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  • : Après ses études primaires et secondaires, il rentre en 1999 au grand séminaire Emile Biayenda à Brazzaville puis au séminaire St Jean-Baptiste à ouagadougou pour le compte du Diocèse de Kinkala au Congo.Il est auteur de plusieurs articles dan

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Samedi 4 octobre 2008

Les réalités actuelles de l’enseignement primaire catholique

L’enseignement catholique burkinabè est membre de l’Office international de l’enseignement catholique (oiec) dont le siège est à Paris. La vie de cet office s’organise à travers cinq secrétariats régionaux dont un pour l’Afrique et Madagascar. L’enseignement catholique qui représentait en 1996 10 % des effectifs scolarisés dans le système éducatif burkinabè16 jouissait d’une réputation d’efficacité grâce aux bons résultats enregistrés lors des examens scolaires, à la qualité pédagogique et à la conscience professionnelle du personnel enseignant. Il regroupe aujourd’hui aussi bien des établissements préscolaires, primaires, secondaires, que des centres d’alphabétisation. Conformément aux grandes orientations définies lors des assises nationales de l’enseignement catholique, l’enseignement primaire constitue aujourd’hui la priorité pour l’Église catholique du Burkina Faso.

La relance de l’enseignement primaire catholique nécessitait initialement la mise en place effective des structures de gestion, conformément aux conclusions des assises, et ensuite l’ouverture de nouvelles écoles et la récupération des anciennes écoles cédées à l’État en 1969. Dans la dynamique des assises nationales, l’enseignement catholique, grâce à un partenariat avec la Conférence épiscopale italienne, a obtenu le financement de la construction de 22 nouvelles écoles, soit 2 écoles de 6 classes chacune dans chaque diocèse17. La réalisation de ces infrastructures a permis l’ouverture dès la rentrée scolaire 1999-2000 de 8 écoles nouvellement construites.

En ce qui concerne les écoles cédées à l’État en 1969, des négociations avec le ministère de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation ont abouti à la signature, le 13 juin 2000, d’un protocole d’accord entre l’épiscopat et le gouvernement pour la rétrocession de 59 ex-écoles catholiques. Sur les 160 écoles cédées en 1969 à l’État, seules celles dont les locaux se trouvaient sur le titre foncier des domaines paroissiaux étaient concernées par cette première vague de rétrocession. Le projet prévoit une rétrocession progressive, permettant à l’enseignement catholique de récupérer chaque année une classe dans toute école en rétrocession, en commençant par la classe de cours préparatoire 1 (cp1). Selon ce principe, au bout de 6 ans18, les écoles impliquées dans ce processus passeront entièrement entre les mains de l’enseignement catholique.

Tirant les leçons de la crise de 1969, l’Église a décidé d’ouvrir des écoles en comptant sur ses propres ressources, le statut d’établissement privé non subventionné faisant des écoles catholiques des « écoles payantes ». En effet, pour faire face aux charges (personnel, fonctionnement, matériel pédagogique, etc.), des frais de scolarité, variables selon les écoles, sont demandés aux parents d’élèves. Le montant maximum autorisé s’élève à 30 000 F CFA en milieu urbain et à 15 000 F CFA en milieu rural par an. Si en milieu urbain la majeure partie des parents peut s’acquitter des sommes demandées, il n’en est pas de même pour le milieu rural où la pauvreté des ménages constitue un obstacle à l’inscription des enfants dans ces établissements privés.

L’analyse des causes de la crise de l’enseignement catholique de 1969 avait poussé les participants aux assises nationales à soutenir l’option d’une plus forte implication des chrétiens dans la gestion des structures scolaires. Naturellement, cette option avait des conséquences aussi bien sur l’organisation du système lui-même que sur celui du cadre de gestion. Ainsi, conformément aux orientations consignées dans le projet éducatif national de l’enseignement catholique, tout établissement catholique doit avoir un comité de gestion (Lompo 2001 ; Kaboré 2002). Ce comité, qui est l’émanation de la communauté chrétienne, reçoit mandat de l’évêque du lieu pour la gestion de l’établissement. Il s’occupe aussi bien de la gestion administrative que de la gestion financière de l’école, avec le directeur et son équipe pédagogique.

