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Archidiocèse de Bangui (République Centrafricaine) : Messe d’accueil du Cardinal Dieudonné Nzapalainga, dans la joie du peuple de Dieu

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Dieu a visité son peuple! C’est ainsi qu’on peut traduire la joie du peuple centrafricain, qui a rendu grâce au Seigneur, dimanche 11 décembre 2016, troisième dimanche de l’Avent, appelé en latin dimanche «gaudete» (dimanche de la joie). C’était à l’occasion de la messe d’accueil de l’archevêque de Bangui, le nouveau Cardinal Dieudonné Nzapalainga, créé lors du consistoire public que le Pape François a présidé le 19 novembre dernier, à Rome, la veille de la clôture du jubilé de la miséricorde.

Hommes, femmes, jeunes et vieux, ils étaient tous réunis au stade de Bangui, qui compte vingt mille places assises, rempli aux trois quarts. Tous, chrétiens catholiques ou non s’étaient mobilisés comme un seul homme, pour accueillir leur pasteur, en rendant grâce à Dieu pour le don du tout premier cardinal centrafricain: Dieudonné Nzapalainga.


La messe, haute en couleurs, a débuté en sango, la langue nationale du pays, et a connu plusieurs temps forts. On peut retenir essentiellement la procession de l’évangéliaire qui a mis en exergue le rite de l’inculturation à travers lequel une femme portait sur sa tête l’évangile dans une calebasse, l’homélie prononcée à la fois en français et en sango au cours de laquelle le Cardinal Dieudonné Nzapalainga était sans cesse ovationné, la procession des offrandes marquée par le passage à tour de rôle des membres des différentes délégations et des communautés paroissiales et fraternités de l’archidiocèse de Bangui, les accolades que se sont donné le Cardinal Nzapalainga et ceux qu’on appelle désormais ses deux compagnons: l’imam et le pasteur, les allocutions de Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala, président de la C.e.n.c (Conférence épiscopale nationale du Cameroun), président de l’Acerac (Association des conférences épiscopales de la région de l’Afrique centrale) et de Mgr Mathieu Madega Lebouakehan, évêque de Mouila, président de la C.e.g (Conférence épiscopale du Gabon) et premier vice-président du Sceam (Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et Madagascar). Puis, le mot de remerciements, en sango, du Cardinal Dieudonné Nzapalainga.
Dans son homélie, le Cardinal Nzapalainga a épinglé plusieurs sujets de fond, notamment la paix dont le pays a soif, les ressources dont regorge la Centrafrique et qui, selon lui, «sont objet de convoitise et source des malheurs» du peuple. Il a épinglé aussi les maux qui minent le pays notamment la mauvaise gouvernance, la pauvreté, le tribalisme, le népotisme, le régionalisme, la corruption et bien d’autres fléaux qui gangrènent la société centrafricaine. Au nom de ses compatriotes, il a demandé pardon à Dieu pour la marche à reculons du pays, 58 ans après la proclamation de la République. Il a également exhorté le peuple centrafricain à l’espérance et en l’édifiant sur son élévation et sur ce qu’il faut savoir d’un cardinal. «Nous avons soif de la présence de Dieu, nous avons soif de la paix et nous pensons que Dieu peut nous communiquer cette paix, afin que nous en devenions des artisans pour nos frères et nos sœurs». «Le peuple centrafricain a beaucoup souffert, nous continuons à faire du mal, trop de sang a coulé et coule encore (…). Les dégâts sont énormes et, pourtant, l’histoire nous enseigne qu’en Afrique centrale, la Centrafrique était parmi les tout premiers pays à avoir la télévision, l’université. La capitale de notre pays s’appelait Bangui-la-coquette et non Bangui-la-roquette», a dit le Cardinal Nzapalainga, qui a vanté les valeurs d’unité, de la dignité et du travail, léguées par Barthélemy Boganda, le père de la Nation centrafricaine.


