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Homélie du Dimanche 06 Août 2017 (18ème D T.O)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Frères et sœurs,

 

Les dimanches précédents, la liturgie nous a présenté une série de paraboles. Elles étaient axées sur la moisson et concernaient  toutes :

  • Les difficultés et le succès de la prédication de Jésus.
  • Puis, sa vision du royaume de Dieu.

 

Alors, pendant que Jésus haranguait les foules avec ses paraboles, voilà que Jean-Baptiste vient d'être décapité par le roi Hérode. Pourquoi ? Parce qu’il lui a reproché d’avoir pris la femme de son frère, mais aussi et surtout parce qu’il devait craindre qu’il ne soulève les foules autour d'un messie.

 

C'est donc dans ce contexte que se déroule l’épisode d’aujourd’hui. L’évangile de Mathieu change de ton. Il ne s’agit plus de paraboles, d’histoires, mais de gestes concrets au cours d’un événement : la multiplication des pains. 

 

Le récit de la multiplication des pains est le signe de la nourriture spirituelle que Dieu offre en abondance comme nous venons de l’entendre dans la première lecture. « Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas? […] Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez».

 

En effet, cette nourriture spirituelle ne se perd pas, elle se partage avec les autres. Il y en toujours de disponible et la multiplication des pains est confiée à des disciples qui apprendront à porter sur les foules le regard de compassion de Jésus.

 

Aujourd’hui, dans un monde où tout s’achète et se vend, Jésus nous parle encore de don et de partage. Ce que Dieu attend de nous, c’est notre disponibilité. C’est l’apport du peu que nous avons et du peu que nous sommes. Osons-nous, nous poser ces questions :

  • Avons-nous pour nos frères et sœurs cet accueil de Jésus ou adoptons-nous plutôt l'attitude contrariée initiale des apôtres qui voulaient renvoyer tous ces gens ?
  • Préférons-nous ne pas voir la détresse humaine ou sommes-nous généreux de nos talents reçus gratuitement.

 

Certes, nous ne pouvons pas répondre à tous les besoins du monde, et non plus accueillir toute la misère du monde, mais nous pouvons y faire une différence. Jésus vient nous apprendre à nous mettre au service des plus pauvres. Écoutons leur tristesse et leurs misères et tout deviendra possible. Et le Père évêque, Mgr Olivier y est revenu lors de sa conférence à St Valéry (les Mardi de St Valéry).

 

C’est nous qui devons faire changer le monde. Nous, avec nos talents, nos qualités et même nos défauts, ce que nous sommes, ce que nous possédons comme richesse, ce que nous avons à donner aux autres. Ce n’est toujours pas du matériel, c’est aussi avec notre foi, notre espérance et notre amour. Nous devons les partager afin de combler les faims du monde, mais il ne faut pas s'attendre à une intervention fracassante de la part de Dieu, à vivre de fortes émotions. C'est dans le secret du cœur que Dieu parle.

 

Aujourd’hui, autant les baptisés admettent qu’il faut nourrir les affamés et venir en aide aux misérables, autant ils ne comprennent plus la nécessité de se laisser nourrir eux-mêmes par le Pain de Dieu.

 

  • Comment regarder les multitudes abattues avec le regard de Jésus
  • Comment lutter efficacement pour la justice et la paix du monde si nous ne nous alimentons pas de sa Parole. 

 

Dieu peut nous rassasier jusqu’à remplir d’autres cœurs du même amour et de notre espérance en la résurrection et la vie éternelle. Dans sa lettre aux Romains, saint Paul, après avoir discuté des divers aspects de notre vie nouvelle en Jésus, conclut que rien n’arrêtera notre aventure chrétienne. 

 

Il arrive pourtant des moments où les nouvelles du jour sont décourageantes. Peut-être faut-il alors simplement, à l’exemple de Jésus, se retirer sur la montagne pour prier. Non, ce serait trop simple. Soyons généreux de nos talents reçus gratuitement. Offrons nos cinq pains et nos deux poissons, le Seigneur en a besoin pour redonner l'espérance et pour vivre d'un amour sans limites. Nous avons la responsabilité de distribuer le pain, de le partager pour que les faims du monde soient comblées.

 

Jésus est un Dieu de rencontre, une rencontre qui transforme, qui éclaire, qui apporte la vraie lumière au cœur de l'être humain. Devant les diverses faims qui nous tenaillent, l’évangile nous invite à croire que si nous levons les yeux vers Notre Père du ciel  toutes les faims seront comblées au-delà de nos espérances, y compris nos propres faims.

Père Daleb Venceslas MPASSY

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