arrière du bateau, dort paisiblement, la tête appuyée sur un coussin. Ses disciples tourmentés l’appellent à l’aide, et lui s’étonne de leur peu de foi. Quel message pour nous à travers cet épisode? Pour ma part, je déduis que le but de ce récit n’est pas de nous apprendre à crier au secours, bien au contraire. D’autant plus que, lorsque les disciples le font, Jésus semble leur reprocher leur peur.

Mais revenons au fait : Jésus dormait,  pendant qu’autour de lui, tous paniquent. La confiance en Dieu, voilà donc le message de ce jour. Jésus ne nous donne pas de recette magique pour éviter toutes les tempêtes de notre vie. Il n’a pas promis de nous épargner toutes les difficultés ; il nous a en revanche promis la force pour les surmonter, si nous la lui demandons. « Maître, ça ne te soucie pas que nous sommes perdus ? ». Question des passagers du bateau, question des chrétiens de la communauté de Marc affrontés aux ennuis de toutes sortes, voire aux persécutions. Question qui est nôtre, aussi, dans nos difficultés. Mais notons que ce soir-là, c’est parce qu’ils avaient pris Jésus avec eux dans la barque avant de commencer la traversée que les disciples ont été sauvés. Avoir Jésus avec nous, c’est la meilleure garantie contre les tempêtes de la vie. Un peu comme à Cana, pour avoir invité Jésus, les mariés de cana avaient passé sous silence la tempête du manque de vin. Et le moyen pour garder Jésus dans la petite barque de notre vie et de notre famille, c’est la foi, la prière et la fidélité aux commandements.

Car il y a des orages dans nos vies qui balaient tout, qui bouleversent tout ce que nous avions construit. Il y a des événements dans nos existences qui nous déstabilisent complètement. Un accident, un conflit, un deuil, une catastrophe… Et tout s’assombrit, la petite barque de notre vie commence prendre l’eau de toutes parts, et Dieu semble être absent ou semble dormir ? C’est effectivement ce qui arrive aux disciples et à Jésus dans leur barque. Que faire? À quoi pouvons-nous nous rattacher, de quel côté pouvons-nous jeter l’ancre ?

Mais il y a des orages qui se déchaînent dans notre cœur. Nous avons soudain peur de nous-mêmes, nous ne nous y retrouvons plus. Nous voudrions nous mettre à l’abri, mais nous ne savons pas comment : l’échec, le désespoir.  Jésus nous invite à faire confiance, à comprendre au plus profond de notre âme que nous n’avons rien à craindre, il nous invite à trouver la paix intérieure, la paix qui nous donne de garder notre calme en toutes circonstances. Et puis il y a la peur de l'inconnu. Jésus a dit : « Traversons vers la rive opposée ». Mais la nuit tombe et on ne voit pas cette autre rive. Chacun pourrait donc évoquer sa peur du changement. Traverser vers l'autre rive, c'est aussi passer de la bonne santé à la maladie, de la jeunesse à la vieillesse, passer de la vie à la mort. Cependant, nous pouvons avoir cette même confiance de Jésus, que Dieu est toujours là, qu’il prend bien soin de nous, et se soucie de nous.

 

 

 

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Homélie pour le 11ème Dimanche du T.O B (13 Juin 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Le Royaume de Dieu est un thème majeur à travers tout l'évangile de Marc. Ce Royaume n'est pas une question de géographie; il s'agit de la réalité de présence et de puissance de Dieu dans la création. Parler du royaume est donc lié à la façon dont la venue et la présence du Christ parmi nous affectent et façonnent nos vies. Les mots roi, royauté, royaume sont évidemment d'usage courant chez les Juifs qui avaient connu le régime monarchique depuis le XIème siècle avant Jésus-Christ jusqu'à l'Exil à Babylone.

Mais, dès les origines, la Bible leur donne un sens religieux en affirmant constamment que Dieu est roi, qu'il doit régner, qu'il est vraiment le seul roi. Ainsi, les rois que se donne Israël ne sont que ses lieutenants; ils n'ont aucun caractère divin, quand bien même ils reçoivent l'onction qui les consacre. L'infidélité de ces rois conduira d'ailleurs la dynastie de David à sa disparition, et, après l'Exil, c'est par ses prêtres et ses prophètes que Dieu gouverne désormais Israël. Le Peuple d'Israël n'en continue pas moins à espérer un avenir où Dieu règnera véritablement sur l'univers (cf. Psaumes 47 et 96). Ceci étant, le règne de Dieu est vraiment au cœur de l'attente des croyants, au temps de Jésus.

