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Homélie du 28e dimanche ordinaire A (15 oct 2017)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Durant tout l’Ancien Testament et jusqu’à l’époque de Jésus, le judaïsme employait le mot  roi  pour désigner Dieu. Dans la parabole rapportée par Matthieu, ce Roi-Dieu est situé dans le Royaume des cieux. Il organise les noces de son Fils. On y mange, boit, chante, parle, danse beaucoup. C’est la fête comme dans l’extrait d’Isaïe. La clef de cette parabole n’est pas le Fils, mais le refus de l’invitation par les premiers invités. Qui sont ces invités ? Israël, mais aussi l’Église des baptisés.
 
C’est nous que le roi du ciel convoque à ses fêtes. Il souhaite réussir ce grand rassemblement où tous les peuples de la terre vivent dans un universel amour. Il n’y aura plus ni esclave, ni homme libre, ni juif, ni païen, ni homme, ni femme, ni roturier, ni noble… mais des frères, des sœurs qui vivront entre eux dans une totale égalité. Mais, non seulement les premiers invités ne répondent-ils pas, ils tuent le Fils qui a été envoyé. Que fait alors, le roi dans sa colère ? Il envoya ses troupes hors de la ville, hors de la communauté. Il les envoie dans la campagne à la rencontre des bons et des mauvais, ceux et celles qui ne sont pas bien en vue dans la société et auquel il n’avait pas pensé d’inviter avant la première convocation. Le message de Matthieu est que le salut est universel. Dans l’Église, dans la salle de noce, nous ne pouvons pas interdire l’accès ou l’entrée sur une base morale, ni sur une question de sexe, de race, de genre ou de culture. Tous sont appelés et invités. Le salut est offert généreusement et gratuitement.
 
Puisque nous sommes tous invités aux noces, alors pourquoi cette exigence de porter un vêtement spécial? C’est une sorte de paradoxe entre la gratuité du salut offert à tous et l’exigence de porter un vêtement de noces pour ceux et celles qui répondent favorablement à l’appel. Cela veut dire que lorsque nous acceptons l’invitation qui nous est gracieusement offerte, y répondre, c’est accepter de célébrer celui pour qui nous nous rassemblons.  Le vêtement de noce est le symbole, non de la foi en Dieu ou de la joie du salut, mais de la justice, d’où les exemples que je me suis permis de citer dans ma parabole. Il s’agit pour Matthieu de souligner l’importance d’accomplir des œuvres bonnes. L’invitation de Dieu est exigeante.
 
C’est de notre discernement que dépend la bonne compréhension de notre réponse positive ou négative à l’invitation de Dieu. Ne sommes-nous pas en permanence invités à réviser notre vie en la mettant en regard, non avec la lettre, mais avec l’esprit de l’Évangile.  Nous faisons aujourd'hui la triste constatation que les invités ne viennent pas, qu’ils ne viennent plus.  La pratique de notre foi ne peut plus être une simple tradition. Elle est un choix et une fidélité à assumer chaque jour. La foi doit nous inciter à oser annoncer et témoigner de l'Évangile autour de nous et dans notre société. « Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez- les au repas de noces. » Osons donc inviter et témoigner !
 
Dans le fond, accepter l’invitation, répondre à l’appel, c’est accepter de nous laisser transformer par Dieu.

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Homélie du 27e dimanche du temps ordinaire A (08 octobre 2017)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Frères et soeurs,
 
Les Juifs convertis au christianisme, pour lesquels Matthieu écrit son évangile, sont déchirés. Une certaine nostalgie les habite, presque des remords d’avoir trahi leur passé, car c’est bien Israël qui avait reçu de Dieu l’Alliance. Matthieu veut leur montrer que leur choix était bon. Le sens d’une parabole n’est pas toujours évident à saisir, 2000 ans après Jésus.  Mais il n’en était pas ainsi pour les contemporains de Jésus, comme le dit la suite du récit: en entendant ses paraboles, les chefs des prêtres et les pharisiens comprirent que c’était pour eux qu’il parlait, eux qui manquaient au fond d’amour et qui acceptaient mal la bonté de Dieu. Ces élites de la société cherchaient à l’arrêter. Que comprenons-nous nous-mêmes de cette parabole?
 
Le vigneron propriétaire a tout fait pour sa vigne et pour ses travailleurs.  Il constate qu'elle est convoitée pour ses fruits et que les vignerons se sont laissé étourdir plus par les fruits que par sa bonté et sa générosité.  Son fils est tué, puis il change radicalement ceux qui prennent soin du vignoble. Une interprétation de la parabole est que les Juifs ont rejeté Jésus le fils de Dieu. Ils ont donc été réprouvés et remplacés par les chrétiens dans le rôle de peuple élu. Cette interprétation fait cependant de Dieu un être suprême irascible et qui manque d’amour. Il faut peut-être chercher davantage le sens de la parabole en portant notre attention sur les fruits de la vigne.
 
En effet, ce que Dieu attend de chacun de nous c’est que nous portions des fruits.  Les premiers qu’il attend sont des fruits de justice et de bonté, en particulier à l’égard des plus petits.  L’Église n’existe pas pour elle-même, mais pour servir l’humanité aimée de Dieu.  Si nous croyons être comme une sorte de club qui aurait pris la succession de l’Ancienne Alliance dans la position de détenteur de la bienveillance divine, nous faisons fausse route. Nous ne sommes pas sur le chemin du royaume de Dieu. Cette parabole est celle d’un amour fou. L’amour, c’est de se donner sans réserve pour recevoir l’autre tout entier. Le Fils s’est donné jusqu’au bout pour nous. Les vignerons homicides ont bel et bien oublié le propriétaire qui leur a donné la vigne, qui l’avait plantée et enclose, qui avait creusé le pressoir et bâti la tour. « Voici l’héritier : tuons-le, nous aurons l’héritage. » Encore faudrait-il que le propriétaire meure aussi. L’ont-ils tout à fait oublié, celui-là ? On nous a confié quelque chose en nous faisant chrétiens : Dieu a remis son propre Fils entre nos mains. Le fruit qui nous est donné, nous devons le partager généreusement avec toute l’humanité. C’est notre mission. Nous devons porter des fruits et dire l’amour inconditionnel de Dieu, mais que de disputes dans l’histoire de l’humanité sur les dieux, puis sur notre Dieu. L’amour de Dieu pour l’humanité et pas seulement pour un groupe d’élus.
 
Qu’est-ce que le prophète Isaïe reproche au peuple d’Israël ?  Il lui reproche son manque de justice et son oppression des petits et des faibles.  Selon Isaïe Dieu écoute les cris de détresse. Le peuple en est responsable et il sera sévèrement puni; il devra supporter beaucoup de maux. Nous sommes là dans la mentalité de l’Ancien Testament.  Isaïe ne connaît pas encore le Père tel que révélé par Jésus. Au temps de Jésus, pharisiens, sadducéens, docteurs de la loi, chacun à leur manière croyait connaître Dieu, sa loi. Chacun prétendait posséder la vérité, mais tous ignoraient l’essentiel: Dieu avait à cœur sa vigne comme dans la 1ere lecture, mais avec un amour sans bornes. Jésus a repris cette image de la vigne pour nous exposer le projet patient de Dieu pour nous. Dans la parabole de Jésus, c’est le fruit de la vigne qui est central et non la punition. Le fruit viendra en son temps.
 
Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi, pour patienter ainsi? Dieu est patient, car il sait que dans nos profondeurs il y a souvent une histoire de combat contre Dieu. Hier c’était Adam. Loin de nous l’idée de chasser ou même de tuer Jésus, comme l’ont fait les vignerons indignes. Et, pourtant, nous le chassons à notre manière. Aujourd’hui, c’est parfois nous qui n’épargnions pas son Fils et nous qui sommes des tueurs de Dieu. Entre Dieu et nous, l’échec n’est là que pour mieux laisser triompher l’amour de Dieu. Dieu s’acharne avec entêtement à parler à notre cœur. Voilà qui devrait nous éviter de trop douter de l’avenir. Dieu est le propriétaire, le monde son domaine, l’Église sa vigne. Même si nous gâchons son plan par nos résistances et nos refus, il se réalisera. Dans ce plan, Jésus est la pierre angulaire, une pierre énorme sur laquelle repose tout l’édifice, qui lui assure sa stabilité.  Toute vie bâtie autour de Jésus est  une occasion d'épanouissement de soi-même et de tous. C'est à chacun de nous d'être attentif à celui ou celle à côté de nous, de s'assurer que tous ont la chance de bien vivre.  Un système économique s’est imposé en Occident depuis plus d’un siècle, dont nous avons tous profité à des degrés divers, et sur lequel repose tout le bien-être dont la plupart d’entre nous jouissent.  Ce système a son prix. Le bien-être qu’il a engendré a été trop souvent au prix de l’oppression d’autres secteurs de l’humanité, en tout cas au prix de la création de classes grandissantes d’exclus. Dieu attendait la justice, comme disait Isaïe, et voici les cris de détresse de pans entiers de l’humanité victimes du sous-développement et de la faim, et aussi cris de détresse de nombreux défavorisés de nos propres sociétés opulentes. 
 
L'injustice et la pauvreté de toute nature sont bien présentes dans le monde. Que de gens sont méprisés; c’est ce mépris qui doit nous indigner et nous pousser à l’action, nous faire porter des fruits. Que des gens sont écartés parce que nous  ne leur avons pas donné une réelle égalité des chances dans la vie.
 
Nous vivons au Congo dans un pays avec plein de ressources humaines, économiques, naturelles, culturelles et religieuses. Arrivons-nous vraiment à être une nation qui porte les fruits de justice, de bonté et de tolérance envers tous? Arrivons-nous vraiment à voir la misère autour de nous?  Bien sûr nous avons à porter aussi nos misères et nos inquiétudes.  Faisons comme Paul et prions Dieu. Dieu nous affermira sur notre chemin. «Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. »
 
C’est avec les petits et les humbles que Jésus s’est solidarisé. La communauté de ses disciples a reçu mission de poursuivre cette solidarité.  Ceux et celles qui mettront leur foi en Jésus, apprendront de lui et recevront la force d’aimer gratuitement. Vivons de telle sorte qu’un nouvel Isaïe puisse de nouveau écrire en nous voyant vivre : « Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne ».

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Homélie du 26e dimanche du temps ordinaire A (1er octobre 2017)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Frères et soeurs,
 
De tout temps, les grandes transformations sociales, politiques et spirituelles se sont développées à partir de petits groupes d’hommes et de femmes qui se sont constitués pour mettre en accord leurs pratiques et leurs idées. Les exemples sont multiples : groupes de développement, communautés chrétiennes primitives de Corinthe, de Rome, de Philippes, communautés de base en Amérique latine, mouvements de jeunes, cellules révolutionnaires, etc. Ceux qui aspirent à un monde plus humain peuvent difficilement le faire seuls. L’expérience montre aussi que les groupements humains, même des communautés chrétiennes, peuvent devenir des lieux de jalousie, de mesquinerie, de dénigrement et de déchirements réciproques.
 
C’est en se tournant vers Jésus que les chrétiens d’hier et d’aujourd’hui ont le modèle à imiter et à prier. Sans Jésus, nous aurons peut-être le courage de dire oui à Dieu avec nos lèvres, mais ce oui n’aura pas de suite; il restera seulement une parole vide. Chaque jour, nous avons mille et une occasions de nous affirmer. C’est avec nos oui et nos non que nous dessinons notre vie. La nôtre, pas celle que d’autres auraient choisie pour nous. Jésus nous veut authentiques par rapport à ce que nous disons et il s’agit de rendre notre intériorité visible.  Qu’il s’agisse de notre oui ou de notre non, Jésus nous veut engagés dans une transformation en profondeur. 
 
La communauté chrétienne n’est pas une secte. Elle ne cherche pas à se replier sur elle-même; elle n’est pas le rassemblement des purs et des parfaits; elle ne proclame pas que le monde est mauvais et qu’il faut le fuir. La communauté chrétienne est  ouverte sur le monde; elle est le rassemblement de personnes différentes qui acceptent d’être missionnaires dans leur foi. Dans sa lettre aux Philippiens, l’apôtre Paul nous indique ce qui doit nous permettre de trouver notre inspiration et notre référence. Jésus s’est fait humble et bienveillant afin de s’identifier à nous. Nous ne trouverons pas ailleurs de meilleures motivations pour nous convertir et pour nous transformer dans ce que nous sommes et dans ce que nous faisons. Les obstacles à notre transformation sont l’intrigue, la vantardise ; c’est de se croire supérieurs aux autres et de n’être préoccupés que de nous-mêmes. Soyons donc humbles et attentifs aux autres comme l’écrit Paul.
 
Qu’est-ce qui caractérise et distingue les deux fils de la parabole? Ce qui les distingue  est  leur réponse ‹concrète› à la volonté du Père. Il ne suffit pas de me dire : «Seigneur! Seigneur!» pour entrer dans le règne des cieux. Il faut faire la volonté de mon Père.»  Il ne suffit pas d’annoncer l’évangile, il faut la faire passer dans notre quotidien, dans nos relations sociales. Seul l’évangile vécu est éloquent. 
 
