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Articles avec voix d'eveques

Messe Pontificale des Rameaux, relative à la 30ème Journée Mondiale de la Jeunesse

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

                                                                              Aux

Ø Curés,

Ø Aumôniers diocésains et paroissiaux,

Ø Religieux et Religieuses,

Ø Responsables des CPPEJ et des bureaux diocésains des mouvements jeunes et enfants

 

 

Objet : Messe Pontificale des  Rameaux,

             relative à la 30ème Journée Mondiale de la Jeunesse

 

 

J’ai l’honneur de vous informer que, la messe pontificale des Rameaux, relative à la 30ème Journée Mondiale de la Jeunesse  sera célébrée le dimanche 29 Mars 2015, à 08 heures 30 à la Cathédrale Sainte Monique de Kinkala, sous le thème : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8).

 

A cet effet, j’invite tous les Prêtres, les Religieux, et Religieuses engagés dans la pastorale de la Jeunesse, ainsi que tous les Jeunes du diocèse de Kinkala à prendre part à cette Eucharistie.

 

Par ailleurs, je tiens à rappeler aux Curés, que la quête de ce Dimanche 29 Mars 2015, est impérée et destinée à la pastorale de la Jeunesse.

 

Tout pour la gloire de Dieu et le salut du monde !

 

 

 

 

 

 

 

† Mgr Louis PORTELLA MBUYU

Evêque de Kinkala

Président de la Conférence des Evêques du Congo

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Message du pape François pour le carême 2015 «Tenez ferme» (Jc 5, 8)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques


 

Chers frères et sœurs,

 

Le Carême est un temps de renouveau pour l’Église, pour les communautés et pour chaque fidèle. Mais c’est surtout un « temps de grâce » (2 Cor 6, 2). Dieu ne nous demande rien qu’il ne nous ait donné auparavant : « Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Il n’est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans son cœur, il nous connaît par notre nom, il prend soin de nous et il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse ; son amour l’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive. Mais il arrive que, quand nous allons bien et nous prenons nos aises, nous oublions sûrement de penser aux autres (ce que Dieu le Père ne fait jamais), nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent… alors notre cœur tombe dans l’indifférence : alors que je vais relativement bien et que tout me réussit, j’oublie ceux qui ne vont pas bien. Cette attitude égoïste, d’indifférence, a pris aujourd’hui une dimension mondiale, au point que nous pouvons parler d’une mondialisation de l’indifférence. Il s’agit d’un malaise que, comme chrétiens, nous devons affronter.

Quand le peuple de Dieu se convertit à son amour, il trouve les réponses à ces questions que l’histoire lui pose continuellement. Un des défis les plus urgents sur lesquels je veux m’arrêter dans ce message, est celui de la mondialisation de l’indifférence.

L’indifférence envers son prochain et envers Dieu est une tentation réelle même pour nous, chrétiens. C’est pour cela que nous avons besoin d’entendre, lors de chaque Carême, le cri des prophètes qui haussent la voix et qui nous réveillent.

Dieu n’est pas indifférent au monde, mais il l’aime jusqu’à donner son Fils pour le salut de tout homme. A travers l’incarnation, la vie terrestre, la mort et la résurrection du Fils de Dieu, la porte entre Dieu et l’homme, entre le ciel et la terre, s’est définitivement ouverte. Et l’Église est comme la main qui maintient ouverte cette porte grâce à la proclamation de la Parole, à la célébration des sacrements, au témoignage de la foi qui devient agissante dans l’amour (cf. Ga 5, 6). Toutefois, le monde tend à s’enfermer sur lui-même et à fermer cette porte par laquelle Dieu entre dans le monde et le monde en lui. Ainsi, la main, qui est l’Église, ne doit jamais être surprise si elle est repoussée, écrasée et blessée.

C’est pourquoi, le peuple de Dieu a besoin de renouveau, pour ne pas devenir indifférent et se renfermer sur lui-même. Je voudrais vous proposer trois pistes à méditer pour ce renouveau.

1. « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1Co 12, 26) – L’Église

La charité de Dieu qui rompt ce mortel enfermement sur soi-même qu’est l’indifférence, nous est offerte par l’Église dans son enseignement et, surtout, dans son témoignage. Cependant, on ne peut témoigner que de ce que l’on a éprouvé auparavant. Le chrétien est celui qui permet à Dieu de le revêtir de sa bonté et de sa miséricorde, de le revêtir du Christ, pour devenir comme lui, serviteur de Dieu et des hommes. La liturgie du Jeudi Saint, avec le rite du lavement des pieds, nous le rappelle bien. Pierre ne voulait pas que Jésus lui lave les pieds, mais il a ensuite compris que Jésus ne veut pas être seulement un exemple de la manière dont nous devons nous laver les pieds les uns les autres. Ce service ne peut être rendu que par celui qui s’est d’abord laissé laver les pieds par le Christ. Seul celui-là a « part » avec lui (Jn 13, 8) et peut ainsi servir l’homme.

Le Carême est un temps propice pour nous laisser servir par le Christ et apprendre ainsi à servir comme lui. Cela advient lorsque nous écoutons la Parole de Dieu et recevons les sacrements, en particulier l’Eucharistie. En elle, nous devenons ce que nous recevons : le Corps du Christ. Grâce à ce corps, cette indifférence, qui semble prendre si souvent le pouvoir sur nos cœurs, ne trouve plus de place en nous. Puisque ceux qui sont du Christ appartiennent à l’unique Corps du Christ et en lui personne n’est indifférent à l’autre. «  Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie » (1 Co 12, 26).

L’Église est une communio sanctorum parce que les saints y prennent part, mais aussi parce qu’elle est communion de choses saintes : l’amour de Dieu révélé à nous dans le Christ ainsi que tous les dons divins. Parmi eux, il y a aussi la réponse de tous ceux qui se laissent atteindre par un tel amour. Dans cette communion des saints et dans cette participation aux choses saintes personne n’a rien en propre, et ce qu’il possède est pour tout le monde. Et puisque nous sommes liés en Dieu, nous pouvons faire quelque chose autant pour ceux qui sont loin, que pour ceux que nous ne pourrions jamais rejoindre par nos propres forces, puisque nous prions Dieu avec eux et pour eux, afin que nous nous ouvrions tous ensemble à son œuvre de salut.

2. « Où est ton frère ? » (Gn 4, 9) – Les paroisses et les communautés

Il est nécessaire de traduire tout l’enseignement de l’Église universelle dans la vie concrète des paroisses et des communautés chrétiennes. Réussit-on au cœur de ces réalités ecclésiales à faire l’expérience d’appartenir à un seul corps ? Un corps qui en même temps reçoit et partage tout ce que Dieu désire donner ? Un corps qui connaît et qui prend soin de ses membres les plus faibles, les plus pauvres et les plus petits ? Ou bien nous réfugions-nous dans un amour universel qui s’engage en faveur d’un monde lointain mais qui oublie le Lazare qui est assis devant sa propre porte fermée ? (cf. Lc 16, 19-31).

Pour recevoir et faire fructifier pleinement ce que Dieu nous donne, il faut dépasser les frontières de l’Église visible dans deux directions.

D’une part, en nous unissant à l’Église du ciel dans la prière. Quand l’Église terrestre prie, s’instaure une communion de service réciproque et de bien qui parvient jusqu’en la présence de Dieu. Avec les saints qui ont trouvé leur plénitude en Dieu, nous faisons partie de cette communion dans laquelle l’indifférence est vaincue par l’amour. L’Église du ciel n’est pas triomphante parce qu’elle a tourné le dos aux souffrances du monde et se réjouit toute seule. Au contraire, les saints peuvent déjà contempler et jouir du fait que, avec la mort et la résurrection de Jésus, ils ont vaincu définitivement l’indifférence, la dureté du cœur et la haine. Tant que cette victoire de l’amour ne pénètre pas le monde entier, les saints marchent avec nous qui sommes encore pèlerins. Sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l’Église, convaincue que la joie dans le ciel par la victoire de l’amour crucifié n’est pas complète tant qu’un seul homme sur la terre souffre et gémit, écrivait: « Je compte bien ne pas rester inactive au Ciel, mon désir est de travailler encore pour l'Église et les âmes » (Lettre 254,14 juillet 1897).

Nous aussi, nous participons aux mérites et à la joie des saints et eux participent à notre lutte et à notre désir de paix et de réconciliation. Leur bonheur de jouir de la victoire du Christ ressuscité nous est un motif de force pour dépasser tant de formes d’indifférence et de dureté du cœur.

D’autre part, chaque communauté chrétienne est appelée à franchir le seuil qui la met en relation avec la société qui l’entoure, avec les pauvres et ceux qui sont loin. L’Église est, par nature, missionnaire, et elle n’est pas repliée sur elle-même, mais envoyée à tous les hommes.

Cette mission est le témoignage patient de celui qui veut porter au Père toute la réalité humaine et chaque homme en particulier. La mission est ce que l’amour ne peut pas taire. L’Église suit Jésus Christ sur la route qui la conduit vers tout homme, jusqu’aux confins de la terre (cf. Ac 1,8). Nous pouvons ainsi voir dans notre prochain le frère et la sœur pour lesquels le Christ est mort et ressuscité. Tout ce que nous avons reçu, nous l’avons reçu aussi pour eux. Et pareillement, ce que ces frères possèdent est un don pour l’Église et pour l’humanité entière.

Chers frères et sœurs, je désire tant que les lieux où se manifeste l’Église, en particulier nos paroisses et nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence !

3. « Tenez ferme » (Jc 5, 8) – Chaque fidèle

Même en tant qu’individus nous sommes souvent tentés d’être indifférents à la misère des autres. Nous sommes saturés de nouvelles et d’images bouleversantes qui nous racontent la souffrance humaine et nous sentons en même temps toute notre incapacité à intervenir. Que faire pour ne pas se laisser absorber par cette spirale de peur et d’impuissance ?

Tout d’abord, nous pouvons prier dans la communion de l’Église terrestre et céleste. Ne négligeons pas la force de la prière de tant de personnes ! L’initiative 24 heures pour le Seigneur, qui, j’espère, aura lieu dans toute l’Église, même au niveau diocésain, les 13 et 14 mars, veut montrer cette nécessité de la prière.

Ensuite, nous pouvons aider par des gestes de charité, rejoignant aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin, grâce aux nombreux organismes de charité de l’Église. Le Carême est un temps propice pour montrer cet intérêt envers l’autre par un signe, même petit, mais concret, de notre participation à notre humanité commune.

Enfin, la souffrance de l’autre constitue un appel à la conversion parce que le besoin du frère me rappelle la fragilité de ma vie, ma dépendance envers Dieu et mes frères. Si nous demandons humblement la grâce de Dieu et que nous acceptons les limites de nos possibilités, alors nous aurons confiance dans les possibilités infinies que l’amour de Dieu a en réserve. Et nous pourrons résister à la tentation diabolique qui nous fait croire que nous pouvons nous sauver et sauver le monde tout seuls.

Pour dépasser l’indifférence et nos prétentions de toute-puissance, je voudrais demander à tous de vivre ce temps de Carême comme un parcours de formation du cœur, comme l’a dit Benoît XVI (cf. Lett. Enc. Deus caritas est, n. 31). Avoir un cœur miséricordieux ne veut pas dire avoir un cœur faible. Celui qui veut être miséricordieux a besoin d’un cœur fort, solide, fermé au tentateur, mais ouvert à Dieu. Un cœur qui se laisse pénétrer par l’Esprit et porter sur les voies de l’amour qui conduisent à nos frères et à nos sœurs. Au fond, un cœur pauvre, qui connaisse en fait ses propres pauvretés et qui se dépense pour l’autre.

Pour cela, chers frères et sœurs, je désire prier avec vous le Christ en ce Carême : « Fac cor nostrum secundum cor tuum » : « Rends notre cœur semblable au tien » (Litanies du Sacré Cœur de Jésus). Alors nous aurons un cœur fort et miséricordieux, vigilant et généreux, qui ne se laisse pas enfermer en lui-même et qui ne tombe pas dans le vertige de la mondialisation de l’indifférence.

Avec ce souhait, je vous assure de ma prière afin que chaque croyant et chaque communauté ecclésiale parcourt avec fruit le chemin du Carême, et je vous demande de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde.

Du Vatican, le 4 octobre 2014

Fête de saint François d’Assise

FRANCISCUS PP.

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Mise au point à propos de multiples interprétations sur le Message de Noel des évêques du Congo

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques





Des insinuations malsaines se donnent à lire ou à entendre dans certains médias, laissant entendre (suggérant) une soi disant division des évêques à propos de leur message.

C’est avec une tranquille assurance que nous pouvons et devons affirmer qu’il n’en est rien et que nous sommes « mille lieux » d’une telle éventualité, vu ce que nous sommes : une communion fraternelle, chaleureuse et transparente.

Tout l’imbroglio des diverses (multiples) interprétations vient du fait que, sur la base d’une pratique consistant, par courtoisie et déférence, à transmettre pour information, au Chef de l’Etat, nos déclarations et messages, avant la publication, nous avons été amenés à ajourner la publication du message avant la rencontre, à partir du moment où il a manifesté le désir de nous rencontrer, répondant ainsi à notre souhait exprimé.

Au cours de cette rencontre, le Président a cordialement émis quelques observations que nous avons accueillies avec intérêt, tout en lui reprécisant l’esprit et le sens du message, qui vous est désormais présenté (livré).

Nous nous sommes donné un temps de mûre réflexion, et nous aurons donc l’occasion,  en étant à l’écoute des réactions des uns et des autres, de repréciser notre pensée et d’approfondir certains aspects du message.


Les évêques du Congo

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MOT D’OUVERTURE DE LA SESSION PLENIERE DE LA CEC

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques




C’est, après avoir été inondé des grâces de la canonisation de nos deux chers Papes Jean XXIII et Pape Jean Paul II, que nous nous retrouvons ici de nouveau, fidèles à notre rendez-vous annuel de la 42ème Assemblée Plénière de la Conférence Episcopale du Congo.

Nous avons l’an passé, réfléchi et fait réfléchir l’ensemble du Peuple de Dieu sur les antivaleurs qui minent notre société et qui demeurent une menace morale pour son avenir. D’ailleurs, il faut le reconnaître et en rendre grâce à Dieu, jeunes, adultes, à différents niveaux, dans différents groupes et dans différentes circonstances, ne cessent de se laisser interpeller par cette question des antivaleurs.

