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HOMELIE AUX OBSEQUES DE Mr YVES MANCEL

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Fresques de la Basilique à Lourdes
Fresques de la Basilique à Lourdes

LITURGIE DE LA PAROLE

Lecture (L25) page 14

Psaume 22 page 19

Évangile 20 page 33

Tous les chrétiens sont convaincus qu’il faut prier pour les agonisants, afin qu’ils traversent victorieusement l’épreuve la plus redoutable, celle de la mort. Et ils croient aussi qu’il faut prier pour les défunts, afin qu’ils accèdent le plus tôt possible au royaume de la pure lumière et de la joie parfaite. Nous sommes réunis précisément aujourd’hui afin de prier pour celui qui vient de nous quitter.

Les paroles de Jésus que nous venons d’entendre contiennent un enseignement précieux sur sa propre mort et sur la mort des chrétiens. Il les a prononcées peu de jours avant d’expirer lui-même sur la Croix, après son entrée triomphale à Jérusalem, où il a acquis la sympathie de quelques grecs venus en pèlerinage, et qui cherchaient à le rencontrer, lui Jésus, un homme prestigieux. Bientôt son Eglise va s’étendre jusqu’au monde grec. Mais cette gloire ne sera obtenue qu’au prix de sa mort. Et Jésus illustre cette loi de fécondité spirituelle par une courte parabole : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt il porte beaucoup de fruits »

Bien entendu, dans les lois physiques la mort ne peut pas être cause de vie, car si le grain mourait vraiment, il ne porterait pas de fruits, et il serait entièrement perdu. Nous le voyons avec un arbre, on le coupe quand on veut s’en débarrasser, il sèche, il ne peut plus bourgeonner. Malheureusement c’est ainsi que nous nous représentons spontanément la mort : comme une fin, un anéantissement, une perte totale. Et pourtant la dialectique de la foi nous suggère autre version, qui révèle la volonté de Dieu. Oui selon sa volonté la mort est condition de vie parce qu’elle est la porte de la résurrection. La mort qui nous paraît comme un emprisonnement, une contrainte, est en réalité une libération, comme le grain qui semble mourir dans la terre va briser l’enveloppe qui l’enserrait pour éclater en une multitude d’autres grains, bien vivants dans l’épi. Jésus est le premier à vivre à vivre cette expérience pour le salut de tout le genre humain, mais cela vaut aussi pour nos morts et pour nous-mêmes. Les morts de nos familles disparaissent, ils sont mis en terre comme le grain de blé, mais leur mort peut être l’entrée dans une vie infiniment plus intense et plus féconde. Combien de familles où la mort d’un parent a été ressentie d’abord comme une ruine insurmontable, mais au final, de manière progressive, le disparu est devenu, plus réellement que pendant sa présence visible, un conseiller, un protecteur, un intercesseur.

Plus qu’une démonstration, la parabole du grain tombé en terre est une comparaison éloquente de la fécondité de la mort dans le Christ. Le grain qui se défait dans la terre porte beaucoup de fruits par l’effet d’un processus naturel nécessaire. Mais le salut offert par la mort du Christ est un don libre de l’amour poussé à l’extrême, ce qui fait du sacrifice du Christ un sacrifice méritoire. Il en est de même de la mort du Chrétien, le vrai, celui qui a suivi et imité son Maître. En effet, s’aimer soi même c’est se perdre, s’amer soi même c’est vivre dans l’égoïsme, refuser de servir Dieu. Et une mort ne peut être féconde si elle vient seulement terminer une vie égoïste, cependant, une vie de détachement et de service est déjà une vie libre, aimante et pleine, c’est la vie éternelle déjà commencée. On comprend bien que ce texte pousse à l’héroïsme, il a été utilisé pour les messes des martyrs, ceux là même qui ont donné de leur vie pour la gloire de Dieu, sur les traces de jésus. ( attention à la suite…)

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