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Homélie pour le 25ème Dimanche du T.O B (19 Sept 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

 

Frères et Sœurs,

Chacun des trois textes qui nous sont proposés en ce dimanche nous montre deux logiques qui s’opposent. À travers ces trois lectures, c’est Dieu qui nous parle ; le juste qui souffre (1ère lecture) nous renvoie aux chrétiens persécutés qui sont obligés de fuir leur pays. Nous pouvons aussi nous reconnaître à travers l’intriguant dont nous parle saint Jacques dans la seconde lecture. Et dans l’Évangile, le Seigneur nous rappelle que les vrais grands ne sont pas ceux qui recherchent les premières places et les honneurs mais plutôt ceux et celles dont le cœur est ouvert aux autres.

La première lecture est un extrait du livre de la Sagesse. Elle nous renvoie au premier siècle avant Jésus Christ. A cette époque beaucoup de juifs étaient partis à l’étranger. Dans le cas présent, il s’agit de ceux qui vivent désormais à Alexandrie. Ils ont fini par renier leur foi, parce que les grecs les tournent en dérision en prétendant avoir une connaissance particulière de Dieu. Les difficultés et les épreuves de ces croyants sont aussi les nôtres. Nous vivons dans un monde où beaucoup sont devenus indifférents ou hostiles à la foi. Les scandales par les hommes d’Eglise, qui ont été mis en évidence ces dernières semaines ne font qu’alourdir cette souffrance. Mais la parole de Dieu nous dit d’avoir la ferme espérance que le mal et la haine n’auront pas le dernier mot. Toutes ces épreuves qui frappent l’Église sont un appel à nous attacher fermement au Seigneur. Rien ne peut nous séparer de son amour.

Dans la seconde lecture, saint Jacques dénonce « la jalousie et les rivalités ». Selon lui, la soif de s’enrichir justifie l’emploi de tous les moyens, y compris la violence et le meurtre. C’est donc tous ces maux qui sont à l’origine des guerres, des violences et du mal. Et cela reste encore manifeste de nos jours. On peut démontrer que ceux qui fabriquent les armes, doivent les vendre, et pour les vendre il faut des zones de conflits. Logique simple, on crée des zones de conflit, on échange les armes contre les matières premières, et on revient jouer les pompiers en sur-endettant les belligérants, à la fin on est 5 fois gagnant. Malheureusement, après on est compté parmi les pays les plus riches du monde, on a le pouvoir, G20. Et l’Évangile de saint Marc dénonce cette même tentation qui, peu à peu, gagne l’Église ; selon l’expression du pape François, c’est « l’envie mondaine d’avoir le pouvoir », l’envie et le désir « d’aller plus haut ».

En lisant cet Évangile, nous voyons bien que, comme beaucoup d’entre nous, les apôtres n’ont rien compris ; Car leur seule préoccupation c’est d’aller le plus haut possible dans le pouvoir. Ils sont tentés par la façon de penser du monde. Or pour Jésus, c’est l’occasion de faire une mise au point très ferme : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

Cet enseignement de Jésus vaut aussi pour nous tous: « le plus grand est celui qui sert, celui qui est au service des autres. Et non pas celui qui se vante ni celui qui cherche l’argent et le pouvoir ». La vraie grandeur c’est l’accueil et le service des petits. Nous sommes donc appelés à être une Église « au service » des autres, en particulier des plus fragiles. Nous nous rappelons ce que Jésus a dit un jour : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». Prions Dieu afin qu’il nous donne force et courage pour rester en « tenue de service ».

 

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Homélie pour le 24ème Dimanche du T.O B (12 Sept 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

 Frères et Sœurs,

Dans l’Évangile de ce jour, nous retrouvons Jésus aller à la rencontre de ceux qui ont besoin d’être guéris et relevés. Dimanche dernier, nous avons vu qu’en Décapole, il a guéri un sourd muet ; il lui a permis de mieux communiquer, d’être de nouveau en relation ; il lui a permis de mieux écouter la Parole de Dieu et donc de la partager.