Aujourd’hui, nous avons fait le choix délibéré de poser un regard pastoral lucide sur la question désormais lancinante de la famille.

Il est que le contexte social et culturel globalisé avec ses propositions et même ses diktats, avec ses nouvelles normes, lance aujourd’hui un immense défi à l’Eglise qui, de par sa mission ; est porteuse d’un message et de valeurs indispensables à l’épanouissement de cette cellule si vitale de la société.

C’est pourquoi notre démarche de se veut pastorale, dans le sens où, après avoir établi un diagnostic aussi éclairé que possible, il nous revient, il nous incombe, d’esquisser les lignes d’une action pastorale renouvelée et vigoureuse ; …

Et c’est une urgence, si nous voulons sauver la famille et, à travers elle, l’ensemble de la société.

En effet comme l’affirme le Saint Concile dans ‘’Gaudium et spes’’ p. 47

« La santé  de la personne est de la société tant humaine que chrétienne, est étroitement liée à la prospérité de la communauté conjugale et familiale».

Ou, nous portons une grande et grave responsabilité à l’égard des familles qui ont besoin de prendre encore plus conscience de la richesse sociale, culturelle, morale et spirituelle qu’elles constituent pour leurs membres et pour la société toute entière, et qui ont besoin surtout d’être soutenues dans ce dur combat qu’elles doivent mener au sein de ce tourbillon vertigineux fait de dégradation morale, d’idéologies hasardeuses ayant la prétention de défier même le dessein créateur.

Une mobilisation est attendue de la part de l’ensemble de l’Eglise-Famille de Dieu, mobilisation qui doit se déployer sous forme de formations, d’accompagnement assidu des couples et des familles, de préparation éloignée, prochaine immédiate (pour reprendre les termes même de ‘’familiaris consortio’’) plus systématique et plus méticuleuses, et aussi et surtout sous forme de prière, comme nous y invite d’ailleurs le Saint Père le Pape François dans sa lettre aux familles.

La source de l’amour, la source de la communion conjugale, la source de la communion familiale, c’est bien la communion trinitaire que nous a révélée Jésus le Fils.

Le Pape Jean Paul II, dans  ‘’Familiaris consortio’’ le dit de manière sublime (n°11).

«  Dieu est amour et il vit en lui-même un mystère de communion personnelle d’amour. En créant l’humanité de l’homme de la femme à son image et en la conservant continuellement dans l’être, Dieu inscrit en elle (l’humanité de l’homme et de la femme) la vocation et donc la capacité et la responsabilité correspondantes, à l’amour à la communion. L’amour est donc la vocation fondamentale et innée de tout être humain ».

C’est beau de l’entendre, mais c’est encore plus merveilleux de le vivre. Voilà notre grand défit ! Avec la grâce de Dieu, le regard tourné ver Jésus-Christ lui l’auteur de notre foi, et éclairés et soutenus par la lumière de la force de l’Esprit sœur, nous pouvons, nous devons le relever.

Sur ces paroles je déclare ouverts les travaux de la 42ème session de l’Assemblée Plénière de la Conférence Episcopale des Evêque du Congo.
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Abbé Brice IBOMBO

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HOMELIE DE LA MESSE DE CLOTURE DE LA SESSION PLENIERE DE LA C.E.C

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

le-congo---Rome.jpg(DIMANCHE 11 MAI 2014)

 

 

« Que tout le peuple d’Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ » (Ac 2, 36).

 

Cette déclaration de l’Apôtre Pierre fait partie de son discours de la Pentecôte où il annonce et proclame la résurrection de Jésus, sa victoire sur la Mort.

 

En effet, la mort, pour Jésus, a été le lieu et le moment par excellence où s’est déployée, où s’est manifestée de manière décisive et éclatante sa puissance de vie, qui n’est autre que la puissance de son amour, car, comme il l’avait dit « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13).

 

Ainsi, comme l’a affirmé Pierre, « il n’était pas possible qu’il fut retenu dans le pouvoir de la mort » (cf. Ac 2, 24). 

 

Jésus, engagé dans la logique de l’amour vécu jusqu’à l’extrême, ne pouvait que vaincre le pouvoir de la Mort. C’est donc là, que se manifestent sa divinité et sa messianité (son caractère de Messie) :

 

« Dieu l’a fait Seigneur et Christ » (Ac 2, 36). Et lui-même l’avait déjà annoncé en ces termes : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous saurez que Moi, je suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le père m’a enseigné » (Jn 8, 28).

 

C’est donc avec cette autorité divine et messianique qu’il va envoyer ses disciples, témoins de sa résurrection, pour annoncer la Bonne Nouvelle de la victoire de vie sur la mort, de la victoire de l’amour sur la puissance du mal sous toutes ses formes. « Allez dans le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création ! » (Mc 16, 15).

 

Et les disciples, revêtus désormais de la même force, celle de l’Esprit-Saint, qui est, comme le dit l’Apôtre Paul dans sa lettre aux Romains, « l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts » (Rm 8, 11), vont se mettre à annoncer cette Bonne Nouvelle avec assurance, dans le même élan d’amour que leur maître, en aimant jusqu’à l’extrême, c’est-à-dire, jusqu’au don total d’eux-mêmes, jusqu’à l’effusion de leur sang.

 

En ce 4ème dimanche de Pâques, dit Dimanche du Bon Pasteur, et qui est aussi la journée mondiale de prière pour les vocations, nous sommes tous invités à laisser retentir en nous cet appel et cet envoie que Jésus Ressuscité nous adresse, dans les mêmes termes : « Allez dans le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » (Mc 16, 15).

 

Et surtout à prendre conscience que nous sommes revêtus de la même force, celle de l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (Rm 8, 11).

 

La scène évoquée par l’évangéliste Matthieu reste toujours d’actualité :

 

« A la vue des foules, il en eut pitié, car ces gens étaient las et prostrés comme des brebis qui n’ont pas de berger. Alors il dit à ses disciples : la Moisson est abondante, mais les  ouvriers peu nombreux, priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Mt 9, 36-38).

 

Il est vrai que, spontanément, lorsqu’on évoque le problème des vocations, on pense plutôt aux vocations sacerdotales et religieuses. Une telle conception de la vocation dans l’Eglise est bel et bien incomplète. Car, comme le déclare le Saint Pape Jean-Paul II, dans l’exhortation « Christi fideles laïci » (n°2) :

 

« L’appel ne s’adresse pas seulement aux Pasteurs, aux prêtres, aux religieux et aux religieuses ; il s’étend à tous les fidèles laïcs ; eux aussi sont appelés personnellement par le Seigneur, de qui ils reçoivent  une mission pour l’Eglise et pour le monde ».

 

Et le Pape François de renchérir en déclarant dans son exhortation Apostolique « Evangelii gaudium  » (la joie de l’Evangile) n° 120 :

 

« En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (Mt 28, 19). Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Eglise et le niveau d’instruction, est un sujet actif de l’évangélisation, et, ajoute-t-il, il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions ».

 

Le Saint Concile Vatican II l’avait rappelé en ces termes (LG 33, 4) :

 

« A tous les Laïcs, par conséquent, incombe la noble charge de travailler à ce que le dessein divin de salut parvienne de plus en plus à tous les hommes de tous les temps et de toute la terre ».

 

Oui, chers frères et sœurs laïcs, fidèles du Christ, il est urgent d’avoir une haute idée de votre vocation et de votre mission dans l’Eglise et dans le monde.

 

« C’est à vous qu’il revient d’une manière particulière, d’éclairer et d’orienter toutes les réalités temporelles aux quelles vous êtes étroitement unis, de telle sorte qu’elles se fassent et prospèrent constamment selon le Christ … » (cf. LG 27).

 

Cela exigera de votre part, une vie de prière toujours plus intense, une formation toujours plus profonde, une audace et une assurance toujours plus grande, si vous voulez être à la hauteur de votre vocation et de votre mission.

 

Dans tous les domaines où vous vivez, où vous travaillez, où vous évoluez, développer une conscience toujours plus vive de votre haute responsabilité.

 

Déjà le Pape Pie XII, en 1946, déclarait :

 

« Les fidèles laïcs se trouvent sur la ligne la plus avancée de la vie de l’Eglise ; par eux l’Eglise est le principe vital de la société » (cf. CL 9).

 

C’est par vous que la vie politique peut être évangélisée. C’est par vous que la vie économique peut être évangélisée. C’est par vous que la vie familiale peut être évangélisée, et ce, dans la mesure où « évangéliser, c’est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux de l’Humanité », et par son impact, transformer du dedans, rendre neuve l’humanité elle-même » (EN 18).

 

Mais s’il ya un domaine de la vie qui appelle aujourd’hui une grande attention, une grande conversion, un grand engagement, c’est bien celui de la Famille.

 

En effet, comme l’a dit ce Concile, dans (GS 47), « La santé de la personne et de la société tant humaine chrétienne est étroitement liée à la prospérité de la communauté conjugale, et familiale ».

 

Et comme le dit le Saint Pape Jean Paul II, « Dans le dessein du Dieu Créateur et rédempteur, la famille découvre non seulement son identité, ce qu’elle est, mais aussi sa mission, ce qu’elle peut et doit faire ».

 

Oui, nous en appelons à un sursaut, à une conversion profonde de la part des familles. En effet les antivaleurs qui minent la famille aujourd’hui menacent fortement son équilibre. Beaucoup de maux vont être signalés dans le message. Mais je voulais attirer votre attention sur la dégradation morale qui est en cours dans notre société, et particulièrement les phénomènes du libertinage sexuel, de l’inceste, de l’homosexualité et d’autres encore. L’homosexualité qui ose s’afficher de plus en plus comme une norme sociale, tout cela appuyé par des idéologies douteuses et dangereuses.

 

C’est face à ces pratiques que les familles chrétiennes ont à porter un témoignage de grande valeur, par la fidélité conjugale, par une cohésion familiale plus forte et plus visible : il est rare, par exemple de voir les membres d’une famille aller ensemble à la célébration eucharistique (Messe) ; on accorde tellement d’importance au mouvement dont on fait partie.

 

… Témoignage de grande valeur par des temps de prière en famille, par les repas en famille, surtout le soir, par des moments de convivialité, de dialogue en famille (Père, mère et enfants).

 

… Témoignage de grande valeur par une attention soutenue à l’éducation des enfants, au fur et, à mesure de leur croissance physique, affective, intellectuelle, morale et spirituelle.

 

Tout cela exige une grande mobilisation pour la formation. Le rôle primordial des parents dans l’éducation de leurs enfants exige de leur part un effort pour s’informer et se former pour pouvoir guider l’enfant de manière appropriée dans son cheminement. Nous sommes désormais dans un monde qui connait tant de bouleversements culturels et moraux qui appellent un discernement lucide et perspicace.

 

Quant à nous pasteurs, ministres ordonnés, consacrés, il nous revient, et c’est une grave responsabilité, de soutenir ce sursaut spirituel et moral des familles chrétiennes, par le témoignage de notre fidélité à nos propres engagements, par leur accompagnement pastoral et spirituel éclairé, et, bien sûr, par la prière.

 

Tous, nous resterons attentifs et disponibles aux consignes pastorales qui seront données au sein de notre Eglise-Famille de Dieu qui est au Congo. C’est son avenir et l’avenir de la société qui est en jeu.

 

Il est sûr qu’un tel sursaut moral et spirituel, s’il est pleinement vécu, ne peut pas ne pas entrainer incompréhensions, critiques, pressions et même menaces souterraines.

 

Mais n’est-ce pas notre sort, à la suite de Jésus ?

 

L’essentiel pour nous est que l’Evangile soit annoncé et transforme du dedans notre vie sociale, et souvenons-nous de cette parole de l’Apôtre Pierre que nous venons d’entendre :

 

« Si on supporte la souffrance en ayant fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu. C’est bien à cela que vous avez été appelés, puisque le Christ lui-même a souffert pour vous et vous a laissé son exemple afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a jamais commis de péché, ni proféré de mensonge » (1P 2, 20-22).  

 


 

Mgr Louis PORTELLA MBUYU

Evêque de kinkala

Président de la Conférence des Evêques du Congo

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HOMELIE DE LA MESSE DES VŒUX TEMPORAIRES DES SŒURS DES SACRES COEURS (Lâdi)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

mgr-louis-portel.jpg (KINKALA, LE 05 Mai 2014)

 

 

Ba Tata na ba Mama, Ba ngwala zola,

 

Mbila ya Nzambi, kêti Vocation mu lumputu, yê kuâ mpindu ya luzolo. Nînga, gâ kati dieto, kâ gêna muntu kô, Nzambi wu ka lembo zolo. Bêto babonso dianga, tuê mu mbanzulu zâ Nzambi, bungu luzolo luandi mu bêto, tezo pêlé, lua toma sâmpa.

 

Ni dîo, Gâ ntontoansi gâ lembolo muntu, wâ butuka kua bô, yandi kâ wayilu kuê Nzambi. Bantu babonso dianga, ntété ba yilama mu vumu kia ngudiawu, Nzambi wâ kî kuêzekelé zingu kiawu. Tiangu muna muntu-muntu, zingu kiandi kiê gâ moko mâ Nzambi, yandi wâ ki kutikidi mionso mia mpindu mu bungu dia bêto babonso.

 

Kuê bêto bantu, kolo di kangamanê samu miamionso, ni dimosi kua : Ni mu bakula luzolo luakulu lua mpamba, lua tu zololo Tata. Mboko, na mu lenda mu bêla mû lukuikulu lua Nzambi na tê, gâna nsuka.

 

Nkiana bwa nsonekene wô mbikudi Isaï tî :

 

“Meno ni Mfumu, Nzâmbiâku.  Nikusîmbidi mu kôko kua ndaku,  nikutêlele mpe ti : « Kusândi bunkuta, ni nge nitâma kuizi kakula. »”(Isaï 31, 13).

 

Ni bungu diô, bayaya, beto babonso tu fueni bakula tî, Mfumu Nzambi betô ka Zololo, bêto ka kwê kêlé, bêto ka kwê wungi, bêto ka kwê kakudi.

 

Kiûvu, ki tu fueni ku ki yula, ni mu zaba kuâ, muna muntu:

 

“nga meno mbila’ani ni yê? Mfumu Nzambi gê ka zololo na bâ? bwê nfuêni ku m’sarila?

