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« Eucharistie et Ecologie : la responsabilité chrétienne dans la protection de l’environnement ».

par Abbé daleb mpassy

publié dans culture

« Eucharistie et Ecologie : la responsabilité chrétienne dans la protection de l’environnement ».

(Article à paraître dans le journal "le précurseur"du Grand Séminaire Saint Jean-Baptiste)

 

Le changement climatique a placé l’écologie parmi les problèmes prioritaires du moment. La crise écologique est donc un phénomène universel, en ce sens que tous les pays quelque soit leur emplacement géographique ou leur degré  de développement, en font l’expérience. L'abbé Wenceslas Daleb MPASSY a présenté un mémoire sur ce phénomène d'actualité. Il nous livre ici quelques pistes de réflexion pour une bonne gestion de l'écosystème.

 

"Eucharistie et Ecologie: protection de l'environnement et responsabilité chrétienne". Tel a été le thème de notre travail l'an passé. L’écologie en effet est un signe des temps pour le monde et pour l’Eglise. Elle pose à l’Eglise une question qui est loin d’être entendue dans toute sa profondeur révolutionnaire. "Révolutionnaire pour la Foi Chrétienne, que l’écologie incite à un retour aux sources en même temps qu’à un surgissement de l’esprit pour de nouveaux développements du salut en Christ. Mais révolutionnaire aussi pour l’écologie, que l’Eglise à son tour interroge sur son sens originel et sa destination finale "[1]. C’est pourquoi, chaque chrétien doit se sentir indispensable dans la lutte de l’Eglise en faveur de la création. Certes, « les hommes sont appelés, par le développement, à assurer leur croissance humaine »[2]. C’est un devoir pour eux que de travailler à leur propre épanouissement. Mais ce devoir de l’homme peut-il légitimer toute exploitation aveugle de la nature ?

L’Ecologie avouons-le n’est pas le tout de l’Eucharistie et vis versa, s’en ai là une horizon de plus pour délimiter notre champ conceptuel et le dépasser ensuite. Notre travail n’est donc point un traité sur l’Eucharistie, ni moins sur l’Ecologie. Est-ce donc un forcing méthodologique que de vouloir y décrypter la toile de fond d’une Théologie Eco-Eucharistique ?

Il est bien vrai que cette option de méthodes paraît un  peu obscène et incommode, alors même qu’il s’agit pour nous de montrer l’importance de la responsabilité chrétienne résultant de l’Eucharistie, à l’égard de l’environnement. D’où le trait d’union entre Eucharistie et Ecologie.

 

Précision de termes :

Le couple Eucharistie-Ecologie appelle au préalable une précision de concept. Le mot Eucharistie sonne sa translittération grecque de « Eucharistein » qui signifie : Action de grâce. Il est bien vrai que cette définition n’est jamais restrictive puisque le catéchisme de l’Eglise catholique (CEC) nous présente une série de neuf noms de ce sacrement : Eucharistie, Repas du seigneur, fraction du pain, assemblée eucharistique, mémorial de la passion et résurrection du seigneur, saint sacrifice, sainte et divine liturgie, communion, sainte Messe (confère CEC n° 1406-1419).

Notre point de regard se réfère d’avantages à l’Eucharistie comme action de grâce, mémorial et fraction du pain.

Le mot Ecologie par contre sonne également sa translittération grecque de « Oikos » qui signifie discours ou science de la maison. Ce mot est essentiellement une création du langage scientifique pour désigner l’étude scientifique des rapports des êtres vivants avec leur milieu naturel (biotope).

Ainsi, de nos jours, l’Ecologie est un signe des temps pour le monde, pour l’Eglise, pour les chrétiens, particulièrement ceux du Congo, etc. En effet, l’Ecologie pose à l’Eglise une question qui est loin d’être entendue dans toute sa profondeur révolutionnaire. Révolutionnaire pour la foi chrétienne, que l’écologie incite à un retour aux sources en même temps qu’à un surgissement de l’esprit pour de nouveaux développements du salut en christ. Mais révolutionnaire aussi pour l’écologie, que l’Eglise à son tour interroge sur son sens originel et sa destination finale.

