Les réponses déjà apportées à la crise écologique.
a) Actions des mouvements d’écologisme.
L’écologisme comme mouvement social et politique fut la principale réponse à cette crise. En tant que tel, ce mouvement est difficile à cerner à cause de la multiplicité d’associations qu’il renferme. Il s’étendit rapidement un peu partout en Europe occidentale et dans le monde entier grâce à quatre types d’actions ou réflexions couramment dénommées : les quatre composantes. Les deux premières, une association d’expropriés et de riverains, relèvent des innombrables résistances auxquelles se heurtent le développement industriel et ses conséquences destructrices. La troisième elle relève du militantisme d’une fraction de la jeunesse, tan disque la quatrième se situe au carrefour de la science et de l’idéologie, c’est le groupe des intellectuels. Il s’agit précisément ici de la discipline écologique elle-même incarnée par certains intellectuels dont le philosophe Norvégien Arne NAESS, l’un des plus illustres. Arne NAESS peut-être considéré comme le père de la véritable conscience écologique en ce sens qu’il a longtemps prôné une nouvelle sagesse inspirée de l’écologie, ce qu’il appelle « l’écosophie ». Cette écosophie considère que « l’individu n’est pas dans l’univers comme une monade isolée, mais qu’il est partie prenante d’un cosmos vivant dans lequel toutes les réalités sont intimement mêlées. Il s’agit alors pour l’individu de penser sa propre réalisation en transcendant son moi égocentrique et en s’identifiant au soi universel »[1].
En effet, au fur et à mesure que par ce mouvement, la sensibilisation sur les conséquences du développement industriel prenait de l’ampleur, l’écologie se transforma en problème global. Ainsi ce ne sont plus seulement les espèces et écosystèmes qui sont menacés mais la terre tout entière. Celle-ci est malade et a donc besoin de soins. Malheureusement, dans sa dimension politique, ce mouvement connut de grandes difficultés d’organisation liées à son caractère pluraliste, ce qui expliqua une certaine inefficacité dans ses actions. Mais l’éveil de la conscience écologique qu’avait suscité ce mouvement ne laissa pas indifférents les décideurs politiques et certaines institutions qui dès lors, oeuvrent au rétablissement d’un équilibre écologique mondial.
b) Actions Etatiques.
De façon générale, l’engouement des Etats n’a pas toujours été évident pour ce qui est de la crise écologique. Tous les états en parlent mais peu sont ceux qui en font un véritable souci. En effet, étant donné qu’en matière d’environnement tous les pays sont solidaires du fait qu’aucun d’eux ne peut par exemple protéger son morceau d’atmosphère, la responsabilité qui revient à chac,n semble être perdue dans une somme de responsabilités non assumées. Ainsi, tous sont donc responsables de droit mais aucun ne l’assume réellement. C’est cela qui a poussé à la création d’ordres écologiques dont les plus importants sont :
- le Greenpeace, fondé en 1971 à Vancouver au CANADA, avec pour objectif la lutte en faveur de la sauvegarde des océans, de la protection des forêts, etc.
- le P.N.U.B (prograíme des nations unies pour l’environnement).
- l’Agence Européenne pour l’environnement, crée en 1990.
- le Centre Mondial de la surveillance et de la conservation de la nature.
- le F.E.M (fond pour l’environnement mondial), crée en 1990.
Ceux-ci sont comme une sorte d’autorité mondiale à qui revient le droit d’imposer des réglementations nécessaires à la survie de la planète. En 1992, grâce aux efforts des ordres écologiques, il a pu se tenir à Rio de Jaïnero (BRESIL), un sommet de la terre. Dix ans après (Août 2002), c’est Johannesburg qui abritait un autre sommet de la terre dont le but était de répondre à des questions relatives à la préservation de l’environnement et à la sauvegarde de la planète. Toutefois, il convient de signaler que le temps qui sépara ces deux sommets (10 ans) a connu la tenue de plusieurs conférences. On note principalement la conférence de Berlin (du 28 mars au 07 avril 1995), celle de Kyoto (du 1er au 10 décembre 1997), celle de Bonn (du 25 octobre au 05 novembre 1999), puis celle de la Hayes (du 13 au 24 novembre 2000). Toutes ces tentatives avaient pour but de sortir la planète de la crise. Malheureusement, elles n'ont pas rencontré l'appui des différents Etats. En effet, dix ans après la rencontre de RIO, les inégalités, au lieu de diminuer, ont atteint des niveaux jamais connus et la souillure écologique du monde riche s'est aussi accentuée. Aussi, comme le dit Ignacio RAMONET « certaines rencontres sont sabotées du fait de l'égoïsme national, de la loi du profit »[2]. Enfin, le naufrage du pétrolier "prestige" en novembre 2002 dont les peuples d'Espagne et de la France continuent de subir les conséquences, montre combien les conventions adoptées par les grands ordres écologiques en faveur de la nature ne sont pas respectées et observées par tous. Fort conscient de ce constat, il est alors permis d'affirmer que les différents gouvernements du monde ont encore du chemin à faire dans le processus de la lutte écologique. Peut-être qu'un effort supplémentaire conjugué à celui des institutions comme l'Eglise pourrait aider à s'approcher de certains objectifs visés.
