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Homélie du Dimanche 16 juillet 2017 (15ème D T.O)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Frères et sœurs,

Aujourd’hui Jésus nous raconte une histoire, celle du semeur. Un semeur pas comme les autres. Mais un semeur « tout terrain ». Puis, tout de suite après, à la demande de ses disciples, il donne l'explication de son histoire. Elle tient en quelques mots. Essentiellement : La semence, c'est la Parole de Dieu.

Pourquoi alors cette parabole ?

 

En effet, Jésus a prêché son Évangile, rassemblé des disciples, il a choisis douze d'entre eux pour en faire ses apôtres. Il a rencontré des oppositions, dont celle des scribes et des chefs religieux.

 

Ainsi, nous pouvons nous poser quelques questions à son propos :

  • Pourquoi Jésus n'est-il pas mieux accueilli ?
  • Les reproches qu'on lui fait sont-ils fondés ?
  • Est-il vraiment cet envoyé de Dieu qu'il prétend être ?

 

Voilà sans doute des questions que se posaient aussi les disciples et la foule. Et finalement, c'est à ces questions que Jésus répond par la parabole du semeur. Contrairement à ce que nombreux pensent, il utilise des Paraboles parce qu’il veut être entendu et compris. Jésus parle de Dieu en utilisant des images capables de susciter l’attention, de déranger et d’ouvrir le cœur à la nouveauté qu’il présente.

 

Oui frères et sœurs, Dieu souhaite que nous utilisions notre intelligence pour essayer d’entrer en relation avec lui. Si nous nous contentons d’une écoute superficielle de sa parole, nous restons sur le bord du chemin et notre cœur se dessèche. Donc Dieu nous parle.

 

Comment le fait-il ? « De multiples manières », dit l'épître aux Hébreux. Effectivement. Sa parole, c'est d'abord une parole sans mots. Au psaume 19 : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, le firmament proclame l'œuvre de ses mains…pas besoin de récit ni de parole, nulle voix ne se fait entendre. » mais toute la nature est parole de Dieu. Mais l'épître aux Hébreux continue en disant que Dieu, après nous avoir parlé plusieurs fois par les prophètes, nous parle, en ces temps qui sont les derniers, par son Fils : Jésus qui devient Parole efficace, l'ultime Parole de Dieu. Parole semée à travers les terres.  

 

Ceci étant : C’est quoi alors la bonne terre selon la parabole? Notons que Dieu est venu semer sa parole dans le cœur des hommes et des femmes, il est venu féconder nos vies. Il sème partout, généreusement, et il fait confiance. Il sait que sa semence, (cad sa Parole), est efficace. Elle porte en elle ses fruits comme nous venons de l’entendre dans la 1ère lecture. En effet, Après des années d’exil, Israël est maintenant en capacité de recevoir la Parole de Dieu. « Ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission » nous dit le prophète Isaïe qui compare l’efficacité de la parole à la pluie ou la neige qui descend du ciel et qui n’y retourne pas, sans d’abord avoir abreuvé la terre, l’avoir fécondée et l’avoir fait germer. Certes, l’eau permet à la terre d’être féconde, mais pour que l’Alliance entre Dieu et l’humanité prenne vie au quotidien, il faut que la Parole de Dieu rencontre notre cœur.

 

L’évangile nous présente plusieurs terrains ensemencés et notre vie n’est pas enfermée dans un seul de ces terrains. Tous les terrains se trouvent dans nos cœurs. Ils prennent plus ou moins de place selon l’entretien dont ils sont l’attention. Ce n’est pas tout d’entendre la Parole de Dieu, celle-ci doit encore produire des fruits de conversion ; Pour qu’il y ait une moisson, il faut une semence, un semeur et une terre. Si la terre cesse d’être travaillée, elle devient vite un champ inculte.

 

Pour évangéliser, pour porter soi-même des fruits : pareil. Il faut travailler le terrain qui reçoit la parole. Dieu agit en nous, même si nous ne le savons pas. Il est invisible, mais il est là. Il fera lever la semence envers et contre tout. Le semeur est sorti pour semer, nous dit la parabole.  Dieu sème toujours et encore. La graine est répandue largement et avec générosité. C’est à nous de l’accueillir.

En ce vingt-et-unième siècle, nous nous posons certainement la question suivante : « Pourquoi la Parole du Royaume, semée à profusion, ne produit-elle pas de fruits plus abondants ? »

Et voici ce que Jésus nous répond: « Ne vous en préoccupez pas. Le Royaume est arrivé, il est déjà là au milieu de vous. Vous n'y voyez rien, mais il est commencé. Inauguré avec la plus grande discrétion, et pourtant, il ne cessera jamais de grandir, comme une petite graine ».

Quel beau message d'espérance. Oui, les chrétiens sont là, porteurs de la Parole qui ne passera jamais. Nous aujourd’hui dans cette église, petit peuple en regard de l'immense foule des hommes dans la ville, et nous ne sommes pas toujours un terrain de très bonne qualité. Mais sans prétendre à la fertilité de nos cœurs, une seule chose compte : le désir, l'ouverture, l'accueil de cette Parole que le Christ sème en nous.

C’est dans les sillons de nos préoccupations, de nos blessures, de nos manquements que finalement, Dieu plante sa parole et son amour.

Confiance : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir fécondé la terre, de même la Parole de Dieu ne lui reviendra pas sans résultat ».

Dire : « Tout va mal », ce n'est pas évangélique. Dire « tout va bien », non plus. Car, il faut savoir qu'il y aura toujours des durs, des inattentifs, des inconstants, mais aussi des hommes de bonne volonté « qui accueillent la Parole de Dieu et qui la gardent. »

Père Daleb Venceslas MPASSY

 

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