 Or, justement, l’Eucharistie est la source et le sommet de toute vie. L’Eucharistie étant le sommet auquel tend toute la création, devient par conséquent la réponse à la préoccupation du monde contemporain y compris en matière d’équilibre écologique. Là intervient donc le problème du lien inextricable entre « la lex celebrandi » et « la lex vivendi ». Autrement dit, la pressente invitation à célébrer l’Eucharistie dignement et à vivre de telle façon que l’Eucharistie célébrée continue à actualiser la diaconie du christ, qu’elle demeure le lieu par excellence du renouveau de la mission de l’Eglise. Apparaît alors l’interrelation entre Eucharistie et Ecologie, car en plus de ceci, nous ne sommes pas sans ignorer que s’il n’y a pas d’équilibre écologique, il n’y aura pas d’Eucharistie. Dans ce sens, l’Eucharistie nous engage à faire en sorte que le pain et le vin quoi deviendront corps et sang du christ soient le fruit de la terre fertile, pure et non polluée. C’est dans cet élan que nous avions silhouetté dans le lointain quelques paysages des stratégies pastorales écologiques en guise de solutions…

 

1- Problématique écologique

 

Partout dans le monde on parle de pollution, de surexploitation, de désertification, de sécheresse, de destruction de la couche d’ozone, de changement climatique,…bref de la crise écologique. Toutefois, les Conséquences de tout ceci ne sont plus à démontrer ; tout simplement parce que les populations en expérimentent au quotidien les méfaits. Cette situation demeure une menace continuelle aussi bien pour le chrétien que pour toute l’humanité. C’est à ce juste titre que le pape Jean Paul II d’heureuse mémoire, parlait de « la formation d’une conscience écologique en sachant que les problèmes qui menacent l’environnement menacent aussi la paix »[3].

 

Mais l’homme semble ne pas avoir compris jusque-là le commandement reçu de Dieu qui consiste non pas seulement à cultiver le sol mais aussi à le garder (Gn 2,15), par conséquent, à prendre soin de toute la création. Cela pose donc un problème moral sérieux qui ne doit pas nous laisser indifférents. Nous nous posons ainsi la question de savoir : où trouver la réponse à ce problème ? 

 

 

2- Origine et cause de la crise écologique dans le monde

 

Situer l’origine de la crise écologique dans le temps n’est pas toujours facile car elle est intervenue comme le dit Olivier BURGELIN «  dans une chaîne de crise du progrès dont chacune peut-être analysée comme le retour du moment de la négation dans la dialectique du développement occidental »[4]. Qu’à cela ne tienne, elle correspond à la prise de conscience historique qui s’est effectuée à partir des années 50 de la puissance dangereuse, aux effets irréversibles, qu’exerçaient les Hommes contre la nature et leur milieu environnemental.

Il est cependant démontré que celle-ci est très liée au développement industriel. En effet, la croissance des villes, le tracé des voies de communication, l’implantation de nouvelles industries avec les retombées telles que les bruits, la fumée, en somme la pollution, sont  autant de problèmes dont l’homme et la nature subissent les conséquences. Entre autres causes nous pouvons également relever : la coupe abusive de bois, l'utilisation abondante des engrais et des pesticides, l'urbanisme anarchique, la pollution hydrosphérique et atmosphérique,…

 

3- Dimension écologique de la Bible

 

a) l'Ancien Testament

 

Dans la Bible, la foi en Dieu créateur est intervenue après un long cheminement spirituel du peuple saint. Avant la reconnaissance de son Dieu comme le créateur de toutes choses, Israël a d’abord fait l’expérience d’un Dieu vivant qui le protège et le sauve à travers des actions salvifiques. La réflexion sur sa foi en ce Dieu sauveur dont la puissance se déploie même dans les éléments de la nature le conduisit progressivement à prendre conscience que son Dieu est le seul créateur et le seul ordonnateur de l’univers, et qu’il crée chaque fois qu’il sauve.