L’évangile d’aujourd’hui nous rappelle à quel point il est facile d’être le juge de l’autre. Chaque époque porte de nouvelles pierres qui servent à tuer la dignité et la bonté de l’autre, même de Dieu. Dans la 1ere lecture, les juifs après la destruction de Jérusalem en -587  sont ébranlés dans leur foi. Dieu aurait dû récompenser les bons et punir les méchants. Dieu répond  qu’ils critiquent Dieu et qu’ils ne jugent que selon des perspectives étroites et courtes. Ceux et celles qui se réclament de la vérité ont tendance à devenir suffisants, juges, et finalement morts vivants. Aimer demande une miséricorde totale qui ne s’apprend que graduellement en découvrant nos propres faiblesses. Jésus seul est capable de nous guérir de notre plus grand mal qui est incrédulité et révolte contre Dieu.  C’est un avis salutaire pour les justes que nous croyons être, trop sûrs de nous-mêmes. C’est un mot libérateur pour celui que nous classons méchant, mais que Dieu attend avec patience.
 
Ne sommes-nous pas nous-mêmes, un peu le second fils beau parleur, dévot ? Nous disons oui dans nos prières ; dans les faits, c’est souvent non. Le premier fils n’est-il pas finalement mieux placé ? D’abord, il n’est pas hypocrite, il dit ce qu’il pense. Nous avons la faculté de penser librement – et donc de réfléchir –, ce qui est un don. Cela nous impose le devoir d'examiner. De la juste pensée devraient donc découler ensuite la juste parole et la juste action. Les scribes et les pharisiens dont parle Jésus sont compétents. Comment ces hommes si bien versés dans les Écritures, si entraînés à l’étude de la parole de Dieu, ont-ils pu rejeter Jésus qu’ils avaient pourtant les moyens de reconnaître ? Ils énoncent correctement la Parole, mais ils ne l’écoutent pas, ils ne se convertissent pas à l’annonce du salut.  Le premier fils de la parabole se rendant compte qu’il a mal fait ne s’installe pas dans le refus. C’est un repenti. Voilà l’événement clé de la parabole. Il fait un pas qui lui a sans doute coûté. Les publicains et les prostituées, comme le premier fils, avaient dit non à Dieu par leur conduite ; appelés par  Jésus les voilà qui se repentent et vont à la vigne du Royaume. Nous nous reconnaissons parfois dans ces deux fils. Peut-être que pour être rejoints par l’Évangile, nous devons nous aussi d’abord prendre conscience de notre éloignement de Dieu.
 
Notre consentement à l’Évangile est-il composé essentiellement d’appel à aimer, à accueillir, à pardonner, à se donner pour celui qui est le plus pauvre? En nous voyant vivre, en voyant notre comportement et nos conversations, notre entourage peut-il dire de nous: voilà quelqu’un qui est évangile vivant?

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Homélie du 25e dimanche du temps ordinaire A (24 Septembre 2017)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Frères et soeurs,
 
Normalement la rémunération d’ouvriers est établie en fonction du nombre d'heures travaillées ou de la quantité de travail accompli. Quelle impression vous fait ce patron qui traite ainsi ses employés? Il paie tout le monde le même salaire sans tenir compte de l'effort fourni. Votre réaction dépendra du groupe avec lequel vous vous identifiez le plus. La plupart d'entre nous ont  tendance à sympathiser avec le premier groupe de travailleurs. Nous sommes choqués par ce qui semble être une totale injustice. Les actions du propriétaire du vignoble vont à l'encontre de la logique de rémunération.
 
Attention, il n'est pas question ici de doctrine sociale ni d'équité salariale. Jésus lui-même le dit en introduction : «Le Royaume de Dieu est comparable à… » Alors, qui sont donc ces ouvriers ? Ce sont celles et ceux qui sont appelés à vivre de l'Évangile et en témoigner. Certains sont très tôt appelés et donnent très tôt une réponse à l'appel du maître de la vigne. D'autres répondront plus tard. Certains au milieu de leur vie, d'autres à la onzième heure, comme le bon larron qui répond aux dernières minutes de sa vie. Nous sommes toutes et tous appelés à travailler à la vigne de Dieu. Nous sommes toutes et tous appelés à servir notre prochain selon nos capacités. Dieu exerce sa bonté en apportant le pardon, la réconciliation, la paix et la joie à tous ceux qui répondent à son appel, peu importe leur âge ou leur condition. Les derniers ouvriers n’ont pas porté tout le jour le poids de la chaleur et du travail, mais ils ont porté le poids de leur solitude et de leur inutilité. Personne ne soupçonne la lourdeur de ce poids. Jésus, lui, la connaît. Il en a pris le premier le chemin. En les traitant comme les premiers, il leur rend leur dignité. Il voit en eux des humains capables d'aimer. Alors, quel salaire nous attend ? Le salaire pour lequel nous sommes embauchés, c'est une place dans le Royaume de Dieu. 
 
Beaucoup de juifs au temps de Jésus avaient du mal à accueillir l’Évangile de Jésus. Ils pratiquaient la Loi. C’était un dur labeur de contraintes et de sacrifices multiples. Pourtant, c’était pour eux une fierté et un bonheur. Avec Jésus, tous sont accueillis sur le même pied, des prostituées et des publicains prennent les premières places, il n’y a plus aucun avantage à avoir été juif pieux. Les ouvriers du premier groupe (ceux qui obéissent à la lettre de la Loi plutôt qu’à son esprit) n'ont pas été capables de se réjouir avec ceux qui se sont heureux d'avoir obtenu un denier pour une seule heure de travail. Le bonheur des autres les a rendus plutôt amers et jaloux. Cette parabole est aussi un avertissement de ne pas nous laisser envahir par un sentiment de supériorité. Aujourd'hui, nous pourrions l'appliquer aux situations suivantes: les chrétiens traditionnels qui regardent d'un mauvais œil tout ce qui s'écarte des pratiques usuelles, les pratiquants de longue date qui ignorent les nouveaux venus de l’immigration avec leurs façons de témoigner, et les chrétiens qui s'indignent de l'oisiveté spirituelle de certains. Ou bien encore, les bien-pensants qui acceptent mal que les vauriens échappent au sort qu’ils méritent. Au mieux, ils consentent à ce qu’il leur soit fait un peu miséricorde, mais qu’ils soient traités tout comme eux, cela leur est insupportable.
 
Nous voyons trop souvent d’un mauvais œil que Dieu soit si bon. En fait, c’est là notre misère à tous, une misère dont nous avons tous besoin d’être guéris. Mais, qui d'entre nous peut se vanter d'être un ouvrier de la première heure ? Qui que nous soyons, nous ne sommes tous que des ouvriers de la onzième heure ! C'est lorsque nous l'oublions que notre regard devient mauvais. Nous avons bien du mal à nous défaire de notre comptabilité. J'ai fait telle chose, je dois recevoir tel salaire ou telle récompense. Nos efforts, nos sacrifices, nos souffrances, nous voudrions bien les comptabiliser pour nous rassurer. Nous pensons bien trop souvent que cela nous donne des droits sur le Royaume, sur l'amour de Dieu.  Eh bien non, en pensant cela, nous faisons fausse route. Au peuple déporté et découragé, Isaïe avait rappelé  que Dieu offre sa grâce.  Pareil au maître de la vigne embauchant les ouvriers de la dernière heure, Yahvé appelle les pécheurs. Il s’adresse au méchant, au pervers pour qu’il abandonne son chemin, ses pensées déloyales. Dieu a pitié de l’homme, il est riche en pardon. Ouvrons nos yeux, voyons avec joie que Dieu est bon. Dieu est miséricorde, Dieu est Amour. Il ne s’agit pas d’un amour rationnel, calculateur et conditionnel, il s’agit d’un amour qui se donne, qui sert, qui comprend et qui pardonne à l’infini. Cela veut dire que sa bonté surpasse tout, y compris le fait que nous ne la méritons pas. Cela veut dire qu'il faut que nous abandonnions une fois pour toutes notre logique de comptables de nos œuvres.
 
