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Nommination de Mgr Richard Appora Ngalanibe, comme évêque coadjuteur de Bambari (Centrafrique) : «La République Centrafricaine vit un temps d’espérance et de renouveau»

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Prêtre de l’Ordre des prêcheurs (Dominicains), jusque-là président de la C.s.m.c (Conférence des supérieurs majeurs de Centrafrique), Mgr Richard Appora Ngalanibe a été nommé, le 10 décembre 2016, évêque coadjuteur du diocèse de Bambari, en République Centrafricaine, par le Pape François. Il connaît bien le Congo, pays où il a travaillé, de 2008 à 2012, comme aumônier universitaire, au C.c.u.b (Centre catholique universitaire de Brazzaville), comme enseignant au Grand séminaire Cardinal Emile Biayenda et formateur à l’inter-noviciat.

Nous l’avons rencontré, à Bangui, lundi 12 décembre, le lendemain de la messe d’action de grâces du Cardinal Dieudonné Nzapalainga, et dans l’interview qu’il nous a accordée, il parle de sa nouvelle charge, considérant qu’actuellement, «la République Centrafricaine vit un temps d’espérance et de renouveau».


* Monseigneur, le Pape François vous a élevé à la dignité épiscopale comme évêque coadjuteur de Bambari, le diocèse de Mgr Edouard Matos. Comment avez-vous reçu cette nouvelle?


** J’étais très ému! Il y a eu en moi un mélange de sentiments. D’abord, un sentiment de tristesse, parce que je vais devoir, désormais, laisser ma communauté, pour me mettre au service d’une Eglise locale, l’Eglise qui est à Bambari. Puis, émotion et joie se sont entremêlées dans mon esprit et dans mon cœur, parce que le Seigneur a jeté son regard sur ma pauvre personne pour me confier la charge de guider son peuple: le peuple de Dieu qui se trouve dans le diocèse de Bambari.

* Que savez-vous du diocèse de Bambari et quels défis comptez-vous y relever aux côtés de l’évêque titulaire?


** Bambari, vous l’avez certainement appris, est une zone qui est sous tension, où il y a une forte présence des forces armées. La première des choses à laquelle je voudrais m’atteler est de travailler à ce qu’il y ait plus de paix et d’unité dans cette partie de la République Centrafricaine, qu’il y ait la cohésion sociale comme nous essayons de le faire au niveau de Bangui, que des frères et sœurs qui vivent de ce côté, puissent aussi circuler librement et vivre dans la paix. Pour moi, c’est une priorité des priorités, en plus de cela, essayer de redynamiser l’Eglise locale qui est à Bambari, pour que la Parole de Dieu puisse imprégner les cultures, imprégner les cœurs des hommes et femmes de notre temps.


* La situation que traverse aujourd’hui votre pays touche particulièrement la jeunesse, une couche sociale vulnérable. Dans quel axe comptez-vous principalement impliquer la jeunesse?


** La jeunesse est un aspect important de notre pastorale. Vous savez, les groupes rebelles qui pullulent çà et là en République Centrafricaine ont comme première proie, les jeunes qui, généralement, n’ont pas été à l’école. Nous pensons que l’une des priorités, en plus de la paix, à laquelle il faudrait faire attention, c’est l’éducation: faire en sorte que les jeunes qui vivent dans cette partie du pays puissent être instruits, éduqués, aller à l’école. Je crois que l’évangélisation passe aussi par-là. Pour évangéliser les gens, il faut passer par l’éducation, c’est à travers l’éducation qu’on peut inculquer les valeurs chrétiennes, les valeurs tout simplement humaines aux jeunes qui sont nombreux dans cette partie du pays, mais qui, malheureusement, ont été enrôlés dans la rébellion par les différents groupes rebelles.


* Pays meurtri, la Centrafrique est confrontée, désormais, à une situation qui paraît dramatique. Quels sont, d’après vous, les fondamentaux qui existent encore, à partir desquels on peut reconstruire le tissu social dans ce pays?


** Il y a d’abord une chose qui me paraît très importante, le Cardinal a eu à le souligner, quand on était au sanctuaire marial samedi. Je crois que nous vivons un temps d’espérance, un temps de renouveau pour la République Centrafricaine, et il faut y croire. Pour les jeunes, les adultes, les gens qui vivent en République Centrafricaine, il faut croire en un avenir meilleur pour chacun et pour tous les Centrafricains. Il faut pour cela faire des sessions de formation -ici à Bangui c’est déjà faisable-, pour enseigner aux gens l’enseignement social de l’Eglise, pour aider les gens à pouvoir prendre en main la destinée de ce pays, leur pays et faire en sorte que tous et chacun puissent participer à la reconstruction de cette Centrafrique qui a été meurtrie comme vous l’avez dit par les différents événements douloureux que nous avons connus. C’est sur la base de cette conviction que j’ai accepté cette charge. Vous savez, je pouvais dire non, dire qu’il y a des rebelles là-bas, c’est une zone sous tension, je n’y pars pas. Mais j’y vais en ayant la conviction que je peux apporter ma contribution à l’édification de ce pays, à l’édification de la paix dans ce pays.


* Auriez-vous un message particulier, un appel, un souhait?


** L’appel que je lance à tous et à chacun c’est d’abord de prier pour moi parce que la charge est lourde, vu l’ampleur des défis qui m’attendent du côté de Bambari. Le diocèse est vaste, si vous pouvez regarder sa carte, en termes de superficie, c’est un très grand diocèse. Même s’il est vrai qu’il n’y a pas une forte concentration de la population dans cette partie de la République.


Alors, il faut le sillonner avec tous les risques que cela comporte. Mais, je pense qu’avec la grâce de Dieu, nous parviendrons à faire que le diocèse puisse reprendre un souffle nouveau et aider les gens de cette partie du pays à se développer, à vivre dans la quiétude et la paix. Je souhaite que les hommes et les femmes de bonne volonté, y compris ceux de la région, qui peuvent aider à la reconstruction de cette partie de la République Centrafricaine, viennent et nous aident à pouvoir construire ce grand chantier pour lequel le Pape François m’a nommé.

Propos recueillis
à Bangui par Aristide Ghislain NGOUMA

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