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Homélie du Dimanche 09 juillet 2017 (14ème D T.O)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Homélie du Dimanche 09 juillet 2017 (14ème D T.O)

Frères et Soeurs,

Notons qu’il y a dans les récits évangéliques quelques rares prières de Jésus. Saint Matthieu nous en présente juste deux : le Notre Père que Jésus recommande à ses disciples, et puis cette autre prière plus personnelle qu’il adresse à son Père aujourd’hui.

En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits ». Et tout le tralala qui s’en suit … Une prière brève : trois phrases juste. Jésus s’inspire peut-être d’un passage du psaume 8 :«Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits ».

Cette prière nous rappelle aussi le Magnificat de Marie : « Il s’est penché sur son humble servante ». Oui Frères et sœurs, Jésus aussi a été tout petit, fruit des entrailles de Marie, nourri de son lait, éduqué par elle et Joseph. Lui aussi proclame comme Marie l’amour privilégié de son Père pour les humbles et les petits.

Et pourtant, dimanche dernier c’est une dame riche, d’un rang social élevé qui faisait bon accueil au prophète Elysée. Cependant en dépit de sa richesse, elle était humble, car ce ne sont pas les grands, les puissants, les sages qui savent le mieux bénir, mais plutôt ceux qui ne mettent pas leur confiance dans leur grandeur, dans leur pouvoir, dans leur richesse, dans leur science. Ce sont plutôt les modestes qui se contentent de leur humble place et ne revendiquent pas d’être assis sur des trônes. Ils sont les plus proches de l’humilité du Dieu-Père que Jésus a révélé, en se rendant lui-même proche des pauvres et des petits.

Ceci étant, dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus fait ensuite une révélation à propos de sa mission : C’est en lui, que Dieu s’est fait connaître. Il est donc celui qui révèle le Père.  Nous sommes en droit de nous poser la question de savoir: Comment Jésus révèle t’il le père ? C’est en faisant de l’accueil des tout-petits une exigence majeure pour ses disciples.

Aujourd’hui, qui sont ces petits ? Les petits sont tous ces gens démunis, dépendants, en situation de précarité, car ils ne possèdent pas grand-chose et ne sont pas toujours chanceux dans la vie. Ils n’ont souvent ni biens, ni travail, ni santé. Ils sont petits face aux possédants qui ne manquent ni de choses matérielles ni d’argent, et dont l’avenir paraît garanti, assuré.

Les petits de nos jours, ce sont aussi les accablés de lourds fardeaux, de jougs pesants. Sur le plan social, ce sont les gens soumis et exploités, mal rétribués, mal considérés, bons pour les travaux les plus durs, voire les plus forcés. Sur le plan politique, ils sont soumis à l’arbitraire de ceux qui les gouvernent et les commandent. Sur le plan judiciaire, ce sont ces petites gens sur qui pèse plus que sur les autres la dureté des lois, civiles ou religieuses, insolvables et jamais en règle devant des prescriptions qui leur paraissent impraticables.

Dans sa prière, Jésus déclare que les petits sont plus aptes à être ses disciples et à connaître Dieu, car leur cœur est plus ouvert que celui des grands et puissants auxquels Dieu ne peut se révéler. Ainsi donc, les grands sont en danger car leurs richesses et leur perfection à la Loi peuvent constituer comme des écrans opaques qui les empêchent d’être lucides devant la condition humaine, devant Dieu. Face à la personne du Christ et à l’écoute de sa parole, ils ont des oreilles bouchées et donc sourds à son message.

Comprise ainsi, cette prière de Jésus rejoint vraiment celle de Marie. Elle remet en cause les grands prêtres, les scribes ou pharisiens, qui eux parlent sans cesse de Dieu, se font appeler maîtres, s’estiment plus grands que les autres mais sont pourtant loin de la plaque. Jésus ose se lamenter sur eux car ils imposent aux gens simples des fardeaux pesants qu’eux-mêmes se refusent à remuer du doigt.

Contrairement à eux, lui se déclare doux et humble de cœur, et il invite à venir à lui tous ceux qui ploient sous le fardeau, car son joug est facile à porter et son fardeau léger. Cependant Frères et sœur, Jésus ne promet pas aux petits de vivre sans fardeau. Ça peut-être la maladie ou les épreuves de tout genre. Lui-même n’a pas refusé de porter le sien : sa croix. Néanmoins, son fardeau est léger et se porte avec joie, car il est allégé par l’amour du Père et sa miséricorde infinie pour les pécheurs.

Les deux autres textes de ce dimanche sont en harmonie avec le message de l’Évangile. Jésus est un Messie qui ne vient pas comme un Seigneur de guerre ou un chef militaire avec des chars et des chevaux de combat. Il vient comme un roi d’humilité monté non pas sur un cheval, mais plutôt sur un âne jeune, annonciateur de paix et de tendresse, nous dit la première lecture.

Et dans la seconde lecture, saint Paul invite les croyants à rechercher la vraie grandeur : « Vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous l’emprise de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous ».

La vraie grandeur n’est pas celle du monde, mais plutôt celle de l’Esprit de Dieu qui habite les disciples du Christ. Demandons cette grâce au Seigneur !

 

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