Philippes avait été la première ville d’Europe à recevoir le message chrétien durant le troisième voyage missionnaire de Paul.  C’était une toute petite communauté chrétienne, avec laquelle Paul, l'apôtre des chrétiens de la dernière heure,  conserva une très belle relation.  Dans sa lettre, écrite en captivité, il écrit qu’il est un homme heureux.  Peut-être ne sortira-t-il pas vivant de son cachot, peut-être va-t-il être relâché. Il n’a d’autre but dans sa vie que Jésus ressuscité. Il est sa raison d’être, sa vie. Il n’est plus important d’être premier ou dernier, ce que nous pouvons être, d’ailleurs, tour à tour. Alors que nous pensons que l'excellence c'est de prendre la première place, Jésus nous invite au contraire à servir et à prendre la dernière place. Mais prendre la dernière place n'est pas une manière qui humilie et écrase. Elle est la conséquence de l'amour. Les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers. Nous avons tous la même valeur. Dieu est bon, généreux et miséricordieux; et que tout ce que nous recevons de lui est pur don.  Chaque fois que nous pensons mériter quelque chose ou avoir acquis certains droits, nous sommes dans l'erreur.  Cela est vrai dans nos relations entre nous et Dieu, ainsi que dans nos relations avec nos frères ou sœurs au sein de nos communautés.
 
La nature nous montre partout l’inégalité: devons-nous suivre sa loi du plus fort? L’inégalité est la loi des bêtes, non celle de son Royaume dit Jésus. Avec lui, nous sommes aux antipodes de la pensée de domination. L’excellence ne se trouve pas dans les mille et une qualités que nous possédons. Le travail de mise en valeur de nos forces intérieures pour nous-mêmes et le bien commun est d’une importance capitale pour le développement humain et celui de la société, cependant rien ne bat l’idée radicale que l’amour est le seul chemin qui nous mènera vers la vie dans le Royaume de Dieu. Le cœur même de ce qui vit ou de ce qui ne vit pas. Jésus ne nous invite pas à l'insouciance et à la nonchalance, mais bien à tout faire avec une totale gratuité, par amour,  et non pas dans le but d'acquérir des mérites et encore moins dans le simple but d'éviter les châtiments. Nous ne devons pas rester assis sur la place et rester sourds aux embauches.
 
Par notre disponibilité à Dieu, par notre foi engagée, nous serons des témoins au cœur de notre monde, au sein de notre Église. Nous serons des ouvriers au travail pour bâtir un monde nouveau. Nous devons répondre à l'appel de Dieu et nous mettre à sa suite. Espérons qu'au jour du jugement nous n'entendrons pas la question «pourquoi êtes-vous resté là, toute la journée sans rien faire ?»
 
 
 

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Homélie du Dimanche 17 Sept 2017 ( 24e D T.O A)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Abbé Daleb, cardinal 23

 

Frères et soeurs,
 
Suite à une offense, notre réaction première est de rendre les coups. Et celà n'est pas d'aujourd'hui, jadis déjà, en Orient, la vengeance était sainte, sacrée au point que l’Ancien Testament la prête (à tort) à Dieu lui-même. Tout au long de l'histoire biblique, Dieu va inviter l'humanité à se libérer de cette spirale de la violence. Au long des siècles et des progrès de la découverte du vrai Dieu, les textes de la Loi aussi bien que des prophètes invitent au pardon en annonçant le pardon de Dieu. Le peuple d'Israël apprend peu à peu à passer de la vengeance au pardon. Ben Sirac qui vivait au deuxième siècle av. J.-C. écrit que c'est parce que Dieu connaît notre faiblesse  qu'il a pitié de nous. De la même manière, c'est à cause de cette faiblesse que Ben Sirac nous invite à avoir pitié des autres. Si une personne n’a pas de pitié pour son semblable, comment peut-elle supplier pour ses propres fautes? C’est le «pardonne-nous comme nous pardonnons» du Notre Père.
 
Oui, dimanche dernier, Jésus prônait la miséricorde envers la sœur ou le frère égarés. Aujourd’hui, il prône cette même miséricorde quand on a soi-même subi une offense. Pierre sait qu’il faut pardonner, mais il arrive un moment où la patience est à bout. Il y a des limites à tout. À l'époque de Jésus dans les écoles de rabbins, on avait établi des conditions pour le pardon. La plupart des rabbins disaient qu’aller jusqu’à quatre pardons était acceptable.  Pierre demande donc à Jésus ce qu'il recommande et il suggère sept pardons, chiffre qui signifie beaucoup.  Pierre fixe cette limite avec une évidente générosité. En multipliant le chiffre de Pierre par dix et par sept, Jésus rend ce chiffre illimité. Dieu se dévoile non comme justicier, mais comme miséricorde et tendresse. Il ne s'agit pas de savoir à partir de quel moment nous sommes en règle avec la pitié. La pitié, c'est l'émotion qui nous prend aux entrailles, c'est plus fort que nous, cela déborde nos calculs mesquins. Jésus invite Pierre à dépasser tout calcul.
 
En effet Frères et soeurs, en certaines circonstances, aimer son prochain comme soi-même  cela implique de savoir pardonner. Refuser de pardonner à son prochain, c'est faire taire l'amour en notre cœur. Quand il est question d’offenses du passé, de cœurs brisés ou de remords, faut-il oublier, ou justement être alerte à ne pas oublier? Oublier voudrait dire tomber dans l’indifférence. Ne pas oublier, c’est être et demeurer vivant. Par contre, comment apprendre à vivre avec les souvenirs? Est-ce que je me laisse envahir par la haine ou est-ce que je tente d’aimer, de réconcilier? Là est la grande différence. En Dieu, il n'y a pas de pardon du bout des lèvres; il est grâce, entière gratuité. Le pardon est un geste d'amour qui ne s'achète pas. Ce qui est demandé au serviteur de la parabole c’est d’avoir miséricorde. Ce qui est demandé n'est pas de pardonner au sens d'excuser quelqu'un du tort qu'il nous a fait. C'est de partager sa souffrance avec d'autant plus d'amour que celle-ci est plus grande. Une vraie communauté chrétienne est lieu d'apprentissage du pardon et l'Église de Jésus n'existe vraiment que là où se vit le pardon. Dans le cœur de Dieu, le pardon ne connaît pas d'attente ni de demi-mesure: il est immédiat et total. Il ne s'agit pas de vouloir à tout prix éviter les conflits en gommant les différences. Il s'agit de vivre les divergences dans le respect des uns et des autres et de vivre la miséricorde en reconnaissant nos faiblesses et nos maladresses. Dieu sait combien il nous est parfois difficile de pardonner, de passer par-dessus l'offense comme dit Ben Sirac. Mais justement, peut-être le pardon accordé est-il indispensable pour accueillir la pitié de Dieu. Le cœur dur et le cœur sec ne peuvent pas recevoir le pardon de Dieu. Ce n'est pas Dieu qui cesse de pardonner, c'est nous qui sommes devenus impénétrables.
 
