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Le mystère de la Mort du Cardinal Biayenda: il y a 40 ans, le 22 mars 1977.

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

 Les historiens n’ont toujours pas renseigné la jeunesse sur les conditions de la mort de ce pasteur dont le Vatican a amorcé le processus de béatification.

Certains fidèles de l’église catholique n’hésitent pas à lier les difficultés actuelles du Congo à l’assassinat, qualifié d’ignoble « d’un homme considéré comme saint et innocent » des affaires politiques. «Pourquoi s’étonner des dérives qui s’emparent, chaque jour, du Congo qui a perdu son point cardinal ? Il est aussi temps et plus sage, dans nos familles, notre Église et notre pays, de savoir nous donner de vrais guides, des points cardinaux », a écrit l’Abbé Albert NKOUMBOU, dans l’éditorial de la revue «La Mémoire n° 190».

Les causes de la mort du Cardinal Emile Biayenda restent jusqu’aujourd’hui inconnues. Au siège mondial de l’Eglise catholique, on parle de « mort dans des conditions jusque-là mystérieuses ». Le secrétaire d’Etat du Vatican, Pietro Paolin a récemment annoncé à Brazzaville l’amorce du processus de béatification de ce « pasteur zélé ».

Même à la Conférence nationale souveraine de 1991, sensée éclairer sur les assassinats en République du Congo, rien de concret n’a été dit sur le cas Emile Biayenda. Le mystère persiste autour de la disparition de l’unique cardinal catholique que le Congo a pu avoir depuis quatre décennies. Beaucoup d’interprétations parfois sulfureuses endorment ceux qui veulent savoir la vérité.

A cette grande messe politique, il avait été dit que le prélat aurait été assassiné à la montagne située sur la RN2 et qui porte aujourd’hui son nom. Mais, d’autres pensent qu’il aurait été enterré vivant, puisque la soutane qu’il portait au moment de son assassinat ne porte aucun impact de balle, selon les mémoires du Frère Hervé Zebrowsky, qui relate sa conversation avec Mgr Ernest Kombo.

Un Cardinal est un prêtre catholique de rang élevé, nommé par le Pape pour être membre de l’assemblée qui élit et conseille le Pape. C’est un prince de l’Église ! Plus, c’est un pasteur qui témoigne non seulement de la fidélité de Dieu pour son peuple, mais aussi de la maturité chrétienne du pays dans lequel il est nommé Cardinal.

Pour sa famille, pour ses compagnons d’école et du ministère sacerdotal, Émile Biayenda était un contenu consistant, une référence, un témoin indicateur de l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ. Pour cela sa vie, même en prison (1965), n’a été qu’un livre ouvert à tous sur les valeurs qui donnent chair et vie à la famille, à la société et à l’Église.

Né en 1927 à Mpangala, actuel district de Kindamba dans le Pool, Émile Biayenda est ordonné prêtre le 26 octobre 1958 pour le diocèse de Brazzaville, après de  brillantes études aux séminaires de Brazzaville et de Lyon. Nommé archevêque coadjuteur de Brazzaville, avec le titre d’archevêque in partibus de Garba, le 7 mars 1970, il est consacré le 17 mai suivant par le cardinal Sergio Pignedoli. Il en devient, le 14 juin 1971, l’archevêque titulaire.

Il est créé cardinal par le pape Paul VI lors du consistoire du 5 mars 1973, avec le titre de cardinal-prêtre de S. Marco in Agro Laurentino. Il devient ainsi le premier cardinal de la République du Congo. Il meurt assassiné le 22 mars 1977. Il n’a alors que 50 ans. Son procès de béatification a été ouvert le 20 mars 1995.

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