Dans le récit Elohiste de la création par exemple, pour montrer que l’univers est vraiment une œuvre divine, Dieu y est présenté comme le grand potier, celui qui moule l’Homme et le cosmos (Gn 2,7-19). Et les images qui y sont employées nous situent dans l’espace et le temps. Car Dieu crée à partir d’une matière déjà existante, la terre.

 Mais dans le récit sacerdotal (Gn 1,1-31), Dieu crée par sa parole, ex nihilo, à partir de rien, sans l’aide d’une matière, « il dit et tout survint ». Dans ce dernier la création revêt une dimension cosmique. En six jours Dieu crée le ciel, la terre et tous ce qui les peuplent, et réserve le septième comme celui de son repos. Et c’est en référence à ce repos divin que l’Homme doit lui aussi, après des journées de labeur, se reposer pour comprendre la création de Dieu (Act 5,15).

En effet pour Israël, « le but du repos sabbatique, c’est le loisir pour revivre la délivrance d’Egypte, se souvenir et poser sur le monde un regard enfin désintéressé, un regard qui devient religieux dans la découverte du créateur lu dans son œuvre »[5]. C’est ainsi qu’Israël commémorait la création et la sortie d’Egypte en célébrant le sabbat. Enfin, dans ces récits, la création s’avère le reflet de la bonté de Dieu ; toute la création est bonne, il n’y a aucun mal en elle.

 

b) le Nouveau Testament

 

L’enseignement du Nouveau Testament porte à maturité, par son accomplissement en Christ, ce message de compassion universelle et de délivrance cosmique. Dès la fin de l’évangile de Marc, au jour de l’ascension, Jésus dit à ses disciples : « allez par le monde entier, proclamer l’évangile à toutes les créatures » (Mc 16,15). Il ne dit pas, comme chez Matthieu et Luc, « à toutes les nations », ce qui impliquerait seulement les Hommes. Dans l’Epître aux Colossiens, Paul s’exprime de la même façon lorsqu’il incite à ne pas se détourner de l’Evangile, « qui a été proclamé à toute créature sous le ciel » (col 1,23). Le même Paul ne se contente pas seulement, dans l’épître aux Romains, de dire que « toute la création gémit dans les douleurs de l’enfantement, attendant d’être libérée, elle aussi, de la servitude et de la corruption pour entrer dans la liberté et la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8,19-22). Mais à l’adresse des Colossiens, il édifie une Christologie cosmique dont les siècles qui vont suivre sont loin d’avoir développé toute la splendeur : « c’est en Christ qu’ont été créées toutes choses, en lui que tous les êtres ont été réconciliés par le sang de sa croix » (Col 1,15-20). Et de conclure superbement, à l’intention des Corinthiens : « Quand toutes choses lui auront été soumises, alors le fils lui-même se soumettra à celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous » (1Cor 15,28). En lui en effet, toutes choses trouvent leur origine et leur achèvement.  « Ainsi la doctrine de la création trouve son achèvement dans une contemplation du Fils de Dieu, par laquelle on voit en lui l’artisan, le modèle et la fin de toutes choses »[6]                          

 

Le Nouveau Testament a donc une vive conscience du désordre introduit dans la création suite au péché d’Adam. A cause de ce péché, le monde est appelé à disparaître (1Co 7,31; Ap 20,11s). Toutefois, dans le Christ, une nouvelle création a déjà été inaugurée. En effet, c’est comme Nouvel Adam que le Fils de Dieu est entré dans le monde (1Co 15,21.45). C’est pourquoi tout doit être instauré par lui. Cette nouvelle création déjà inaugurée dans le Christ dont parle le Nouveau Testament n’a cependant pas encore atteint son achèvement. Depuis sa résurrection, le christ est vainqueur de la mort. Seulement son triomphe n’est pas encore pleinement manifesté, et il ne le sera qu’à la fin des temps. En attendant, comme le dit l’apôtre Paul, l’Homme recréé intérieurement gémit dans l’attente de la rédemption de son corps (Rm 8,22) et, la création aspire aussi à la révélation des fils de Dieu (Rm 8,19).

