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L’abbé Pierre Leborgne, fondateur de la Paroisse de Mbandza-Ndounga, et véritable apôtre en terre congolaise

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Plaque indiquant la Paroisse sur l'avenue
Plaque indiquant la Paroisse sur l'avenue

Au moment où nous nous préparons à célébrer le 30ème anniversaire de la Paroisse Saint Matthieu de Mbandza-Ndounga, nous ne pouvons ne pas nous tourner vers son fondateur: L’abbé Pierre Leborgne, qui est arrivé au Congo dans les années 1950-1960, après l’encyclique du Pape Pie XII intitulée «Fidei donum» (Le don de la foi). Cette encyclique demandait aux évêques des vieilles Eglises de faire un don de la foi aux jeunes Eglises, en envoyant pour quelques années, quelques uns de leurs prêtres. Mgr Bernard reçut alors l’abbé Leborgne qui était originaire de sa région aussi, la Normandie. L’abbé Leborgne arriva au Grand séminaire Libermann du Djoué, comme professeur de philosophie, de droit canon et de musique. Cette dernière spécialité est à signaler, parce qu’il avait doté le séminaire de beaucoup de livres de musique, qu’on peut trouver rangés encore au Grand séminaire de théologie cardinal Emile Biayenda.


Au sortir de Vatican II, il sut faire saisir ce moment à tous les musiciens congolais, pour aller de l’avant. En contact avec le chanoine Khun, de son diocèse d’origine, il fit faire harmoniser à quatre voix mixtes, les premiers chants en langue lâdi que sont: «Kembeleno Nzâmbi» (Ps.97) de Mgr Batantu et «Hê nitua Yêzu ka kivueza yo ko». Ces harmonisations, pourrait-on dire, ont été le berceau du foisonnement des chorales dans notre Eglise et l’abbé Denis Ngambanou a continué ce travail.


L’abbé Leborgne musicien, tous ses paroissiens le lui ont reconnu et il n’aimait pas que la chorale ou la schola chante n’importe comment et n’importe quoi. C’est lui qui demanda à l’abbé Denis Ngambanou de mettre sur musique la conclusion de l’embolisme.


Au séminaire, voyant le manque d’un personnel qualifié, il proposa à Mgr Bernard de pouvoir faire venir des religieuses de chez lui. A la suite de ses propositions, le séminaire vit les premières religieuses à son service. Il s’agissait des religieuses de Coutances, une congrégation diocésaine, devenue aujourd’hui: Les religieuses du Sacré-Cœur.


Après le séminaire, Monsieur l’abbé Leborgne se consacra au travail en paroisse. Il vécut à Ngangouoni comme curé et fit construire l’église dans laquelle il fit mettre des scènes bibliques, de la main de l’abbé Godec, un autre prêtre fidei donum, qui avait été professeur à Chaminade et à Saint-Jean, après la nationalisation des écoles. C’est bien regrettable que ces scènes n’existent plus. Son travail de pasteur à Ngangouoni a été remarquable et son seul regret, c’est de n’avoir pas pu trouver un grand terrain du côté de Matuta (Quartier Diâta). Il partit de Ngangouoni, après y avoir mis toutes les structures nécessaires que trouveront les successeurs comme l’abbé Antoine Maloumby, et les Salésiens.


Il quitta Ngangouni à la veille de la célébration du centenaire de l’évangélisation du Congo, pour aller à Mindouli, rejoindre l’abbé Jubault, un autre prêtre fidei donum et ancien professeur à Mbamou. Mais, il n’y tiendra pas longtemps et préféra aller à Kibouende. C’est là encore que j’ai pu parler avec lui de l’avenir de notre Eglise. Tous ceux qui l’ont connu savent bien qu’il avait de l’estime pour notre Eglise, mais il n’hésitait pas à critiquer ce qui pouvait l’être et qui n’était pas à son goût. De Kibouende, il partit pour sa dernière paroisse au Congo, Saint-Matthieu de Mbânza-Ndounga.


Il faut signaler qu’il se sentait partout à l’aise. Il était avec les gens là où ils sont et on pouvait le voir prendre son verre de bière Primus dans un bar dancing ou manger simplement avec les gens.


Rentré chez lui, il ne cessa d’être proche des Eglises de Brazzaville et de Kinkala. Il n’a pas hésité, quelques fois, à être partie prenante pour la réalisation de certains livres liturgiques en langue lâdi.

Par Père Daleb MPASSY (sur les notes de l'abbé Jacques Bouekassa)

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