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Homélie du dimanche 11 janvier : Baptême du Seigneur

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Homélies et méditations

Homélie du dimanche 11 janvier : Baptême du Seigneur

Textes : (Marc 1,7-11)

 

 

Bien chers frères et sœurs,

En écoutant la lecture des textes de ce dimanche, nous avons entendu la voix de 3 témoins de Dieu qui, tous les 3, nous renseignent sur l’identité de Jésus-Christ.

 

Dans l’évangile en effet, St Marc rapporte que, lors du baptême de Jésus, l’Esprit Saint descendit sur lui et qu’une voix se fit entendre pour le présenter comme son fils bien-aimé. Ainsi se réalisait l’annonce lointaine qu’avait faite le seigneur par le prophète Isaïe et dont nous avons eu écho dans la 1ère lecture : « voici mon serviteur, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ». L’apôtre Pierre nous informe dans la 2ème lecture qu’après son baptême, glorifié par le père, consacré par l’esprit, Jésus pouvait enfin commencer son ministère. Et là où il passait, il faisait le bien et il guérissait tous ceux que le démon tourmentait.

 

Après ce rapide breackfing des textes de ce jour, l’identité de Jésus peut se résumer en 4 concepts. Selon l’évangile il est le Fils bien-aimé du père. Selon la 1ère lecture il est en même temps, le serviteur et l’élu du père. Enfin, selon la 2ème lecture il est, le seigneur de tous. Tous ces titres semblent pourtant nous renvoyer à l’identité de quelqu’un d’autre : le père. Et c’est à ce juste titre qu’un de ses disciples lui dira plus tard : « montres-nous le père et cela nous suffit ». Ainsi, je me suis permis de vous conter un fait :

 

Bien chers frères et sœurs,

Le 12 avril 1961, un homme venait d’effectuer une révolution autour de la terre. Que de journaux avaient relaté la nouvelle (Sidwaya, l’observateur Paalga, jeune Afrique et j’en passe). Que d’attroupements autour de quelques petits postes téléviseurs qu’on pouvait compter du doigt, et là encore en noir et blanc. Que s’était-il passé ce jour là. Nombreux parmi nous n’étaient pas encore nés, hélas ! Eh bien, à bord d’un vaisseau spatial nommé Vostok 1, après un vol de 108 minutes, le premier homme, un certain IOURI GAGARINE, pilote militaire et cosmonaute Russe, venait de poser le premier pas sur la lune. Cela paraît certainement sans importance pour nous, puisque l’important n’est pas dans ce voyage astronomique, rassurez-vous ! Mais de retour sur terre, Iouri Gagarine adressait un message à tous les Chrétiens du monde. Il disait sur un ton ironique : «  chers frères chrétiens, j’étais au ciel, j’y ai séjourné plusieurs jours, j’y ai rencontré plusieurs merveilles. Mais votre Dieu, je l’ai cherché en vain, je ne l’ai pas rencontré ni même aperçu. Par conséquent il n’y est pas, il n’existe pas ».

 

Bien chers frères et sœurs,

Si notre Dieu n’est pas une molécule gazeuse qu’on rencontrerait quelque part dans l’espace. S’il n’est pas mort comme l’a jadis affirmé Nietze ou bien d’autres philosophes, alors il sied à nous chrétiens de renseigner le monde sur sa véritable identité.

 

Qui donc est Dieu ?

C’est là à mon sens une question qui mérite d’être posée. Et je sais que s’il m’était permis de faire le tour de cette auguste assemblée pour recueillir toutes nos réponses, on pourrait y passer la journée. Aussi, de tout temps, depuis des siècles, les Hommes ont essayé de se représenter leur Dieu. Et chaque race, langue, peuple, nation, culture, ethnie, n’a cessé de donner une réponse à cette question. Et nos ancêtres ne sont pas restés en marge, c’est pourquoi, par exemple, ici au Burkina Faso: les Mossi l’ont appelé Naaba-Wendé, les Bwaba l’ont nommé Doofî, pour les Samo c’est Laawa et pour les Congolais, Nzambé ou Nzapa . Tantôt, nous lui avons façonné un visage, tantôt nous lui en avons fabriqué un de toutes pièces. Et à ce propos un adage dit : « Dieu a crée l’Homme à son image, et l’Homme le lui a bien rendu ! » Hélas ! Les images d’un Dieu du tonnerre et des éclairs, d’un juge qui punit et condamne, d’un Tout-puissant qui fait à son gré tout et son contraire, d’un Dieu vengeur ou magicien, d’un Dieu tonitruant et même d’un Dieu vieillard à barbe blanche, font place aujourd’hui à celui qui descend dans le Jourdain pour se faire baptiser. Car toutes ces tentatives précitées se sont malheureusement avérées limités, tant la réalité de Dieu est immense. Et pourtant Dieu qui est un être souverainement libre et invisible, se rendant présent par son action, là où il veut et quand il le veut, a toujours voulu se faire connaître aux Hommes. Il l’a jadis fait par les prophètes, d’où tout le sens de l’annonce faite par le prophète Isaïe dans la 1ère lecture. Aujourd’hui, il continu à le faire par son fils notre Seigneur Jésus-Christ. Du ciel une voix se fait entendre : « C’est toi mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour ».