On comprend bien dès lors pourquoi Jésus inaugure son annonce du salut en proclamant la proximité du Royaume de Dieu. Il déclare même que le Royaume est déjà là (Matthieu 11,2-6,12,28; Luc 16,16). Non pas de manière éclatante, et encore moins par une restauration politique (Jean 18,36), mais par une vie nouvelle, une vie spirituelle, dont la semence est déposée au cœur de l'homme (Matthieu 13,24-43). Ce Royaume va grandir jusqu'à son achèvement (1Corinthiens 15,24-28). L'Eglise fondée par Jésus ne s'identifie pas totalement à ce Royaume, mais elle en est l'ébauche visible, le chantier de construction inachevé mais en pleine activité. Et les Paraboles du Royaume n'ont pour but que d'exprimer cette conception théorique par des exemples pratiques dont nous n'avons pas fini d'explorer la richesse.

Dans les deux histoires, Jésus parle de semences  pour indiquer que le nouvel ordre de Dieu prendra racine et finira par se concrétiser. Au lieu d'utiliser l'image d'un puissant cèdre, Jésus parle du Royaume de Dieu comme d'une petite graine de moutarde qui pousse comme un grand buisson avec des branches. Elle fournira nourriture et protection aux oiseaux du ciel. En d'autres termes, le Royaume de Dieu prendra racine, que ce soit dans le monde ou dans le cœur de quelqu'un. Il se développera progressivement, peut-être si subtilement que nous ne le remarquerons même pas, jusqu'à ce qu'il produise enfin le fruit voulu. C’est dire que quelque chose qui paraît obscur et insignifiant se transformera en quelque chose de grandiose. L’humanité trouvera que cela fournit un abri et une sécurité. Les paraboles rapportées par Marc nous invitent à faire confiance à Dieu. L'évangélisation du monde a commencé avec un petit groupe; elle s'est élancée, dans le souffle de la Pentecôte, à la conquête du monde, et elle a fait le tour de la planète. Puis, est venu le temps de l'essoufflement. Et c'est maintenant le temps de la nouvelle Évangélisation, de la germination.  La semence est là; c’est à la terre de travailler, c’est-à-dire à nous les chrétiens.

 

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Homélie pour la fête du Saint Sacrement (06 Juin 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Les textes d’aujourd’hui se rapportent aux fondements mêmes de notre foi. Le psaume parle d’une coupe partagée. Dans la 1ère lecture, il est question du récit du don de la Loi au Sinaï. Et dans l’évangile, nous avons le récit du dernier repas de Jésus.

Pourquoi lire encore un texte comme celui, en 1ère lecture, tiré de l’Exode ? Pourquoi rappeler que des gens autrefois aient pratiqué de tels rites sanglants. Jésus révélera lui-même le véritable sens du rite de ce texte, un sens qui concerne sa propre personne, son corps et son sang, sa vie même. En effet, Jésus sera envoyé pour montrer ce qu’est vraiment la relation entre Dieu et l’humanité. Et les juifs pieux, qui attendaient le Messie, croyaient qu’il était essentiel d’obéir à la Loi, mais Jésus leur dira qu’il fallait, avant toute chose, aimer sans condition son prochain. Pour Jésus, lorsque nous entendons et vivons l'Évangile, c'est de l’Amour de Dieu que nous vivons. Un amour total, un amour qui va jusqu'au bout, qui va jusqu'à la mort. C'est aussi cela que nous vivons chaque fois que nous sommes rassemblés pour célébrer l’eucharistie, chaque fois que nous sommes rassemblés pour la prière, chaque fois que nous sommes rassemblés pour méditer la Parole de Dieu.

