Mot de remerciement des Diacres à
l’endroit de la COCEO à la fin du service diaconal
(Année pastorale 2008-2009)
Révérends pères Aumôniers,
Chers aînés fidèles,
Chers élèves et étudiants,
Chers
amis,
C’est un réel plaisir pour moi de prendre la parole au nom de mes
condisciple diacres pour me joindre au psalmiste en disant : « comment
rendrions-nous au seigneur tout le bien qu’il nous a fait, nous lèverons la
coupe de la victoire et nous appellerons le seigneur par son nom » (Ps 116, 12-13).
Quand on doit partir, dit le Petit Prince, on aime les couchers de
soleil ; les occupations les plus familières se revêtent d’une portée
nouvelle, et le cœur s’étreint à l’idée de quitter la petite planète bien
aimée qui nous a portés et nourris. En ces instants donc, tout parle comme
si nos cœurs percevaient dans chaque objet et en chaque visage, la
musique de l’Eternité nous invitant pour un voyage sans fin. Comme pour le
Petit Prince d’Antoine de Saint Exupéry, et comme pour tant de
promotions de diacres ayant servi ici, l’heure est aussi venue pour nous,
d’aller vers d’autres horizons, de poursuivre notre pèlerinage dans la foi.
Oui frères et soeurs, il nous faut partir, tourner une
page de
notre vie d’hommes, quitter des habitudes, reconsidérer tous ces
événements heureux ou malheureux qui désormais, font partie intégrante
de notre histoire commune. De fait, nous le savons tous, partir ne se fait
point sans pincement au cœur ; vous aller nous manquer, les bons sons de
la chorale Ste Thérèse de l’enfant Jésus vont nous manquer, la Rotonde
va nous manquer ! Et en de pareilles circonstances, le schéma du discours
est classique : on dit merci, on demande pardon, et l’on dit au revoir.
Ainsi, au terme de notre apostolat à travers le service diaconal ici
à la rotonde, nous sommes assaillis par moult sentiments, et je crains
vraiment ne pas pouvoir être à la hauteur de ce qui m’est échu comme
charge par mes condisciples, à savoir : traduire nos vifs remerciements
aux uns et aux autres.
Sur ce, je voudrais simplement faire mienne cette pensée du
poète Français Lamartine dans son ouvrage intitulé Chant d’ouvrier : « La
vie est un vaste atelier où tout le monde est utile. Chacun faisant son
métier, on agit de commun accord. Du faible aidé par le plus fort, la tâche
devient supportable ».
Ceci pour dire que l’épanouissement, l’éclat et la réussite de notre
service diaconal ici au sein de la COCEO, a été le fruit de la conjugaison
de plusieurs efforts. C’est pourquoi, nous vous remercions très
sincèrement, tous et chacun, non seulement pour nous avoir accueillis et
encouragés, mais surtout pour votre sollicitude fraternelle, votre soutien
multiforme et vos conseils qui nous ont aidé, nous aident, et nous aideront
à mieux gravir l’autel du Christ pour y célébrer l’Eucharistie.
Rassurez-vous chers aînés prêtres, chers aînés fidèles, chers
élèves et étudiants, chers amis, qu’à chaque fois que nous lèverions la
coupe du salut pour célébrer l’Eucharistie, nous aurions une pensée
particulière pour vous. Même étant à Bobo-Dioulasso, à Dédougou ou
encore dans mon Congo profond, à Mbanza-Mankondi par exemple, au fin
fond du Diocèse de Kinkala, quand nous élèverons la coupe du salut nous
penserons à la Ro…
Pour terminer, nous voudrions vous laisser cette dernière
recommandation, un peu à la manière d’un testament. Et pour mieux
l’appréhender, écoutez d’abord cette histoire :
Léopold vient d’ouvrir un kiosque à Paaspânga. Il écrit à la devanture :
« ici, on vend du poisson frais tous les jours ». Son ami Bernard lui rend
visite. A peine arrivé, il lui dit :
- Tu sais, je crois que c’est superflu d’écrire que ton poisson est
frais. On espère bien qu’il est frais.
-
Tu as raison Bernard, admet Léopold. Il prend de la peinture et
efface le mot « frais ». vient à passer son ami Nicolas, qui y va aussi
de son conseil d’ami :
-
Tu sais, Léopold, je me demande pourquoi tu as mis : « ici »,
c’est évident que c’est ici et pas ailleurs.
-
Tu as raison, opine Léopold. Il efface aussitôt le mot « ici ».
Wilfried entre alors et attaque aussitôt :
-
Léopold, pourquoi tu as mis : « on vend » ? on s’imagine bien que
tu ne les offres pas en cadeau, tes poissons.
-
C’est vrai, Wilfried. Et Léopold efface les mots malvenus. Vincent
apparaît :
- Franchement, Léopold, je ne veux pas te vexer dans ton
nouveau business, mais dis-moi ce que ça veut dire : « poisson tous
les jours » ? C’est bien les jours où tu ouvres ? Alors, à quoi sert
d’écrire « tous les jours » ?
-
Bien sûr, c’est ridicule, je l’efface tout de suite. Non loin de là,
Rigobert observe Léopold qui efface tout sauf le mot « poisson » et
lui dit :
-
Eh, Léopold, tu crois vraiment qu’il est nécessaire d’écrire
« poisson » sur ta plaque ? depuis l’autre bout de la rue, on est guidé
par l’odeur du poisson ! Et Léopold efface aussi le mot « poisson ».
Chacun a sans doute compris le sens de l’histoire…Chers amis,
tenez jalousement à votre identité de Chrétiens Catholiques. A force de
vouloir s’adapter au monde, comme ce vendeur de poisson, le Chrétien
Catholique finit par déserter son idéal profond qui est, selon le curé d’Ars,
non de chercher à plaire à tous ou à quelques-uns, mais de chercher à
plaire à Dieu. Sur ce, il était une fois… Et depuis, le temps a passé…Le
conte a raison car il n’est jamais deux fois, il est toujours une fois. Il
était donc une fois les abbés Richard Araye, René Sawadogo et Louis
Armel SOME. Et depuis, le temps a passé. Il a été cette fois-ci question
des abbés Marie-Joseph Mienakanda, Edouard Gnoumou, Bienvenue
Coulibaly, Wenceslas Mpassy, et le temps a passé. Il sera une autre fois
d’autres abbés diacres, et le temps passera…Oui, mais Dieu, lui, reste.
Qu’il reste encore et qu’il protège ceux qui partent, qu’il protège ceux qui
restent, et qu’il protège aussi ceux qui viennent !
« Avec le CHRIST, on est ensemble ! »
Abbé Wenceslas Daleb Mpassy