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Homélie pour le 25ème dimanche du T.O (18 Sept 2022)

par Abbé Venceslas dia kazé

Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, Jésus nous invite à réfléchir sérieusement à deux styles de vie qui sont opposés : le style mondain et le style de l’Évangile, l’esprit du monde et l’esprit de Jésus. Pour nous aider à mieux comprendre son message, Jésus nous raconte la parabole du gérant infidèle et corrompu. Ce dernier va être licencié pour faute grave ; désormais, il va se retrouver à la rue, les poches vides. Il réfléchit alors très vite à la meilleure solution. Il pense s’attirer la bienveillance des débiteurs de son maître en abaissant leur dette. C’est de cette manière qu’il choisit d’assurer son avenir.

Il est bien sûr hors de question d’approuver cette fourberie et cette malhonnêteté. Ce qui est mis en valeur ici, c’est l’habileté des “fils de ce monde”. Quand il s’agit de leurs intérêts personnels, ils savent trouver des solutions. Le Christ voudrait bien que les “fils de lumière” soient aussi habiles pour que l’argent serve à tous. Et le pape François nous invite “à répondre à cette ruse mondaine par la ruse chrétienne, qui est un don de l’Esprit Saint”. Il s’agit de s’éloigner des « antis-valeurs » du monde pour vivre selon les valeurs de l’Évangile.

À travers cet enseignement, le Christ nous appelle à choisir entre la logique de la corruption et de l’avidité à celle de la rectitude, de la douceur et du partage. Et Sainte Teresa de Calcutta avait bien compris ce message : pour avoir choisi comme amis, les plus pauvres parmi les pauvres, les miséreux, les exclus. À travers eux, c’est Jésus qu’elle avait comme ami.

C’est dans ce sens que la première lecture nous adresse une proclamation percutante du prophète Amos. Il s’attaque durement aux désordres, aux inégalités et à l’exploitation des pauvres. Lui qui était éleveur de bétail s’y connaissait en ce qui concerne l’enrichissement des riches au détriment des pauvres. Il dénonce donc la  tromperie sur les marchandises. Quand on profite de la dépendance des plus faibles pour les exploiter encore plus, ce n’est pas tolérable. Et même si Amos n’est plus là, mais son message est plus que jamais d’actualité : il faut savoir que plus de la moitié du patrimoine mondial est détenue par un pour cent de la population. Et que dire des magouilles en tous genres, des tromperies sur la marchandise, des arnaques sur Internet ?

Si Amos était là, il dénoncerait sans doute l’esclavage actuel : Des hommes, des femmes et même des enfants qui travaillent de longues heures pour gagner à peine de quoi manger. Il est donc urgent que nous entendions l’appel d’Amos à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel.

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