Ceci étant, la phrase centrale de la 2e lecture, c'est «Aucun d'entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même … Nous appartenons au Seigneur». Autrement dit, nous ne sommes pas des individus isolés, des espèces d'électrons libres lancés sur la planète-terre pour quelques années, avec des trajectoires indépendantes ! La grande conviction de Paul, c'est la solidarité très étroite qui nous unit les uns aux autres et avec Dieu. Cette solidarité ne supporte pas les divisions, les déchirures ; or c'est toujours avec les plus proches qu'il y a le plus de risque de brouilles et sur les sujets les plus sensibles. Une des barrières qui retient de nombreuses personnes de connaître l’amour de Dieu est l'idée que je ne peux trouver le vrai bonheur que si je suis libre de vivre pour moi-même, ce qui est l'option par défaut pour chacun. Cela signifie qu'à moins d'un changement, je finirai par vivre pour moi-même. Si je vis  pour moi-même, je suis à la fois le patron et le serviteur. Je suis à la fois débiteur et créditeur. Je suis celui qui est servi, et je suis celui qui fait le service. Je suis toujours en conflit avec moi-même. Jésus est venu dans le monde afin que chacun de nous puisse vivre d'une autre manière. Une famille ou une communauté ne peut vivre sans pardon reçu et donné.
 
Il est hasardeux de servir un patron insatisfait et encore plus de servir un roi non couronné. Comment vivre sa vie ? C'est une grande question.  Je suis libre d'utiliser mon corps, mes pensées, mes émotions, comme je le souhaite. Vivre pour moi est une évidence puisque la vie au sens biologique du terme vise la sauvegarde de ma vie. Quant au sens plus humain de la vie, je vis également pour moi  puisque je recherche ce qui me plaît, ce qui m'intéresse et me préoccupe. Je suis libre de définir mon but que je considère comme le plus valable. La société me présente plein de choses.  Acheter, consommer, travailler, construire une famille, se faire plaisir, etc.  L'être de chaque personne consiste dans la liberté, car elle ne peut absolument pas échapper au devoir de se réaliser soi-même, c'est-à-dire de faire de soi ce qu'elle est. Chacun de nous est condamné à être libre et à faire des choix. Vivre consiste à faire des choix, mais nous n'avons pas toujours les bonnes raisons des choix que nous faisons.  Il n'y a peut-être qu'une seule chose qui compte : le bonheur. Le bonheur exige de savoir pardonner. La raison pour laquelle il faut pardonner soixante-dix fois sept fois, c’est que Dieu m’a remis infiniment plus que le petit peu de mal qu’on m’a fait. Le pardon montre le chemin du Royaume de Dieu.
 
Frères et soeurs,
 
Notre moi est-il un prétendant au trône de Dieu? Quel sens donnons-nous à notre vie ? Quel témoignage laisserons-nous à notre postérité après notre passage sur la terre ?

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Homélie du dimanche 10 sept 2017 (23e D T.O A)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

 

Frères et Soeurs,
 
Nous aspirons tous à avoir cette capacité d’être dans l’amour inconditionnel, de pouvoir aimer sans limites, d’accepter l’autre dans tout ce qu’il est et du même fait, de recevoir cet amour en retour. Entendre qu’il faut faire des corrections fraternelles, cela met mal à l'aise la plupart d’entre nous. De quel droit aller trouver mon frère ou ma sœur pour le reprendre ? Nous considérons souvent notre vie de foi comme une affaire individuelle entre Dieu et chacun de nous. De quel droit, tel Ézékiel, inviter à un changement de comportement ? Attention cependant, il n’est pas question d'une démarche judiciaire, mais d’une manière de vivre notre foi. Jésus ne nous appelle pas à redresser des torts, mais à vivre dans un climat d’amour et de pardon.  Toute la vie de Jésus nous montre les gestes que nous devons poser : être assez humble pour se faire serviteur et pardonner sans compter.  Choisir l’amour. Simple à dire, mais cela demande l’ouverture du cœur et de la compassion. Choisir l’amour est un acte de courage, car il nous met face à nous-mêmes. Avec nos besoins humains, nous recherchons également cet amour inconditionnel.
 
Oui, avouons-le, si nous sommes des spécialistes pour faire des reproches, nous le sommes moins pour ne garder aucune dette envers personne, sauf celle de l'amour mutuel comme l’écrit Paul aux Romains. Pour aller vers l'autre, le reprendre sans lui faire la morale, il faut d’abord être proche de Jésus. Matthieu a présenté Jésus comme celui qui apporte le pardon et la réconciliation, le maître patient qui n’arrache pas le bon grain avec l’ivraie. Aucune communauté chrétienne ne sera jamais parfaite. L'ivraie sera toujours mêlée au blé dans le monde comme dans le cœur de tout être humain. Mais, pour Jésus, le péché ne peut se combattre que par l'amour, car tout péché naît d'une carence d'amour.  Quand deux ou trois sont réunis au nom de Jésus, il est là au milieu d'eux. Ces paroles nous invitent à relire notre vie, à réajuster la qualité de nos relations et de notre vie communautaire. Quand deux ou trois se réunissent en son nom, l'Église existe, Jésus ressuscité est présent. Voilà des mots d'autant plus importants à entendre que les prêtres se font rares. Nous sommes chrétiens en communauté. Tout ce que nous délions entre nous donne de la vigueur à notre engagement. Paul, dans la 2e lecture, écrit que tous les commandements se résument en l’amour. Il s’agit de se prendre en charge mutuellement, d’accepter une responsabilité les uns à l’égard des autres et une responsabilité commune sur chacun des membres de la communauté.
 