 

M’vutu mu kiûvu kia mpila yô, ka diena kô ti, gô n’katia bendo yî kuiza. Kâ, ni mu kidzunu, na mu n’dimbutulu, na mu kisambu kwa, tu lenda ya bakila, bêto ka tu sê têmbé na luzolo lua Nzambi.

 

Tiangu, mu l’Eglise, gâ kati dia kanda dia kintuandi, mwê Mbila zazingi, mwê nzanda vocation, Bu sidi:

 

-        Mbila kêti Vocation ya ba fidèle laïc, bawu ba tewôlo mbila gâ kati dia bisalu bia n’tî’eyi, ngatu ba sobêssa n’tî mu nsalulu na mu kimbangui kia zingu kiawu. (Ni ba Chrétien babonso).

 

-        Kwê mpê, Mbila kêti Vocation ya bô ba solo mu bâ gâ mbuka ya Kriste, mu tumba n’kayulu, mu tuadisa n’kungi na mu bâ, nkiana Kriste: Mûtu na kilungi kia l’Eglise, nituandi. (Ni ba Nganga-Nzambi).

 

-        Kwê mpê, Mbila kêti Vocation ya bô ba solo mu lânda na pêle-lendê zingu kia Kriste, ba ka bâ baku n’kolo, mu ki tumba na mu gâna nkayulu wâ zingu kiawu kiakionso mu bungu dia luzolo lua tu zololo Tata. (Ni ba Mère, kêti ba Frère).

 

Ngudia kiêleka tî, Kriste wâ ki bêtolé, wâ kitukidi mputu, na wâ ki yêkolé gâ môko mâ Tata. Ni dîo kâ kadidi makuêla, ngatu n’timandi wâ n’kaka wa vwê kua kwê Tata.

 

Kriste wâ tumakanê bwabwingi kwê Tata, na ngudia bulenvo, n’kiana bua nsonêkené wô santu Za:

 

“ Bidia bia meno, ni mu sadila miô mi zololo yândi wantâmbika, na mu manisa salu kia ka ngêni ” (Jn 4, 34).

 

Kiô ni zingu kia Kriste. Ndumba zi, zingu ni kiô mpê ba tambudi mu landa. Mbila ni yô bâ wîdi, na ba dimbitiri buyokêle. Bâ mbuta ni dîo beri têla tî:

 

“Bongwa ka bingila m’nwâ, gâla kâ gâla wô”.

 

Kâ, mu lenda zingu kiô, tâbi bâ tatamana, ntangu zazonso, mu sadila mpana yawuyi mu zingu kiawu kia n’kâka, bungu n’ti yî ni bô yi kêkolo. Kâ, ka ba bândi n’kiana:

 

 “Lubutuyongo, wâ kâla masangu kêti mayaka, kâ mu nsekê za nga  ni nduazi kua”.

 

Ni bungu dîo, bâ fuêni lomba ngolo za nzambi, lumbu ba sidi lumbu, ngatu bâ lenda. Bâ fuêni sungamana mpê Kriste tangu zazonso, mu n’dimbutulu ya zû dia Nzambi.

 

Mboko, kwê beto, tâbi twê ku babakisi, twê ku gâni môko, tangu zazonso, mu kisambu, mu malongi, na mu kâbu. Bungu mu kikulu tu tomono zaba ti:

 

“Biyabi bia nâki moko mpamba, ndoko ngundi za m’kama”. Kêti: “Ngolo za kinda, dzunu kia bîba”.

 

Kuê bala beto ba ta kukitumba lôlo, Kriste ka bê kôlo dia zingu kiawu, ba kitumba mankululu mu kwê mwagassê N’sangu za nvukulu, ka dienâko tî mu Zû kua, kâ, na mu kimbangi kia zingu kiawu, mu busantu bwawu. Ni dîo tu ba têla:

 

“Busantu bueno tu kêkolo”.

 

Nzambi ka ba gâna buesso bua ntâtamanu, ngatu ba bê nguria mbangi za luzolo lua Nzambi na za busantu buandi.

 

Nzambi wa bonga !

 

 

 

 

 

 Mgr Louis PORTELLA MBUYU

Evêque de Kinkala

 

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HOMELIE DE LA MESSE DE PAQUES (Lâdi)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

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(KINKALA, LE 20 AVRIL 2014) 

 

 

 

Ba Tâta na ba Mâma, Ba ngwala zola ni mbote zeno,…….. !

 

Bayaya !

 

« wu ba gôndelé gâ nti wa la Croix, Nzambi m’vumbudi, lumbu kia bitatu »

 

Ni nani wô ?

 

Ni muntu wô, musi nazareth, kâ n’kiêti bua têlé Santu Pierre :

 

 « Nzambi wa mu sinikini mu ndunzi, na wa mu fulusi mu ngolo ».

 

Ni yandi wu ba têlé ti kivukisi, Pangu ti :

 

« Ntinu wâ sungama na wâ nsangu, wâ bedi kelâ tuka ntamâ ».

 

Ntinu wô, ni yandi wâ keti kulâ Israël, kuê batantu bandi, nâ wâ keti kadîsa kiyengi gâ n’tontô. Ngudia nsongolo ya Ntinu wô, ni ya tu gêni mbikudi Isaïe :

 

« M’tûrila  mboko wumena mu sînza kia Zêsé, tâta dia Davîde, nsânga mboko yidûka mu miânzi miândi. Ndûnzi ya Mfumu  mboko yikoma mu yândi : ndûnzi ya bunsonga na ya mayela, ndûnzi ya m’lôngi na ya ngolo, ndûnzi ya luzâbu na ya luâka lua Mfumu.  Kasâ bunzônzi ko bûna bu tâma muîna bântu m’samu. Kazênga mâmbu ko mu bûngu dia bingua-bingua.

 

Mbo kazênga lukûngu lua bântu ba fiôti na dedede. Mbo kazênga mâmbu mu budedede ma bamputu ba nsi yî. Nkiâna kibuênde, zu diândi mbo disêmba nsi, muêla wa bikoba biândi, mboko wufuîdisa buâni munkua miângu. Budedede ni lutasi luândi; bukûndi ni mumfuandila wa luketo luândi.

                           

Mbulu mboko katûnga gata na muâna kimême ; ngo kalambalala ge muâna nkômbo ; muâna ngômbe na muâna ngombulu,  mboko badia ga kimosi ; lûngi kiâwu ni muâna wa ntuêba. Ngômbe ya nkênto mboko kakânga yêngi na kibulu kia nkênto1* ; bâla bâwu babvuka nzo. Ngombulu nkiâna ngômbe, mbo kadia mage. Muâna wa mfumfungu mbo kasakana mu bulu dia nsuîdi ; mboko kasiûkisa kôko mu wulukusu dia mpidi.  Kabavutuâ yidika m’samu wa mbi ko keti wa  bumpûmbulu ku môngoâni  wa sinuku, bûngu nsi mbo yifuluka mu lusâmbu lua Mfumu, nkiâna bu fulusâ mâmba nzadi mungua”(Is 11, 1-9).

 

Ntinu ni wô, bilandi bia Yezu bedi kêlâ mu n’timawu, tiangu bedi kwê bakanê ntangu zonso, mû zaba kâ nani yokêlé matû gâ kâti diawu.

 

Kûmbu dia bantu mpê ni bô, mu tangu yâ funisi Yezu mampâ, bu badzukudi ka nkia dîmbu kasîdi, bayawudi ti:

 

“Kieleka, yandi wû, ni m’bikudi wa kana kuizâka gâ m’tontoa nsi”(Jn 6, 14-15).

 

Santu Zâ, ni dîo ka yikidi ti:

 

“Dieka Yezu, bu kazêbi kuandi ti buila bawêyi kuizi kum’buila mu kum’sa mfumu, vutulu ziêzoka. Wêle kua yandi kaka, kûna mongo” (Jn 6, 15).

 

Nâ tê, bwâ yizi tulâ ntangu ya nangukunuandi ku zulu, bilandi biandi ni mu kuê kêlé kua kimfumu kiandi, nâ tê bu ba vutulu ku m’yula ti:

 

“Mfumu, ngâna ni gâ bendo gâ vutula kimfumu kuê Israele?” (Act 1, 6).

 

Ni dîo, ya Yezu yandi bêne, mu ntangu ya mpassi zandi ka wêyi wâkasa gâ meso ma Pilate ti:

 

“ Kimfumu kiani ka kiêna kia nsiêyi kô. Wêti kia nsi-yi, ngâ, bilandi biani, ba nwanini, ngatu Bajwife ba lembo ku n’kânga, kâ, bû, kimfumu kiani ka kiêna gâ kô” (Jn 18, 36).

 

Tiangu, n’komono gâ Croix na lufua lua Yezu, bîe Samu mi lendi lembo bakûla bilandi bia Yezu, na Bajwife kanda dia Israële, na ba païens. Ni wô wu tama Zabikisa Santu Polo mu N’kanda kuê bisi Korente tî:

 

“Bêto, ni Kriste wakomo, tu tâma kuê longese, ntualakasu, kuê Bajwife, bulawuki kuê banzênza. Kâ kuê bô bateolo mbila, ni ba bajwife kêti bangreke, ni Kriste, wê ngolo za Nzambi na mayela ma Nzambi” (1 Co 1, 23-24).

 

Gâ manima mâ lufua lua Yezu, babingi bâ nôkêné Bîto, na bêka na Yembembê, kâ vula-vula ni bilandi bia Emmaüs ba tomêne nôka, kuna kwâ bawu ti:

 

“ M’samu mia Yezu, muisi Nazarethe, wedi m’bikudi wa yînda, mu nsaluluandi na mu ndongosoloândi ga mêso ma Nzambi na ma bântu babônso. Kâ nkia m’tindu bamfumu nganga na bamfumu za nsânga zêto, wu bam’zêngele lufua na bam’komene ga m’ti wa Kruwa. Bêto, diangana, kani tasidi ti ni yandi waketi kûla Israele, kâ, ndombo ya buididi m’samu mîo miâ mionso, kî lumbu ni kia bitatu” (Lc 24, 19-21).

 

Kuê bêto kûa mpê, nzengolo lufua, na n’komôno gâ la Croix, ya muntu wô, wâ bêlé kuê sé buboté gâ n’si, na wâ songêsé Ngolo za Nzambi mu bidimbu bîa yilamanê, yêna bulawuki.

 

Mu bungu diâ nkî, Nzambi ka lembolo, wângula samu-mîo miamionso?

 

Nvutu ni yimosi kua, ni yô mpê ya Gêni Yezu kwê bilandi biandi ti:

 

“Ah, bantu bakondololo nduenga, ntima mande mîngi mu widikila mîa mionso mia sâ ta bam’bikudi” ( Jn 24, 25-26).

 

Nguria Kiêleka tî, bu kâ têlé ti kimfumu kiandi ka kiena kia nsi yi kô, nî butsiêleka bwâ Nzambi kâ tu zabikisi, n’kiêti bûa nsonêkené Santu Zâ Ti:

 

“Pilate tî: Buna, ngê mfumu? Yezu wum’vutudi tî: ni ngê têle wo, meno mfumu djê, mêno m’samu wu nabutukila na wu nayizila gâ n’tonto, ni mu sôngesa kimbangi kia bukieleka. Kanso wô wê mu bukiêleka, zu dîani kawaka ” (Jn 18, 37).

 

Bukiêleka bwâ Nzambi, ni ebu: “Nzambi wê luzolo”. Ni bungu dîo, Yezu ka butuka na kayizila, ngatu katâ kimbangi kiâ bukîeleka Bwô, mû wakâsa bwô, mu zû na mû zingu kiandi kia n’kâka. Tiangu, mu luzolo luandi kâ wângudi mpassi za bantu, kâ n’tontomonê n’sangu za kîessé, na kâ kitukidi musongî-ndila wâ mawâ ma bantu mu samu wâ luzolo, n’kiana bwâ tuzololo Tâta. Nî wô tu tânga mu l’evangile ya Santu Zâ ti:

 

“N’kîeno wa mona ni lusisidi: yendeno zolosono bêno na bêno, n’kiana bu na luzololo”( .................).

 

N’kîa mpila ka tuzololo? Wâ kûa tu tomono zaba, bungu wâ tu wâka nvu ba sidi nvu. Kâ ngudia kîuvu kî tu fûeni yula ni ekî: Ngâ bêto m’futa’êto ni nki, ta mana zolo n’kiana Nzambi, n’kiana Yezu?

 

Luzingu lua muntu gâ N’si gâ, bwô lu tu sôngesa ti, bô ba tu banza ti, ba lenda zingu kiawu gâ n’si, ni bô mpê ba kuê landi lôngi mîa m’bi, ba yabakana mu nzila za masumu, bâ kuê wuni, ba kuê labî, ba kuê gôndé, mu bungu dîawu. N’kiana bu tu tanga wô mu nkunga:

 

“ Ba bâbi ba mênene n’kiana matiti”.

 

Tiangu gâ kâti diêto, babingi, ba kuê ku ti yudi ti: Bô bêto, m’futa’êto ni n’ki?

 

-        Ta mana bâ basungama

-        Ta mana bâ mu budegêdé

-        Ta mana kuê zitisi biangana

-        Ta mana kûe zitisi na kêngelele zingu kia banguala

-        Ta mana kuê bakisi

-        Ta mana zolo

-        Ta mana lenvokela

 

Banza kuâ, bô ba kuê yelé mu diatila bô, nvutu yi ba vulu bâka ni busafu, n’kiana bûa têle ba m’bûta:

 

“ Mun’sa m’bôté, sendo’andi busafu ”.

 

Tiangu minu kîeto, ki fuêni ku ti yula.

 

Kâ, ka tuzimbakanandi ti, Mfumuêto na nzambiêto ni gô mpê kayokêla. Yandi mpe, Wâ tomo zolo n’kiana bu ni vulu wâ kadilâ:

 

“ Wa zolo na tê gâna n’suka. Wâ lenvokêlé mpê na tê gâna n’suka, wâ sidi m’boté na tê gâna n’suka”.

 

Ni diô kê mankulumanso kintuandi mu luzolo na Tatâ, n’kiana buâ nsonekena wô Santu Zâ ti:

 

“Diangana, m’samu wu tâ kunzololo tata ni wu: meni zingu kiani nita gâna, ngatu navutu kia binga” (Jn 10, 17).