La célébration eucharistique a rassemblé une quinzaine d’évêques et des dizaines de prêtres qui entouraient le cardinal, et a été rehaussée de la présence, entre autres, du Président Faustin-Archange Touadéra et son épouse, le président de l’assemblée nationale, Karim Mekassoua, et d’autres députés, le Premier ministre, Simplice Mathieu Sarandji et les membres du gouvernement, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, les ambassadeurs et représentants du corps diplomatique en République centrafricaine, le maire de Bangui, Raymond Emile Gros Nakombo, les religieux et religieuses, le président de la communauté islamique en Centrafrique, Oumar Kobine Layama, le président de l’alliance des évangéliques en Centrafrique, le pasteur Guerekoyame-Gbangou.


La délégation congolaise à cette messe était conduite par Mgr Daniel Mizonzo, évêque de Nkayi, président de la C.e.c (Conférence épiscopale du Congo) et était forte de six évêques, NN.SS Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala, Yves Marie Monot, évêque de Ouesso, Jean Gardin, évêque d’Impfondo, Urbain Ngassongo, évêque de Gamboma, des prêtres et des religieuses.


Comme prévoyait le programme des festivités, cette messe a été précédée d’un pèlerinage au sanctuaire marial de Ngukomba, à plus de 20 kilomètres de Bangui, samedi 10 décembre 2016. Ce pèlerinage a rassemblé des milliers de chrétiens et a vu la participation du Chef de l’Etat, des membres du gouvernement, du président de l’Assemblée nationale et de beaucoup d’autres autorités du pays.


Notons que l’archidiocèse de Bangui, avec environ un million d’habitants, compte actuellement 26 paroisses, soit 20 en zone urbaine et 6 en zone rurale. Le pays lui-même, meurtri par des conflits fratricides, compte à ce jour neuf diocèses et dix évêques, dont le tout fraichement nommé samedi 10 décembre, le frère Richard Appora, dominicain, que le Pape a choisi comme coadjuteur de Bambari, le diocèse de Mgr Edouard Matos. Les catholiques représentent entre 40 et 45% de la population. Le Cardinal Nzapalainga est le quatrième archevêque de Bangui, après NN.SS Cucherousset, le tout premier, Joachim Ndayen et Paulin Pomodimo.

Aristide Ghislain NGOUMA
Envoyé spécial


Ils ont dit….


*Mgr Daniel Mizonzo, évêque de Nkayi, président de la C.e.c:
**«D’abord, il faut dire qu’à la fin de l’année de la miséricorde, Dieu a fait miséricorde à notre sous-région Acerac, de nous avoir offert ce beau cadeau du Cardinal. Nous sommes venus aussi, parce qu’entre le Congo et la République Centrafricaine, nous sommes des frères amis. Beaucoup de séminaristes centrafricains, depuis Mgr Ndayen, venaient au Grand-séminaire de Brazzaville. Je crois que Mgr Ndayen était même jusqu’à Mbamou, avec le Cardinal Biayenda et d’autres. Donc pour nous, c’est un signe des temps important, disons un don de Dieu pour notre sous-région et pour notre association, l’Acerac. Je peux dire que Dieu a visité son peuple et particulièrement le peuple de Bangui, le peuple de la RCA. Comme a dit le Cardinal lui-même, c’est un peuple qui a souffert et Dieu lui a fait un clin d’œil, il a vraiment montré son visage de miséricorde.»


*Mgr Joseph-Marie Ngoui Akandji, prélat de Sa Sainteté et doyen du clergé centrafricain:
**«Je voudrais d’abord dire que je suis actuellement le doyen de tous les prêtres de Centrafrique, et même du Congo, du Cameroun, du Gabon et de l’Afrique centrale, naguère Afrique équatoriale. Comme vous venez de voir, pour moi qui suis l’un des premiers prêtres, après Boganda, je suis le quatrième et je viens de fêter mes 60 ans de sacerdoce. Pour moi, c’est une grande chance d’avoir vécu jusqu’à voir un nouveau Cardinal dans notre Eglise d’Afrique centrale, après mon ami, mon frère Emile Biayenda avec qui j’ai fait le séminaire au Congo».


*Oumar Kobine Layama, Imam de Bangui, président du Conseil islamique:
**«Pour moi, c’est une joie de tout cœur, de partager cette journée avec mon compagnon»

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