Et bien sûr, cela ne peut pas rester sans conséquences puisqu’au vu de tous ces signes, les gens se posent des questions sur lui, car il parle avec autorité et qui pose des actes forts. Qui est-il vraiment ? Jésus lui-même pose la question à ses disciples : “Pour les gens qui suis-je?” Etonnement car chaque réponse le compare à un homme qui a marqué l’histoire : « Jean Baptiste, Elie, ou l’un des prophètes… » Ensuite Jésus s’adresse à ses disciples : “Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?” La réponse de Pierre semble la meilleure : “Tu es le Christ”. Cette réponse est porteuse de toutes les espérances du monde juif : on attendait un Messie qui libèrerait le pays de l’occupant étranger ; il rétablirait la royauté́ en Israël. Avec lui, ce serait l’avènement d’un règne de Dieu puissant et fort. Mais ce n’est pas de cette façon que Jésus a voulu établir le règne de Dieu : Pour la première fois, il enseigne à ses disciples que le Messie va souffrir pour sauver son peuple. Cette conception d’un Messie souffrant leur est étrangère. Elle choque tellement leur attente que Pierre veut s’y opposer. Mais Jésus maintient fermement que celui qui veut être son disciple doit envisager de le suivre jusqu’à̀ la croix.

 Frères et Sœurs, aujourd’hui, la même question nous est posée à tous et à chacun : qui est Jésus pour nous ? Beaucoup voient en lui un homme généreux, un sage, un homme qui a fait beaucoup de miracles. En fait, on ne sait pas trop ; on n’est pas très certains de sa véritable identité. Comme les disciples, nous avons besoin d’apprendre à̀ écouter Jésus. Lui seul peut nous faire découvrir quelle est sa mission de Messie et comment il peut nous libérer et nous redonner vie.

En nous révélant sa mission, Jésus nous montre un chemin exigeant et difficile. C’est un chemin qui passe par la croix. Suivre la route du Christ n’a rien à voir avec la gloire, le succès, l’affirmation de soi, mais plutôt avec la capacité d’aimer, de servir et d’être solidaire. Notons que notre monde est plus beau parce qu’une mère de famille passe des nuits blanches à soigner l’un de ses enfants malades, un père travaille dix heures par jour pour nourrir les siens, un couple se prive d’un voyage à l’étranger pour venir en aide à un voisin en difficultés financières, des amis supportent un alcoolique ou un jeune sous l’emprise de la drogue, des parents prennent soin d’un enfant handicapé, des enfants s’occupent de leurs vieux parents. Le Christ a donné sa vie pour les autres et il nous invite aujourd’hui à faire comme lui.

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Homélie pour le 23ème Dimanche du T.O B (05 Sept 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

 Frères et Sœurs,

La guérison du sourd-muet que nous rapporte l’Evangile d’aujourd’hui se situe au milieu de trois événements qui, tous trois, se déroulent en territoire païen :

  • La prière d’une femme grecque demandant à Jésus de chasser le démon de sa fille,
  • La guérison d’un sourd-muet,  
  • La seconde multiplication des pains.

Tous ces événements, nous ne pouvons pas les dissocier l’un de l’autre parce que ce regroupement dans le temps est volontaire de la part de saint Marc. Ces déplacements en terre non juive ont un sens immédiat pour ceux qui les vivent, et en particulier pour les apôtres, quand on connaît l’antipathie que les juifs de la Terre Sainte avaient de se trouver en terre païenne.

Si aujourd’hui, nous voyons Jésus en territoire païen et non en territoire d’Israël, c’est que sa mission n’est pas réservée à un unique peuple. Elle s’ouvre à tous. C’est dire que ce sourd muet représente tout un peuple pratiquement fermé à la Parole de Dieu, et incapable de proclamer les merveilles de son Créateur. Notons qu’un seul mot résume bien toute l’action du Christ sur ce sourd: « Effata » (ouvre-toi). Oui, par cette parole, Jésus vient nous ouvrir tous à Dieu, aux autres, à tous les autres.