 

Bayaya, mu m’vubukulu ya Yezu, Nzambi Tâta tu sôngesé ti, zingu kia Yezu kiakionso ni mu fuisa n’soni kuê m’bi yônso ya keti silangasa Yezu, na yî kûe tu silangasê bêto gâ n’si.

 

Buawubu, mu n’tontomono n’sangu za m’vubukulua Yezu, ni mu wâkasâ mpê ti, kâni m’bi bu yênina, bêto vutu lenda pêlé mu kabikisa luzolo, n’kiana m’fumuêto Yezu, bungu luzolo luêka matu na bionso.

 

Eh bayaya, bêto tu nungini mu m’vubukulu ya Yezu, tala ti tu sadidi luzolo na bukîeleka.Ni sâ kuâ ti, mu kimona-meso n’kiana ni n’fiêtokoso kuâ, na mpassi. Kâ ki^^eleka ti tâ nungini.

 

Ni Bô mpê tu tanga mu buku dia Djalululu ti:

 

“Ni nawidi zu dia dinene diatukidi ku m’yalu, diêdi tâ ti: yi ni nzo ya Nzambi, gâ kati dia bântu, mbo katunga gâ kati diawu, bawu mpe mbo babâ kânda diandi, Nzambi ga kati diawu mbo kaba Nzambiâwu. Mbo kakusuna mpe mansangaza makulû mu meso mâwu, lufua mpe ka luvutua kua sâla ko. Ka ku vutua sâla mpe kifuîdi, bidilu na mpassi ko, bungu bîo bia ntêté ka bivutuâ kua ba ko”(Ap 21, 3-4).   

 

Mu bâ bangi ya m’vubukulu ya Yezu, ni mu tomo wâkasa mpindu zî za Pakê, kâ vula-vula, ni mu sadila luzolo mu zingu kîeto kia n’kakâ, na bukiêleka, na budegêdé, na lenvo.

 

Kiêleka Bayaya, gâ tandua mpassi na bunkuta, gâ tandua disumu kêti bunôkena buâ nitu, tu fuêni wâkasa mu ngudia zulu ti:

 

“ Il est vivant, il est ressuscité, Moyo kê Yezu, vubukidi ”.

 

Wu tu simba ni wû, buâ têlé Santu Polo ti:

 

“ Ku tâmbulandi mbi yakubakisina, kâ, bakisina mbi mu m’samu mia m’boté ” (Rm 12, 21).

 

Yô ni Ndongosolo mu luwilukulu lua m’vubukulu ya Yézu, yi tu fuêni kelâ, na yi tu fuêni wakasa kuê mawâ ma bântu.

Amen !

 

Mgr Louis PORTELLA MBUYU

Evêque de Kinkala

 

 

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HOMELIE DE LA MESSE DU JEUDI SAINT (Lâdi)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

(KINKALA, LE 17 AVRIL 2014)

 

 

Ba Tâta na ba Mâma, Ba ngwala zola ni mbote zeno,…….. !

 

Lumbu-ti, lumbu kia nsangu kuê beto ba Chrétiens. Bungu bwa-moyo tu tama  sâ, ya mpimpa ya matanga ma mfumu, n’kiêti bu tu vutu wa bambuka moyo kitamana :

 

« Bu ka bongele dimpa, bu ka vutudi matondo, ni dia ka bukuni, gêni dio kwe bilandi biandi ti : Bongêno lwa dia bebonso, bungu yi ni nitu’ani, yi ganu mu bungu dia beno. Bu ka bongele mpe  mbungu, gêni yo kwê bilandi biandi ti : Bongeno lwa nwa bebonso, bungu yi ni mbungu ya menga mani, menga ma kinkwezi kia mona na kia mankululu, ma tsamuka mu bungu dia beno ».

 

Mpimpa ni yaûyi, dianga, mfumu Yezu ka gêni kuê bilandi biandi, fuâ di yokele ntalu : mbambukulu moyo ya kabu dia nituandi mankulumanso mu l’Eucharistie.

 

Tiangu, ka têle yandi bêne mu l’evangile ya Santu Jean ti, kîo ni nguria dimbu tia Luzolo:

 

« Ka kuena luzolo ko luyokele, na lua wo gâna zingu kiandi mu bungu dia nduku zandi » (Jn 15, 13).

 

L’Eucharistie ni sacrement ya nkayulu gâ ntî wa la Croix. Ni wô, santu Polo ka zololo ku tu mbambula moyo mu nkanda wa ntêté kuê bisi Korente ti : « Ni mu bungu diô mpê, ntangu ni ntangu yi ludia dimpa dî, na yi lunua mbungu yi, ni mfuilu ya mfumu lutangumunâ, tê ga kakuizi kâdi » (1 Co 11, 26).

 

Ni dîo bayaya, ntangu zazonso zi tu tundula nsangu za l’Eucharistie, ntêté ni luwilukulu lweto tu fweni fundudîla. Luwilikulu lwô lu tu tama singasala ti, bêto ni bilandi bia yandi wa gâna zingu kiandi mu bungu dia luzolo, ngatu ntî yî, ya kuluka. Bilandi mpê twê bia yandi, wa zolo na tê gâna nsuka. Mboko, bû tu tama dîa nituandi, na bû tu tama nuâ menga mandi, ni mu yimbuka, ngatu ta lenda beto mpê mu gâna zingu kiêto mu bungu dia luzolo lwa bangwala.

 

Bunô, tu lenda wakasa ti : Luzolo ni ngolo zâ-mosi zi yôkelé, mu kûla ntonto’ansi.

 

Muntu ni muntu, tama sa bwa-moyo, ya mpindu za l’Eucharistie, nâ tâma sadîla kitantu, mbwimi, Dîki, kêti ta banzila kua yandi bêne, muntu wa mpila yô, ka bakuriêti bunêne bua mpindu za l’Eucharistie kô.

 

Tiangu, Santu Polo ka têle ti : « Muntu wô tama dîa nitu na tama nûa menga, ni nkassa’andi kâ nwini, talâ kâ kêbelâko » (1Co    ).

 

Ni n’dimbutulu yi fwananê, mu tambula nitu ya mfumu. Ngatu twa kwama dîa ndéfi ya Luzolo ntangu ni ntangu yi tu tundula nsangu zô.

 

Bwaûbu bayaya, ti tâ sungamanêti’êno buya-buya bwêto, mu ntangu yi tu fundudîla N’kayulu wâ l’Eucharistie. N’kiêti samu wa tu yuku, wa mana wâ ntalu gâ meso mêto. Kâ, gâ bêlé nga twâ vutu bambukâ moyo, ntangu zazonso ti : kabu ni dîo dîa yimbudi miamionso gâ ntonto’ansi, na dî tu yogêla massembo mu zingu kiêto.

 

Bayaya, Ntangu ni ntangu, yî tu tundula nsangu za l’Eucharistie, tâbi tâ soba na ta yamuna luzolo mu bêto, luzolo lu fweni yikama, lu fweni tu natîna kiwissa, luvivululu, na bulenvo.

 

Ni dîo, bayaya, nzololo vutu lu yula : « N’Kî ta kitudi N’kayulu wâ l’Eucharistie?».      

 

N’kiana bu tu bakuri wô, bêto bêne mu zû dîa nzambi tî, Santu Jean kâ tama zonzela Matanga ma mfumu na bilandi biandi kô, gâ tanduâ mbukununu dimpa. Kâ ni nsukululua malu kua kâ tâ zonzela. Bungu wâ weyi tu wisa na kondi-kondi, kan’kiâ Luzolo Yézu ka tu zololo na tê gâ la Croix. Bunô, nsukululua malu, ni dimbu tîa mîo mîa yilamanê gâna Croix. N’kiêti, buâ têlé Santu Polo kuê bisi Korente ti : « Luzolo wê na lusalusu » (1Co 13, 4)

 

Nînga bayaya, Tala tî tu tomono zolo, dîeka tu lenda sadisa bagwala na bonso ba tu zololo. N’kîeti bûe luzolo lwâ bibuti mu bala bawu. Kâ tabi ta zabi tî, n’diantulu ya mpila yô, lukosamanu na bulenvo yî tômba. N’kiana bu tama tâ Santu Polo kuê bisi Colosse ti :

 

« Bêno basôlo ba Nzambi, basemo na bakundi bândi, ki luateno mbanzulu za ngudia Kîambu, za luzolo, za bulemvo, za Dzunu, na za fukî » (Col 3, 12).

 

Kâ, ndiatulu’êto mu nsî mû, ni mu kuê diatakasê kwâ bangwala. Na mu kwê nwanini kwâ bukuluntu gâ kâti dîeto, kêti kâ nâni yôkele ngolo, kêti mu nwanina bimfumu. Yezu tiangu kâ têle ti :

 

« luzebi ti mfumu za nsi, mpassi bagandisa bantu bawu, mboko banga m’yalu sôngesa ba kisôngesa ti ni bawu bata tuma. Ka kûe beno, ka dibelandi bô. Ga kati dîeno, wô zolo ba m’kuluntu, ka bâ kisadi kîeno, wô zolo ba matu, ka bâ ngambeno. Mwana muntu mpê ni bô, kayiza kô, ngatu ba m’sadila, kâ mu sadila ba kaka, na mu gâna zingu kiandi, mu kûla kumbu dia bântu » (Mt 20, 25-28).

 

Yô ni ndongosolo yi tama sen’somoka mu dimbu kia nsukululua malu :

 

« Ebu lukunta tî meno kilongisi na mfumu. Nzonzoloêno ya mboté, ni bîo djê. Kâ, Tala ti mê djê mfumu ni lusukudi malu, bêno mpê lufueni kukisukula mâlu bêno na bêno. Diangana kifuani nilugêni ngatu bêto mpê luasa nkiêti bu nilusidi mêno » (Jn 13, 11-15).

 

Ni mu zolo tâ ti : nkayulu wâ l’Eucharistie, nkayulu wâ la Croix, na Nsukululua malu, mpindu ni zimosi kwâ : Mpindu za Luzolo, lwâ nungini mu biabionso.

 

Kwê Yézu, nsalusu mu bulenvo, kâ yêna betola kô, kêti bungamba, kâ ni nguria Nzila ya bêla n’kuluntu.

 

Ta tomo’êno dimbitila mpindu zî, za Luzolo, ngatu tâ tomo bakulu salu kiêto mu nsi mû, twâ bê mbangi za tieleka za luzolo lwa Nzambi, lwa monêkene mu Yézu gâ tandua nsukululu malu kwê bilandi biandi, na gâ tandua lufua gâ ntî wa la Croix.   

 

 

 

 

 Mgr Louis PORTELLA MBUYU

Evêque de Kinkala

 

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MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA CÉLÉBRATION DE LA XLVIIe JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

1er JANVIER 2014

LA FRATERNITE, FONDEMENT ET ROUTE POUR LA PAIX

 

 

1. Dans mon premier message pour la Journée mondiale de la Paix je désire adresser à tous, personnes et peuples, le vœu d’une existence pleine de joie et d’espérance. Dans le cœur de chaque homme et de chaque femme habite en effet le désir d’une vie pleine, à laquelle appartient une soif irrépressible de fraternité, qui pousse vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas des ennemis ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à embrasser.

 

En effet, la fraternité est une dimension essentielle de l’homme, qui est un être relationnel. La vive conscience d’être en relation nous amène à voir et à traiter chaque personne comme une vraie sœur et un vrai frère ; sans cela, la construction d’une société juste, d’une paix solide et durable devient impossible. Et il faut immédiatement rappeler que la fraternité commence habituellement à s’apprendre au sein de la famille, surtout grâce aux rôles responsables et complémentaires de tous ses membres, en particulier du père et de la mère. La famille est la source de toute fraternité, et par conséquent elle est aussi le fondement et la première route de la paix, puisque par vocation, elle devrait gagner le monde par son amour.

 

Le nombre toujours croissant d’interconnexions et de communications qui enveloppent notre planète rend plus palpable la conscience de l’unité et du partage d’un destin commun entre les nations de la terre. Dans les dynamismes de l’histoire, de même que dans la diversité des ethnies, des sociétés et des cultures, nous voyons ainsi semée la vocation à former une communauté composée de frères qui s’accueillent réciproquement, en prenant soin les uns des autres. Mais une telle vocation est encore aujourd’hui souvent contrariée et démentie par les faits, dans un monde caractérisé par cette “ mondialisation de l’indifférence ”, qui nous fait lentement nous “ habituer ” à la souffrance de l’autre, en nous fermant sur nous-mêmes.

Dans de nombreuses parties du monde, la grave atteinte aux droits humains fondamentaux, surtout au droit à la vie et à la liberté religieuse ne semble pas connaître de pause. Le tragique phénomène du trafic des êtres humains, sur la vie et le désespoir desquels spéculent des personnes sans scrupules, en représente un exemple inquiétant. Aux guerres faites d’affrontements armés, s’ajoutent des guerres moins visibles, mais non moins cruelles, qui se livrent dans le domaine économique et financier avec des moyens aussi destructeurs de vies, de familles, d’entreprises.

 

Comme l’a affirmé Benoît XVI, la mondialisation nous rend proches, mais ne nous rend pas frères.[1] En outre, les nombreuses situations d’inégalités, de pauvreté et d’injustice, signalent non seulement une carence profonde de fraternité, mais aussi l’absence d’une culture de la solidarité. Les idéologies nouvelles, caractérisées par un individualisme diffus, un égocentrisme et un consumérisme matérialiste affaiblissent les liens sociaux, en alimentant cette mentalité du “ déchet ”, qui pousse au mépris et à l’abandon des plus faibles, de ceux qui sont considérés comme “ inutiles ”. Ainsi le vivre ensemble humain devient toujours plus semblable à un simple ‘do ut des’  pragmatique et égoïste.

En même temps, il apparaît clairement que les éthiques contemporaines deviennent aussi incapables de produire des liens authentiques de fraternité, puisqu’une fraternité privée de la référence à un Père commun, comme son fondement ultime, ne réussit pas à subsister.[2] Une fraternité véritable entre les hommes suppose et exige une paternité transcendante. À partir de la reconnaissance de cette paternité, se consolide la fraternité entre les hommes, c’est-à-dire l’attitude de se faire le “ prochain ” qui prend soin de l’autre.

 

« Où est ton frère » (Gn 4, 9)

 

2. Pour mieux comprendre cette vocation de l’homme à la fraternité, pour reconnaître de façon plus adéquate les obstacles qui s’opposent à sa réalisation et découvrir les chemins de leur dépassement, il est fondamental de se laisser guider par la connaissance du dessein de Dieu, tel qu’il est présenté de manière éminente dans la Sainte Écriture.

