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« Je n’oublierai jamais Ars. Et pourquoi Ars? » en route vers le 40 ème anniversaire de la mort de Biayenda

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Le Bon Cardinal Emile Biayenda
Le Bon Cardinal Emile Biayenda

LES SOUVENIRS DE ARS PAR LE CARDINAL BIAYENDA

Dans son article intitulé : « Je n’oublierai jamais Ars », il écrivait : « Et pourquoi Ars? Depuis le Petit séminaire le récit du saint curé d’Ars m’avait énormément intéressé et je portais dans mon missel de ses images, au verso, imprimées de ses pensées que j’aimais souvent relire pour les méditer.

Lorsque je devin prêtre et vicaire à Sainte Marie de Ouenzé (Brazzaville), le Père Supérieur, Jean-Marie Grivatz, un savoyard, et donc un proche voisin d’Ars, me confia le quartier de Mouléké où peu après il allait construire une chapelle, fondement d’une future paroisse. En mai 1961, ce fut chose faite. Au centre donc de ce quartier dénommé « Indochine » à cause des scènes cruelles et sanglantes qui s’y étaient passées deux ans auparavant à la suite d’un conflit racial, au cœur de ce quartier se dressait la maison de Dieu et de paix et d’amour. Le Père curé ne trouva pas mieux que de solliciter pour cette église auprès de l’évêque le patronage de son « Ndoyi » (homonyme) celui de Saint Jean-Marie Vianney. Quelle joie et quel secret contentement cela causa à mon âme de prêtre ! La première fête patronale se prépara par une neuvaine de prière durant laquelle étape par étape, la vie de notre Saint Patron était expliquée et commentée aux fidèles. Une relique que l’aimable Curé, nous avait envoyée aida beaucoup à notre dévotion.

Bientôt une caisse d’objets de piété, don de la Paroisse d’Ars à Mouléké nous arriva. Ce fut une immense joie et une nouvelle preuve de resserrement de notre amitié par la prière entre Ars et nous. En ce moment un bienfaiteur d’Ars nous a fait parvenir une jolie statue de 60 m du Curé d’Ars. Qu’il soit de nouveau remercié ici et se rassuré du concours de notre prière.

Mais la libéralité du Curé d’Ars est allée beaucoup plus loin encore, puisqu’il m’a été donné pendant ces vacances d’aller à Ars. Alors ce soir du samedi 15 septembre 1962, j’arrivai de Lourdes à Villefranche par train. Je demandai la direction d’Ars et l’on m’indiqua la station de l’auto-car : j’y vins attendre jusqu’à 18 heures. J’étais silencieux, attentif aux écoutes du message d’Ars. Bientôt le car me déposa à un endroit d’où l’on me montra encore la direction de la basilique. Et me voilà devant l’Eglise : celle-là même que fit construire et orner le saint Curé d’Ars. J’entrai et priai avec quelle émotion et sentiments de reconnaissance. J’étais là, pauvre, mais le cœur plein d’intentions de tous mes paroissiens et de chacun en particulier, de tous les prêtres. Ma prière, durant les deux jours vécus à Ars, aura cette orientation.

Mes impressions sur Ars ! C’était partout ce sentiment de la présence du saint.

A tout instant, j’avais l’impression de vivre en sa compagnie. Le soir l’idée de coucher sur un lit ne me vint jamais. Pour un pèlerin, il ne pouvait d’ailleurs en être autrement. Son église avec deux chaires de prédication et de séances de catéchismes de 11 heures, le confessionnal qui attira tant d’âmes et d’où elles sortirent purifiées et converties ; enfin son corps demeuré intact en vêtements sacerdotaux et tenant un chapelet entre les doigts : tout cela rappelle le prêtre, l’homme de Dieu et de la prière. C’est pourquoi aussi à Ars tous les soirs, prêtres, religieux et religieuses, fidèles, au son de la cloche, accourent pour le chapelet aux multiples intentions et à la prière commune. Ce dimanche soir où je présidais les complies, Mouléké et le Diocèse de Brazzaville étaient cités. Le 17 septembre, j’avais le bonheur de célébrer, en tremblant, à l’autel de la châsse et au calice du saint.

Après ce pèlerinage à travers le sanctuaire il y a celui de son humble presbytère où sont conservés tous les objets lui ayant appartenu : la cuisine, son bureau, sa bibliothèque, sa chambre à coucher avec son lit à moitié brûlé et le fusil qu’employèrent un jour les fidèles d’Ars pour guetter celui qui venait troubler le maigre sommeil de leur saint Curé. Il y a aussi le monument de la rencontre du saint Curé avec le petit berger Antoine Givre. Enfin la maison natale à Dardilly où l’on revit l’existence du petit Jean-Marie-Baptiste Vianney, où il apprit de bonne à aimer Dieu, la sainte Vierge et les âmes….

Puisse le saint Curé d’Ars rayonner de plus en plus en nos vies et nous aider les uns et les autres à être dociles sur les sentiers par où le Seigneur voudrait nous conduire.

Le 30 Novembre 1962

Emile BIAYENDA

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