Cet homme handicapé nous ressemble tous et chacun. Même si nous entendons et parlons correctement, il peut nous arriver de nous enfermer sur nous-mêmes. Nous vivons dans un monde super médiatisé, mais beaucoup continuent à vivre dans l’individualisme. Cette attitude nous rend sourds aux drames du monde et au bien commun. D’où tous le sens de cette annonce : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu. C’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il va vous sauver ». Ce message que nous avons entendu dans la première lecture, cette revanche de Dieu c’est celle de son amour. Il ne prend pas sa revanche contre nous mais contre le mal qui nous atteint et nous abime. Sa revanche c’est de supprimer le mal, c’est faire en sorte que les aveugles voient et que les sourds entendent. Avec lui, le mal ne peut avoir le dernier mot. Mais nous constatons que Jésus utilise des gestes familiers pour cette guérison : mettre les doigts dans les oreilles pour les déboucher, prendre de la salive pour délier ce qui est retenu. Des gestes corporels qui nous associent à Dieu et qui déjà préfigure la liturgie des sacrements : « signe visible d’une réalité invisible ».

En ce jour, nous te supplions, Seigneur : Touche nos oreilles pour qu’elles entendent. Touche nos lèvres pour qu’elles proclament ta louange. Dans ton Eucharistie, le sacrement des sacrements, touche tout notre être, notre corps, pour que nous vivons par toi et pour toi. Amen

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Homélie pour le 22ème Dimanche du T.O B (29 Août 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

 Frères et Sœurs,

Les chefs religieux reprochent aux disciples de Jésus de “prendre leurs repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.” Dans le contexte sanitaire actuel, nous savons que ce geste est indispensable. En raison de la pandémie, il faut absolument tout faire pour se protéger et protéger les autres contre la maladie.

Mais dans l’Évangile de ce jour, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Pour les scribes et les pharisiens, c’était un geste religieux qui était transmis par la tradition des anciens. Jésus ne leur demande pas d’abandonner ces pratiques ; mais il ne veut pas que celles-ci les détournent de l’essentiel : la Loi de l’Amour. Il leur rappelle que ce qui rend impur c’est ce qui sort du cœur de l’homme. Pour Jésus, la lutte contre l’impureté est avant tout une lutte intérieure ; c’est au-dedans de nous, au plus profond de notre cœur qu’il faut combattre les gestes impurs de l’égoïsme, de l’orgueil, de la violence, de l’injustice, de la calomnie et du mensonge.

Le problème c’est que ce culte purement extérieur ne correspondait pas à une attitude intérieure vraie. Et Jésus ne manque pas d’en faire le reproche : “Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. Il est inutile le culte qu’ils me rendent. Les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.” Puis Jésus va encore plus loin dans sa réponse : “Vous laissez de côté les commandements de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.”

Toutes ces pratiques traditionnelles sont inscrites dans le livre du Lévitique. Les chefs religieux y étaient très attachés. Pour eux, c’était important. Mais Jésus leur reproche de ne s’attacher qu’à cela et d’oublier le livre du Deutéronome, en particulier l’extrait que nous avons entendu dans la 1ère lecture. Nous y découvrons des paroles qui sont celles d’un Dieu libérateur. Elles sont adressées à un peuple qui était esclave en Égypte. Sous la conduite de Moïse, Dieu les a libérés de cette situation dramatique. La Bible nous raconte comment ils ont traversé la Mer Rouge et marché dans le désert pour se rendre vers la Terre Promise. En leur donnant sa loi, Dieu leur offre un passeport pour la liberté. En effet, ne dit-on pas souvent que seuls les peuples libres ont une loi. Aujourd’hui cela pose problème dans notre société, entre Loi du Pass sanitaire et liberté individuelle au point de nous détourner de l’essentiel : La Loi de l’Amour.

En ce jour, le Christ veut nous voir pratiquer librement ces deux grands commandements : L’amour de Dieu et l’amour de nos semblables. Tout cela se trouve résumé dans le célèbre mot de saint Augustin : “Aime et fais ce que tu veux.