L’extrait d’évangile commence par la préparation du dernier repas de Jésus.  Il n'y a aucun doute sur ce que ce repas signifiera pour la vie de la nouvelle communauté. Au départ, ce devait être un repas de fête entre amis, pour célébrer la Pâque juive associée à la consommation de pain azyme. Cela commémore le départ à la hâte du peuple hébreu pour fuir l’Égypte, faisant ses bagages sans laisser au pain le temps de lever, tandis que la mort sautait par-dessus leurs maisons protégées par le sang de l’agneau répandu au-dessus de leurs portes. Les juifs étaient donc déjà dans l’annonce prophétique du Messie : la libération de la servitude, la protection de la mort par le sang de l’agneau. Ainsi, lorsque Jésus présente la coupe aux disciples, il dit : voici le sang de la Nouvelle Alliance. C’est un pacte, un contrat entre deux parties : Jésus et chacun de nous. Et cela nous renvoie au texte de l’Exode, où se scelle la première Alliance entre Dieu et le peuple hébreu. Faire entrer Dieu en nous à travers le pain et le vin de l’eucharistie est le chemin de la rédemption. Ce qui se passe entre nous et Dieu à ce moment-là est de l’ordre de l’intime, de même pour ce qui se passera après : à savoir l’impact que cette « communion » avec Dieu aura sur la transformation de nos vies.

Aujourd’hui est un jour important pour nos jeunes. Ils vont affirmer leur Foi en Dieu, ce Dieu avec qui nous avons fait alliance à notre Baptême. C’est l’aboutissement d’un cheminement qui s’est déroulé durant cette année de caté. Nous avons vécu avec eux, des temps forts de partage, de foi et même d’amitié, malgré la pandémie. Ils ont appris à se connaître et à devenir des témoins de Jésus. Nous les remercions pour leur investissement. Nous souhaitons que vous continuiez à être les témoins d’amour de Jésus tout au long de votre vie. Tous ensemble, portons les dans la prière.

 

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Homélie pour la Sainte Trinité B (30 Mai 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Chaque dimanche après la Pentecôte, l’Église catholique fête la Sainte Trinité. Cette réalité mystérieuse d’un seul Dieu dans l’unité d’amour de trois personnes distinctes, égales et indivisibles : le Père, le Fils, l’Esprit. Voici probablement l’une des doctrines de la foi chrétienne, les plus difficiles à comprendre. On peut la résumer en sept affirmations : Il n’y a qu’un seul Dieu ; Le Père est Dieu ; Le Fils est Dieu ; Le Saint-Esprit est Dieu ; Mais le Père n’est pas le Fils ; Le Père n’est pas le Saint-Esprit ; Le Fils n’est pas le Saint-Esprit. La Trinité est donc un mystère vivant que la foi permet d’appréhender, même si : « Aucune parole, aucune expression ne saurait épuiser la grandeur d’un tel mystère ». Ce mystère nous révèle qui donc est Dieu. C’est en effet la question que l’humanité se pose depuis le premier jour.  Connaître Dieu et dire quelque chose de Lui. Telle est aussi, ce qui se profile dans toutes les lectures Bibliques de cette fête de la Trinité.

L'apôtre Paul n'explique pas la Trinité dans la 2ème lecture de ce dimanche,  et aucune explication systématique ne se trouve non plus dans les autres écrivains bibliques. Le mot Trinité n’est donc pas mentionné dans la Bible, cette notion s’est imposée graduellement. Car plusieurs passages Bibliques utilisent un langage trinitaire (en mentionnant le Père, le Fils et l'Esprit). La Trinité est donc présente dans les réalités concrètes de la vie. C’est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Nous n’avons pas souvent l’occasion de nous arrêter sur cette formule de notre foi : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Trois Personnes qui ne se confondent pas et qui ne se concurrencent pas. Trois Personnes qui s’aiment et ne cessent de nous manifester leur amour. Trois Personnes qui agissent toujours ensemble dans une parfaite et totale communion d’action. La célébration de ce jour est donc une célébration du mystère de l’amour. L’amour qui fait que trois font Un.