Selon le récit des origines, tous les hommes proviennent de parents communs, d’Adam et Ève, couple créé par Dieu à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1, 26), de qui naissent Caïn et Abel. Dans l’événement de la famille primitive, nous lisons la genèse de la société, l’évolution des relations entre les personnes et les peuples.

Abel est berger, Caïn est paysan. Leur identité profonde et à la fois leur vocation, est celle d’être frères, aussi dans la diversité de leur activité et de leur culture, de leur manière de se rapporter à Dieu et au créé. Mais le meurtre d'Abel par Caïn atteste tragiquement le rejet radical de la vocation à être frères. Leur histoire (cf. Gn 4, 1-16) met en évidence la tâche difficile à laquelle tous les hommes sont appelés, de vivre unis, en prenant soin l’un de l’autre. Caïn, n’acceptant pas la prédilection de Dieu pour Abel qui lui offrait le meilleur de son troupeau – « le Seigneur agréa Abel et son offrande, mais il n’agréa pas Caïn et son offrande » (Gn 4, 4-5) – tue Abel par jalousie. De cette façon, il refuse de se reconnaître frère, d’avoir une relation positive avec lui, de vivre devant Dieu, en assumant ses responsabilités de soin et de protection de l’autre. À la question : « Où es ton frère ? », avec laquelle Dieu interpelle Caïn, lui demandant compte de son œuvre, il répond : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 9). Puis nous dit la Genèse, « Caïn se retira de la présence du Seigneur » (4, 16).

 

Il faut s’interroger sur les motifs profonds qui ont entrainé Caïn à méconnaître le lien de fraternité et, aussi le lien de réciprocité et de communion qui le liait à son frère Abel. Dieu lui-même dénonce et reproche à Caïn une proximité avec le mal : « le péché n’est-il pas à ta porte ? » (Gn 4, 7). Caïn, toutefois, refuse de s’opposer au mal et décide de « se jeter sur son frère Abel » (Gn 4, 8), méprisant le projet de Dieu. Il lèse ainsi sa vocation originaire à être fils de Dieu et à vivre la fraternité.

Le récit de Caïn et d’Abel enseigne que l’humanité porte inscrite en elle une vocation à la fraternité, mais aussi la possibilité dramatique de sa trahison. En témoigne l’égoïsme quotidien qui est à la base de nombreuses guerres et de nombreuses injustices : beaucoup d’hommes et de femmes meurent en effet par la main de frères et de sœurs qui ne savent pas se reconnaître tels, c’est-à-dire comme des êtres faits pour la réciprocité, pour la communion et pour le don.

 

« Et vous êtes tous des frères » (Mt 23, 8)

 

3. La question surgit spontanément : les hommes et les femmes de ce monde ne pourront-ils jamais correspondre pleinement à la soif de fraternité, inscrite en eux par Dieu Père ? Réussiront-ils avec leurs seules forces à vaincre l’indifférence, l’égoïsme et la haine, à accepter les différences légitimes qui caractérisent les frères et les sœurs ?

En paraphrasant ses paroles, nous pourrions synthétiser ainsi la réponse que nous donne le Seigneur Jésus : puisqu’il y a un seul Père qui est Dieu, vous êtes tous des frères (cf. Mt 23, 8-9). La racine de la fraternité est contenue dans la paternité de Dieu. Il ne s’agit pas d’une paternité générique, indistincte et inefficace historiquement, mais bien de l’amour personnel, précis et extraordinairement concret de Dieu pour chaque homme (cf. Mt 6, 25-30). Il s’agit donc d’une paternité efficacement génératrice de fraternité, parce que l’amour de Dieu, quand il est accueilli, devient le plus formidable agent de transformation de l’existence et des relations avec l’autre, ouvrant les hommes à la solidarité et au partage agissant.

En particulier, la fraternité humaine est régénérée en et par Jésus Christ dans sa mort et résurrection. La croix est le “lieu” définitif de fondation de la fraternité, que les hommes ne sont pas en mesure de générer tout seuls. Jésus Christ, qui a assumé la nature humaine pour la racheter, en aimant le Père jusqu’à la mort, et à la mort de la croix (cf. Ph 2, 8), nous constitue par sa résurrection comme humanité nouvelle, en pleine communion avec la volonté de Dieu, avec son projet, qui comprend la pleine réalisation de la vocation à la fraternité.

Jésus reprend depuis le commencement le projet du Père, en lui reconnaissant le primat sur toutes choses. Mais le Christ, dans son abandon à la mort par amour du Père, devient principe nouveau et définitif de nous tous, appelés à nous reconnaître en Lui comme frères parce qu’enfants du même Père. Il est l’Alliance même, l’espace personnel de la réconciliation de l’homme avec Dieu et des frères entre eux. Dans la mort en croix de Jésus, il y a aussi le dépassement de la séparation entre peuples, entre le peuple de l’Alliance et le peuple des Gentils, privé d’espérance parce que resté étranger jusqu’à ce moment aux engagements de la Promesse. Comme on lit dans la Lettre aux Éphésiens, Jésus Christ est celui qui réconcilie en lui tous les hommes. Il est la paix puisque des deux peuples il en a fait un seul, abattant le mur de séparation qui les divisait, c’est-à-dire l’inimitié. Il a créé en lui-même un seul peuple, un seul homme nouveau, une seule humanité nouvelle (cf. 2, 14-16).

 

Celui qui accepte la vie du Christ et vit en Lui, reconnaît Dieu comme Père et se donne lui-même totalement à Lui, en l’aimant au-dessus de toute chose. L’homme réconcilié voit en Dieu le Père de tous et, par conséquent, il est incité à vivre une fraternité ouverte à tous. Dans le Christ, l’autre est accueilli et aimé en tant que fils ou fille de Dieu, comme frère ou sœur, non comme un étranger, encore moins comme un antagoniste ou même un ennemi. Dans la famille de Dieu, où tous sont enfants d’un même Père, et parce que greffés dans le Christ, fils dans le Fils, il n’y a pas de “vies de déchet”. Tous jouissent d’une dignité égale et intangible. Tous sont aimés de Dieu, tous ont été rachetés par le sang du Christ, mort et ressuscité pour chacun. C’est la raison pour laquelle on ne peut rester indifférent au sort des frères.

 

La fraternité, fondement et route pour la paix

 

4. Cela posé, il est facile de comprendre que la fraternité est fondement et route pour la paix. Les Encycliques sociales de mes prédécesseurs offrent une aide précieuse dans ce sens. Il serait suffisant de se référer aux définitions de la paix de Populorum progressio de Paul VI ou de Sollicitudo rei socialis de Jean-Paul II. De la première nous retirons que le développement intégral des peuples est le nouveau nom de la paix.[3] De la seconde, que la paix est opus solidaritatis.[4]

Paul VI affirmait que non seulement les personnes mais aussi les nations doivent se rencontrer dans un esprit de fraternité. Et il explique : « Dans cette compréhension et cette amitié mutuelles, dans cette communion sacrée, nous devons […] œuvrer ensemble pour édifier l’avenir commun de l’humanité ».[5] Ce devoir concerne en premier lieu les plus favorisés. Leurs obligations sont enracinées dans la fraternité humaine et surnaturelle et se présentent sous un triple aspect : le devoir de solidarité, qui exige que les nations riches aident celles qui sont moins avancées ; le devoir de justice sociale qui demande la recomposition en termes plus corrects des relations défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; le devoir de charité universelle, qui implique la promotion d’un monde plus humain pour tous, un monde dans lequel tous aient quelque chose à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns constitue un obstacle au développement des autres.[6]

Ainsi, si on considère la paix comme opus solidaritatis, de la même manière, on ne peut penser en même temps, que la fraternité n’en soit pas le fondement principal. La paix, affirme Jean-Paul II, est un bien indivisible. Ou c’est le bien de tous ou il ne l’est de personne. Elle peut être réellement acquise et goûtée, en tant que meilleure qualité de la vie et comme développement plus humain et durable, seulement si elle crée de la part de tous, « une détermination ferme et persévérante à s’engager pour le bien commun »[7]. Cela implique de ne pas se laisser guider par « l’appétit du profit » et par « la soif du pouvoir ». Il faut avoir la disponibilité de « “se perdre” en faveur de l’autre au lieu de l’exploiter, et de “le servir” au lieu de l’opprimer pour son propre avantage. […] L’“autre” – personne, peuple ou nation – [n’est pas vu] comme un instrument quelconque dont on exploite à peu de frais la capacité de travail et la résistance physique pour l’abandonner quand il ne sert plus, mais comme notre “semblable”, une “aide”.[8]

La solidarité chrétienne suppose que le prochain soit aimé non seulement comme « un être humain avec ses droits et son égalité fondamentale à l’égard de tous, mais [comme] l’image vivante de Dieu le Père, rachetée par le sang du Christ et objet de l’action constante de l’Esprit Saint »[9], comme un autre frère. « Alors – rappelle Jean-Paul II ‑ la conscience de la paternité commune de Dieu, de la fraternité de tous les hommes dans le Christ, “fils dans le Fils”, de la présence et de l’action vivifiante de l’Esprit Saint, donnera à notre regard sur le monde comme un nouveau critère d’interprétation »,[10] pour le transformer.

 

Fraternité, prémisse pour vaincre la pauvreté

 

5. Dans Caritas in veritate, mon Prédécesseur rappelait au monde combien le manque de fraternité entre les peuples et les hommes est une cause importante de la pauvreté.[11] Dans de nombreuses sociétés, nous expérimentons une profonde pauvreté relationnelle due à la carence de solides relations familiales et communautaires. Nous assistons avec préoccupation à la croissance de différents types de malaise, de marginalisation, de solitude et de formes variées de dépendance pathologique. Une semblable pauvreté peut être dépassée seulement par la redécouverte et la valorisation de rapports fraternels au sein des familles et des communautés, à travers le partage des joies et des souffrances, des difficultés et des succès qui accompagnent la vie des personnes.

En outre, si d’un côté on rencontre une réduction de la pauvreté absolue, d’un autre, on ne peut pas ne pas reconnaître une grave croissance de la pauvreté relative, c’est-à-dire des inégalités entre personnes et groupes qui vivent dans une même région, ou dans un même contexte historico-culturel. En ce sens, sont aussi utiles des politiques efficaces qui promeuvent le principe de la fraternité, assurant aux personnes – égales dans leur dignité et dans leurs droits fondamentaux – d’accéder aux « capitaux », aux services, aux ressources éducatives, sanitaires, technologiques afin que chacun ait l’opportunité d’exprimer et de réaliser son projet de vie, et puisse se développer pleinement comme personne.

On reconnaît aussi la nécessité de politiques qui servent à atténuer une répartition inéquitable excessive du revenu. Nous ne devons pas oublier l’enseignement de l’Église sur ce qu’on appelle l’hypothèque sociale, sur la base de laquelle, comme le dit saint Thomas d’Aquin, il est permis et même nécessaire « que l’homme ait la propriété des biens »[12], quant à l’usage, « il ne doit jamais tenir les choses qu’il possède comme n’appartenant qu’à lui, mais les regarder aussi comme communes, en ce sens qu’elles puissent profiter non seulement à lui mais aussi aux autres ».[13]

Enfin, il y a une dernière manière de promouvoir la fraternité – et ainsi de vaincre la pauvreté – qui doit être à la base de toutes les autres. C’est le détachement de celui qui choisit d’adopter des styles de vie sobres et basés sur l’essentiel, de celui qui, partageant ses propres richesses, réussit ainsi à faire l’expérience de la communion fraternelle avec les autres. Cela est fondamental pour suivre Jésus Christ et être vraiment des chrétiens. C’est le cas non seulement des personnes consacrées qui font vœux de pauvreté, mais aussi de nombreuses familles et de nombreux citoyens responsables, qui croient fermement que c’est la relation fraternelle avec le prochain qui constitue le bien le plus précieux.

 

La redécouverte de la fraternité dans l’économie.

 

6. Les graves crises financières et économiques contemporaines – qui trouvent leur origine, d’un côté dans l’éloignement progressif de l’homme vis-à-vis de Dieu et du « prochain », ainsi que dans la recherche avide des bien matériels, et, de l’autre, dans l’appauvrissement des relations interpersonnelles et communautaires – ont poussé de nombreuses personnes à rechercher la satisfaction, le bonheur et la sécurité dans la consommation et dans le gain, au-delà de toute logique d’une saine économie. Déjà en 1979 Jean Paul II dénonçait l’existence d’ « un danger réel et perceptible : tandis que progresse énormément la domination de l’homme sur le monde des choses, l’homme risque de perdre les fils conducteurs de cette domination, de voir son humanité soumise de diverses manières à ce monde, et de devenir ainsi lui-même l’objet de manipulations multiformes – pas toujours directement perceptibles – à travers toute l’organisation de la vie communautaire, à travers le système de production, par la pression des moyens de communication sociale ».[14]

La succession des crises économiques doit conduire à d’opportunes nouvelles réflexions sur les modèles de développement économique, et à un changement dans les modes de vie. La crise d’aujourd’hui, avec son lourd héritage pour la vie des personnes, peut être aussi une occasion propice pour retrouver les vertus de prudence, de tempérance, de justice et de force. Elles peuvent aider à dépasser les moments difficiles et à redécouvrir les liens fraternels qui nous lient les uns aux autres, avec la confiance profonde dont l’homme a besoin et est capable de quelque chose de plus que la maximalisation de ses propres intérêts individuels. Surtout ces vertus sont nécessaires pour construire et maintenir une société à la mesure de la dignité humaine.

 

La fraternité éteint la guerre

 

7. Dans l’année qui vient de s’écouler, beaucoup de nos frères et sœurs ont continué à vivre l’expérience déchirante de la guerre, qui constitue une grave et profonde blessure portée à la fraternité.

Nombreux sont les conflits qui se poursuivent dans l’indifférence générale. Á tous ceux qui vivent sur des terres où les armes imposent terreur et destructions, j’assure ma proximité personnelle et celle de toute l’Église. Cette dernière a pour mission de porter la charité du Christ également aux victimes sans défense des guerres oubliées, à travers la prière pour la paix, le service aux blessés, aux affamés, aux réfugiés, aux personnes déplacées et à tous ceux qui vivent dans la peur. L’Église élève aussi la voix pour faire parvenir aux responsables le cri de douleur de cette humanité souffrante, et pour faire cesser, avec les hostilités, tout abus et toute violation des droits fondamentaux de l’homme[15].