En effet, pour pouvoir aimer, il faut apprendre à s’aimer avec compassion. Pour recevoir l’amour, il faut développer la capacité de se donner l’amour d’abord. Chaque fois que nous réussissons à transformer une attitude de non-amour en compassion, nous habitons de plus en plus notre cœur et nous nous rapprochons de notre essence. En assumant notre réalité humaine, avec nos besoins et nos manques, nous avançons vers l’amour qui provient de la pureté et notre cœur. Voir avec les yeux du cœur, s’aimer et aimer… malgré les «malgré». Un regard plus loin que les apparences, tout simplement ; l’amour inconditionnel. La seule dette que nous devons avoir les uns envers les autres, c’est la dette de l’amour. Chaque fois que nous aidons une personne à se défaire des liens qui l’empêche de croître, nous lui permettons de se libérer et de s’épanouir. Le scandale serait de se croire si véritablement dans la vérité, que rien ne touche plus la communauté chrétienne, faute d’avoir appris à délier. Si nous ne réussissons pas à convaincre puisque chacun demeure libre, ce frère ou cette sœur ne devient pas méprisable.  Nous devons l’aimer comme soi-même et nous devons continuer à nous faire le prochain. Si le pardon est bien au cœur de toute communauté chrétienne, quel genre de communauté formons-nous pour être fidèles à Jésus ? Un groupe de gens corrects qui excluent les gens indignes ? Un rassemblement ouvert à ceux qui sont loin et méprisés ? Une église attentive, à l'écoute de ceux qui cherchent ? Aujourd'hui, qui risquons-nous d'exclure de la famille chrétienne ?
 
Frères et Soeurs,
 
Toute relation débute avec une intention d’amour. Parler d’amour est facile, choisir l’amour et l’entretenir est un entraînement quotidien dans nos choix, nos pensées, nos paroles et nos actions. À nous de voir ce qu’il y a encore à corriger dans nos vies et dans celle de nos communautés chrétiennes.

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Homélie du Dimanche 03 Septembre 2017

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Frères et sœurs,

Dimanche dernier, la liturgie nous a proposé de méditer la profession de foi de Pierre qui déclarait que Jésus est le Fils de Dieu. Aujourd’hui, c’est l’incompréhension du même Pierre lorsque Jésus dit qu’il doit partir pour Jérusalem et souffrir beaucoup. Mais Pierre s’y oppose fermement et Jésus le rabroue. Ceci étant, si Jésus veut vraiment aller au bout de sa mission personnelle, s’il veut être fidèle à lui-même, il faut qu’il monte à Jérusalem quoi qu’il lui en coûte.

 

Or, Jérusalem c’est la ville du temple et des grands-prêtres. C’est la ville de la religion. Mais, Dieu y est comme enfermé par tout un système hiérarchique, religieux, financier et même politique. Ce visage de Dieu n’est pas celui que Jésus révèle. Par sa vie et ses paroles, par ses actions auprès des exclus de toutes sortes, Jésus témoigne que Dieu est le Dieu des grands chemins, un Dieu des carrefours, un Dieu des rencontres, un Dieu pas comme nous le pensons.

 

En effet, Frères et sœurs, les textes bibliques de ce dimanche sont un appel à suivre les pensées de Dieu qui ne sont pas celles des hommes. C'est ce qui s'est passé pour le prophète Jérémie dont nous parle la 1ère lecture. Dieu lui a confié une mission extrêmement difficile. Il a été envoyé pour appeler le roi, les prêtres et le peuple à se convertir. Il leur annonce de la part de Dieu que leurs fautes auront des conséquences dramatiques. À plusieurs reprises, le prophète a essayé de se soustraire à cette mission, mais chaque fois il est rattrapé. C’est pour dire que dans toutes nos épreuves, le Seigneur nous apprend à nous abandonner à lui avec amour.

 

Dans la 2nde lecture, saint Paul nous demande de ne pas adopter la sagesse du monde, mais plutôt de nous laisser métamorphoser et transformer en renouvelant notre façon de penser et de vivre pour discerner ce qui est bon. Dieu ne recherche pas des gens empressés de le louanger aux heures de réussite et le délaisser aux heures de désarroi. C'est le message de Jésus à Pierre. Mais dans l'esprit de Pierre, il y a une confusion : Comme la plupart des gens de son pays, Pierre attendait un Messie qui prendrait le pouvoir et chasserait l'occupant romain de son pays. Or voilà que Jésus annonce qu'il doit "partir à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des prêtres et des scribes, être tué et le troisième jour ressusciter". Pour les juifs, c'était le sommet de la honte. C'était le signe visible de la malédiction divine. Nous comprenons alors la réaction de Pierre. Car peu de temps auparavant, il avait vu Jésus transfiguré "sur la montagne sainte" et il avait entendu la voix du Père disant : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le." C’est donc normal que Pierre ne comprenne plus. Il refuse le destin tragique d'un Messie promis à la croix et il le dit. Mais Jésus le réprimande car ses pensées dit-il ne sont pas "celles de Dieu mais celles des hommes".

 

Finalement, le chemin qui a été celui de Jésus doit devenir le nôtre au quotidien. Arrière Satan a dit Jésus à Pierre qui voulait l’écarter de sa route. La réaction de Pierre sur ce chemin est aussi la nôtre, mais, dans un sens, Pierre a raison, car il n’est pas question de jouer au martyr.  Quand Jésus nous invite à renoncer à nous-mêmes, il ne nous demande pas de renoncer à ce qui est bon en nous, à ce que nous sommes. Il nous demande de renoncer à vivre entre nous d'une manière non humaine.

 

L’expérience quotidienne nous démontre que la vie ne sera jamais quelque chose de facile. Nous mourons chaque jour à quelque chose : nous mourons à la jeunesse, à l’amitié, à l’amour, à nos certitudes, à nos acquis, à la santé, à notre réalité temporelle. Nous ressuscitons chaque jour à de nouvelles réalités, par nos rencontres, par nos apprentissages, par le partage, le pardon, la réconciliation, la communion aux autres.

 

En somme, Matthieu nous rappelle que nous sommes plus prompts à envisager un messie glorieux qu'un serviteur souffrant. Nous préférons souvent un Dieu puissant à un Dieu humble, qui pardonne toujours. Nous préférerions peut-être un Jésus sans mystère, sans histoire et sans croix, qui serait passé triomphalement de Nazareth à la résurrection. Nous préférerions les Béatitudes sans les renoncements. Mais, le chemin de l’évangile passe par le rejet et la croix. S’y refuser, c’est se faire adversaire ou obstacle sur ce chemin. Sans cesse, nous avons à tenir debout, sans cesse nous avons à avancer. Et qui dit se tenir debout et marcher dit en même temps une tension perpétuelle pour garder l’équilibre. C’est ça, porter sa croix.

 

Frères et sœurs, Dieu ne veut pas que nos vies soient faites de renoncement au bonheur, mais s’oublier, renoncer à soi est l'unique chemin qui propage l'amour et la liberté. Demandons donc la grâce de nous laisser guider sur le chemin de la vie et nous accompagner dans notre lutte contre la tentation

 

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Homélie du Dimanche 27 août 2017 (21ème T.O A)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Frères et sœurs,

Les textes bibliques qui nous sont proposés ce dimanche nous montrent des hommes qui ont tous été appelés par Dieu pour une mission bien précise.

