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  • : Abbé Wenceslas daleb mpassy
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  • : Après ses études primaires et secondaires, il rentre en 1999 au grand séminaire Emile Biayenda à Brazzaville puis au séminaire St Jean-Baptiste à ouagadougou pour le compte du Diocèse de Kinkala au Congo.Il est auteur de plusieurs articles dan

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Mardi 30 septembre 2008

Les bases de la refondation de l’enseignement catholique

Le Concile Vatican II présente l’éducation comme une obligation pour l’Église catholique et invite les prêtres à redoubler d’effort dans son développement3. Selon la même source, « l’École catholique a pour but de créer pour la communauté scolaire une atmosphère animée d’un esprit évangélique de liberté et de charité, d’aider les adolescents à développer leur personnalité en faisant en même temps croître cette créature nouvelle qu’ils sont devenus par le baptême et finalement d’ordonner toute la culture humaine à l’annonce du salut de telle sorte que la connaissance graduelle que les élèves acquièrent du monde, de la vie, de l’homme, soit illuminée par la foi ». Cette vision de l’École catholique prend en compte la promotion des valeurs morales, culturelles et spirituelles des individus et des communautés (Ki-Zerbo 1990 : 11).

L’Église catholique a toujours cherché à jouer un rôle important dans le domaine de l’éducation, et c’est pourquoi les premiers missionnaires avaient des consignes fermes de leurs supérieurs pour mettre en place, dès leur implantation, un dispositif favorisant l’éducation des populations. Cette stratégie devait, en effet, faciliter les premiers contacts et permettre une intégration rapide. Dès lors, l’École était utilisée comme un moyen d’évangélisation. Toutefois, l’évolution de l’enseignement catholique permet de constater que, jusqu’à ce que les évêques cèdent les écoles primaires à l’État en 1969, l’Église catholique était un partenaire incontournable en contribuant à la formation d’un grand nombre d’élites burkinabè catholiques et non catholiques.

La décision des évêques de renoncer à la gestion des écoles primaires ne fut guère appréciée par la population, car elle marquait une rupture. De nombreux parents d’élèves (catholiques et non catholiques) accordaient une grande confiance aux écoles catholiques qu’ils considéraient comme des structures d’éducation sérieuses, favorisant l’épanouissement des enfants et assurant de bons résultats scolaires, et ils désapprouvaient cette décision. Pour beaucoup d’entre eux, c’était une démission de l’épiscopat face à l’une des missions premières de l’Église catholique. Cependant, ce manque fut progressivement comblé par le développement de l’enseignement privé laïc, et l’Église catholique perdit sa position stratégique, ce qui fut préjudiciable pour une bonne organisation scolaire. Après plus de vingt ans d’absence, l’Église catholique effectua un bilan et souhaita se repositionner dans l’enseignement primaire.

Cette motivation stratégique est également soutenue par les difficultés que rencontre l’État dans sa tâche d’éducation et de formation. Au Burkina Faso, le taux brut de scolarisation connaît en effet une lente progression : 33,8 % en 1994, 40 % en 1997 et 42,7 % en 20004. Avec un tel taux, le pays est loin de réaliser « l’Éducation pour tous », prônée par les institutions internationales et les acteurs politiques et sociaux. Ce faible taux de scolarisation interpelle tous les protagonistes du système éducatif. Ainsi, afin de répondre plus efficacement à la forte demande scolaire, l’État, conscient de ses limites, autorise l’ouverture d’établissements privés5. Cette prédisposition de l’État à encourager les promoteurs privés est consignée dans la Loi d’orientation de l’éducation au Burkina Faso6. Profitant de ces orientations favorables, l’Église catholique se devait de réfléchir, à nouveau, sur son engagement dans le système éducatif national. Parmi les établissements privés reconnus, on dénombre des écoles privées laïques et des écoles privées confessionnelles. Pour l’année scolaire 2000-2001, les statistiques du ministère de l’Éducation de base et de l’Alphabétisation (meba) enregistraient 196 écoles laïques privées, 54 écoles protestantes, 75 écoles catholiques et 264 médersas (Zongo Nana 2001). Dans l’environnement scolaire burkinabè, les écoles catholiques font donc partie des écoles privées dites confessionnelles. Ces écoles sont généralement prisées par les parents d’élèves qui n’hésitent pas à y inscrire leurs enfants, malgré le caractère confessionnel, d’autant que la disparition des écoles primaires catholiques avait de fait contribué à réduire l’offre scolaire et surtout sa diversité.