c) Actions Ecclésiales.
Selon Nathalie BAYER, « pendant des années, certaines Eglises locales occidentales n'avaient pas encore découvert la dimension de responsabilité face à la création »[3]. Cela était sans doute dû au fait que la réflexion théologique catholique apparaissait encore en retard par rapport à ce sujet. Et même si de nos jours, elle semble toujours l'être, il y'a des faits qui cependant témoignent d'un engagement effectif du monde chrétien en faveur de l'environnement. Nous avons par exemple plusieurs affirmations des autorités ecclésiastiques, notamment celles du pape Jean Paul II, qui témoignent d'une prise de position claire de l'Eglise par rapport au phénomène de la crise écologique. En abordant la question de la défense de la biosphère en effet, le Saint-siège déclare que « l'Homme a révélé, aujourd'hui comme jamais, la formidable capacité de transformation qu'il est susceptible d'exercer sur la face de la terre et sur les structures même de la biosphère, de la lithosphère, de l'atmosphère et de l'hydrosphère. Mais le mode que revêt aujourd'hui cette maîtrise contraint l'Homme à s'arrêter pour repenser ses rapports avec la nature, (…) l'exploitation n'a connu ni rythme, ni frein, ni raison. Le moment est venu de révolutionner du tout au tout l'attitude actuelle »[4]. Ainsi, pour le Saint-siège, l'écologie n'est ni une mode, ni un courant politique, mais plutôt comme le dit le cardinal ETCHEGARAY « une exigence éthique, un impératif moral qui presse l'humanité à assumer ses propres responsabilités »[5].
La préoccupation de la sauvegarde de la création constitue de nos jours l’objet d’une pastorale très serrée dans certaines Eglises catholiques et protestantes Européennes. Ainsi on assiste à l’organisation d’une série de conférences sur l’environnement, à l’ouverture d’instituts supérieurs des études écologiques comme celui des Franciscains à Rome, à la création d’associations comme la compagnie du onzième (11ème) commandement à San Francisco oeuvrant pour la protection de la terre.
En Afrique cependant, la conscience écologique semble être à un stade embryonnaire. Mgr Antoine NTALU, évêque de YAGOUA (Cameroun) pense que « l’Eglise Africaine a un rôle de guetteur à jouer, (…) pour qu’une éthique du respect de la sauvegarde de la création soit mise sur pied au niveau international »[6]. On constate également des actions isolées qui sont entreprises à partir des organismes œcuméniques ou associations à dimension mondiale tel que le conseil œcuménique des Eglises (C.O.E).
Par conséquent, disons qu’en moins d’un siècle, l’écologie a quitté le stade de la marginalité pour se hisser au premier plan. Elle est donc devenue une préoccupation mondiale qui demande pour sa cause une solidarité internationale. C’est ce que nous rappelle le Pape Jean Paul II, lorsqu’il affirme que « la gravité de la crise écologique exige une solidarité nouvelle. La pauvreté et la guerre, source des dégradations sérieuses de la nature, doivent être éliminées »[7]. Nous voyons donc combien il appartient à chaque citoyen, à chaque chrétien dont la vie est menacée de pratiquer la légitime défense à travers des dénonciations, des suggestions et des propositions en vue d’une lutte commune contre la crise au niveau national. La ville de Brazzaville (n’étant nullement à l’abri de la crise écologique) a été notre cible puisqu’elle expérimente déjà au jour le jour les méfaits de celle-ci sur ses populations et son milieu environnemental.
6 Michel Simon, la nature de l’écologie, in Lumière et vie, n°214, septembre 1993, p.12.
[1]A.A.V.V., justice, paix et sauvegarde de la création, in Missi, n°523, août -septembre 1990, p.230.
[5] Roger cardinal ETCHEGARAY, l’écologie : une exigence éthique et un impératif moral, in Documentation catholique, n°2278, 20 octobre 2002, p.867.