Dans le texte d’Isaïe (1ère lecture), c’est un certain Eliaquim qui est appelé. Il reçoit l’investiture pour remplacer un serviteur royal devenu trop ambitieux. Nous ne savons rien d’autre de cet Eliaquim. Si non que, son nom signifie : « Dieu l’a suscité ». Ainsi, il fait désormais partie de ceux que Dieu a choisis pour conduire son peuple et en prendre soin. 

Ensuite, il y a l’apôtre Paul, qui lui aussi a été suscité par Dieu. Au départ, c’était un pharisien qui persécutait les chrétiens ; en agissant ainsi, il croyait sauver l’honneur de Dieu. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Cette rencontre a été pour lui le point de départ d’un véritable bouleversement. Le persécuteur acharné a été appelé à devenir un grand témoin de la foi dans le monde païen. Dans le texte d’aujourd’hui (2nde lecture), nous le voyons proclamer avec enthousiasme les merveilles de Dieu  tout au long des siècles. Tous les hommes, juifs et païens sont appelés « fils de Dieu ».

Enfin, nous avons Pierre qui lui aussi a été suscité par le Christ. Il est appelé à devenir cette pierre sur laquelle Jésus édifiera son Église. Cette promesse fait suite à la question que Jésus vient de poser à ses disciples : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » et c’est précisément Pierre qui fait cette belle profession de foi : « Tu es le Christ, le Fils de Dieu. » Il reconnaît en Jésus le Fils du Dieu vivant. Et c’est ainsi que Pierre est choisi par Jésus pour être le fondement de cette Église qu’il bâtira tout au long des siècles.

Voilà donc trois hommes, disais-je, qui ont répondu à l’appel du Seigneur en vue du salut du monde. Comme il a appelé ceux-là, le même Seigneur continue à appeler aujourd’hui encore des hommes, des femmes et des enfants pour sa mission. Nous sommes donc suscités pour participer activement à cette mission. Oui, la bonne nouvelle doit être annoncée à tous, enfants, jeunes et adultes. Nous devons retrouver cet enthousiasme missionnaire qui était celui de Paul. Nous, chrétiens d’aujourd’hui, donc vous et moi, nous sommes envoyés comme témoins et messagers de cette bonne nouvelle dans nos familles, nos villages, nos lieux de travail et jusque dans le monde entier. Le Seigneur compte sur nous pour que nous donnions le meilleur de nous-mêmes à cette mission. Le monde a tant besoin de notre bel exemple de vie.

C’est de cette manière que s’actualisera sur nous cette belle promesse du Christ : « Je te donnerai les clés du Royaume des cieux ». En effet, frères et sœurs, ce pouvoir c’est celui d’ouvrir le Royaume à tous les hommes. Il est confié à l’Église par l’intermédiaire de Pierre et de ses successeurs. Cette mission nous rejoint donc dans un monde où beaucoup de portes sont fermées aux uns et aux autres.

Aussi, le récit de Matthieu parle d’une Église qui peine à définir Jésus ressuscité et à le reconnaître en son temps. Il a fallu que Jésus meure et ressuscite pour s’interroger sur son identité réelle.  Et pourtant, après l’épisode de la multiplication des pains, Jésus a refusé de devenir le messie qu'attendaient les foules : « un Messie Toni-truant ». Cette déception marque le départ d'un nombre important de disciples. Et Jésus emmène les apôtres hors d’Israël, comme pour prendre du recul avec la foule, mais surtout pour revenir sur l’ensemble des événements vécus avec eux. Car Jésus veut savoir ce que ses disciples comprennent de sa mission.

Avec l'énumération faite par les apôtres, nous constatons que l'opinion que les gens ont de Jésus est très élevée.  Puis, Pierre déclare que pour lui Jésus est le Messie, le Fils du Dieu vivant. Il exprime probablement l'opinion de tous les apôtres. Par cette belle profession de foi, Pierre représente tous les chrétiens de la communauté de Matthieu ; c’est cette communauté chrétienne qui proclame sa foi à travers lui. Il ne faut cependant pas croire qu'il n'y avait chez les apôtres aucun doute sur la nature de Jésus. Comme cela persiste dans les cœurs de beaucoup de contemporains. Malgré tout, la compréhension de Pierre a été plus profonde à partir de cet instant. Et il devait en être ainsi pour chacun de nous.

Jésus veut construire son Église sur des personnes comme toi et moi, à l’exemple de Pierre. Jésus parle du royaume de Dieu dont les portes peuvent être ouvertes ou fermées à l'aide de clés. Ces clés sont confiées à un portier ou gérant qui est d’abord Pierre, mais qui devient ensuite l’Eglise, donc nous tous ici présent. D’où l'importance que Dieu donne à l’humain dans l'œuvre du salut. En accueillant ou en refoulant dans l’Eglise ceux qui veulent nous rejoindre dans la foi, nous ouvrons et fermons les portes du royaume.

Chacun est donc appelé à répondre à cette question : « Pour nous, qui est Jésus? » C’est par une foi vécue et engagée plus que par des mots, que nous pouvons répondre à cette question. Par notre profession de foi, nous serons alors heureux comme Simon-Pierre. C’est pourquoi nous allons demander la grâce de toujours reconnaitre que Jésus est à l’œuvre dans notre vie, lui le Fils de Dieu.

 

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Homélie du Dimanche 20 août 2017 (20ème D T.O A)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

 

 

Curé de Mbandza ndounga
Père Daleb Venceslas MPASSY

Frères et sœurs,

Les textes liturgiques de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle : le salut de Dieu est offert à tous les hommes ; il ne se limite pas aux bons croyants de son peuple ; mais il est pour tous, y compris les étrangers.

Voilà le message que nous trouvons déjà dans le livre d’Isaïe, bien avant la venue du Christ : « Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour m’honorer, pour aimer mon nom, pour devenir mes serviteurs, tous ceux qui tiennent à mon alliance,… je les conduirai sur ma montagne sainte. » cf. 1ère lecture

Se dessine là déjà l’idée que le salut ne concerne pas seulement un peuple mais tous les peuples. C’est en d’autres mots ce que nous rappelle le pape François quand il nous demande d’ouvrir les portes et d’aller au-devant de ceux qui sont loin, jusque dans les « périphéries ». Puisque la Parole de Dieu doit être annoncée à tous.