 

Oui, bien chers frères et sœurs,

Dieu lève le voile qui couvrait son visage, il se dévoile pour que l’homme puisse mieux le connaître. En Jésus de Nazareth, nous découvrons le vrai visage de Dieu, un visage de miséricorde et d’amour. Par sa personne même, Jésus est Bonne nouvelle ! L’amour gratuit et la vérité sont venus par Jésus-Christ. En prenant visage d’homme, le Fils du père a pour mission la transfiguration de l’homme. De chacun des êtres humains, auxquels il vient témoigner l’amour du père, il veut faire un fils et une fille de Dieu. En effet, cette scène du baptême de Jésus en rappelle une autre : la transfiguration, où la voix céleste prononce la même parole. Dire que les cieux se déchirent pour laisser place à l’esprit, c’est signifier que les temps de grâces annoncés par les prophètes, sont arrivés. L’esprit descend sur lui comme une colombe. Je me suis posé la question de savoir : pourquoi une colombe ? L’image de la colombe peut évoquer l’oiseau qui rapporta pour Noé le rameau d’olivier, symbole d’alliance entre Dieu et les Hommes (Gn 8,8-12) ; mais ici l’esprit semble planer sur les eaux, comme à la création, et l’on retrouve même les trois éléments du récit de la Genèse : l’eau, l’esprit et la parole : ainsi est-il suggéré que s’accomplit une nouvelle création, que s’ouvre une ère nouvelle pour le monde. On peut y voir également une image de l’amour de Dieu qui descend vers la terre en la personne de Jésus. Jésus est le propre Fils qui s’entend appliquer la formule d’intronisation royale : «Tu es mon fils, moi, aujourd’hui je t’ai engendré » (Ps 2,7). Notant que le titre de Fils de Dieu touche de si près au mystère du Christ à tel enseigne qu’en dehors de la confession de foi de Pierre, seule la voix divine ou celle des démons peut le prononcer. Et par le plus frappant des paradoxes, c’est au moment où tout est accompli, c’est-à-dire lorsque Jésus mourra sur la Croix comme un va-nu-pieds, qu’un homme enfin, et non pas un disciple, mais un païen, fera la 1ère confession de foi : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » (Marc 15,39).

 

Cependant, je lis à travers vos yeux le murmure d’une question que je me suis posée moi même: Si Jésus est Fils de DIEU, rempli de l’esprit, pourquoi vient-il se soumettre au baptême de Jean, qui est un baptême du pardon des péchés dont-il n’a pas besoin ? C’est là encore, à mon sens, une question qui mérite d’être posée.

 

Effectivement, n’ayant pas besoin de pardon de péchés pour lui-même, Jésus vient cependant se présenter au baptême de conversion en vue de sa mission de serviteur qui est de mourir pour le péché des hommes. En plongeant dans les eaux du baptême, Jésus mime cette autre plongée dans le tombeau, où il emportera avec lui l’humanité tout entière et d’où il ressortira en ayant fait d’elle un peuple nouveau. C’est dire que, renouvelé par le baptême, chaque chrétien est appelé à se reconnaître Fils de Dieu en Jésus. Cela nous oblige à bien nous comporter car un Fils de Dieu ne vit pas au hasard. Il ne vit pas comme monsieur tout le monde (parce que tout le monde fait comme cela, moi aussi je fais : non). Il ne vas pas n’importe où, ne parle pas au hasard, ne fait pas n’importe quoi avec son corps, bref il réfléchit avant de poser tel ou tel autre acte.

 

Bien chers frères et sœurs, Jésus révèle Dieu aux Hommes et nous fais découvrir que nous sommes nous aussi, par le baptême, Fils de Dieu. Cela devrait donc nous amener à revoir notre manière de vivre. Car comme a su bien le dire l’actuel pape Benoît XVI : « nous ne sommes pas un produit accidentel et dépourvu de sens de l’évolution. Chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, aimé et nécessaire ».

Pour terminer, je m’en vais vous conter une anecdote :

 

Une petite fille vint trouver sa mère un jour et lui dit

- Maman, j’ai envie de dessiner Dieu

- Prends tes couleurs et du papier et dessine (La petite fille installe ses affaires sur la table. Elle réfléchit longuement. Soudain elle revient vers sa mère).

- Maman, est-ce qu’il est grand, Dieu ?

- Oui, ma fille, Dieu, il est très grand ! (de nouveau à sa table la petite fille réfléchit mais ne dessine pas. Soudain elle se relève et revient vers sa mère.

- Maman, Dieu est-ce qu’il est beau ?

- Oui, ma fille, Dieu, il est très beau ! (la petite fille réfléchit longuement devant son papier. Puis elle vient dire tout simplement à sa maman)

- Maman, j’ai décidé de ne pas dessiner Dieu, j’ai trop peur de l’abîmer.

 

Bien chers frères et sœurs,

Ayons nous aussi peur d’abîmer et n’abîmons pas l’image de Dieu qui est en nous, par notre façon de vivre. Aussi vrai qu’avec le Christ on est ensemble, humblement demandons à l’esprit du Seigneur de nous aider afin que nous puissions toujours nous comporter en véritable Fils de Dieu. Que Dieu écoute et exauce notre prière. Amen !

 

 

 

Abbé Daleb Venceslas Mpassy

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