Les atteintes morales de la crise écologique à Brazzaville.
a)-L’injustice dans la consommation des biens.
Nous procédons ici à une lecture de la vie à divers niveaux dans la ville de Brazzaville. Que constatons-nous ? D’abord il faut jeter un regard sur les ressources naturelles du pays pour comprendre certaines attitudes. Sur ce, il est mondialement reconnu que le Congo est un pays très riche capable de nourrir nombre d’autres pays en Afrique. Le pétrole, les forêts, les minerais et la multitude des fleuves et des rivières en sont la preuve. Il ne devrait donc pas avoir de pauvres ou de misérables au Congo si la répartition des biens était équitable, ou du moins raisonnable. Ceci en ce sens que chacun recevrait, ne fusse qu’une petite part des ressources naturelles qui sont un don de Dieu à tout les congolais. Mais fort curieusement, l’égoïsme des dirigeants fait qu’il y ai plus de pauvres que de nantis au Congo. Et ces derniers, bien qu’étant eux-mêmes économiquement pauvres, subissent les conséquences d’un développement économique mal géré. Que l’on se rappelle l’effet des effluents liquides et gazeux, des engrais chimiques et pesticides sur la vie et la santé des populations. Nombreux sont ceux qui, à Brazzaville, n’ont pas encore accès à l’eau « potable », soit parce que leurs nappes souterraines sont contaminées ou tout simplement parce qu’ils ne disposent pas de forages. Pendant ce temps il existe des gens qui à longueur de journée ne boivent que l’eau minérale Mayo, Okiessi, Cristal, etc.
Cette injustice est bien remarquable dans plusieurs domaines comme l’occupation de l’espace et la consommation énergétique, donnant ainsi l’impression que les ressources naturelles appartiennent à quelques individus à qui revient le droit d’en indiquer le mode de gestion. Aussi, advient-il souvent que certaines personnes se croient tout permis et agissent sans tenir compte des droits de la collectivité.
b)-L’exploitation pour des besoins de consommation immédiate.
Outre tout ce que nous venons de dire ci-dessus, nombreux est les Brazzavilloises qui, à travers leurs actions sur la nature, manifestent un égoïsme très prononcé. Se croyant peut-être les derniers habitants de la planète, ils s’arrogent le droit de disposer des biens naturels à leur guise. Et la déforestation, l’acidification des sols, la chasse aux éléphants, l’exploitation incontrôlée de certains minerais (l’or de Pounga et les mines de Mindouli par exemple), autant de faits qui peuvent témoigner de cette réalité. Devant ce constat, la finalité de l’activité humaine sur la nature se trouve posée. L’homme n’a-t-il que des droits sur la nature ? Quelle terre compte-t-il laisser aux générations à venir ?
c)-La blessure de l’intégrité de la nature et la menace pour l’homme.
Dans sa lettre aux Romains, st Paul affirme que le désordre est introduit dans le monde suite au péché d’Adam (cf. Rm 5,12). Seulement, on remarque qu’au fur et à mesure que les années passent, la création elle continue d’être victime de certaines transformations dégradantes. Effectivement, comme nous l’avons souligné plus haut, la nature et le milieu environnemental Brazzavillois ne présentent plus la même physionomie que celle qu’ils avaient il y’a cinquante ans. Que se passe-t-il alors ? La réponse est toute simple, la nature est de nos jours objet de plusieurs manipulations. Elle est atteinte dans ses fondements par le comportement de l’homme pour qui malheureusement les conséquences constituent une véritable menace.
Conclusion
Somme toute, les problèmes évoqués ci-dessus situent la question de la crise écologique sur le plan moral. Les Brazzavillois, comme plusieurs personnes à travers le monde, semblent encore ne pas avoir conscience de l’ampleur du phénomène, où semblent avoir mal compris le sens du pouvoir que Dieu a donné sur la création. Les déviations de l’Homme sur la création nous donnent l’impression que le progrès et la sauvegarde de la création sont deux réalités inconciliables. Est-ce vraiment impossible de soumettre la terre (Gnu 1, ), sans pourtant la détruire ? L’exploiter sans l’endommager ?
Quoi qu’il en soit, l’utilisation aveugle des ressources naturelles et ses conséquences, le manque de salubrité autours de nos habitats, engagent une responsabilité morale sérieuse. Faut-il attendre d’être sérieuse rangés par le mal pour agir ? Des deux choses l’une, entre prévenir et guérir, quel est le meilleur remède ? Sans doute, seule la contemplation de la création telle que voulu et sortie des mains du créateur s’avère le moyen incontournable d’inspiration de nos engagements.