Mgr Anatole Milandou rappelle fermement que les prêtres ne peuvent pas s’engager dans une élection
Mgr Anatole Milandou rappelle fermement que les prêtres ne peuvent pas s’engager dans une élection
L’archevêque de Brazzaville, Mgr Anatole Milandou, a publié un message en direction du clergé, pour rappeler que ni les évêques, ni les prêtres ne sont autorisés, par l’Eglise, à s’engager comme candidats dans des élections, pour briguer des charges publiques. Le prélat métropolitain a fait ce ferme rappel pour lever toute confusion à ce sujet. Nous publions, ci-après, l’intégralité du message de Mgr Milandou. Monseigneur Anatole MILANDOU Rappel des exigences de l’Eglise en matière d’engagement politique du clerc A l’orée de l’échéance électorale présidentielle, j’aimerais rappeler quelques exigences inhérentes à l’engagement politique du clerc. A ce propos, j’aimerais reprendre les grandes lignes du Message de la Conférence des évêques du Congo sur le synode africain et la démocratie naissante au Congo, lors de la vingtième assemblée plénière, du 12 au 16 mai 1992. L’allusion à l’engagement politique du clerc, au cours de cette assemblée plénière, a été explicitement claire. En effet, l’Eglise, voulant préserver sa neutralité et voulant répondre autrement que par un engagement direct dans la politique, réaffirme cette conviction de servir, par d’autres manières, les hommes et les femmes que Dieu lui a confiés: «Allez de toutes les nations, faites des disciples et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit» (Matthieu 28, 19-20). Cette recommandation, mieux cette mission à laquelle le Christ nous convie, requiert beaucoup d’abnégation, de choix justes et honnêtes et, surtout, une imitation totale de notre Seigneur Jésus-Christ qui insiste à savoir discerner: «Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu» (Luc 20, 25). Par conséquent, répétant notre message de mai 1992 et soulignant de la manière la plus solennelle ce qui y est dit, je confirme ce qui suit: «...L’Eglise catholique veut garder la position de neutralité et le rôle d’arbitre qu’elle a toujours observé. C’est ainsi qu’aucun membre de la hiérarchie, ni du clergé, c’est-à-dire, évêque ou prêtre, ne saurait être candidat aux élections municipales et législatives, et encore moins aux élections présidentielles». Je reste convaincu que «dans le peuple, des gens capables, hommes d’expérience, consciencieux, intègres, devant présider aux destinées de notre pays», sont nombreux. Il n’est, donc, pas question qu’un prêtre s’engage, directement, dans une quelconque candidature à l’élection présidentielle. D’ailleurs, le Code de droit canonique est précis à ce sujet. En effet, le canon 285, § 1 3° stipule: «...Il est interdit aux clercs de remplir les charges publiques qui comportent une participation à l’exercice du pouvoir civil». De façon plus limpide, le canon 287 prescrit: «§ 1. Les clercs s’appliqueront toujours et le plus possible à maintenir entre les hommes la paix et la concorde fondée sur la justice. § 2. Ils ne prendront pas une part active dans les partis politiques ni dans la direction des associations syndicales, à moins que, au jugement de l’autorité ecclésiastique compétente, la défense des droits de l’Eglise ou de la promotion du bien commun ne le requièrent». II n’est pas question d’encourager qui que ce soit dans la campagne électorale. Notre devoir, en tant que hiérarchie de l’Eglise, est de conscientiser le peuple à bien choisir et à œuvrer pour la paix, par des actions concrètes et par la prière. Quiconque n’obéirait pas à ces directives et aux lois de l’Eglises, s’expose à des sanctions clairement définies dans notre législation canonique. D’ores et déjà, j’invite les fidèles chrétiens à se préparer dignement à l’élection présidentielle, en respectant ce que la loi prescrit et priant pour son bon déroulement.
Fait à Brazzaville, le 27 mai 2009 Monseigneur Anatole MILANDOU