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Homélie pour le 21ème Dimanche du T.O B (22 Août 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

La liturgie de ce dimanche nous adresse un appel très fort à choisir, si nous sommes pour ou contre Dieu. En effet, dès la première lecture, Josué rassemble le peuple à Sichem, le centre religieux d’Israël, et pose la question : «Si vous ne voulez plus servir Jahvé, choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir… ». Et il ajoute : « Quant à moi et ma famille, nous servirons JahvéPuis il rappelle tout ce que le Seigneur a fait pour son peuple : «Yahvé notre Dieu est celui qui nous a fait sortir du pays d’esclavage, il a fait pour nous de grands signes et il nous a donné cette terre qui est la nôtre Le peuple a donc le choix de servir le Seigneur ou servir les dieux des nations païennes; mais tous répondent unanimes : « plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur et servir d’autres dieux ». Notons que si Josué impose ce choix, c’est parce qu’il est conscient des infidélités de ce peuple. Car ces tribus sont restées marquées par les récriminations du désert. De plus, dans le vécu, elles sont attirées par les idoles païennes.

Il est donc fort de constater que jadis, ce peule pourtant infidèle, avait choisi de ne pas abandonner le Seigneur. Mais  aujourd’hui, quelle sera notre réponse à nous ? Nous avons, nous aussi à choisir, entre autre :

  •  D’un côté la prétention de juger les autres et de les condamner ; la liberté de vivre, sans contrainte, dans les plaisirs et les richesses matérielles parfois obtenues injustement,…
  • D’un autre côté, l’humilité de la sagesse de Dieu, la petitesse de la tendresse de Dieu qui offre la joie du service ;

Pouvons-nous dire, nous aussi : « Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur »? Le dire, c’est consolider notre alliance avec Dieu. Et c’est dans ce sens que saint Paul utilise, dans la seconde lecture, l’image du couple humain unit par le mariage pour caractériser l’amour de Dieu pour l’humanité. C’est un amour qui fait sans cesse le premier pas vers l’autre, un amour qui pardonne, et qui va jusqu’au don de sa vie pour l’autre. C’est pourquoi, Jésus propose également aux gens qui sont face à lui, de choisir : “Voulez-vous partir vous aussi ?”.

La réponse de Pierre a été spontanée : “Seigneur, à qui pourrions-nous aller ? Tu as les Paroles de la Vie éternelle”. Actuellement, comme au temps de Josué, plusieurs personnes se retirent de l’Église et refusent de suivre le Christ. Les raisons sont multiples : selon eux, le Seigneur est trop exigeant et ils ont des choses plus importantes à faire. Cependant, il est bon de constater que malgré ces départs, l’Eglise demeure Une et Sainte. C’est donc l’occasion de nous interroger sur notre propre fidélité. On ne peut rester fidèle que si on aime. C’est dire qu’un choix aussi fondamental que celui de laisser Dieu entrer dans notre vie doit être refait régulièrement et doit être accompagné d’actions concrètes d’amour, de charité et de partage.

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Homélie pour l’Assomption de la Vierge-Marie (15 Août 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Marie est entrée corps et âme dans la gloire de Dieu. C’est ce que nous fêtons en la fête de l’Assomption. C’est donc une fête exceptionnelle à laquelle tous les chrétiens sont invités. Et c’est pour répondre à cette invitation que des hommes, et des femmes se rassemblent nombreux dans les sanctuaires dédiés à Marie: à Lourdes, à Fatima, à La Salette, à Kibeho et dans divers autres lieux de pèlerinage.

Aussi, les lectures bibliques de ce jour nous apportent un enseignement sur la Vierge. Nous avons tout d’abord le récit de l’Apocalypse de Saint Jean. C’est un texte écrit en période de persécution. C’est pour cette raison qu’il est écrit en langage codé, imagé et symbolique. Cette femme dont parle ce texte, intervient dans l’histoire. Elle est d’abord la communauté juive restée fidèle à l’attente du Messie. C’est elle qui donne le jour à l’enfant promis, celui qui va sauver son peuple. Et les forces du mal n’auront aucun pouvoir sur lui.

Ce texte d’apocalypse nous parle aussi d’un énorme dragon, rouge feu. Mais l’auteur de ce livre ne donne aucune précision sur ce dragon. Est-ce Lucifer, l’ange révolté ? L’empereur Romain qui persécute les chrétiens ? Ou tout simplement chacun de nous avec ses tendances égoïstes. En fait, c’est sûrement les trois en même temps. Par ce texte, les chrétiens persécutés de tout temps, sont prévenus que la vie chrétienne est un combat de tous les jours contre les puissances du mal. Ils doivent rester fermes dans leur foi, ainsi le mal n’aura pas le dernier mot sur eux.