La composition de ces comités varie en fonction du type d’établissement scolaire. Pour les établissements diocésains, on note une forte représentation de la communauté chrétienne (représentants des instances) mais pour les établissements congréganistes, l’essentiel des responsabilités incombe aux congrégations. Les comités de gestion organisent la vie des établissements conformément aux orientations de l’enseignement catholique19.

Dans chaque école catholique, les efforts du comité de gestion sont soutenus par une Association des parents d’élèves (ape). L’implication des parents d’élèves dans la vie des écoles primaires est donc une réalité. Toutefois, la qualité de l’organisation et des services rendus à l’École varient énormément d’une école à l’autre. Les difficultés rencontrées par ces structures sont essentiellement liées à la méconnaissance de leurs rôles et à la maîtrise des techniques d’animation de groupes et de gestion. Les ape s’organisent surtout pour la collecte des cotisations annuelles qui servent à résoudre un certain nombre de difficultés matérielles de l’école.

Devant la pression de plus en plus grande des catholiques et des sympathisants de l’École catholique, se disant préoccupés par la perte des valeurs morales et la baisse du niveau de l’enseignement, les évêques ont dû réagir et se prononcer sur l’engagement de l’Église catholique du Burkina Faso dans le système éducatif. L’Église, qui revendique une vocation d’éducation et de formation ne pouvait, en effet, rester en marge du système éducatif burkinabè, quelles qu’en soient les difficultés.

Pour beaucoup de parents d’élèves, le repositionnement de l’Église dans le système éducatif burkinabè apparaît comme une chose positive. Si la refondation de l’enseignement catholique rencontre l’assentiment de nombreux parents, il demeure que ceux-ci déplorent le caractère désormais payant des établissements catholiques. En effet, pour ceux qui ont connu le temps où l’École catholique était gratuite, il leur est difficile d’imaginer une école payante. La question est d’autant plus préoccupante quand on considère que l’enseignement catholique ne reçoit aucune subvention de l’État et que, par conséquent, il doit faire face aux nombreuses dépenses liées à la gestion des établissements scolaires. À partir du moment où la nouvelle option de l’Église en matière d’éducation est de compter sur ses ressources propres, il est difficile d’envisager une École catholique gratuite. En effet, le fonctionnement de l’Église au Burkina Faso est en grande partie soutenu par des aides extérieures. De toute évidence, des solutions au problème de la fixation des frais de scolarité (et de leur recouvrement) devront être trouvées pour que l’École catholique ne soit pas accaparée par des enfants dont les parents sont à même d’honorer les frais de scolarité demandés.

Les efforts d’amélioration quantitative et qualitative de l’éducation, engagés par les autorités burkinabè impliquant une participation plus active de l’enseignement privé, concordent avec le désir de l’Église du Burkina d’accroître sa participation dans le secteur éducatif du pays. On peut ainsi constater que l’enseignement catholique a connu au cours de son histoire une évolution, non dans ses fondements, mais dans sa forme. Finalement, son enseignement ou son École reste un moyen d’évangélisation, mais dans sa forme, l’Église réajuste son système scolaire ou éducatif en fonction de l’évolution de l’environnement culturel, économique et social, des stratégies éducatives des familles et de la politique d’éducation du gouvernement.

Bibliographie

Archidiocèse de Ouagadougou
1999 Sel et lumière du monde, Ouagadougou.

Baudu, P.
1956 Vieil Empire, jeune Église, Paris, Édition la Savane.

Compaoré, M.
1989 Contribution à la connaissance des écoles primaires catholiques à Ouagadougou (1901-1969), Mémoire de Maîtrise, Ouagadougou, Université de Ouagadougou.
1995 L’école en Haute-Volta : une analyse de l’évolution de l’enseignement primaire de 1947 à 1970, Thèse de doctorat, Paris, Université Paris 7.

Conférence épiscopale Burkina-Niger
1997 Projet éducatif national de l’enseignement catholique du Burkina Faso, Ouagadougou.

De Benoist, J. R.
1987 Église et pouvoir colonial au Soudan français, Paris, Karthala.

