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Homélie du dimanche 10 sept 2017 (23e D T.O A)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

 

Frères et Soeurs,
 
Nous aspirons tous à avoir cette capacité d’être dans l’amour inconditionnel, de pouvoir aimer sans limites, d’accepter l’autre dans tout ce qu’il est et du même fait, de recevoir cet amour en retour. Entendre qu’il faut faire des corrections fraternelles, cela met mal à l'aise la plupart d’entre nous. De quel droit aller trouver mon frère ou ma sœur pour le reprendre ? Nous considérons souvent notre vie de foi comme une affaire individuelle entre Dieu et chacun de nous. De quel droit, tel Ézékiel, inviter à un changement de comportement ? Attention cependant, il n’est pas question d'une démarche judiciaire, mais d’une manière de vivre notre foi. Jésus ne nous appelle pas à redresser des torts, mais à vivre dans un climat d’amour et de pardon.  Toute la vie de Jésus nous montre les gestes que nous devons poser : être assez humble pour se faire serviteur et pardonner sans compter.  Choisir l’amour. Simple à dire, mais cela demande l’ouverture du cœur et de la compassion. Choisir l’amour est un acte de courage, car il nous met face à nous-mêmes. Avec nos besoins humains, nous recherchons également cet amour inconditionnel.
 
Oui, avouons-le, si nous sommes des spécialistes pour faire des reproches, nous le sommes moins pour ne garder aucune dette envers personne, sauf celle de l'amour mutuel comme l’écrit Paul aux Romains. Pour aller vers l'autre, le reprendre sans lui faire la morale, il faut d’abord être proche de Jésus. Matthieu a présenté Jésus comme celui qui apporte le pardon et la réconciliation, le maître patient qui n’arrache pas le bon grain avec l’ivraie. Aucune communauté chrétienne ne sera jamais parfaite. L'ivraie sera toujours mêlée au blé dans le monde comme dans le cœur de tout être humain. Mais, pour Jésus, le péché ne peut se combattre que par l'amour, car tout péché naît d'une carence d'amour.  Quand deux ou trois sont réunis au nom de Jésus, il est là au milieu d'eux. Ces paroles nous invitent à relire notre vie, à réajuster la qualité de nos relations et de notre vie communautaire. Quand deux ou trois se réunissent en son nom, l'Église existe, Jésus ressuscité est présent. Voilà des mots d'autant plus importants à entendre que les prêtres se font rares. Nous sommes chrétiens en communauté. Tout ce que nous délions entre nous donne de la vigueur à notre engagement. Paul, dans la 2e lecture, écrit que tous les commandements se résument en l’amour. Il s’agit de se prendre en charge mutuellement, d’accepter une responsabilité les uns à l’égard des autres et une responsabilité commune sur chacun des membres de la communauté.
 
En effet, pour pouvoir aimer, il faut apprendre à s’aimer avec compassion. Pour recevoir l’amour, il faut développer la capacité de se donner l’amour d’abord. Chaque fois que nous réussissons à transformer une attitude de non-amour en compassion, nous habitons de plus en plus notre cœur et nous nous rapprochons de notre essence. En assumant notre réalité humaine, avec nos besoins et nos manques, nous avançons vers l’amour qui provient de la pureté et notre cœur. Voir avec les yeux du cœur, s’aimer et aimer… malgré les «malgré». Un regard plus loin que les apparences, tout simplement ; l’amour inconditionnel. La seule dette que nous devons avoir les uns envers les autres, c’est la dette de l’amour. Chaque fois que nous aidons une personne à se défaire des liens qui l’empêche de croître, nous lui permettons de se libérer et de s’épanouir. Le scandale serait de se croire si véritablement dans la vérité, que rien ne touche plus la communauté chrétienne, faute d’avoir appris à délier. Si nous ne réussissons pas à convaincre puisque chacun demeure libre, ce frère ou cette sœur ne devient pas méprisable.  Nous devons l’aimer comme soi-même et nous devons continuer à nous faire le prochain. Si le pardon est bien au cœur de toute communauté chrétienne, quel genre de communauté formons-nous pour être fidèles à Jésus ? Un groupe de gens corrects qui excluent les gens indignes ? Un rassemblement ouvert à ceux qui sont loin et méprisés ? Une église attentive, à l'écoute de ceux qui cherchent ? Aujourd'hui, qui risquons-nous d'exclure de la famille chrétienne ?
 
Frères et Soeurs,
 
Toute relation débute avec une intention d’amour. Parler d’amour est facile, choisir l’amour et l’entretenir est un entraînement quotidien dans nos choix, nos pensées, nos paroles et nos actions. À nous de voir ce qu’il y a encore à corriger dans nos vies et dans celle de nos communautés chrétiennes.
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