Soutenance de l'abbé Daleb sur l'écologie à Ouagadougou
Soutenance de Thèse en Théologie au grand séminaire de Théologie Saint Jean-Baptiste de Ouagadougou (Burkina Faso).
Date : Ce lundi 09 juin 2008 à 8h30 dans la salle « bon pasteur »
Thème : « Eucharistie et Ecologie : la responsabilité chrétienne dans la protection de l’environnement, cas de Brazzaville ».
Salutation à tous,
D’abord un grand merci au Grand séminaire st Jean-Baptiste de Ouagadougou,
Merci aux honorables membres du jury,
Je voudrais dans un premier temps m’acquitter d’un point d’honneur, faire remarquer quelques points d’honneurs. Le premier point d’honneur c’est d’avoir été autorisé à rédiger un mémoire en théologie par toute une élite de l’intelligentsia africaine, ici représenté par nos professeurs ; car ayant été éjecté de façon abrupte de Kinkala au Congo, pour être catapulté à Ouagadougou, en pleine formation théologique, on pouvait ne pas m’autoriser à rédiger ce mémoire, fruit de mes intuitions théologiques.
Le deuxième point d’honneur c’est une marque de reconnaissance d’abord interne c’est-à-dire à l’endroit de tous nos professeurs, mais particulièrement à Monsieur l’abbé Constant GNANOU (professeur de dogme) qui a su sagement orienté notre recherche en dirigeant ce mémoire. Mais aussi une reconnaissance interne envers les amis étudiants et collègues, avec qui nous discutions et échangeons de temps en temps, et qui nous permettent de réévaluer nos intuitions.
La deuxième reconnaissance, celle-ci externe, va à l’endroit de Monseigneur Louis Portella Mbuyu (évêque de Kinkala au Congo). Pourquoi cela? Simplement parce que c’est lui le premier qui nous a encouragé à nous investir d’avantages sur le thème Ecologie, à l’issus d’un stage effectué dans les paroisses de Kindamba-Vindza-Mayama, toutes des zones forestières mais où malheureusement la chasse n’est presque pas réglementée et l’exploitation du bois encore anarchique.
C’est pour dire dans tous ce tralala sentimental que finalement, la mission du théologien, la profession du théologien c’est d’être au service d’une communauté croyante. Si la mission du théologien est d’être au service d’une communauté croyante alors la question du lien entre l’Eucharistie et l’Ecologie s’éclaire d’abord à partir d’un « sensus fidelium ». Excusez-moi, certainement un certain nombre de concept sonneront un peu pédant mais je prendrai le temps qu’il faut pour les expliciter pendant les questions. Un sensus fidelium Eucharistie et Ecologie, afin d’actualiser le trait d’union entre ces deux concepts. Dès lors, une question revient lancinante : où trouver les matériaux d’une telle entreprise ? Quelle méthode est habileté pour ce genre d’expertise ?
L’Ecologie avouons-le n’est pas le tout de l’Eucharistie et vis versa, s’en ai là une horizon de plus pour délimiter notre champ conceptuel et le dépasser ensuite. Notre travail n’est donc point un traité sur l’Eucharistie, ni moins sur l’Ecologie. Est-ce donc un forcing méthodologique que de vouloir y décrypter la toile de fond d’une Théologie Eco-Eucharistique ?
Il est bien vrai que cette option de méthodes paraît un peu obscène et incommode, alors même qu’il s’agit pour nous de montrer l’importance de la responsabilité chrétienne résultant de l’Eucharistie, à l’égard de l’environnement. D’où le trait d’union entre Eucharistie et Ecologie.
Précision de termes :
Le couple Eucharistie-Ecologie appelle au préalable une précision de concept. Le mot Eucharistie sonne sa translittération grecque de « Eucharistein » qui signifie : Action de grâce. Il est bien vrai que cette définition n’est jamais restrictive puisque le catéchisme de l’Eglise catholique (CEC) nous présente une série de neuf noms de ce sacrement : Eucharistie, Repas du seigneur, fraction du pain, assemblée eucharistique, mémorial de la passion et résurrection du seigneur, saint sacrifice, sainte et divine liturgie, communion, sainte Messe (confère CEC n° 1406-1419).
Notre point de regard se réfère d’avantages à l’Eucharistie comme action de grâce, mémorial et fraction du pain.
Le mot Ecologie par contre sonne également sa translittération grecque de « Oikos » qui signifie discours ou science de la maison. Ce mot est essentiellement une création du langage scientifique pour désigner l’étude scientifique des rapports des êtres vivants avec leur milieu naturel (biotope).
Ainsi, de nos jours, l’Ecologie est un signe des temps pour le monde, pour l’Eglise, pour les chrétiens, particulièrement ceux du Congo, etc. En effet, l’Ecologie pose à l’Eglise une question qui est loin d’être entendue dans toute sa profondeur révolutionnaire. Révolutionnaire pour la foi chrétienne, que l’écologie incite à un retour aux sources en même temps qu’à un surgissement de l’esprit pour de nouveaux développements du salut en christ. Mais révolutionnaire aussi pour l’écologie, que l’Eglise à son tour interroge sur son sens originel et sa destination finale.
Or, justement, l’Eucharistie est la source et le sommet de toute vie. L’Eucharistie étant le sommet auquel tend toute la création, devient par conséquent la réponse à la préoccupation du monde contemporain y compris en matière d’équilibre écologique. Là intervient donc le problème du lien inextricable entre « la lex celebrandi » et « la lex vivendi ». Autrement dit, la pressente invitation à célébrer l’Eucharistie dignement et à vivre de telle façon que l’Eucharistie célébrée continue à actualiser la diaconie du christ, qu’elle demeure le lieu par excellence du renouveau de la mission de l’Eglise. Apparaît alors l’interrelation entre Eucharistie et Ecologie, car en plus de ceci, nous ne sommes pas sans ignorer que s’il n’y a pas d’équilibre écologique, il n’y aura pas d’Eucharistie. Dans ce sens, l’Eucharistie nous engage à faire en sorte que le pain et le vin quoi deviendront corps et sang du christ soient le fruit de la terre fertile, pure et non polluée. C’est dans cet élan que nous avions silhouetté dans le lointain quelques paysages des stratégies pastorales écologiques en guise de solutions… (Pour lire la suite, allez sur www.EgliseBurkina.com )
Je vous remercie !
Délibération :
Après délibération, le jury a relevé la nouveauté, l’originalité et l’actualité du travail, tout en louant la praticabilité des solutions proposées. C’est ainsi que le travail a été sanctionné par une note de 17/20 avec la mention très bien.