Pour cette raison, je désire adresser un appel fort à tous ceux qui, par les armes, sèment la violence et la mort : redécouvrez votre frère en celui qu’aujourd’hui vous considérez seulement comme un ennemi à abattre, et arrêtez votre main ! Renoncez à la voie des armes et allez à la rencontre de l’autre par le dialogue, le pardon, et la réconciliation, pour reconstruire la justice, la confiance et l’espérance autour de vous ! « Dans cette optique, il apparaît clair que, dans la vie des peuples, les conflits armés constituent toujours la négation délibérée de toute entente internationale possible, en créant des divisions profondes et des blessures déchirantes qui ont besoin de nombreuses années pour se refermer. Les guerres constituent le refus concret de s’engager pour atteindre les grands objectifs économiques et sociaux que la communauté internationale s’est donnée »[16].

Cependant, tant qu’il y aura une si grande quantité d’armement en circulation, comme actuellement, on pourra toujours trouver de nouveaux prétextes pour engager les hostilités. Pour cette raison, je fais mien l’appel de mes prédécesseurs en faveur de la non prolifération des armes et du désarmement de la part de tous, en commençant par le désarmement nucléaire et chimique.

Mais nous ne pouvons pas ne pas constater que les accords internationaux et les lois nationales, bien que nécessaires et hautement souhaitables, ne sont pas suffisants à eux seuls pour mettre l’humanité à l’abri du risque de conflits armés. Une conversion des cœurs est nécessaire, qui permette à chacun de reconnaître dans l’autre un frère dont il faut prendre soin, avec lequel travailler pour construire une vie en plénitude pour tous. Voilà l’esprit qui anime beaucoup d’initiatives de la société civile, y compris les organisations religieuses, en faveur de la paix. Je souhaite que l’engagement quotidien de tous continue à porter du fruit et que l’on puisse parvenir à l’application effective, dans le droit international, du droit à la paix, comme droit humain fondamental, condition préalable nécessaire à l’exercice de tous les autres droits.

 

La corruption et le crime organisé contrecarrent la fraternité

 

8. L’horizon de la fraternité renvoie à la croissance en plénitude de tout homme et de toute femme. Les justes ambitions d’une personne, surtout si elle est jeune, ne doivent pas être frustrées ni blessées, l’espérance de pouvoir les réaliser ne doit pas être volée. Cependant, l’ambition ne doit pas être confondue avec la prévarication. Au contraire, il convient de rivaliser dans l’estime réciproque (cf. Rm 12, 10). De même, dans les querelles, qui sont un aspect inévitable de la vie, il faut toujours se rappeler d’être frères, et, en conséquence, éduquer et s’éduquer à ne pas considérer le prochain comme un ennemi ou comme un adversaire à éliminer.

La fraternité génère la paix sociale, parce qu’elle crée un équilibre entre liberté et justice, entre responsabilité personnelle et solidarité, entre bien des individus et bien commun. Une communauté politique doit, alors, agir de manière transparente et responsable pour favoriser tout cela. Les citoyens doivent se sentir représentés par les pouvoirs publics dans le respect de leur liberté. Inversement, souvent, entre citoyen et institutions, se glissent des intérêts de parti qui déforment cette relation, favorisant la création d’un climat de perpétuel conflit.

Un authentique esprit de fraternité est vainqueur de l’égoïsme individuel qui empêche les personnes de vivre entre elles librement et harmonieusement. Cet égoïsme se développe socialement, soit dans les multiples formes de corruption, aujourd’hui partout répandues, soit dans la formation des organisations criminelles – des petits groupes jusqu’aux groupes organisés à l’échelle globale – qui, minant en profondeur la légalité et la justice, frappent au cœur la dignité de la personne. Ces organisations offensent gravement Dieu, nuisent aux frères et lèsent la création, et encore plus lorsqu’elles ont une connotation religieuse.

Je pense au drame déchirant de la drogue sur laquelle on s’enrichit dans le mépris des lois morales et civiles, à la dévastation des ressources naturelles et à pollution en cours, à la tragédie de l’exploitation dans le travail. Je pense aux trafics illicites d’argent comme à la spéculation financière, qui souvent prend un caractère prédateur et nocif pour des systèmes économiques et sociaux entiers, exposant des millions d’hommes et de femmes à la pauvreté. Je pense à la prostitution qui chaque jour fauche des victimes innocentes, surtout parmi les plus jeunes, leur volant leur avenir. Je pense à l’abomination du trafic des êtres humains, aux délits et aux abus contre les mineurs, à l’esclavage qui répand encore son horreur en tant de parties du monde, à la tragédie souvent pas entendue des migrants sur lesquels on spécule indignement dans l’illégalité. Jean XXIII a écrit à ce sujet : « Une société fondée uniquement sur des rapports de force n’aurait rien d’humain : elle comprimerait nécessairement la liberté des hommes, au lieu d’aider et d’encourager celle-ci à se développer et à se perfectionner »[17]. Mais l’homme peut se convertir et il ne faut jamais désespérer de la possibilité de changer de vie. Je voudrais que ce message soit un message de confiance pour tous, aussi pour ceux qui ont commis des crimes atroces, parce que Dieu ne veut pas la mort du pêcheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive (cf. Ez 18, 23).

Dans le vaste contexte de la société humaine, en ce qui concerne le délit et la peine, on pense aussi aux conditions inhumaines de tant de prisons, où le détenu est souvent réduit à un état sous-humain, sa dignité d’homme se trouvant violée, étouffé aussi dans son expression et sa volonté de rachat. L’Église fait beaucoup dans tous ces domaines, et le plus souvent en silence. J’exhorte et j’encourage à faire toujours plus, dans l’espérance que de telles actions mises en œuvre par tant d’hommes et de femmes courageux puissent être toujours plus loyalement et honnêtement soutenues aussi par les pouvoirs civils.

 

La fraternité aide à garder et à cultiver la nature

 

9. La famille humaine a reçu en commun un don du Créateur : la nature. La vision chrétienne de la création comporte un jugement positif sur la licéité des interventions sur la nature pour en tirer bénéfice, à condition d’agir de manière responsable, c'est-à-dire en en reconnaissant la “grammaire”qui est inscrite en elle, et en utilisant sagement les ressources au bénéfice de tous, respectant la beauté, la finalité et l’utilité de chaque être vivant et de sa fonction dans l’écosystème. Bref, la nature est à notre disposition, et nous sommes appelés à l’administrer de manière responsable. Par contre, nous sommes souvent guidés par l’avidité, par l’orgueil de dominer, de posséder, de manipuler, de tirer profit ; nous ne gardons pas la nature, nous ne la respectons pas, nous ne la considérons pas comme un don gratuit dont nous devons prendre soin et mettre au service des frères, y compris les générations futures.

En particulier, le secteur agricole est le secteur productif premier qui a la vocation vitale de cultiver et de garder les ressources naturelles pour nourrir l’humanité. À cet égard, la persistance honteuse de la faim dans le monde m’incite à partager avec vous cette demande : de quelle manière usons-nous des ressources de la terre ? Les sociétés doivent aujourd’hui réfléchir sur la hiérarchie des priorités auxquelles on destine la production. En effet, c’est un devoir contraignant d’utiliser les ressources de la terre de manière à ce que tous soient délivrés de la faim. Les initiatives et les solutions possibles sont nombreuses et ne se limitent pas à l’augmentation de la production. Il est bien connu que celle-ci est actuellement suffisante ; et pourtant il y a des millions de personnes qui souffrent et meurent de faim, et ceci est un vrai scandale. Il est donc nécessaire de trouver les moyens pour que tous puissent bénéficier des fruits de la terre, non seulement pour éviter que s’élargisse l’écart entre celui qui a plus et celui qui doit se contenter des miettes, mais aussi et surtout en raison d’une exigence de justice, d’équité et de respect envers tout être humain. En ce sens, je voudrais rappeler à tous cette nécessaire destination universelle des biens qui est un des principes cardinaux de la doctrine sociale de l’Église. Respecter ce principe est la condition essentielle pour permettre un efficace et équitable accès à ces biens essentiels et premiers dont tout homme a besoin et a droit.

 

 

Conclusion

 

10. La fraternité a besoin d’être découverte, aimée, expérimentée, annoncée, et témoignée. Mais c’est seulement l’amour donné par Dieu qui nous permet d’accueillir et de vivre pleinement la fraternité.

 

Le nécessaire réalisme de la politique et de l’économie ne peut se réduire à une technique privée d’idéal, qui ignore la dimension transcendante de l’homme. Quand manque cette ouverture à Dieu, toute activité humaine devient plus pauvre et les personnes sont réduites à un objet dont on tire profit. C’est seulement si l’on accepte de se déplacer dans le vaste espace assuré par cette ouverture à Celui qui aime chaque homme et chaque femme, que la politique et l’économie réussiront à se structurer sur la base d’un authentique esprit de charité fraternelle et qu’elles pourront être un instrument efficace de développement humain intégral et de paix.

 

Nous les chrétiens nous croyons que dans l’Église nous sommes tous membres les uns des autres, tous réciproquement nécessaires, parce qu’à chacun de nous a été donnée une grâce à la mesure du don du Christ, pour l’utilité commune (cf. Ep 4, 7.25 ; 1Co 12, 7). Le Christ est venu dans le monde pour nous apporter la grâce divine, c'est-à-dire la possibilité de participer à sa vie. Ceci implique de tisser une relation fraternelle, empreinte de réciprocité, de pardon, de don total de soi, selon la grandeur et la profondeur de l’amour de Dieu offert à l’humanité par celui qui, crucifié et ressuscité, attire tout à lui : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13, 34-35). C’est cette bonne nouvelle qui réclame de chacun un pas de plus, un exercice persistant d’empathie, d’écoute de la souffrance et de l’espérance de l’autre, y compris de celui qui est plus loin de moi, en s’engageant sur le chemin exigeant de l’amour qui sait se donner et se dépenser gratuitement pour le bien de tout frère et de toute sœur.

 

Le Christ embrasse tout l’homme et veut qu’aucun ne se perde. « Dieu a envoyé son fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 17). Il le fait sans opprimer, sans contraindre personne à lui ouvrir les portes de son cœur et de son esprit. « Le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert » – dit Jésus-Christ – « moi je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Lc 22, 26.27). Toute activité doit être, alors, contresignée d’une attitude de service des personnes, spécialement celles qui sont les plus lointaines et les plus inconnues. Le service est l’âme de cette fraternité qui construit la paix.

Que Marie, Mère de Jésus, nous aide à comprendre et à vivre tous les jours la fraternité qui surgit du cœur de son Fils, pour porter la paix à tout homme sur notre terre bien-aimée.

 

Du Vatican, le 8 décembre 2013.

 

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DIMANCHE DE LA SOLIDARITE AVEC LA R.C.A

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

 

                                                        A tous les chrétiens, membres

                                                              De l’Eglise-Famille de Dieu au Congo,

                                                               A toutes les personnes de bonne volonté.

 

 

Chers frères et Sœurs,

 

« Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance »

 (1Co 12,26).

 

 

Tous les moyens de communication sociale (presse, radio, télé, …) nous ont rendus bien proches de nos frères et sœurs de la R.C.A qui, depuis plusieurs mois, subissent un calvaire douloureux et intolérable.

 

Toute la violence qui s’y déploie et qui, malheureusement, tend à s’étendre, avec la crise humanitaire qu’elle provoque, nous fait prendre conscience de l’extrême urgence d’une mobilisation vigoureuse et ample de notre part, nous, membres de l’Eglise-Famille de Dieu au Congo, et hommes et femmes de bonne volonté et de « bon cœur ».

 

Ainsi donc, en réponse à l’appel qui a été lancé au niveau de l’Eglise-Famille de Dieu présente dans tous les pays de l’Afrique centrale, nous, Evêques du Congo, avons pris les dispositions suivantes :

 

Nous instituons le Dimanche de la Sainte Famille, le 29 décembre 2013, comme Dimanche de la grande solidarité avec nos frères et sœurs de la R.C.A.

 

a) Ce dimanche sera précédé d’un triduum de prière (adoration, intercession, Rosaire), les jeudi 26, vendredi 27 et samedi 28 décembre, où nous implorerons le Seigneur pour qu’advienne la paix et que prévale la réconciliation. Ce triduum sera accompagné d’un jeûne.

 

b) Le dimanche 29 décembre, la messe sera célébrée dans le plus grand recueillement, en communion avec nos frères et sœurs en deuil. Une grande collecte y sera organisée, où chacun donnera, avec l’élan de sa générosité, autant qu’il pourra : « Dieu aime celui qui donne joyeusement » (2Co 9, 7).

 

c) Les dons en nature sont aussi attendus, ils seront collectés dans chaque paroisse et transmis à la Caritas diocésaine.

 

 

Nous comptons beaucoup sur votre engagement effectif et sur votre diligence, et supplions le Seigneur de vous donner « toute grâce en abondance » (2Co 9, 8).

 

 

 

Avec notre bénédiction,

 

 

 

Au nom des Evêques du Congo

 

 

 

 

 

 

 

Mgr Louis PORTELLA MBUYU

                                                                                                 Evêque de Kinkala

                                                                                                          Président de la C.E.C

 

 

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«Pour une meilleure gestion des biens dans nos Eglises d’Afrique Centrale».

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

 

Les Evêques de l’ACERAC, l’Association des Conférences Episcopales de Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RCA et Tchad se sont rencontrés à Bangui, au grand Séminaire de Bimbo, du 29 juin au 6 juillet 2008. Thème principal de l’assemblée: «Pour une meilleure gestion des biens dans nos Eglises d’Afrique Centrale».

 

Un rendez-vous «pour se remettre en cause devant Dieu et devant les hommes», selon un quotidien de la place.

 

En effet, dans son adresse à l’assemblée, le Secrétaire Général de l’ACERAC, abbé Alphonse Taty Aty-Mboumba a indiqué que le but était «de parvenir à une meilleure gestion des biens temporels de nos Eglises en vue du développement (aux niveaux paroissial, diocésain et national) car tous en sentent l’urgence».

 

Dans le message de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, le card. Ivan DIAS a souligné l’importance et l’actualité de ce thème: «La recherche et la gestion des biens ecclésiastiques ne sont pas une activité secondaire ou marginale pour l’Eglise; elles font effectivement partie intégrante de sa mission propre.