Sur le plan de l’organisation scolaire, les écoles catholiques observent les programmes officiels d’enseignement tout en y ajoutant des éléments d’éducation relevant de leurs spécificités. L’une des spécificités de l’enseignement catholique réside dans le fait que l’instruction religieuse figure dans le programme d’étude. Elle constitue une matière à part entière évaluée au même titre que les autres disciplines. Cet enseignement, qui repose sur une initiation aux valeurs chrétiennes, est proposé à tous les élèves des écoles catholiques.

Il est évident que le but recherché est la conversion de certains élèves non catholiques à la foi catholique. Pour les enfants de parents catholiques, l’École offre également un cadre d’approfondissement de la foi. Dans le projet éducatif national de l’enseignement catholique, l’importance de l’activité scolaire pour les premiers missionnaires est évoquée en ces termes : « L’école leur a paru, non seulement comme un milieu favorable pour l’éducation humaine et chrétienne des enfants baptisés, mais aussi comme un milieu privilégié d’évangélisation. Aussi n’ont-ils pas hésité à ouvrir des écoles partout où s’installaient des postes de mission, et partout où cela était possible. Les écoles primaires et les dispensaires ont été pour l’Église, au début de l’évangélisation, les signes de sa présence et le témoignage de sa charité »7.

Pour l’Église catholique, l’École est, à n’en point douter, un moyen privilégié pour assurer la transformation de la société burkinabè, mais elle est également un terrain d’apostolat. Avec la prise en main des écoles par l’État, l’Église catholique s’est dépossédé des moyens offerts par la pastorale scolaire. C’est dans ce contexte qu’est née la structure des « Papa et Maman Catéchistes » avec pour mission d’assurer la formation des enfants en dehors du cadre scolaire. Cette formule de catéchèse des enfants (scolarisés et non scolarisés) a fait ses preuves, mais n’a pas pu faire oublier le temps où la catéchèse se faisait directement à l’école par les soins du maître. Un repositionnement de l’Église catholique dans le système scolaire devait donc permettre à nouveau l’institutionnalisation de la catéchèse à l’école.

Par ailleurs, l’option de bâtir une « Église-famille » au Burkina Faso constitue l’élément fondamental de l’apostolat et de toutes les activités socioculturelles depuis l’année 1977. De cette option découle l’organisation des chrétiens catholiques en Communautés chrétiennes de base (ccb). Au sein de ces structures, l’Église catholique déclare développer la recherche du bien être spirituel et humain, ce qui conduit à la mise en place de programmes de développement prenant en compte le secteur de l’éducation. Se prononçant sur cette question, les évêques du Burkina Faso déclarent : « Si nous avons tenu à rappeler ce qui précède, à savoir l’importance de l’éducation et celle de l’École catholique pour l’éducation humaine et chrétienne, c’est que nous jugeons que le temps est venu pour l’Église au Burkina Faso de renouveler son option pour l’éducation chrétienne, et pour l’École catholique en particulier, dans la perspective de la célébration prochaine du centenaire de l’évangélisation de notre pays, et dans le cadre de notre choix pastoral de construire une Église-famille chez nous »8.

L’École catholique est ainsi conçue comme une seconde famille pour l’élève, ce qui engendre la volonté de créer un cadre éducatif le plus idéal possible. Cet idéal éducatif de l’École catholique consiste à vouloir former des citoyens aptes au développement en mettant l’accent sur l’éthique chrétienne qui inculque le sens du devoir, de la responsabilité et du bien commun9. Pour l’épiscopat burkinabè, l’édification de l’Église-famille passe par la mise en œuvre d’un projet éducatif fondé sur la foi.

