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Homélie du Dimanche 20 août 2017 (20ème D T.O A)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

 

 

Curé de Mbandza ndounga
Père Daleb Venceslas MPASSY

Frères et sœurs,

Les textes liturgiques de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle : le salut de Dieu est offert à tous les hommes ; il ne se limite pas aux bons croyants de son peuple ; mais il est pour tous, y compris les étrangers.

Voilà le message que nous trouvons déjà dans le livre d’Isaïe, bien avant la venue du Christ : « Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour m’honorer, pour aimer mon nom, pour devenir mes serviteurs, tous ceux qui tiennent à mon alliance,… je les conduirai sur ma montagne sainte. » cf. 1ère lecture

Se dessine là déjà l’idée que le salut ne concerne pas seulement un peuple mais tous les peuples. C’est en d’autres mots ce que nous rappelle le pape François quand il nous demande d’ouvrir les portes et d’aller au-devant de ceux qui sont loin, jusque dans les « périphéries ». Puisque la Parole de Dieu doit être annoncée à tous.

Et le psaume 66 vient prolonger cette lecture d’Isaïe : tous les étrangers sont invités à se joindre à la grande action de grâce du peuple d’Israël : « Que les peuples Dieu te rendent grâce. Qu’ils te rendent grâce tous ensemble. » C’est une louange qui se veut universelle, il s’agit là de tous les peuples, de toutes les Nations. D’ailleurs le 2ème couplet le signifie bien : « Que les Nations chantent … »

Oui, Frères et sœurs,

Et Saint Paul, nous mets en plein dans l’accomplissement de ce projet de Dieu. Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre s’adresse à des chrétiens d’origine païenne. Leur accueil dans la communauté chrétienne ne s’est pas fait sans de nombreuses tensions. Mais ces étrangers sont de plus en plus nombreux à se convertir au Christ. Le fait que l’Évangile soit reçu par des païens montre à lui seul que Dieu appelle tous les hommes. Il veut faire miséricorde à tous car il veut que tous soient sauvés. A la suite de Paul et de tous les grands témoins de la foi, nous sommes envoyés vers ceux qui ne fréquentent pas nos assemblées. L’Église d’aujourd’hui doit ouvrir ses yeux, ses oreilles et son cœur aux appels du monde entier. La bonne nouvelle de Jésus Christ est pour tous. Comme le dit St Paul : « Ainsi ça sera la vie pour ceux qui étaient morts »

Avec Jésus cette bonne nouvelle se réalise également. Lui-même vient de se heurter à l’incroyance des siens, les juifs. Il se retire dans la région de Tyr et Sidon, en terre païenne ; et c’est là qu’a lieu la rencontre avec la Cananéenne. Sa race, son pays, son passé, tout absolument tout la rend étrangère et lointaine de Jésus. Et nous pouvons même être surpris par la dureté de Jésus à l’égard de cette femme. Mais rassurons-nous, tous cela est pédagogique. En effet, Jésus commence par ne pas lui répondre, ensuite il déclare à ses disciples que son affaire ne le concerne pas, enfin il s’adresse directement à la femme, mais c’est pour lui adresser un refus insultant. Mais, la foi de cette païenne, étrangère au peuple de Dieu, l'emportera finalement sur le privilège de l'appartenance au peuple élu. Oui, cette païenne va faire preuve de droiture, d’humilité, de disponibilité, d’humour et surtout d’une foi étonnante qui va faire l’admiration de Jésus. Nous l’avons tous entendu : « les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître. » C’est là une leçon extraordinaire pour les juifs et pour les disciples, mais pour nous aussi aujourd’hui.

Comme la Cananéenne et la Samaritaine, nous sommes en droit de supplier le Christ : « Aie pitié de notre monde qui est tourmenté par les attentats, les injustices, les violences, la misère, l’indifférence, et tout le reste …

Les textes de ce dimanche nous invitent à changer notre regard sur ceux qui ne sont pas comme nous. L’amour du Christ est universel et sans limite. Tous  les peuples du monde entier sont invités à acclamer le Seigneur pour cet  amour sans frontière. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles, nos gestes d’accueil, de partage et de solidarité. Et là, raisonne dans ma tête la prière de ce chant que sans doute nous connaissons: « Allez-vous en sur les places et sur les parvis… Allez-vous en sur les places y chercher tous mes amis ».

En ce dimanche, il s'agit donc d'être respectueux de la différence des autres. Au-delà du ton dur de l’évangile entendu, c'est un Jésus missionnaire qui nous appelle à être des chrétiens agissant comme lui.  Il nous appelle à dépasser les frontières de notre religion, de notre esprit de clocher pour accueillir toutes ces personnes venant d'ailleurs.

 

La femme cananéenne dont il est question, on ne sait même pas son nom. On l'appelle simplement « la Cananéenne ››, eh bien cette femme-là, n’est pas nommé parce qu’elle est censée prendre bien des visages dans notre monde actuel : elle se retrouve dans la musulmane, la protestante, la juive, bouddhiste, etc. Mais elle est aussi la divorcée, la remariée, l’homosexuelle, ou tout blessée de discrimination quelconque. Ne leur faisons pas subir l’exclusion que l’Église de Matthieu imposait aux étrangers. Accueillons-les tels qu’ils sont et aimons-les comme ils sont. Ne leur refusons surtout pas l’espérance qui nous habite ! À quoi nous servirait d'écouter cet évangile au ton provocateur s'il n'avait aucun impact dans nos vies ? Dieu n’a pas de frontière. Il est Dieu au-delà des différences. La foi devrait nous unir les uns aux autres, faire des étrangers que nous sommes, des frères et des sœurs.

Le Christ continue à nous envoyer pour témoigner de son amour auprès de tous les blessés de la vie, les malades, les exclus, les prisonniers. Il nous envoie pour porter la guérison autour de nous. Le remède qu’il nous donne c’est bien plus que des miettes qui tombent sous la table : mais c’est le don de sa Parole et de son Corps, c’est le don de son Esprit saint.

Alors, demandons la grâce et l’audace de la Cananéenne dans notre vie de foi.

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