Notons que le Christ vainqueur veut nous associer tous à sa victoire sur le mal. Et Marie est là pour nous apprendre à faire naître le Christ dans le cœur de tous ceux qui nous sont confiés. Malgré nos chutes et nos échecs, nous pouvons la prier et elle sera toujours là pour nous aider à nous relever et nous inviter à suivre le Christ. Comme à Cana, elle ne cesse de nous dire : “Faites tout ce qu’il vous dira”.

En cette fête de l’Assomption, avec Marie, rendons grâce à Dieu. Avec elle, les petits, les humbles, les exclues ont la première place dans le cœur de Dieu. Marie se reconnait proche d’eux ; elle le montre dans sa prière mais aussi dans son engagement. C’est cet amour qui l’a poussée à faire ce long déplacement pour se rendre chez sa cousine Élisabeth. C’est dire que cette fête de l’Assomption nous est donnée pour rendre “grâce à Dieu avec le cœur de Marie”. En ce jour, nous nous associons à la joie de Marie. Elle est proclamée bienheureuse parce qu’elle a cru. Que cette fête fasse grandir en nous le désir d’imiter la Vierge Marie ; qu’elle fasse grandir notre confiance en sa prière maternelle pour partager un jour avec elle sa gloire. Amen

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Procession du 15 Août 2021 de Ste Larme à Selincourt

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Départ en la Procession (En récitant les mystères Glorieux)

La procession partira du lieu de rassemblement à l’Ancienne Abbaye pour se terminer à l’église de SELINCOURT.

Bref aperçu historique sur la Sainte Larme

Bernard III de Moreuil reçut en récompense de sa bravoure lors du siège de Constantinople (1204) au cours de la Quatrième croisade, une des larmes du Christ. Il rapporta cette sainte relique en France et en fit don, en 1209, à l'abbaye de Selincourt. On attribuait à cette Sainte-Larme des vertus miraculeuses, en particulier, celle de guérir les maux aux yeux. La relique était vénérée, en particulier lors d'un pèlerinage, chaque lundi de Pentecôte à Selincourt, attirant une nombreuse population d'Amiens, Abbeville et des campagnes environnantes. La relique se présentait sous la forme d'un bloc en cristal serti d'argent, de la taille d'un œuf aplati. Dans ce bloc en cristal, était une cavité contenant un liquide incolore au repos, dans lequel apparaissait un filet rougeâtre semblable à du sang, lorsqu'on l'agitait.

En 1446, l'ensemble de l'abbaye fut détruit par un incendie qui n'épargna que le mur d'enceinte et une partie des voûtes du chœur. La Sainte Larme fut préservée et confiée au dernier abbé, Pierre Tascher. Après bien des périples, elle fut conservée, à partir de 1873, à l'Église Saint-Rémi d'Amiens, dans un reliquaire réalisé spécialement par Placide Poussielgue-Rusand.

En 1917 la relique fut authentifiée vraie, et en 1930 l'ampoule en cristal conservant cette Sainte Larme fut fêlée accidentellement par un sacristain de l'église Saint-Rémi d'Amiens. Seul subsiste, avec l'ampoule, le reliquaire du XIXe siècle, déposé depuis 1986 dans l'église paroissiale de Selincourt.

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Homélie pour le 19ème Dimanche du T.O B (8 Août 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

La 1ère lecture nous parle du prophète Élie qui vit une traversée du désert dans tous les sens du terme. Après des événements douloureux, il est complètement découragé ; il est fatigué de vivre. Nous avons entendu sa prière : “Reprends ma vie je ne vaux pas plus que mes pères.” Mais Dieu ne l’abandonne pas : il lui envoie le pain qui lui donnera les forces nécessaires pour continuer sa longue marche. C’est dire que quand tout va mal, la Parole de Dieu nous relève et nous remet en chemin.

