Nos villes d'aujourd'hui : à quoi les comparer ?
Nos villes d’aujourd’hui
Tous ces comportements que toute personne de bonne volonté fuirait avec horreur peuvent être considérés comme des œuvres de ténèbres, dans la mesure où elles contribuent à l’aliénation de l’homme au lieu de le faire grandir.les villes considérées comme le milieu par excellence de risque où se développent tous les facteurs de risque suscités pourraient être considérées comme des lieux où règnent les œuvres de ténèbres, étrangères à la lumière.
Chers amis de Dieu, au temps de Jésus, Capharnaüm était quelque peu comparable à nos villes d’aujourd’hui. En effet, l’Evangile nous précise qu’il était une ville située au bord du lac dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. De fait, elle était une ville frontalière aux confins des deux Etats d’Hérode et de Philippe. Cette ville avait un poste de douaniers et un régiment de soldats romains. Elle reliait Damas, porte du désert à Césarée, porte de la méditerranée. C’était donc un véritable carrefour où se rencontraient de nombreuses races, une ville ouverte au passage des caravanes.
Jésus, nous dit l’Evangile, accepte de quitter son petit village de Nazareth pour s’établir en ville à Capharnaüm. Jésus, la « la lumière et le Salut »du monde selon l’expression du psaume 26 accepte d’aller habiter le pays des ténèbres qu’est la ville avec ses multiples manifestations hérétiques afin de l’éclairer. Ainsi s’accomplit la prédiction d’Isaïe relatée dans la première lecture « Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens : le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans les pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée » Is8, 23.
Frères et sœurs, Jésus, lumière du monde va habiter cette contrée de la Galilée considérée comme le pays des ténèbres par les milieux juifs pour aller à la rencontre des hommes les plus éloignés de Dieu. Il choisit de ne commencer sa prédication, ni à Jérusalem, la ville sainte, ni en Judée, terre sacrée, mais dans cette partie de la Galilée ouverte à toutes les influences païennes, suspectée des milieux juifs dirigeant et méprisée comme plus ou moins hérétique et lieu où règne des mœurs peu fameux.
Bien aimés de Dieu, par la réception du baptême, nous avons répondu au premier appel de Dieu qui nous invitait revêtir la dignité du fils adoptifs. Par ce même baptême, nous sommes configurés au Christ lumière du monde. A l’instar de Pierre, Jacques, André et Jean, il nous envoie vers nos frères pour éclairer leur nuit et faire reculer les ténèbres. A la suite du Christ et à son exemple, accepterions nous de quitter le cercle de nos amis pour aller au carrefour des païens, pour rejoindre ceux que nous jugeons à tord ou à raison comme des pécheurs publiques et incapables de conversion ? le chrétien est l’âme du monde, la lumière du monde. La raison de notre existence est d’éclairer la nuit du monde et en chasser les ténèbres. En Dieu, il n’y a pas de personne abandonnée, damnée à jamais. Jésus lui-même nous en donne un éloquent témoignage en allant habiter chez des hommes très peu recommandables, en acceptant la compagnie des pécheurs durant tout son ministère.
Frères et sœurs, comme hier, où Jésus s’adressait à Pierre, Jacques, Jean et André, aujourd’hui, le Christ continue d’appeler chacun d’entre nous qui, pour le suivre de plus près avec la consécration de sa vie, tel autre pour une mission particulière auprès des siens. A chacun son heur, à chacun sa mission. Il nous envoie prodiguer l’allégresse et la joie à tous ceux qi sombrent dans le désespoir, à tous ceux qui ont perdu le sourire.
De même que jadis Jésus parcourait la Galilée, enseignant la Bonne Nouvelle, guérissant toute maladie et toute infirmité dans le peuple, aujourd’hui, cette tâche nous incombe. De façon particulière, le monde célèbre en ce jour, la journée mondiale des lépreux. Ayons un cœur compatissant pour ceux qui traînent les séquelles de cette affection et leur venons en aide. Bon nombre de nos proches souffrent d’une lèpre spirituelle plus avilissante que la lèpre physique, le virus du péché qui ronge non seulement le corps mais aussi l’âme. Soyons pour eux des Raoul FOLLEREAU et aidons-les à recouvrer leur dignité de fils de Dieu, témoins de la lumière.