 

Car les biens ecclésiastiques concourent à la poursuite des fins propres de l’Eglise à savoir: organiser le culte public, procurer l’honnête subsistance du clergé et des autres ministres, accomplir les œuvres de l’apostolat sacré et de charité et surtout envers le pauvres». Une bonne gestion favorise la mission évangélisatrice de l’Eglise, qui doit «par son témoignage servir de modèle dans la gestion des biens temporels. Je sais que les différentes Conférences Episcopales Nationales interviennent souvent de façon prophétique pour fustiger la mauvaise gouvernance et la gestion économico-financière corrompue et douteuse des responsables politiques de nos différents pays. Il ne serait pas inutile de se demander si nos propres diocèses sont véritablement des exemples d’une bonne gestion économique et financière. N’est-il pas temps que nous regardions d’abord et avec réalisme la poutre qui est dans notre œil à nous avant de nous intéresser à la paille qui est dans l’œil des autres.» (cf. Lc 6, 41). En choisissant donc de réfléchir sur la gestion des biens ecclésiastiques, vous souhaitez atteindre un objectif précis: l’autonomie financière, l’autosuffisance et l’autofinancement  de vos diocèses. Pari difficile certes, mais pas impossible.»

 

Des conditions

 

Pour y parvenir, il y a des conditions à remplir. Entre autres: «L’urgence de former un personnel compétent, honnête et entièrement donné au service de l’Eglise. La mobilisation du peuple de Dieu pour qu’il se sente partie prenante de la vie et de la mission de l’Eglise...

L’Evêque diocésain, ainsi que tout administrateur de biens économiques dans l’Eglise doit être persuadé qu’il n’en est pas le propriétaire et qu’il ne peut pas faire tout ce qu’il veut, et selon ses choix personnels, et encore moins d’user des biens de l’Eglise pour des avantages personnels ou des siens… L’expérience montre aussi que lorsque les conseils paroissiaux travaillent avec transparence et honnêteté, les fidèles collaborent plus généreusement aux nécessités de l’Eglise et à l’entretien du clergé et des autres ministres.»

 

Pour marquer la transparence des travaux, Radio Notre Dame (1ère  station privée de l’Eglise catholique en RCA) a installé ses studios dans les locaux du séminaire et retransmis en direct tous les travaux et débats).

Pour le clergé centrafricain et son archevêque Paulin Pomodimo, l’occasion était bonne pour faire passer le message de l’autoprise des chrétiens par eux-mêmes.

 

Et l’exemple de la réhabilitation totale de la cathédrale de Bangui par les paroissiens, à hauteur de 20 millions de FCFA a été souligné.

 

 

Christian Aimé Ndotah 

 

 

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HOMELIE DE LA MESSE DES VŒUX TEMPORAIRES DES SŒURS DE MARIE MADELEINE POSTEL (KINKALA, LE 08 SEPTEMBRE 2013) en langue Lâdi

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

 

 

 

Ba tata na ba mama, ba ngwala zola ni mbote zeno !

 

NKieti bu tu wiri wô mu buku dia m’kua bunsônga, mu n’totoansi wâkulu, bantu mpé ni mu tomba bunsonga, kêti nduenga, za ba tuarisila zingu kiawu ngatu ba vuka.

 

Tombolo za zingi, za mpila na mpila, zî ta moneka :

-         Bakâ ni mu kuê sungamanê bunênê, na n’toko, ya  bionso bia yiluku.

-         Bakâ ni mu toma kuê dimbitiri n’samu miakulu mi ba ta kuê buabanê mu zingu kiawu keti kia ba nguala zawu.

 

Miakulu miô, mbô mi ta kuê ku ba bakissi mu toma sola diantulu, kêti n’zila, yi ba landa, mu vukissa zingu kiawu.  Bungu ba mbûta bâ ta ngâna ti : «Lua bê bolé yulaneno, wa bê kua ngué kaka, yula n’timaku ».

 

Kâ, ka tu zibakanandi ti, Nzambi kuâ, yandi wê yidiki kia bionso, yandi zebi miakulu mia bêto, miâ lôlô, na mi kuiza mbazi, ni yandi kuâ, lenda ku tu bangurila nguayulu zandi. Bô ni bunsônga bua kieleka.

 

Dianga, muntu ka mana sikidila kua mayela mandi, kâ lendâ tûla mala kô, bungu n’Kiana bwa tele wô mbikudi Isaïe : « Mayela ma bakwa bunsônga mbo magombela, nduenga za makalaka mbo zi pepomoka » (Isaïe 29,14).

 

Santu Polo mpé ni wô ka ta vutu ku tu bambula moyo ti : « Ngâna Nzambi, mayela ma nsieyi, ka kitudiâ mo bulawuki kô ? » (1co 1,20)

 

Tiangu, Nzambi yandi benê ka weyi mu zonza kue bantu, ba ka yidika mu kifua kiandi. NKieti bu tu tanga wô mu n’kanda kuê ba Hebreux :

 « Ntangu za zingi, na mu mpila za zingi, ntama, Nzambi wa zonzele mu bam’bikudi, kuê batata beto. Mu bilumbu bî bia mansukina, watuzonzele mu mwana wa kasidi mundia fua wa biâ bionso » (He 1,1-2).

 

Mwana wô ni nani ? Ni Yezu- Kriste, mwana Nzambi, zû, mua kayidikila Nsi yâ tatû, yandi wê ngezomono ya nkemboândi na fuanukussu kia kinsa kiândi. Ni yandi wa yizi ku tu zâbikissa nguayulu za Nzambi mu betô, na mu nsieyî. Ni mu zû diandi, na mu kimbangi kia zingu kiandi kâ tu sôngerela nzila ya mionso mia kanunu kuê muntu.

 

Nzila yô, ni luzolo. Ba ngwala zola, ni mu luzolo dianga, Nzambi ka tu tambikidi mwanandi wa môssi (Jean 3,16). Mwana mpe ni mu luzolo kua ka tambudidi dema diô, na tê gana nsuka (Jean 13,1). Luzolo luandi lua monekene ngudia moneka, gâ n’tî wa la Croix. NKieti buê ndongosolôandi ti : « Ka kuenâ luzolo ko luyôkele, na lua wô gâna zingu kiandi mu bungu dia nduku  zândi ». (Jean 15,13).

 

N’kiana bua tele wô Santu Polo kuê bissi Korente: « Bêto, ni Kriste wakomo, tutâma kuê longese : Ntualakassu kuê bajuife, bulawuki  kuê banzenza. Kâ kuê bô bateolo mbila, ni Kriste wê ngolo za Nzambi na mayela ma Nzambi » (1Co 1,23-24). Ni bungu diô, bayaya, wô widikila na landa Yezu, mô ni mayela ma yokele, bô ni bunsônga, ni nguria nzila ya nvukulu muntu.

 

Kâ ka tu zimbakanandi ti, nkiana buê mpuku za kisihu, zê mu, tambulu, tambulu, mbila Nzambi mpé ni bô yenina kue beto. Nzambi, Mpila za zingi ba lenda ku m’sarila. Kuê bakaka, ni mu m’samu mia Nsieyi, keti mia makanda, bungu zô mpé ni mpila na mbuka za telâ kimbangi kia n’kieno wa mona, n’kieno wa luzolo, wa buderede, na wa nzunu.

 

« Kuê mpé bantu, bateôlo mbila, ba tambudi kabu dia ndunzi, mu landa na kondi-kondi zingu kiâ Kriste, mu sarila ndongôsoloandi, mu n’kieno wa ntété wa kinkuezi kia Sinuku, n’kieno wô ni bumpumpa, mu bungu dia Zingu kia kinkululu » (V.C 14). N’kieti bu wa n’sonama, mu n’kanda wa tateto Pape, mu ka zonzele ntumbulu zingu.

 

NKieti buê ndumba zetô zi, bawiri na ba tambudi mbila ya mpungu, mu yambula biakulu ngatu bâ m’landa. Zingu kiawu, kiâ tumbuluawu mankululu, kia tu bakissa beto mpé mu bambuka moyo tî, luzolo lueto mu Yezu, lu fueni bâ matu na bionso. « Wô zolo kundanda, lembo bêla tatândi, keti mâma,m’kazi keti bâla, ba yâya, mpângi keti bibussi biandi, lembo bêla mpé na zingu kiandi, yandi wô, ka fuanakaneâ ko mu ba kilandi kiani ». Nkieti bu tu wuri mu Nsangu za Kiesse.

 

Ninga, beto bakulu tabî tâ toma soba bifu, ngatu zingu kieto kia tâtâna na Zu dia Nzambi. Nsobolueto, yi lenda ku tu Gâmbassa na tâta, keti mâma, keti ndukueto, …Ni mu ntangu za mpila yô, tu fueni zolo Kriste buyokele. Kuê bala beto ba ta kukitumba lôlo, Kriste ka bê kolo dia zingu kiawu, ba kitumba mankululu mu kue mwagassê N’sangu za nvukulu, ka dienâko tî mu Zû kua, kâ, na mu kimbangi kia zingu kiawu.

 

Nzambi ka ba gâna buesso bua ntâtamanu, ngatu ba bê nguria mbangi za luzolo lua Nzambi na za busantu buandi.

 

Nzambi wa bonga !

  

 

 

 

 

 

Mgr Louis PORTELLA, Rvêque de Kinkala

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Homélie de Mgr Andrés Carrascosa Coso, nonce apostolique au Panama à la messe d’ordination épiscopale de Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, premier évêque de Dolisie

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

publié dans Voix d'évêques

Excellence, Mgr le nonce apostolique au Congo et au Gabon, Excellences, Messeigneurs, les évêques, successeurs des apôtres, Cher frère appelé à l’épiscopat, Mgr Bienvenu Manamika Excellences, les autorités nationales, départementales et locales Chers prêtres, chers religieux, chères religieuses, chers séminaristes Invités spéciaux, en particulier la famille de Mgr Bienvenu, Chers frères et sœurs, tous, dans le Seigneur! L’Eglise qui fait son pèlerinage sur la terre du Niari vit aujourd’hui l’expérience de la succession apostolique. Dans cette ordination épiscopale de Mgr Bienvenu Manamika, nous n’exaltons pas un homme, mais en réalité nous célébrons Jésus-Christ, l’Unique, l’Eternel prêtre, pasteur et guide de nos âmes. Nous, les personnes humaines, passons sur la terre, mais le Christ demeure et continue de guider son Eglise. Il est vivant et présent parmi nous et il est le même hier, aujourd’hui et demain, pour toute l’éternité! Permettez-moi d’abord de remercier S.E. Mgr Daniel Mizonzo pour les 11 ans de sa vie dédiés au ministère épiscopal dans ce territoire. Il continue à Nkayi. Que le Seigneur récompense ses efforts en faveur de l’Eglise de Jésus-Christ! Nous célébrons un dessein de Dieu. Dieu montre son amour pour ce peuple par la décision du Saint-Père François d’ériger le nouveau diocèse de Dolisie en lui donnant, en même temps, un pasteur et Dieu exprime un projet d’amour sur Mgr Bienvenu en le choisissant pour une mission qui exige le don total de sa vie. Un nouveau diocèse, souhaité depuis longtemps, signifie la maturité et demande l’engagement de tout le peuple de Dieu, évêque, clergé, consacrés et fidèles, à développer davantage l’œuvre de l’évangélisation, à vivre selon les enseignements de l’évangile et à annoncer ce qu’on vit. Je vous exhorte à être à la hauteur de ce dessein de Dieu! Un jour, il y a un bon nombre d’années, le jeune Bienvenu a entendu la voix du Seigneur qui l’appelait à être prêtre: «Viens, suis-moi». Le Maître nous rappelle: «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous a choisis». Le grand théologien suisse Hans Urs von Balthasar, créé cardinal par le pape Jean-Paul II mais mort avant de recevoir le chapeau de cardinal, a écrit ces paroles à propos de sa propre vocation, lorsqu’il a entendu l’appel de Dieu: «Tu n’as pas à choisir quoi que ce soit, tu as été choisi. On te donnera la vocation comme une tâche à développer. Tu n’as besoin de rien. On a besoin de toi». Après des années de préparation au séminaire, le jeune Bienvenu a été ordonné prêtre par Mgr Barthélemy Batantu, archevêque de Brazzaville. Ayant exercé le ministère presbytéral pendant 20 ans, le pape François, au terme des consultations nécessaires, a été l’instrument dont Dieu s’est servi pour appeler l’abbé Bienvenu à être successeur des apôtres comme évêque du nouveau diocèse de Dolisie. Le pape Benoît XVI, dans une homélie, s’était demandé: «Comment doit être un homme à qui on impose les mains pour l’ordination épiscopale dans l’Eglise de Jésus Christ?» Et il répondit: «Il doit être avant tout un homme dont l’intérêt est tourné vers Dieu, car, c’est seulement alors qu’il s’intéresse vraiment aussi aux hommes. Nous pourrions aussi le dire en sens inverse: un évêque doit être un homme à qui les hommes tiennent à cœur, un homme qui est touché par les situations des hommes. Il doit être un homme pour les autres. Toutefois, il peut l’être vraiment seulement s’il est un homme conquis par Dieu. Si pour lui, l’inquiétude pour Dieu est devenue une inquiétude pour sa créature, l’homme» (Benoît XVI, Homélie d’ordination épiscopale, basilique Saint-Pierre, 6 janvier 2013). Le service des autres comme évêque, le service de veiller sur toute la communauté diocésaine, ne pourra être fait que par celui qui se laisse guider par le Seigneur et en témoigne par sa propre manière de vivre. Le Pape François, il y a quelques semaines, a déclaré: «Nous ne pouvons pas paître le troupeau de Dieu si nous n’acceptons pas d’être conduits par la volonté de Dieu, là aussi où nous ne voudrions pas, si nous ne sommes pas prêts à témoigner du Christ par le don de nous-mêmes, sans réserve, sans calculs, quelquefois au prix de notre vie». Et le Pape a poursuivi: «Souvenons-nous en bien tous: on ne peut pas annoncer l’évangile de Jésus sans le témoignage concret de la vie. Qui nous écoute et nous voit doit pouvoir lire à travers nos actions ce qu’il écoute de notre bouche et rendre gloire à Dieu! Il me vient à l’esprit en ce moment un conseil que saint François d’Assise donnait à ses frères: prêchez l’évangile et, si c’était nécessaire, aussi par les paroles. Prêcher par la vie: le témoignage. L’incohérence entre ce qu’on dit et ce qu’on fait, entre la parole et la façon de vivre mine la crédibilité de l’Eglise» (Pape François, Homélie en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, le 14 avril 2013). Le rite de l’ordination épiscopale que Dolisie vivra pour la première fois dans l’histoire est très ancien et riche en contenu et en signification. Le chant du «Veni Creator Spiritus» nous rappelle que celui qui agit et consacre est l’Esprit de Dieu. Aucun homme ne peut faire d’un autre homme un prêtre ou un évêque, mais c’est Dieu lui-même qui consacre. La prostration sur le sol, comme dans l’ordination sacerdotale mais d’une manière encore plus profonde, nous donne la conscience que nous ne sommes que argile. C’est un signe de notre engagement total à Dieu, tandis que dans la litanie des saints, toute l’Eglise se confie aux prières de nos frères et sœurs qui sont déjà arrivés à Dieu et qui intercèdent pour nous devant le trône du Tout-Puissant. L’imposition des mains par les évêques consécrateurs, selon la tradition qui remonte aux temps apostoliques, signifie la transmission de l’Esprit Saint et incorpore dans le collège des «successeurs des apôtres». Le livre des évangiles qui est imposé sur la tête, puis remis au nouvel évêque rappelle le devoir d’être le premier «auditeur de la Parole de Dieu», de l’intérioriser, de la rendre vie de sa propre vie. L’évêque doit être le premier à accueillir, à croire et à mettre en pratique ce que le Seigneur a enseigné et l’Eglise a transmis, et il a le devoir de l’enseigner aux autres. L’évêque consécrateur oint la tête du nouvel évêque avec le Saint-Chrême. Dans le baptême et la confirmation, par le Saint-Chrême, le Christ nous a configuré à Lui et nous a rendu membres de son corps mystique. A l’ordination sacerdotale, les mains de l’abbé Bienvenu ont été ointes avec le Saint-Chrême. Maintenant l’onction de la tête signifie que l’Esprit de Dieu prend possession de tout l’homme qui est oint et le rend un autre Christ-Tête du corps, un instrument de Dieu ayant la responsabilité du peuple de Dieu. «Christ» est la traduction grecque du mot hébreu «masiah» (Messie), qui signifie «oint». Il s’agit, donc, d’être comme Jésus, de vivre comme Jésus, d’être tête et pasteur, comme Jésus. (A suivre)

