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Homélie du 13ème dimanche du temps ordinaire A (02/07/2017)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Chers sœurs et frères,

L’évangéliste Matthieu décrit ce que c'est qu'être disciple de Jésus. Il le fait avec des phrases simples, mais d’une portée immense.  Jésus ne nous demande pas de ne plus aimer : ni nos parents, ni nos enfants.  Il ne veut certainement pas nous dire que les liens du sang sont mauvais. Nos parents sont le symbole de l'essentiel de la vie et les actions de Jésus sont faites d’amour envers les enfants. Avoir un enfant c'est donner la vie, transmettre cette vie donnée par nos parents. Aimer son enfant, c'est partager l'expérience d'amour de Dieu-Père à condition d'aimer notre enfant sans chercher à le posséder.

 

Mais Jésus nous demande d’aimer en appelant chacun à se renoncer et même à se renier lui-même. Être son disciple finalement, c’est 'accepter la croix. Il ne s'agit pas ici de nos petits inconforts quotidiens, mais  de cette manière d'aimer qui est propre à Dieu : aimer même son ennemi, aimer jusqu'au pardon qui nous conduit à aimer jusqu'au don de notre vie.

 

Ceci étant, Jésus nous demande de faire un choix dans le concret de nos vies.  Nous avons à faire le choix de témoigner de notre foi quels que soient les obstacles. Or bien de fois, nous voulons être chrétiens et être accueillants aux autres, mais à condition que cela ne nous dérange pas trop. Nous voulons accueillir l’autre, mais pas n’importe lequel. Jésus dit pourtant qu’accueillir l’autre sans choisir c’est l’accueillir lui. 

 

Jésus nous demande de perdre notre vie pour lui et cela n’a rien de masochiste, car il s’agit de perdre pour gagner. Jouer à « qui perd-gagne ». Le repli sur soi n’est pas la vraie vie. Tous, nous avons fait l’expérience du véritable plaisir et du bonheur qu’il y a à donner de soi-même, à partager avec les autres ses affaires et ses biens, même minimes, et surtout à partager son temps, sa disponibilité. Et Jésus demande un peu pareil : cad une solidarité étendue à toute l'humanité: il demande une solidarité pleine d'amour qui inclue tout le monde et ne rejette absolument personne.

 

Et comme exemple de bon accueil, la 1ère lecture nous relate l’accueil d’un des messagers de la Bonne Nouvelle. Il s’agit du « prophète Élisée ». Avec Jésus et jusqu’à nos jours : Qui sont ces messagers à accueillir?  Jésus n'a pas recruté ses disciples dans les milieux cultivés, non. Remarquons que les disciples de Jésus sont des gens simples qui n'ont pas été aux écoles des synagogues. Ils ne peuvent s’enorgueillir de leur observation de la Tora et  se considérer comme des justes.

Ainsi, la communauté que veut rassembler Jésus est faite simplement de gens qui s'aiment en frères et sœurs, qui traitent chacune et chacun comme un être unique.

 

Nous devons donc être des gens qui aiment avec cette qualité d'amour et d'attention qui s'apprend au contact de Jésus.  Nous ne nourrissons Dieu que lorsque nous invitons à notre table celui qui a faim et qui ne pourra pas nous rendre notre invitation.

 

Nous ne visitons Dieu que lorsque nous visitons le malade ou le prisonnier qui ne saura nous rendre la politesse de notre visite.

 

Nous n’habillons Dieu que lorsque nous donnons un vêtement à celui qui est nu et ne peut nous récompenser de notre geste.

 

Ainsi, n’ayons pas peur de marcher à la suite de Jésus ressuscité en ne préférant rien ni personne à son amour. Sachons annoncer l’Évangile de la paix et l’accueillir en nous.

 

 


Père Daleb Venceslas MPASSY, Curé de la Paroisse

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