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Homélie de la Sainte Famille C (26 décembre 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

Dans l’euphorie de Noël, nous célébrons aujourd’hui la fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Il s’agit d’une famille humaine toute simple mais totalement conduite dans la foi. Jésus, le Fils éternel du Père, s’est incarné dans une famille humaine, celle de Marie et Joseph. Ils sont unis par un amour intense, fondé sur celui qu’ils reçoivent de Dieu. C’est un exemple qui est proposé à toutes nos familles. Elles sont appelées à vivre d’un amour enraciné dans l’amour de Dieu. Bien vivre c’est vivre en aimant. Et cela ne sera possible que si nous puisons à la source de Celui qui est l’amour.

En ce dimanche, nous entendons des lectures qui nous parlent des relations internes à la famille. La première lecture nous donne le témoignage d’Anne. Par ses prières insistantes, elle a reçu de Dieu un fils, Samuel. Et elle l’amène au temple pour le consacrer au Seigneur. C’est une manière de rappeler que les enfants n’appartiennent pas seulement aux parents. Ils sont à Dieu Père de tous les humains. La deuxième lecture insiste précisément sur ce point : nous sommes tous membres d’une famille humaine. Mais au jour de notre baptême, nous sommes entrés dans celle de Dieu. Cela nous confère une extraordinaire dignité.

L’Évangile de ce dimanche nous montre que, pour Marie et Joseph, tout n’a pas été aussi simple qu’on aurait pu l’imaginer. Nous les voyons se rendre à Jérusalem avec Jésus pour la Pâque. Ils y restent huit jours, puis c’est le moment du retour à Nazareth. Le jeune Jésus reste à Jérusalem sans prévenir ses parents. Quant à eux, ils quittent la ville sans vérifier qu’il est du voyage. Cette séparation durera trois jours. Ils sont très inquiets : L’enfant a pu être enlevé par des brigands ou être victime d’un accident. Quand ils le retrouvent, ils lui font part de leur angoisse. Et c’est là que nous entendons l’étonnement tout aussi sincère du Fils : “Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être.”

À travers cette parole mystérieuse, nous découvrons que même des croyants fervents et profonds sont parfois désarçonnés par le mystère de Dieu. Alors, nous ne devons pas être étonnés dans notre vie de comprendre si peu de choses venant de Dieu. Marie elle-même ne comprend pas tout, tout de suite. Mais l’évangile nous dit qu’elle gardait dans son cœur tous ces événements. C’est ainsi que l’évangile de Luc nous montre un chemin à suivre : accepter de ne pas tout comprendre tout de suite, mais prendre le temps de la méditation.

En relisant plus attentivement cet évangile, nous découvrons une contradiction apparente : Jésus répond : “C’est chez mon Père que je dois être”. On aurait pu penser qu’il voulait rester au temple de Jérusalem. Or il revient avec eux à Nazareth. Il y a là un message important. Le véritable temple de Dieu ce n’est pas celui qui est construit avec des pierres. C’est son peuple. C’est chacun de nous. Être chez son Père c’est se mettre au service de tous les hommes. Ce ne sera pas forcément dans l’enceinte du temple ni dans les églises. Nous sommes tous envoyés pour les rejoindre l’Homme là où il se trouve. Car la Gloire de Dieu c’est l’Homme debout.

 

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