 

                            Abbé Wenceslas Daleb MPASSY

 

                                                   Daleb_mpassi2@yahoo.fr

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D
<br /> Petit rappel: je suis médecin (Dr Michel ODIKA). Ceci dit, allons droit au but...<br /> Conformément à votre désir de "garder le contact" (cf. votre réponse à mon message), je m'empresse de vous faire part d'un projet qui me tient à cœur, à partir du moment où j'y consacre beaucoup de<br /> temps. De quoi s'agit-il donc?<br /> <br /> Brièvement et concrètement, ce projet a pour ambition et vocation de concilier sécurité environnementale (on n'est pas loin des thématiques et problématiques écologiques que vous avez abordées sous<br /> un angle biblique) et santé publique, le tout dans la cohérence d'une vision d'ensemble... Comment?<br /> <br /> Elément de réponse: en dotant notre pays, le Congo, d'un "Observatoire du Paludisme". Entre autres missions (j'emploie le mot "mission" au sens noble et premier du terme), cette structure<br /> innovante, une fois mise en place, aura pour tâche de rassembler divers acteurs et secteurs autour d'un agenda commun (le paludisme, dont on ne dira jamais assez qu'il s'agit d'un fléau).<br /> <br /> A titre indicatif, le projet a déjà été soumis aux autorités compétentes de notre pays. Actuellement, pour ainsi dire, il attend le "sort" qu'on voudra bien lui réserver. D'ici là, vous pouvez<br /> d'ores et déjà en prendre connaissance, éventuellement y contribuer. Comment?<br /> <br /> Nouvel élément de réponse: en participant à ce que je conçois et perçois, non pas comme une TRIBUNE POLITIQUE (je ne suis pas politicien), mais plutôt comme un FORUM CITOYEN (accessible à l'adresse<br /> http://www.facebook.com/update_security_info.php?wizard=1#!/pages/Observatoire-du-Paludisme/195656847111186?v=wall).<br /> <br /> Par ailleurs, je vous invite à lire des analyses et réflexions relatives au paludisme et à l'assainissement (voir<br /> http://momentum.blog.tdg.ch/archive/2010/12/27/paludisme-et-assainissement-recours-a-la-socio-econometrie.html).<br /> <br /> Soit dit en passant, le projet a une dimension globale. D'où la nécessité, cruciale, de recueillir les avis émanant des sensibilités les plus diverses. Raison pour laquelle j'ai décidé de<br /> contacter, et de consulter, l'homme d'Eglise, ainsi que le citoyen congolais, que vous êtes.<br /> <br /> <br /> Cordialement,<br /> Docteur Michel ODIKA<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Tout d'abord, mes félicitations pour ce que vous avez écrit. Ceci dit, je souscris à ce que je viens de lire. Raison pour laquelle, dans la foulée, je convie tout lecteur de ces brèves lignes à<br /> lire mes analyses et réflexions sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur (Bible et écologie). Elles sont accessibles aux adresses:<br /> - http://feuillets.blog.tdg.ch/archive/2010/04/01/da21673abdd2c7fc2de092d3df0c6ee3.html;<br /> - http://www.congo-internet.com/congoforum/viewtopic.php?f=47&t=32.<br /> Cordialement,<br /> Docteur Michel ODIKA<br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Merci pour ces encouragements et on garde le contact.<br /> <br /> <br /> <br />