Parmi les facteurs ayant favorisé la refondation de l’enseignement catholique, nous pouvons citer les dispositions statutaires et juridiques mises en œuvre par l’État. Les différentes réflexions initiées autour de la question de l’éducation au Burkina Faso ont, en effet, abouti à la convocation des États généraux de l’éducation en 1994. Conformément aux orientations de ces États généraux, l’État burkinabè a défini les orientations à donner au système éducatif à travers une loi votée à l’Assemblée des députés du peuple (Assemblée nationale) le 9 mai 199610 et promulguée par décret présidentiel le 24 juin 1996.

Comme l’École laïque, l’École catholique mène ses activités dans le respect de la loi en s’appuyant sur les dispositions du cadre juridique, et l’organisation de l’enseignement catholique intègre les directions de la Loi d’orientation de l’éducation au Burkina Faso. Ce nouveau positionnement de l’Église catholique en faveur d’une intervention pour l’enseignement primaire a nécessité la réorganisation d’ensemble de l’enseignement catholique à travers la définition de nouvelles orientations et de nouveaux objectifs.

Par Abbé daleb mpassy - Publié dans : Théologie - Communauté : Praedicatho
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Dimanche 28 septembre 2008

L’Église catholique a joué un rôle important dans le développement socio-économique du Burkina Faso. Dans cette partie de l’Afrique occidentale, l’évangélisation intervient pratiquement en même temps que la conquête des territoires entre la fin du xixe et le début du xxe siècle. L’École occupe une place de choix parmi les activités menées par les pionniers de l’évangélisation. En effet, dès leur implantation dans le pays1, les missionnaires Pères Blancs se sont intéressés à l’École comme un moyen d’éducation et d’évangélisation (De Benoist 1987 ; Baudu 1956). Dans la mise en œuvre des initiatives éducatives et scolaires, ils ont été tantôt soutenus, tantôt combattus, et cela en fonction de la nature des relations entre la mission catholique et les différents gouverneurs généraux de la colonie. L’ensemble de l’œuvre scolaire missionnaire a, pour l’essentiel, évolué dans le contexte général de l’Afrique occidentale française (aof) de 1900 à 1958, puis de la République de Haute-Volta (1958-1983) et enfin du Burkina Faso depuis 1983.

En 1922, suite à la réglementation de l’enseignement privé en Afrique occidentale française, les missionnaires se sont officiellement investis dans l’éducation à travers l’École, en fonction des besoins de la mission et de la disponibilité du personnel qualifié pour assurer l’enseignement. Grâce à la Conférence de Brazzaville, des subventions ont été accordées à l’enseignement privé (Compaoré 1995 : 57-58), permettant ainsi un développement de l’œuvre scolaire missionnaire au Burkina Faso. Les difficultés apparues pendant la première décennie de l’indépendance ont plongé l’enseignement catholique dans une série de crises et ont contribué à en ralentir le développement dans sa composante primaire (Compaoré 1989). La persistance de la crise amena les évêques à renoncer à la gestion des écoles primaires catholiques dès la rentrée scolaire d’octobre 1969.

Entre 1969 et 1990, l’enseignement catholique n’a existé qu’à travers les établissements d’enseignement secondaire, essentiellement organisés par les congrégations religieuses. Dans le souci de mieux coordonner les négociations avec les structures étatiques, les chefs d’établissements ont créé en 1969 l’Union nationale des établissements catholiques secondaires (unec)2. Malgré les difficultés rencontrées, cette structure a constitué le principal interlocuteur de l’État pour toutes les questions d’ordre scolaire. À partir des années 1990, l’Église catholique a révisé sa position vis-à-vis de la pastorale scolaire et s’est réorganisée dans la perspective d’un nouveau départ. Dans le souci d’impliquer toutes les structures de base de l’Église, une réflexion a été organisée sur le plan national. Dans le même temps, des négociations se sont engagées avec l’État et avec les autres acteurs du système éducatif sur le rôle et la place de l’enseignement catholique.

