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Ecologie: la création à l'époque moderne.

par Abbé daleb mpassy

publié dans culture

          

4)- La création à l’époque moderne.

L'époque de la modernité se caractérise par deux catégories de personnes. D'un côté nous avons tous ceux qui ont pris conscience de leur rôle d'homme responsable de l'univers; de l'autre tous ceux qui sont encore loin de le comprendre et qui continue à malmener la nature et à en abuser comme si leur propre sort n'en dépendait pas.

Effectivement, les temps modernes ont été marqué jusque là par la succession d'événements météorologiques dans le monde. Les tempêtes de 1999, les canicules de 2003, les inondations multiples, le changement Climatique, etc., ont accéléré soudainement la prise de conscience et donné du crédit aux dires des écologistes. Des leaders d'opinion tel Al GORE (prix Nobel de la paix 2007), Ma JUN (écologiste Chinois le plus célèbre) ont relayé cette urgence.

L'Eglise Catholique dans tout cela, avouons-le, s'est progressivement éloignée de la nature jusqu'à l'irruption du pape Jean Paul II. Il y a bien entendu l'exemple saisissant de St François d'Assise, mais c'est une exception. A la même époque, Saint Thomas d'Aquin, le plus grand cerveau de son temps, est resté muet sur l'écologie. Dans la Somme Théologique, on ne trouve que cette phrase: «quand un homme aime son chien, c'est bon signe. Ça laisse penser qu'il aimera les hommes aussi ». Certes, plusieurs documents Romains ont pour objet le respect de la vie humaine, mais il n'y a pas beaucoup de discours sur la sauvegarde de la vie animale, et encore moins de la vie végétale. Après que le pape Paul VI eut fait mention de la responsabilité des Chrétiens à l'égard de la création, dans l'optique du progrès (encyclique Populorum progressio), il y a eu comme un silence sur la question. Cependant le pape Jean Paul II a fait une déclaration commune avec le patriarche Bartholomé à Venise en 2002, sur le respect de la création. Mais comme le souligne le professeur Jean-Marie PELT: « il manque un texte fondateur sur l'écologie, une sorte d'Encyclique, qui nous servirait dans l'Eglise Catholique de nouveau départ »[1].

Dans d'autres discours, Jean Paul II a également invité les Chrétiens à une conversion écologique mais en liaison avec la sauvegarde de la paix. Un an après son élection, il a proclamé Saint François d'Assise patron des écologistes. À Nairobi (Kenya), lors d'une conférence internationale de l'ONU, il a examiné le sort du continent noir au regard de l'écologie. À OuagadougoM (Burkina Faso), lors d'une visite en 1980, il a lancé un appel pour la lutte contre le désert du Sahel, d'où la création de la fondation Jean Paul II pour le Sahel par le Cardinal Paul ZOUNGRANA. Néanmoins, même si beaucoup l'ignore, Jean Paul II nous a laissé un enseignement écologique majeur; Et comme a su le dire Nicolas Hulot: « l'écologie a retenu son atôention tout au long de son pontificat »[2].  Son successeur Benoît XVI n'est pas hors sujet en la matière. Déjà en tant qu'Allemand, il est sensible aux questions écologiques. En plus, il se prononçait en 2000 contre l'élevage en batterie, car estimait-il, qu'on ne doit pas faire souffrir gratuitement un être vivant. Il parle d'ailleurs de « dimension cosmique du salut ». Aussi, dans l'Ecologiste, une grande revue franco-britannique, au moment de son élection, paru un long article sous le titre: « Habemus papam ecologistum ».

Toutefois, il sied de dire qu'au revers de ceux qui se battent pour la sauvegarde de la création, se trouvent ceux qui se plaisent à la détruire. On voit hélas les dernières péripéties avec les progrès de la génétique: l'homme dans sa substance matérielle la plus intime devient un objet. Tout comme les animaux, les arbres sont devenus de simples objets. Or selon le Catéchisme de l'Eglise Catholique: « l'expérimentation en laboratoire (les test médicaux sur les animaux) n’est admise que s'il n'y a pas de méthode de substitution, et que ces test sont réalisés pour le bénéfice de la Santé humaine et non pour des cosmétiques »[3].

A tous les niveaux, le constat est le même, le monde vit une crise de « Moeurs écologique ». Combien sont-ils ceux qui, dans nos paroisses font couper les arbres pour des fins économiques sans en mesurer les conséquences. En Afrique où nous avons hérité les paroisses des évangélisateurs, combien d'arbres avons-nous planté après eux. C'est dans ce sens que le premier président de la république du Congo-Brazzaville (l'abbé Fulbert YOULOU) disait dans son discours à l'occasion du sacre du premier archevêque de Brazzaville (Mgr Théophile Mbemba) que: « l'Eglise, en devenant indigène, nous donne à espérer des lendemains meilleurs. Elle peut, sans peine, inculquer ses impératifs de l'au-delà »[4].Ah si chacun pouvait faire le bilan. Nous ne pouvons ne pas louer quelques initiatives du genre le mot d’ordre « un séminariste, un arbre » au séminaire Saint Jean Baptiste de Wayâlgé à Ouagadougou (Burkina Faso). Ainsi, la conception de la création dans l'univers Africain, puis dans la Bible, n'incite-t-elle pas à des actes plus responsables.

 

Conclusion.

En définitive, retenons que la création est une oeuvre divine. Créée par lui et pour lui, la création est dès le départ ouverte, c'est-à-dire orientée vers son accomplissement. Atteinte par le péché d'Adam, elle fut, tout comme la nature humaine, rénovée par le Christ mort et ressuscité. Toutefois elle continue de gémir en douleur d'enfantement dans l'attente du jour où la gloire de Dieu illuminera toutes choses.

Mais avant ce jour, il appartient à l'homme de continuer cette oeuvre divine à travers la Science, la technique, etc. Il se comportera en intendant de Dieu, mieux en « lieu tenant » de Dieu dans la création car il l'a reçue comme prêt. De ce fait, il devra toujours chercher à agir selon les critères de la loi divine et non de ses propres lois. C'est donc une constante de l'enseignement chrétienne. Or depuis le XVIIè siècle, cela n'est presque plus enseigné. Combien de pasteurs le rappellent dans leurs prédications ? « Ce qui oblige les Chrétiens à se réveiller d'un long sommeil »[5]. Un réveil qui ne serait pas seulement dû à l'urgence des problèmes de pollution, de changement climatique ou autres, mais parce que leur foi elle-même est interpellée. C’est au nom de leur foi que les Chrétiens, contrairement à d’autres écologistes, mèneront une pastorale écologique.

 



[1] Jean-Marie PELT, Catholique, passez au vert! , in Famille Chrétienne, n°1528, avril-mai 2007, pp.18-22.

[2] Nicolas Hulot, cité par Jean Bastaire, nous sommes appelés à une conversion écologique, in Famille Chrétienne, n°1528, avril-mai 2007, pp.23-25.

[3] Catéchisme de l'Eglise Catholique, Article 1043.

[4]Abbé Fulbert YOULOU, discours lors du sacre de Mgr Théophile Mbemba en 1962, cité par Mgr Ernest KOMBO dans son allocution lors des obsèques de Mgr Barthelémy BATANTOU, le 13 mai 2004 à la place Mariale de la cathédrale Sacré-coeur de Brazzaville.

[5]Jean BASTAIRE, Idem, p.24.

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