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Homélie du Dimanche 03 Septembre 2017

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Frères et sœurs,

Dimanche dernier, la liturgie nous a proposé de méditer la profession de foi de Pierre qui déclarait que Jésus est le Fils de Dieu. Aujourd’hui, c’est l’incompréhension du même Pierre lorsque Jésus dit qu’il doit partir pour Jérusalem et souffrir beaucoup. Mais Pierre s’y oppose fermement et Jésus le rabroue. Ceci étant, si Jésus veut vraiment aller au bout de sa mission personnelle, s’il veut être fidèle à lui-même, il faut qu’il monte à Jérusalem quoi qu’il lui en coûte.

 

Or, Jérusalem c’est la ville du temple et des grands-prêtres. C’est la ville de la religion. Mais, Dieu y est comme enfermé par tout un système hiérarchique, religieux, financier et même politique. Ce visage de Dieu n’est pas celui que Jésus révèle. Par sa vie et ses paroles, par ses actions auprès des exclus de toutes sortes, Jésus témoigne que Dieu est le Dieu des grands chemins, un Dieu des carrefours, un Dieu des rencontres, un Dieu pas comme nous le pensons.

 

En effet, Frères et sœurs, les textes bibliques de ce dimanche sont un appel à suivre les pensées de Dieu qui ne sont pas celles des hommes. C'est ce qui s'est passé pour le prophète Jérémie dont nous parle la 1ère lecture. Dieu lui a confié une mission extrêmement difficile. Il a été envoyé pour appeler le roi, les prêtres et le peuple à se convertir. Il leur annonce de la part de Dieu que leurs fautes auront des conséquences dramatiques. À plusieurs reprises, le prophète a essayé de se soustraire à cette mission, mais chaque fois il est rattrapé. C’est pour dire que dans toutes nos épreuves, le Seigneur nous apprend à nous abandonner à lui avec amour.

 

Dans la 2nde lecture, saint Paul nous demande de ne pas adopter la sagesse du monde, mais plutôt de nous laisser métamorphoser et transformer en renouvelant notre façon de penser et de vivre pour discerner ce qui est bon. Dieu ne recherche pas des gens empressés de le louanger aux heures de réussite et le délaisser aux heures de désarroi. C'est le message de Jésus à Pierre. Mais dans l'esprit de Pierre, il y a une confusion : Comme la plupart des gens de son pays, Pierre attendait un Messie qui prendrait le pouvoir et chasserait l'occupant romain de son pays. Or voilà que Jésus annonce qu'il doit "partir à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des prêtres et des scribes, être tué et le troisième jour ressusciter". Pour les juifs, c'était le sommet de la honte. C'était le signe visible de la malédiction divine. Nous comprenons alors la réaction de Pierre. Car peu de temps auparavant, il avait vu Jésus transfiguré "sur la montagne sainte" et il avait entendu la voix du Père disant : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le." C’est donc normal que Pierre ne comprenne plus. Il refuse le destin tragique d'un Messie promis à la croix et il le dit. Mais Jésus le réprimande car ses pensées dit-il ne sont pas "celles de Dieu mais celles des hommes".

 

Finalement, le chemin qui a été celui de Jésus doit devenir le nôtre au quotidien. Arrière Satan a dit Jésus à Pierre qui voulait l’écarter de sa route. La réaction de Pierre sur ce chemin est aussi la nôtre, mais, dans un sens, Pierre a raison, car il n’est pas question de jouer au martyr.  Quand Jésus nous invite à renoncer à nous-mêmes, il ne nous demande pas de renoncer à ce qui est bon en nous, à ce que nous sommes. Il nous demande de renoncer à vivre entre nous d'une manière non humaine.

 

L’expérience quotidienne nous démontre que la vie ne sera jamais quelque chose de facile. Nous mourons chaque jour à quelque chose : nous mourons à la jeunesse, à l’amitié, à l’amour, à nos certitudes, à nos acquis, à la santé, à notre réalité temporelle. Nous ressuscitons chaque jour à de nouvelles réalités, par nos rencontres, par nos apprentissages, par le partage, le pardon, la réconciliation, la communion aux autres.

 

En somme, Matthieu nous rappelle que nous sommes plus prompts à envisager un messie glorieux qu'un serviteur souffrant. Nous préférons souvent un Dieu puissant à un Dieu humble, qui pardonne toujours. Nous préférerions peut-être un Jésus sans mystère, sans histoire et sans croix, qui serait passé triomphalement de Nazareth à la résurrection. Nous préférerions les Béatitudes sans les renoncements. Mais, le chemin de l’évangile passe par le rejet et la croix. S’y refuser, c’est se faire adversaire ou obstacle sur ce chemin. Sans cesse, nous avons à tenir debout, sans cesse nous avons à avancer. Et qui dit se tenir debout et marcher dit en même temps une tension perpétuelle pour garder l’équilibre. C’est ça, porter sa croix.

 

Frères et sœurs, Dieu ne veut pas que nos vies soient faites de renoncement au bonheur, mais s’oublier, renoncer à soi est l'unique chemin qui propage l'amour et la liberté. Demandons donc la grâce de nous laisser guider sur le chemin de la vie et nous accompagner dans notre lutte contre la tentation

 

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