Cette bonne nouvelle nous concerne tous : car il nous arrive d’être affrontés à des déceptions, des remises en cause radicales ; cela peut aller jusqu’à la tentation du désespoir. C’est précisément dans ces situations qu’il faut alors retrouver des forces pour surmonter la lassitude. Ces forces viennent de l’amitié, d’une parole bienveillante envers nous, d’un regard qui redonne confiance. Mais les textes bibliques de ce jour nous poussent à faire un pas de plus, et à découvrir que ce qui nous booste vraiment c’est le seul vrai pain, et c’est Jésus qui nous le donne. Il est le Pain de la route par sa Parole et son Eucharistie. Nous chrétiens, nous avons tous besoin de ce pain que Dieu nous donne pour continuer notre marche.

C’est ce message que n trouvons également dans l’Évangile de ce dimanche : Jésus vient de déclarer aux juifs qu’il est “le pain descendu du ciel”. En disant cela il se reconnaît des pouvoirs qui n’appartiennent qu’à Dieu. Pour les gens qui l’entendent, ce n’est pas possible : ils ne voient en lui que le fils de Marie et Joseph, un homme qu’ils connaissent depuis leur enfance.

Dans notre monde d’aujourd’hui, cela n’a guère changé : beaucoup se sont installés dans l’indifférence et le refus. Quand notre cœur reste fermé à l’Esprit Saint, la foi se bloque. La foi ne peut se développer que si nous nous laissons “attirer” par Jésus. Nous reconnaissons dans son visage le visage de Dieu, dans ses paroles les aroles de Dieu. C’est l’Esprit saint qui nous fait entrer dans cette relation d’amour qui existe entre Jésus et Dieu le Père. C’est là le cadeau de la foi.

Avec cette attitude de foi, nous pouvons mieux comprendre le sens du “Pain de vie” que Jésus nous donne. À chaque messe, nous découvrons combien le Christ est plein d’amour pour nous et pour le monde. À chaque Eucharistie, nous faisons confiance aux paroles de Jésus qui a dit : “Ceci est mon corps livré pour vous”. En venant nous nourrir du Corps et du Sang du Christ, nous nous engageons à être les témoins de l’espérance qui nous anime. Que le Seigneur nous garde fidèles à cette mission qu’il nous confie.

 

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Homélie pour le 18ème Dimanche du T.O B (1er Août 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Homélie pour le 18ème Dimanche du T.O B (1er Août 2021)

Frères et Sœurs,

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à savoir reconnaître le don de Dieu. Ce don est un cadeau gratuit qu’il nous fait pour nous manifester son amour infini. C’est ce cheminement que nous trouvons dans la 1ère lecture : A peine les hébreux avaient-ils traversé la mer Rouge qu’ils commençaient à récriminer contre Moïse et Aaron. Ils regrettaient déjà le confort qui leur était assuré par leur vie d’esclaves, car ils avaient l’assurance d’avoir à manger. Dans leur nouvelle condition ils avaient perdu cet avantage et ils risquaient de mourir de faim et de soif dans ce lieu inhospitalier.

Ces récriminations, Dieu les entend : il leur donne cette nourriture spéciale appelée « manne » ; mais ce don qu’il leur fait est aussi une épreuve, un test pour éprouver leur foi : il leur interdit de faire des réserves ; la Manne avait lieu pour la première fois dans une répartition de justice et d’égalité entre toutes les familles : « Celui qui en avait ramassé beaucoup n’eut rien de trop ; celui qui en avait ramassé peu ne manqua de rien. Ainsi, chacun en avait recueilli autant qu’il pouvait en manger. » (Exode 16,18). Ce miracle quotidien dura jusqu’à l’entrée en Terre Promise : « Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés. À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. » (Josué 5,11-12a).

Dans l’Évangile, nous retrouvons Jésus qui vient de nourrir une foule affamée ; pour ces pauvres gens, c’est quelque chose d’extraordinaire : ils viennent à lui pour qu’il réponde à leurs besoins matériels. Mais Jésus ne veut pas être pris pour un « super boulanger » ; ce n’est pas sa mission : il a bien mieux à leur proposer. C’est dire que nos prières ne doivent pas se limiter à de simples demandes matérielles : ce que le Seigneur veut nous donner est bien plus important. La priorité ce n’est pas les biens que nous possédons, ni ceux que nous voulons posséder. Car tout cela est périssable. Aujourd’hui, Jésus voudrait nous révéler une autre nourriture, un pain “venu du ciel” pour la Vie Éternelle.