Dieu est tout entier Père, Fils et Saint Esprit. Dieu ne se divise pas: il n’y a pas trois dieux, mais un seul. Le Catéchisme de l’Eglise catholique le note bien: « Nous ne confessons pas trois dieux, mais un seul Dieu en trois personnes […]. Les personnes divines ne se partagent pas l’unique divinité […] mais chacune d’elles est Dieu tout entier […] « Chacune des trois personnes est cette réalité, c’est-à-dire la substance, l’essence ou la nature divine » (Cc. Latran IV en 1215 : DS 804 » (CEC 253)

Aujourd’hui est un jour important pour nos jeunes. Ils vont affirmer leur croyance en Dieu, ce Dieu trinitaire. L’aboutissement d’un cheminement qui s’est déroulé durant cette année de caté. Nous avons vécu avec eux, des temps forts de partage, de foi et même d’amitié, malgré la pandémie. Ils ont appris à se connaître et à devenir des témoins de Jésus. Nous les remercions pour leur investissement. Nous souhaitons que vous continuiez à être les témoins d’amour de Jésus tout au long de votre vie. Tous ensemble, portons les dans la prière.

 

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Homélie pour la Pentecôte B (23 Mai 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Soeurs,

Les Apôtres sont aujourd’hui à Jérusalem pour la fête des Semaines appelée Pentecôte.  La Pentecôte était en effet la célébration juive des 50 jours après la Pâque, ce qui marquait le don de la Torah (Loi). C’était aussi le moment de donner les premiers fruits des récoltes au temple. Ainsi les juifs venaient de partout pour se retrouver à Jérusalem ce jour-là, d’où la diversité de langues. De fait, l'atmosphère cosmopolite de Jérusalem permet de mettre vraiment en évidence les effets de l’Esprit-Saint sur l’évangélisation : Cette promesse de Jésus, que ses disciples porteront l'Évangile jusqu'aux extrémités de la terre. L’Esprit rétablit donc l'unité entre les différents peuples du monde qui avait été perdue à la tour de Babel. Notons que ce don de l’Esprit qui marque la naissance de l'Église est aussi un don pour celles et ceux qui ne font pas encore partie de la communauté. Ce n’est pas seulement un don pour les disciples eux-mêmes, mais aussi pour les étrangers qui écoutent.   

Oui, le miracle réside dans l'écoute. Car tous entendent la Bonne Nouvelle dans leur propre langue. Aussi, la descente des langues de feu sur la tête des Apôtres est un symbole de la lumière qui doit briller dans les ténèbres du monde. Et ce feu qui se sépare en langues, c'est le symbole de la solidarité qui doit être la nôtre avec toutes les langues du monde, toutes les cultures du monde, tous les pays du monde. En Jésus et par l’Esprit-Saint, nous ne sommes plus des étrangers les uns les autres, nous sommes devenus frères et sœurs. C’est dire qu’avec la Pentecôte, il s’agit désormais d’une re-création du monde. Un monde de personnes différentes, mais unis. Et St Paul l’a si bien compris lorsqu’il s’adresse aux juifs et aux païens, aux hommes et aux femmes, aux esclaves et aux personnes libres qui ne forment plus qu'un seul corps. La présence de Dieu par l’Esprit continue donc l’œuvre de Jésus dans le monde.

Aujourd’hui, avec les défis de l’environnement et la pandémie de la COVID, le psaume devrait nous parler plus que jamais. Car Dieu y est célébré non seulement en tant que créateur, mais aussi en tant que pourvoyeur et soutien.  Pour le psalmiste, le souffle de vie est un don Divin. Et chaque respiration que nous prenons est une nouvelle création. Dans ce sens, la naissance de l'Église signifie toujours l'existence d'une communauté qui sait qu'elle doit sa vie à Dieu et qu’elle est appelée à partager cette Bonne Nouvelle. L'Esprit parle à travers la communauté des disciples, lui apprenant à rendre témoignage non seulement avec les lèvres, mais avec la vie.  Le témoignage le plus convaincant que tout disciple puisse porter est d'aimer les autres comme Jésus l'a fait. Quand nous nous aimons, nous marchons dans l'Esprit, et les fruits viennent, y compris la joie, la paix, la patience, la bonté, la foi, la douceur et la maîtrise de soi.

L'Esprit-Saint nous est donné pour nous éclairer, nous orienter vers le bien, nous conduire à l'unité. Quelle place lui faisons-nous dans notre vie? Pour vivre la Pentecôte, il est nécessaire de rechercher le changement et de se laisser changer. Qu'est-ce qui doit être changé dans ma vie, dans ta vie, dans notre vie?

 

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