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Homélie du 2ème dimanche de carême (28 Février 2021)

par Abbé Venceslas Daleb Mpassy

Chers Frères et Soeurs,

Imaginons un sondage d’opinion dans lequel la question suivante est posée: quels sont les mots qui vous viennent spontanément à l’esprit lorsque vous entendez le mot Dieu? Même si bien des gens répondraient sans trop de conviction que Dieu est amour, il est presque certain que beaucoup d’autres énonceraient des mots tels que: colère, jugement, autorité, enfer, mort, contrainte, etc. Ces mots, en effet, font partie du langage biblique, mais ils ne sont pas pour autant les meilleurs qualificatifs de la personne de Dieu. Ce Dieu qui au fil de l’histoire a toujours essayé de rejoindre l’homme dans son parcours, en dévoilant peu à peu son identité. C’est ce mouvement que nous avons appelé épiphanie, c’est-à-dire Dieu se montre.  L’évangile de la transfiguration est un classique de cette révélation de Dieu en son fils. Le ciel opaque et sombre se déchire. Jésus est transfiguré et il est déclaré bien-aimé. C’est là une nouvelle image de Dieu.

Notons que nous pouvons avoir plusieurs images de Dieu, comme dans la première lecture où il se laisse découvrir étant le Dieu de l’alliance avec Abraham.  Ce récit du sacrifice du fils unique nous rappelle qu’à certains moments de la vie, Dieu demande l’impossible, l’absurde, le contradictoire.  À certains moments, Dieu demande tout. Et c’est à ces moments des appels impossibles qu’il faut s’abandonner à Dieu, car c’est en ces moments terribles et cruels que Dieu nous donne aussi ce qu’il a de plus précieux, son Amour qui se réalise par la présence de Jésus dans nos vies.

Les deux personnages bibliques dans l’extrait d’évangile viennent confirmer que, par la présence de Jésus dans nos vies, la mort n’aura plus le dernier mot sur la vie. Ce qui s’est passé au sommet de la montagne nous donne un enseignement important sur la vie spirituelle des disciples. Ils avaient sommeil, un détail qui rappelle Gethsémani. Pour une raison inexpliquée, il semble qu’aux moments les plus intenses de la vie terrestre de Jésus, les disciples ont toujours été accablés de sommeil. Alors qu’ils auraient dû être bien éveillés et même excités, mais ils sont présentés comme étant distraits et peu présents. Cela correspond à l’expérience de tout croyant. La faiblesse humaine nous détourne souvent de veiller et de prier Dieu. Mais que veulent dire ces trois tentes à dresser ? Cela semble anodin. Or dans l'Ancien Testament, la tente est le lieu de l'accueil, de la rencontre, du repos. C’est dire qu’il faut savoir s'arrêter,  pour rencontrer l'autre celui ou celle que je ne connais pas, ou que je connais mal ou peu. Il faut savoir s'arrêter, pour rencontrer Dieu qui vient à ma rencontre et qui me demande de prendre du temps, de marquer un arrêt pour le connaître.

Aussi, dès que Pierre suggère de fabriquer ces 3 tentes, la nuée et la voix interviennent, juste au moment où Pierre veut accorder une importance égale à Moïse, et Élie ainsi qu’à Jésus. Notons que le message de Dieu lors du baptême de Jésus a été directement adressé à Jésus : «Tu es mon fils». Mais ici, son message est destiné aux oreilles des disciples : «Celui-ci est mon fils». C’est dire que les disciples sont réveillés de leur ignorance, ou de leur sommeil, pour voir la lumière de Dieu. Car si grands que puissent être Moïse et Élie, Jésus est bien plus grand qu'eux.

Or comme Pierre, nous aimons figer dans l'éternité les moments heureux de notre vie. Ne restons donc pas sur la montagne à contempler notre avenir. Mais descendons dans la plaine, marchons sur la route avec notre visage d’humanité. 

Nous avons à vivre en transfigurés mais dans l'ordinaire des jours. Nous devrions tous passer un peu de temps au sommet d’une montagne. Monter sur la montagne aujourd'hui, c'est accepter de faire des efforts pour quitter ce qui nous encombre, pour faire silence, pour tourner notre cœur entièrement vers Dieu et vers sa Parole.

 

 

 

                           

 

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