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Homélie pour le 14ème Dimanche du T.O B (04 Juillet 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Frères et Sœurs,

À force de voir chaque soir le coucher du soleil, nous finissons par ne plus admirer sa beauté. En effet, la proximité semble engendrer une certaine myopie. Nous devenons incapables d'apprécier. Ainsi, les gens du temps de Jésus attendaient un libérateur de leur situation sociale; ce qui fait qu’ils  n’ont vu en Jésus que le fils de Marie. Ils manquaient de distance entre ce qu’ils voyaient et ce qu’ils attendaient. C’est dire que Jésus était trop connu chez lui pour être cru. Mais si ses auditeurs trébuchent, c’est qu’ils ne savent pas voir le chemin qui leur est proposé. Un peu comme nous tous parfois. Ils sont incapables de voir au-delà du fils de Marie. Aujourd’hui encore, comme à cette époque, Jésus est toujours étonné de notre manque de foi. Oui, Jésus souffre, désemparé de ce que l’on puisse ainsi refuser la bonté de Dieu qui se propose. Et à cause de notre indifférence à la présence de Dieu dans nos vies, Jésus est là, impuissant ; et il ne peut accomplir aucun miracle chez nous. Comme dans son pays, où méconnu, il n’a pu rien faire, sauf guérir quelques malades en leur imposant les mains. 

Et pourtant Dieu n'a jamais fini de nous dérouter. Car malgré notre méconnaissance, il ne cesse pas de nous parler, même quand nous refusons de l’entendre. Malheureusement, plus Jésus devient proche de nos vies, plus sa présence nous crève les yeux, et il devient méconnaissable. D’où cette question dimanche dernier : « Aux dire des gens qui suis-je ? » Oui qui est Jésus pour toi, pour moi, pour nous? Serait-ce le Dieu caché, l’inconnu, le refusé ou bien, comme a su le dire St Pierre : « le fils de Dieu ». Nous voici donc interpellés, nous qui sommes du pays de Jésus, sa parenté, ses frères et sœurs par le baptême. Nous sommes donc comme les concitoyens de Jésus chaque fois que nous refusons de nous laisser déranger, de remettre en question notre croyance. Nous déplorons que notre société soit corrompue, que l’individualisme nous empêche de répondre à la souffrance des autres. Mais une réalité demeure : dans toutes les religions du monde, il y a des hommes et des femmes capables d’un regard pénétrant, capables de voir vivre la vie qui se cache derrière les pires scènes de désolation. Nous devons dénoncer les injustices que subissent les faibles et leur permettre d’espérer. Nous devons redonner  la dignité aux exclus et leur faire espérer un monde meilleur.

Par nos gestes et nos paroles, saurons-nous redire le Dieu de Jésus?  Quelle est notre réaction lorsque les événements nous invitent à vivre autrement nos valeurs ? Saurons-nous et savons-nous le reconnaître, quand il vient par des chemins trop familiers  ou des témoins très proches de nous ? Ne nous enfermons pas dans des idées préconçues. Ne nous enfermons pas dans des réponses toutes faites. Un prophète, c'est un voisin, un collègue, une vieille, un jeune... des gens tout simples, tout simplement fidèles, à travers lesquels Dieu nous interpelle. Saurons-nous voir en eux des envoyés de Dieu ?  Jésus est la nouveauté qu’il ne faut pas chercher en dehors de nous-mêmes, ni conquérir par la force, mais qu’il faut simplement reconnaître dans le quotidien et accueillir avec foi.

 

 

 

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