Ainsi, après trente années d’absence dans l’enseignement primaire, l’Église catholique revient avec de nouvelles ambitions. Nous nous attachons ici à l’analyse des fondements de son retour. Cette analyse qui s’appuie sur des données de sources écrites et orales cherche, d’abord, à expliquer les raisons qui ont poussé l’Église catholique à se repositionner au sein du système éducatif. Nous examinons ensuite les stratégies qu’elle a mises en œuvre dans le cadre de la refondation, puis nous terminons par une présentation de la situation actuelle de l’enseignement catholique.

Par Abbé daleb mpassy - Publié dans : Théologie - Communauté : Religions en toute liberté
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Vendredi 26 septembre 2008

La refondation de l’enseignement catholique au Burkina Faso
 Résumé :
Cet article traite de la refondation de l’enseignement catholique engagée depuis les années 1990 au Burkina Faso. Après 30 ans d’absence dans le domaine de l’enseignement primaire, l’Église catholique se repositionne dans le système éducatif burkinabè et se réorganise dans la perspective d’un nouveau départ. L’auteur s’appuie sur les textes fondamentaux de l’éducation au Burkina Faso et de l’enseignement catholique. Il s’intéresse ensuite à l’étude des stratégies de mise en oeuvre, qui passe par des consultations au niveau des structures de base de l’Église catholique, une réflexion au plan national et des négociations avec, d’une part, l’État et d’autre part, les autres acteurs du système éducatif. L’étude débouche sur une analyse des réalités actuelles de l’enseignement primaire catholique au Burkina Faso. C’est donc l’analyse des fondements de ce retour de l’Église catholique dans l’enseignement primaire qui constitue l’essentiel de cet article.

Par Abbé daleb mpassy - Publié dans : Nouvelles Diocésaine - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Mercredi 24 septembre 2008

Témoignage de Yves Monot

"Le pape Benoît XVI vient de me nommer évêque de Ouesso"

Bonjour ! Ce message, je vous l'écris de Ouesso (République du Congo) où je suis arrivé jeudi.

Je viens tout simplement, mais avec toute l'intensité humaine et spirituelle de ce moment, vous annoncer que le pape Benoît XVI vient de me nommer évêque de Ouesso, ce matin même, à 11 heures, à Rome (Vatican).

Au nom de notre amitié, quelques précisions :
C'est un cheminement de plusieurs mois, commencé avec ma nomination comme Administrateur Apostolique du diocèse de Ouesso, en avril 2006 ; en 2007 les enquêtes de Rome pour le choix d'un évêque à Ouesso se sont précisés par la demande explicite du pape que je devienne évêque de Ouesso. Demande qui m'a été faite, à la nonciature de Brazzaville, le 24 janvier 2008.

Lors de ce voyage, compte tenu de la demande qui m'était faite, je suis allé à Rome, auprès du cardinal Dias, préfet de la Congrégation pour l'Evangélisation (congrégation de laquelle nos diocèses d'Afrique dépendent).
Le cardinal, un indien, m'a redit le désir du Saint Père et de l'Eglise !

Après avoir pris conseil et prié, j'ai accepté l'épiscopat.

Je suis revenu dernièrement au Congo et le nonce de Brazzaville et moi, avons proposé à Rome d'annoncer cette nomination ce 14 juin 2008. Vous savez que l'Eglise demande le "secret pontifical" jusqu'au jour où la nomination par le pape devient effective. Dans mon cas, ce secret a préservé ma décision en tous points de vue. Vous comprendrez pourquoi je n'ai rien annoncé à ceux et celles de vous que j'ai pu rencontrer durant mon séjour en France.
Je disais à certains d'entre vous que l'Eglise du Congo ne voulait pas me laisser (elle aussi, bien sûr, a donné son avis à travers l'enquête faite auprès des évêques, des prêtres, soeurs, laïcs de mon diocèse et autres personnes consultées). Je pense qu'effectivement il en est ainsi.

Merci d'accueillir cette nomination, en toute amitié, et d'être avec moi dans ce temps de préparation à l'ordination épiscopale.

