ECCE HOMO !
Il parlait encore quand survint quelqu’un qui lui porta une gifle très adroite en plein face, car il devait mourir et non se justifier, quoiqu’aux questions qu’ils lui posaient, ils attendaient des réponses. Ses amis ? Ils étaient tous pris de peur si bien qu’on parle à peine d’un seul qui restait encore timidement sous son ombre, celui là même qui va le renier à trois reprise en échange d’un feu qui réchauffe ; les autres, pour dire vrai, on doit encore interroger l’histoire pour tenter de dire s’ils ne s’afféraient pas à négocier sa libération. Mais ce que l’on sait pour l’instant, c’est qu’ils étaient fuyants.
A ces heures, plus rien ne lui était souhaité si ce n’est la mort. Seul, il pouvait distinguer, au tour de lui, le bruit poignant du silence ou admirer le charme de la solitude ; mais là encore l’heure n’était pas à la contemplation. Rien ne lui était plus fidèle que la haine que lui professaient ses bourreaux qui rivalisait de loin avec l’amour de sa mère meurtri par la douleur et l’incapacité d’agir, en plus de l’amour inconditionnel d’un Père Fidèle.
Pourtant à la question de Pilate « qu’a-t-il fait » personne ne répond sans tricher. D’aucuns lui reprochent le fait de s’être auto proclamé Fils de Dieu, ce qui effraie d’ailleurs Pilate qui cherche dès lors à le libérer, d’autres le fait de s’être proclamé Roi, mais d’autres encore se contentent de rétorquer à Pilate que « s’il n’était pas coupable, nous ne te l’aurions pas présenté ». Le tout se résumant par leur désir de le mettre à mort.
Pilate aurait bien voulu le sauver puisqu’il voyait bien le complot qui était dressé contre ce Messie, mais avant tout il voulait aussi préserver son pouvoir. Alors, croyant mettre ses fidèles hors état de nuire, il leur demande de faire de lui ce que bon leur semblait.
Somme toute, aurait-il fallut épargner Jésus de la mort ou le laisser sombrer dans le vide du silence pour le rachat de l’humanité ? Il faut dire que l’enjeu était de taille et tout ce confondait, un puzzle où toutes les pièces étaient utiles autant qu’elles étaient cruciales, un sacrifice qui cachait bien son jeu. Mais lui, sans rien dire se contentait de faire la volonté de son Père, ou devons-nous dire d’accomplir sa mission.
L’humiliation n’était pas exclue du jeu puisqu’il fallait laisser dans la mémoire de ses adeptes une image plus que décevante que celle d’un roi dépouillé de tout or - celui là même qui lui était donné à la naissance - , de ses serviteurs.
Tout le monde croyait bien faire, pas moins que Judas qui, après avoir perçu son butin, décida de revenir sur son offre qu’il trouvait valoir plus que de simples pièces, mais comme le dira plus tard Pilate à propos de la polémique sur l’écriteau dressé sur la croix : « ce qui est fait est fait ».
Des crachats aux injures, ils n’exclurent aucun détail pour rendre la scène plus inhumaine, oui plus barbare. Armé jusqu’aux dents comme ils étaient, ils ne voulaient surtout pas perdre une bataille contre un adversaire sans défense, mais leur victoire ne serra que de courte durée.
Tout compte fait, armé de haine et de cruauté la bonde de Caïphe ne vint à bout d’un Jésus ressuscité au troisième jour. Après son passage dans le séjour des morts d’où il est sorti victorieux, on peut aujourd’hui le contempler dans la gloire de son Père.
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