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le seul remède contre le monde (Abbé Daleb)

par Abbé daleb mpassy

publié dans Théologie

NOURRIR SA VIE CHRETIENNE DANS LES SACREMENTS

 

Aussi vrai que tout muscle qui ne travaille pas s’atrophie, ainsi, toute foi qui n’est pas nourrie par les sacrements s’étiole, s’amenuise et meurt. Par les sacrements sont ouverts au chrétien les trésors des richesses divines, grâces dont il ne peut absolument se passer sans en ressentir un contre coup fâcheux. Comme l’atteste le saint Curé d’Ars : la grâce de Dieu nous est nécessaire comme les béquilles à ceux qui ont mal aux pieds.

Pour le chrétien, les sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation revêtent une importance particulière. Ils sont incontournables, l’un pour se réconcilier avec Dieu et les frères, l’autre pour se nourrir du pain de la "route". L’Eucharistie en effet, tient une place unique en tant que "sacrement des sacrements". Elle est le sacrement qui divinise le plus l’homme et le recrée continuellement à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Mais, «comme d’excellentes semences ne peuvent donner de riches moissons que si la terre est bonne et accueillante, de même les hommes ne recueillent les fruits complets des sacrements qu’ils reçoivent qu’à la condition de coopérer à la grâce »[1] par la foi, l’espérance et la charité.

 

B- Foi, espérance et charité : piliers d’une vie chrétienne authentique

 

«La triade foi, espérance, charité caractérise la vie du chrétien devenu "fils de Dieu" en Jésus Christ »[2]. Et, «on peut dire que la charité est le point culminant de la vie chrétienne ; que la foi en est le support et que l’espérance en est l’anticipation »[3]. Le creuset, la moule d’où le chrétien sort façonné, transfiguré, c’est le cheminement de la foi, de l’espérance et de la charité.

La foi est discernement ; quelqu’un à connaître ; la foi est recherche ; quelqu’un à trouver, la foi est consentement ; quelqu’un à accepter ; la foi est fidélité ; quelqu’un d’engageant ; la foi est confiance, fécondité. L’espérance consiste quant à elle à ne jamais se décourager en n’importe quelle situation (C. CHABANIS). L’amour (la charité) enfin, n’est pas tout fait. Il se fait. Il n’est pas robe ou costume prêt à porter mais pièce d’étoffe à tailler, à monter, à coudre. Il n’est pas sommet vaincu mais départ de la vallée, escalades passionnantes, chutes douloureuses. Il n’est pas solide ancrage au port du bonheur mais levée d’ancre et voyage en pleine mer dans la brise ou la tempête[4].

En luttant  pour la foi (Ph 1, 27), en l’exerçant par des œuvres de charité (Jc 2, 14), le chrétien peut résister dans le combat spirituel (cf. Ep 6,10) «avec la vérité pour ceinture, la justice pour cuirasse et pour chaussures le zèle à propager l’Evangile. Ayant toujours en main le bouclier de la foi, le casque du salut et le glaive de l’Esprit » (Ep 6, 14).

Ainsi, il pourra-t-il dire au soir de sa vie : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, je suis resté fidèle. Et maintenant, voici qu’est préparée pour moi la couronne de justice, qu’en retour le Seigneur me donnera en ce Jour-là, lui, le juste Juge » (2 Tm 4,7-8).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Abbé Paul, Dessein de Dieu et les merveilles de son amour miséricordieux, éd. Téqui, Paris, 2002, p. 288.

[2] M. B. SOME, Cours d’anthropologie chrétienne, Saint Jean-Baptiste, 2002-2003, p. 119.

[3] Ibidem.

[4] E. BARBOTIN, Humanité de l’Homme, éd. Aubier, Paris, 1970, p. 165.

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