Je serai ordonné évêque à la cathédrale de Ouesso, le dimanche 7 septembre 2008, dans le cadre de la célébration du 125e anniversaire de l'Evangélisation du Congo (commencée par l'Eglise Catholique en 1883) et du 25e anniversaire du diocèse de Ouesso (érigé en 1983).
L'ordination sera faite par le cardinal Yvan Dias (actuel responsable de la Congrégation de l'Evangélisation des peuples),  deux évêques consécrateurs, les évêques du Congo et d'autres pays frontaliers, les responsables spiritains.
Par cette nomination (et c'était déjà ainsi en tant qu'Administrateur), tout en étant spiritain, je suis entièrement au service du diocèse qui m'est confié.

Pourquoi cette nomination, cette nouvelle responsabilité qui m'amène à partager encore plus profondément ma vie avec le Congo, les Congolais, l'Afrique, l'Eglise universelle ?
Ce nouvel appel de notre "Eglise Famille", comme nous l'appelons en Afrique, je l'offre et le confie à mes parents qui, dans leur foi, restent présents, je le crois, à nos vies, à la paroisse de Pont-L'Abbé, à mes frères spiritains et à vous tous.

Yves
Par Abbé daleb mpassy - Publié dans : Nouvelles Diocésaine - Communauté : Congo Actu
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Lundi 22 septembre 2008

Cent vingt-cinq ans déjà depuis Mgr Augouard !
 Qu'une personnalité aussi éminente que le Cardinal Yvan Diaz, l'un des plus hauts dignitaires de l'Eglise catholique, ait choisi de venir à Brazzaville pour célébrer le cent vingt-cinquième anniversaire de l'évangélisation du Congo, marque de façon très officielle l'attention que porte le Vatican au continent africain. Préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, cette très puissante institution de l'Eglise, le prélat est un proche du Pape Benoît XVI. Et s'il a tenu à participer aux cérémonies marquant cet anniversaire c'est bien parce que l'Afrique est plus que jamais perçue à Rome comme un haut lieu de la spiritualité. Arrêtons nous donc un instant sur l'évènement. L'Eglise catholique, ce n'est un mystère pour personne, a mal vécu l'évolution du continent noir au cours des vingt dernières années. Si elle a joué un rôle important dans le processus de démocratisation en acceptant que nombre de Conférences nationales soient présidées par l'un des siens, elle n'a pas été capable d'en prévenir les dérapages. Le fait de s'occuper de la chose publique, ce qui n'était ni son rôle ni sa vocation, lui a certainement permis de peser sur les évolutions politiques en cours, mais elle y a perdu de son aura en donnant parfois le sentiment de confondre le spirituel et le temporel. L'épreuve passée, cette même confusion a perduré, ce qui fait qu'elle a eu du mal à se distancer du monde politique, se mêlant souvent de choses qui ne la concernaient pas au risque de choquer les croyants eux-mêmes. Dans le même temps où se jouait cette partie délicate, l'Eglise n'a pas vu, ou n'a pas voulu voir, la formidable émergence de sectes qui professaient les mêmes valeurs qu'elle, mais les radicalisaient au point d'enfermer les fidèles dans un carcan idéologique. Profitant de la décomposition sociale provoquée par les troubles internes dont beaucoup de pays africains étaient alors victimes ces sectes ont réussi à la marginaliser de telle façon que son influence s'est réduite comme une peau de chagrin; ce qui s'est traduit par une forte diminution du nombre de ses fidèles et le tarissement des vocations de prêtres ou de religieuses. Si l'on ajoute que dans le même temps l'Islam progressait fortement dans les régions les plus christianisées du continent on mesure la gravité du problème auquel Rome se trouve aujourd'hui confrontée. Rien de ce qui précède n'étant irréversible, il est certain que les plus hautes autorités de l'Eglise, ayant pris le temps de décrypter ces évènements, en ont tiré les leçons. Et comme cette institution deux fois millénaire a en elle toutes les ressources nécessaires pour reprendre sa marche en avant, on peut tenir pour certain qu'elle ne tardera pas à réaffirmer avec force sa volonté d'accompagner les sociétés africaines dans leur marche vers le progrès. Tel est sans nul doute le sens de la venue du Cardinal Yvan Diaz au Congo.

Par Abbé daleb mpassy - Publié dans : Nouvelles Diocésaine - Communauté : Congo Actu
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