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Clôture du SCEAM à Kinshasa: « L’Afrique a besoin des Bons Samaritains en politique, économie, … »,recommande Mgr Portella dans son homélie

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

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Kinshasa, le 14 juillet 2013 (caritasdev.cd) : « l’Afrique a aujourd’hui besoin de Bons Samaritains dans la politique, càd, des politiciens capables de penser à l’organisation de la Société, de telle sorte que le bien commun soit promu; et que par là, ils soient proches de tous les citoyens, sans exception. L’Afrique a besoin de Bons Samaritains dans l’ordre économique, des personnes entreprenantes, capables de gérer les richesses, pas pour eux-mêmes, mais pour leurs frères et sœurs… ». (Click here to read the English Version) Cette exhortation est celle de Mgr Louis Portella Mbuyu, Evêque de Kinkala (en République du Congo), Président de la Conférence épiscopale du Congo et Vice-Président du SCEAM, lors de son homélie dimanche au stade des Martyrs de Kinshasa, à l’eucharistie de clôture de la 16ème assemblée plénière du SCEAM. L’officiant a commencé sa prédication en soulignant que tout le monde est travaillé intérieurement par la question posée par un maître de la loi à Jésus: «Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ? » (Luc, 10, 25). Interrogeant l’assemblée réunie au stade des Martyrs, le Prédicateur a paraphrasé : « Que faire pour réussir ma vie ? », avec en vue trois objectifs à atteindre à n’importe quel prix: l’avoir, le pouvoir et la gloire, comme Satan avait tenté Jésus-Christ. L’Evêque a noté avec pertinence que beaucoup de propositions et de solutions s’offrent à l’homme pour cela. Gare à la course effrénée de l’avoir, du pouvoir et de la gloire Certains se donnent comme objectif l’accumulation des richesses (l’avoir), au point d’ignorer la misère de leurs frères. En outre, la course effrénée du pouvoir politique, non pour le service de ses frères, mais pour sa propre satisfaction et intérêts personnels, s’associe à la recherche de l’avoir pour procurer la gloire (le valoir). C’est face à ces tentations que l’Evêque a mis en garde les fidèles présents, et par ricochet, tous les Africains. Se fondant sur des moments de lucidité qui traversent chacun de nous, il a rappelé que rien ne sert à un homme de gagner l’univers s’il lui arrive de perdre son âme. Il a donc invité chacun à rentrer au plus profond de son cœur pour redécouvrir la présence de Celui dont il tient l’existence, Dieu. Mgr Portella s’est alors étendu sur la Parole du Bon Samaritain pour asseoir son exhortation, dans cette Afrique traversée par tant de souffrances, de misères, d’injustice, tels que les témoignages entendus lors de cette 16ème Assemblée plénière du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar l’ont prouvé. Le prédicateur a également rappelé le grand commandement d’amour pour Dieu et pour son prochain. Il a paraphrasé le Pape Benoît XVI qui établit le lien entre les destinataires de cet amour. L’affirmation de l’amour de Dieu devient un mensonge si l’homme hait son prochain ; car, aimer son prochain est aussi une route pour rencontrer Dieu. Jésus s’est identifié aux plus petits, aux plus démunis, etc. Il nous invite alors à nous rendre proche de ceux qui sont dans le besoin. « Malheureusement, nous finissons si souvent par développer une cécité, une surdité qui nous éloigne de plus en plus de nos frères et sœurs en détresse. Nous perdons ainsi un peu de notre humanité. Car, humain, nous sommes tous. Or, nous serons jugés par rapport à notre engagement ferme par rapport à nos frères et sœurs, particulièrement ceux qui sont en détresse », a poursuivi Mgr Portella. Combat pour un monde juste Voilà pourquoi le prédicateur a recommandé l’engagement pour un combat en faveur d’un monde juste. Et de marteler : « l’Afrique a aujourd’hui besoin de Bons Samaritains dans la politique, càd, des politiciens capables de penser l’organisation de la Société, de telle sorte que le bien commun soit promu ; et que par là, ils soient proches de tous les citoyens, sans exception. L’Afrique a besoin de Bons Samaritains dans l’ordre économique, des personnes entreprenantes, capables de gérer les richesses, pas pour eux-mêmes, mais pour leurs frères et sœurs. Avec la fierté d’apporter le bonheur à tous, sans exception. Oui, l’Afrique a besoin et attend de Bons Samaritains ». Mgr Luis Portella a fini sa prédication en demandant la bénédiction de Dieu et en recommandant à chacun de vivre en communion avec le Christ pour se présenter devant Dieu avec la disposition d’être un Bon Samaritain dans son secteur d’activités. Cette messe a connu la présence de plusieurs dizaines de milliers des fidèles, parmi lesquelles des représentants d’autres confessions religieuses. Le Chef de l’Etat de la RD Congo a été représenté par le Ministre de l’Intérieur. Plusieurs messages ont clôturé cette célébration eucharistique, avec en plus la présentation par l'Abbé Léonard Santedi (Secrétaire Général de la CENCO) du nouveau comité du SCEAM, élu pour un mandat de trois ans et présidé par Mgr Gabriel Mbilingi (de l'Angola). Il a présenté tous les Cardinaux et Evêques de différentes délégations venues de l'Afrique, dont le Cardinal Sarah (Président du Conseil Pontifical Cor Unum), et deux Evêques venus respectivement de la France et des Etats-Unis. Message du SCEAM «L’Eglise famille de Dieu en Afrique, au service de la Réconciliation, de la Justice et de la Paix », a été le thème de la 16ème assemblée plénière du SCEAM, tenue du 08 au 14 juillet 2013, a rappelé Mgr Luis Portella. Lisant le message du SCEAM, avant la fin de la messe, il est revenu sur les vertus de réconciliation, justice et paix, ainsi que du dialogue, relevant que la destinée de l’Afrique est encore entre les mains de ses fils et filles…. Veuillez cliquer ici pour télécharger ce message. Il a lu les résolutions et recommandations de ces assises. Mgr Portella a remercié l'Eglise de Dieu en RD Congo, l'Archêveque de Kinshasa et le Gouvernement congolais, ainsi que toutes les organisations ayant soutenu d'une manière et d'une autre la tenue de ces assises pour l'hospitalité et le soutien reçu. Appel du SCEAM pour la paix en RDC Par ailleurs, Mr l'Abbé Santedi a lu l'appel du SCEAM pour la paix en RDC, un message de solidarité dénonçant le drame qui semble être oublié de la RDC, avec à la clé près de 6 millions de morts. Le SCEAM condamne énergiquement les auteurs des crimes commis en RDC, appelant au respect et à la protection de l'intégrité territoriale de la RDC. Veuillez cliquer ici pour le télécharger. Le Cardinal Laurent Monsengwo a pour sa part remercié tous les participants à ce grand rendez-vous de l'Eglise en Afrique, pour avoir fait le voyage de Kinshasa, soutenant ainsi le peuple meurtri du Congo. Il a lancé l'appel à tous les belligérants pour que cessent la guerre et le commerce des armes légères. Il a félicité la nouvelle équipe du SCEAM, tout en exprimant sa reconnaissance au comité sortant. "Nous remercions de tout coeur l'Etat RDcongolais, du Chef de l'Etat au Gouvernement, qui n'a pas lesigné sur les moyens pour que nos hôtes soient accueillis digniment et dans la chaleur de l'hospitalité de notre pays. Notre prière quotidienne les accompagne dans la charge délicate de leurs responsabilités. Que Dieu leur donne la joie de voir notre peuple réconcilié et uni dans le bonheur", a souligné le Cardinal, étendant sa prière pour toute l'Afrique. Source : Guy-Marin Kamandji

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Clôture de la 41ème assemblée plénière de la C.e.c

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

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Les évêques du Congo soutiennent la lutte contre les antivaleurs Les évêques du Congo ont tenu la 41ème assemblée plénière de la C.E.C (Conférence Episcopale du Congo), du 8 au 13 avril 2013, au C.i.o (Centre interdiocésain des Œuvres) à Brazzaville, sous le thème : « Les antivaleurs ». Présidés par Mgr Louis Portella Mbuyu, président de la C.E.C, avec la participation de tous les évêques, parmi lesquels les nouveaux nommés, NN.SS Urbain Ngassongo, évêque de Gamboma et Miguel Olaverri, évêque de Pointe-Noire, les travaux de cette assemblée plénière ont débouché sur un message intitulé : « Face aux antivaleurs, que devons-nous faire ? », publié dimanche 14 avril 2013, lors de la messe de clôture en la basilique Sainte Anne du Congo. La messe solennelle marquant la clôture de la 41ème assemblée plénière de la Conférence épiscopale du Congo a été présidée par Mgr Portella Mbuyu, et concélébrée par NN.SS Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, Jan Romeo Pawlowski, nonce apostolique au Congo et au Gabon, Daniel Mizonzo, évêque de N’Kayi, vice-président de la C.e.c, Yves Marie Monot, évêque de Ouesso, Jean Gardin, évêque d’Impfondo, Victor Abagna Mossa, évêque d’Owando, et les deux évêques récemment nommés et qui seront bientôt intronisés. De nombreux prêtres de différents diocèses dont les vicaires généraux, les deux recteurs des grands séminaires de Brazzaville, les membres du secrétariat de la C.e.c, les responsables des commissions épiscopales spécialisées et bien d’autres prêtres ont également concélébré. Les évêques du Congo et le nonce apostolique après avoir béni le peuple de Dieu.Dans la foule des chrétiens, se retrouvaient MM. Jean de Dieu Yendza et Albert Batoumissa, respectivement vice-président et secrétaire général adjoint du C.n.a.l.c (Conseil national de l’apostolat des laïcs). Plusieurs religieux et religieuses de diverses congrégations, des fidèles laïcs ont assisté à cette messe animée par la chorale « Les Huerfanox d’Auxanne » de ladite basilique. En ce troisième dimanche de Pâques de l’année C, encore appelé « dimanche des apparitions de Jésus », l’homélie de Mgr Portella, inspirée de l’évangile de Saint Jean (chapitre 21 des versets 1 à 19), s’est articulée autour du message de Jésus ressuscité à ses apôtres, dans lequel il les rassure de ne pas avoir peur. Une vue des participants à la messe.Partant, se référant au message de la C.e.c à l’issue de cette 41ème assemblée plénière, Mgr Louis Portella Mbuyu a exhorté les chrétiens à obéir à Dieu, afin de rendre un témoignage éclatant de la vie chrétienne dans cette société en perte de repères et de valeurs morales. Parlant des antivaleurs, il a signifié que tout le monde y est concerné. Ainsi, il a demandé à tous les chrétiens œuvrant à divers niveaux de la société de s’approprier cette lutte contre les antivaleurs, afin d’éradiquer cette culture jugée endémique qui gangrène la société congolaise. Après la communion, l’un des moments forts de la messe, a été aussi la publication du message des évêques, à l’issue de leur 41ème assemblée plénière. C’est l’abbé Ildevert Mathurin Mouanga, membre de l’équipe de rédaction du message des évêques, qui a fait la lecture intégrale dudit message. Intervenant en dernier lieu, Mgr Louis Portella Mbuyu a remercié le nonce apostolique et ses confères dans l’épiscopat, pour leur participation effective aux travaux de la 41ème assemblée plénière. De même, le président de la C.e.c a remercié, de manière particulière, les vicaires généraux, les membres du secrétariat ayant rédigé le message épiscopal, les experts et les responsables des commissions spécialisées. Il a adressé un remerciement spécial à tous les participants qui ont apporté leur contribution à leurs travaux. Signalons que dans notre édition précédente, nous avons omis de citer le haut commissaire à l’instruction civique et à l’éducation morale, Luc Daniel Adamo Matéta, qui a été parmi les personnalités ayant présenté une communication, pendant les travaux de la 41ème assemblée plénière de la C.e.c. Il a exposé sur le thème : « L’Etat moral de la dégradation de la société ». L’intégralité du message des évêques ici PAROLE D’ÉVÊQUE N°34. Source: Gislain Wilfrid BOUMBA

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