L’Évangile nous parle donc du “vrai pain”, “le pain de Dieu”, “le pain de vie”, “le pain venu du ciel”. Ce n’est pas comme la manne que les anciens ont mangée dans le désert. Cette nourriture largement offerte à tous c’est d’abord la parole de Jésus : “L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Dt. 8. 3). Jésus est également nourriture par son Corps et son Sang ; cette nourriture est offerte à tous lors de la célébration Eucharistique.

Actuellement, le même Christ voit tous ces jeunes et moins jeunes qui courent vers les plaisirs que procure la société de consommation, la drogue, l’alcool, les décibels. Il voit tous ces gens qui sont angoissés parce qu’ils ont perdu leur emploi. Il leur manque un climat d’amour. Nous chrétiens, nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour qui est en Dieu et le communiquer à tous ceux qui nous entourent.

Comme les hébreux du désert, comme la foule autour de Jésus, nous exigeons toujours de nouveaux signes pour éclairer notre foi car nous voulons faire l’œuvre de Dieu. La réponse se trouve dans la Parole qui nous est donnée aujourd’hui : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » (v.29). Le Christ se donne à tous ceux et celles qui faim de sa Parole et de son Pain. Lui seul peut nous guider sur le chemin de la conversion. Rendons-lui grâce pour ce don qu’il nous fait.

 

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Homélie pour le 17ème Dimanche du T.O B (25 Juillet 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Dans son récit, saint Jean ne nous parle pas de miracle mais plutôt de « signe ». Ce n’est pas anodin car derrière ce geste, Jésus nous dit quelque chose de lui et de son Père. Comme Élisée (dans la 1ère lecture), il nous montre que Dieu voit la souffrance des hommes et qu’il n’est pas indifférent à leur situation. En effet, dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus est suivi par une foule immense de personnes ; elles sont désireuses de lui soumettre leurs problèmes, leurs souffrances, leurs maladies, leurs échecs, leurs difficultés. En venant à lui, elles espèrent trouver une solution à leurs soucis ; il y en a aussi qui le suivent peut-être par simple curiosité ; mais Jésus qui ne néglige rien de l’humain constate que la foule est affamée, et qu’il faut donc la nourrir.

Bien sûr, il y a la faim physique ; et en cette période de pandémie nous y pensons tous. Beaucoup s’inquiètent de la diminution de leurs ressources pour pouvoir manger et se loger. Oui, bien sûr ; mais il y a aussi toutes les autres faims qu’un être humain peut éprouver, faim d’être écouté, de pouvoir donner son avis, faim de respect, de dignité faim de se rencontrer, de vivre sans restriction, …

Et Jésus sait que « ventre affamé n’a pas d’oreille ». Quand on a trop faim, on n’écoute plus. Alors, comme Élisée l’avait fait avec le peu de nourriture qu’il avait, Jésus dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Cette parole, il nous faut l’entendre et la prendre au sérieux. Cependant, comme Philippe, nous pouvons être tentés de dire : « Cet enfant n’a que cinq pains et deux poissons ; qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » Nous pouvons nous reconnaître dans cette réaction quand nous nous entendons dire : « L’Europe ne peut pas tout faire… Ce n’est pas à nous de relever les économies des pays pauvres… ou d’accueillir toute la misère du monde,… » C’est à ces moments précis qu’il nous est bon de réentendre le Christ nous dire : « Donnez-leur vous-même à manger. » Car c’est toujours avec le petit peu que nous avons que Dieu peut agir. Si cet enfant n’avait pas donné ses cinq pains et ses deux poissons, il ne se serait rien passé. Dieu a besoin de nos gestes de partage pour réaliser de grandes choses. Une pauvre femme disait à saint Vincent de Paul : « Si les pauvres ne partagent pas, qui le fera ? » Dieu a tant besoin du peu que nous avons pour faire de grande chose, le peu d’amour, le peu de biens matériels, le peu de disponibilité, …

Aussi, un autre geste révélateur de Jésus. Il fait ramasser les restes pour que rien ne se perde. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à cet immense gaspillage de nourriture dénoncé par le pape François dans son encyclique « Laudato Si ». Que Dieu nous donnes la grâce de la bonne gestion des ressources de la Terre.

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