Kaboré, É.
2002 La spécificité de l’enseignement privé catholique au Burkina Faso : cas des écoles primaires de l’archidiocèse de Ouagadougou, Mémoire de fin de formation des élèves inspecteurs de l’enseignement du premier degré, Ouagadougou, ENSK.

Ki-Zerbo, J.
1990 Éduquer ou périr, Paris, UNICEF-UNESCO/L’Harmattan.

Lompo, B.
2001 Étude analytique des écoles primaires catholiques et protestantes, Mémoire de fin de formation, Ouagadougou, ENSK.

Zongo Nana, L.
2001 La contribution de l’Église catholique à la promotion de l’éducation de base au Burkina Faso : bilan et perspectives, Mémoire de fin de cycle, Ouagadougou, Section CASU, ENAM.

Notes

1 Au Burkina Faso, les missionnaires Pères Blancs ont fondé leurs premières missions à Koupéla en 1900 et à Ouagadougou en 1901.
2 Au nombre des acquis de l’unec, il y a la Convention négociée avec l’État burkinabè, permettant l’affectation par l’État d’un certain nombre d’élèves dans les établissements de l’unec moyennant le paiement des scolarités dues.
3 Archidiocèse de Ouagadougou, Sel et lumière du monde, pp. 48-50.
4 Statistiques du meba (ministère de l’Éducation de base et de l’Alphabétisation).
5 Cf. décret no 99-221/pres/pm/messrs/meba, du 29 juin 1999 portant sur la réglementation de l’enseignement privé au Burkina Faso.
6 Article 3 de la Loi d’orientation de l’éducation au Burkina Faso.
7 Projet éducatif national de l’enseignement catholique du Burkina Faso, p. 7.
8 Ibid., p. 8.
9 Ibid., p. 6.
10 Loi no 013/96/adp du 7 mai 1996.
11 Ces assises ont eu une ampleur nationale et internationale avec la participation de 150 délégués venus du Burkina, de ses pays voisins et de la France.
12 Lors des travaux, la première commission s’est penchée sur « la mission de l’Église catholique en matière d’éducation », la deuxième sur « l’École catholique : rôles, fonctions, droits et devoirs », la troisième sur « les structures nationales et diocésaines : rôles, fonctions, organisation, fonctionnement, finances et relations », la quatrième sur « un avant-projet de convention avec l’État », tandis que la cinquième s’intéressait aux « réflexions sur les écoles primaires catholiques ».
13 Projet éducatif national de l’enseignement catholique du Burkina Faso, p. 9.
14 Jusqu’à la tenue des assises nationales en 1996, les établissements catholiques étaient regroupés dans les catégories suivantes : diocésaines, paroissiales, congréganistes ou maisons de formation.
15 Le Burkina Faso compte aujourd’hui 12 diocèses : Banfora, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Diébougou, Fada N’Gourma, Kaya, Koudougou, Koupéla, Manga, Nouna, Ouagadougou et Ouahigouya.
16 Statistiques du Secrétariat national de l’enseignement catholique.
17 Au démarrage du projet en 1999, le Burkina comptait 11 diocèses.
18 Au Burkina Faso, le cycle primaire est composé de six classes (cp1, cp2, ce1, ce2, cm1 et cm2.
19 Projet éducatif national de l’enseignement catholique du Burkina Faso, pp. 26-28.

Pour citer cet article

Maxime Compaoré,  La refondation de l’enseignement catholique au Burkina Faso, Cahiers d'études africaines, 169-170, 2003
http://etudesafricaines.revues.org/document191.html
Par Abbé daleb mpassy - Publié dans : Théologie - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Commentaires

Bonjour mon Père Où peut-on se procurer la liste des écoles privées catholiques établies au BURKINA FASO ? Plus particulièrement à OUAGADOUGOU. Qu'elles relèvent du primaire, secondaire ou de formation professionnelle. L'école St Joseph est-elle inscrite sur votre liste ? Parce que je marraine des études d'une jeune fille de 17 ans inscrite dans cette école et qui l'an prochain à la fin de la 3ème rentrera en apprentissage. Je viens au BURKINA en janvier 2009 (comme chaque année) mais je voudrais un suivi sérieux de ses études. Vous pouvez me contacter par courriel. Merci
Commentaire n° 1 posté par gracianne BANCON le 11/10/2008 à 20h11

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