Et le psaume 66 vient prolonger cette lecture d’Isaïe : tous les étrangers sont invités à se joindre à la grande action de grâce du peuple d’Israël : « Que les peuples Dieu te rendent grâce. Qu’ils te rendent grâce tous ensemble. » C’est une louange qui se veut universelle, il s’agit là de tous les peuples, de toutes les Nations. D’ailleurs le 2ème couplet le signifie bien : « Que les Nations chantent … »

Oui, Frères et sœurs,

Et Saint Paul, nous mets en plein dans l’accomplissement de ce projet de Dieu. Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre s’adresse à des chrétiens d’origine païenne. Leur accueil dans la communauté chrétienne ne s’est pas fait sans de nombreuses tensions. Mais ces étrangers sont de plus en plus nombreux à se convertir au Christ. Le fait que l’Évangile soit reçu par des païens montre à lui seul que Dieu appelle tous les hommes. Il veut faire miséricorde à tous car il veut que tous soient sauvés. A la suite de Paul et de tous les grands témoins de la foi, nous sommes envoyés vers ceux qui ne fréquentent pas nos assemblées. L’Église d’aujourd’hui doit ouvrir ses yeux, ses oreilles et son cœur aux appels du monde entier. La bonne nouvelle de Jésus Christ est pour tous. Comme le dit St Paul : « Ainsi ça sera la vie pour ceux qui étaient morts »

Avec Jésus cette bonne nouvelle se réalise également. Lui-même vient de se heurter à l’incroyance des siens, les juifs. Il se retire dans la région de Tyr et Sidon, en terre païenne ; et c’est là qu’a lieu la rencontre avec la Cananéenne. Sa race, son pays, son passé, tout absolument tout la rend étrangère et lointaine de Jésus. Et nous pouvons même être surpris par la dureté de Jésus à l’égard de cette femme. Mais rassurons-nous, tous cela est pédagogique. En effet, Jésus commence par ne pas lui répondre, ensuite il déclare à ses disciples que son affaire ne le concerne pas, enfin il s’adresse directement à la femme, mais c’est pour lui adresser un refus insultant. Mais, la foi de cette païenne, étrangère au peuple de Dieu, l'emportera finalement sur le privilège de l'appartenance au peuple élu. Oui, cette païenne va faire preuve de droiture, d’humilité, de disponibilité, d’humour et surtout d’une foi étonnante qui va faire l’admiration de Jésus. Nous l’avons tous entendu : « les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître. » C’est là une leçon extraordinaire pour les juifs et pour les disciples, mais pour nous aussi aujourd’hui.

Comme la Cananéenne et la Samaritaine, nous sommes en droit de supplier le Christ : « Aie pitié de notre monde qui est tourmenté par les attentats, les injustices, les violences, la misère, l’indifférence, et tout le reste …

Les textes de ce dimanche nous invitent à changer notre regard sur ceux qui ne sont pas comme nous. L’amour du Christ est universel et sans limite. Tous  les peuples du monde entier sont invités à acclamer le Seigneur pour cet  amour sans frontière. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles, nos gestes d’accueil, de partage et de solidarité. Et là, raisonne dans ma tête la prière de ce chant que sans doute nous connaissons: « Allez-vous en sur les places et sur les parvis… Allez-vous en sur les places y chercher tous mes amis ».

En ce dimanche, il s'agit donc d'être respectueux de la différence des autres. Au-delà du ton dur de l’évangile entendu, c'est un Jésus missionnaire qui nous appelle à être des chrétiens agissant comme lui.  Il nous appelle à dépasser les frontières de notre religion, de notre esprit de clocher pour accueillir toutes ces personnes venant d'ailleurs.

 

La femme cananéenne dont il est question, on ne sait même pas son nom. On l'appelle simplement « la Cananéenne ››, eh bien cette femme-là, n’est pas nommé parce qu’elle est censée prendre bien des visages dans notre monde actuel : elle se retrouve dans la musulmane, la protestante, la juive, bouddhiste, etc. Mais elle est aussi la divorcée, la remariée, l’homosexuelle, ou tout blessée de discrimination quelconque. Ne leur faisons pas subir l’exclusion que l’Église de Matthieu imposait aux étrangers. Accueillons-les tels qu’ils sont et aimons-les comme ils sont. Ne leur refusons surtout pas l’espérance qui nous habite ! À quoi nous servirait d'écouter cet évangile au ton provocateur s'il n'avait aucun impact dans nos vies ? Dieu n’a pas de frontière. Il est Dieu au-delà des différences. La foi devrait nous unir les uns aux autres, faire des étrangers que nous sommes, des frères et des sœurs.

Le Christ continue à nous envoyer pour témoigner de son amour auprès de tous les blessés de la vie, les malades, les exclus, les prisonniers. Il nous envoie pour porter la guérison autour de nous. Le remède qu’il nous donne c’est bien plus que des miettes qui tombent sous la table : mais c’est le don de sa Parole et de son Corps, c’est le don de son Esprit saint.

Alors, demandons la grâce et l’audace de la Cananéenne dans notre vie de foi.

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Homélie de l'Assomption de la Vierge Marie (Mardi 15 août 2017)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Père Daleb Mpassy
Père Daleb pronnonçant son homélie

Frères et sœurs,

 

En célébrant l’Assomption de la Vierge Marie, nous sommes invités à devenir une Eglise vraiment mariale. Beaucoup se posent certainement la question : qu’est-ce que cela encore? Une Eglise vraiment mariale, ce n'est pas une Eglise qui multiplie les processions, mais c'est une Eglise qui vit l'Evangile à la manière de Marie, et qui rend grâce pour les merveilles que la Parole de Dieu continue d'accomplir aujourd'hui dans la vie des plus petits. Oui, Marie se réjouit et chante «Le Magnificat».

 

Pour mieux comprendre le mystère qui nous est proposé, prenons le temps de méditer pas à pas la Parole de Dieu que nous avons entendu. L'Apocalypse de saint Jean est écrit en langage codé et pour cause. C'étaient des pages qu'on se passait sous le manteau, en pleine persécution, pour se redonner confiance. Avec des images saisissantes, l'apôtre Jean décrit la violence des persécutions contre les chrétiens: «Le dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l'enfant dès sa naissance». La femme dont il est question, ce n'est pas d'abord Marie. Il s'agit de la communauté des premiers chrétiens aux prises avec la persécution des empereurs romains. Cette communauté qui enfante un monde nouveau voulu par le Christ, sera t-elle vraiment balayée, dispersée par le dragon? Non! Puisque l'apôtre Jean, avec des mots non moins saisissants, annonce également la victoire certaine du Christ et de ceux qui lui font confiance : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu et le pouvoir de son Christ».

 

En contemplant donc ce tableau, reconnaissons qu'il dépeint le drame de l'humanité en tous temps, le drame de notre temps, et qu'il lance là un message d'espérance dont nous avons bien besoin, nous aussi. Oui, ils sont nombreux, en effet, aujourd'hui, ceux qui perdent confiance et se demandent où est Dieu dans ce monde de violence, de haine et d'injustice. Les paroles de Saint Jean ne sont pas de trop pour nous dire que le Christ, qui a affronté l'injustice et la mort, nous promet que l'amour et la vie auront le dernier mot.

 

Nonobstant cela, en cette fête de l’Assomption, comment ne pas reconnaître Marie, dans cette femme que décrit saint Jean? Cette « Femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles ». C'est elle qui a enfanté le Sauveur et qui, la première, l'a rejoint dans sa résurrection. C’est pourquoi dans la deuxième lecture, saint Paul ne parle pas directement de Marie. En quelques lignes, il célèbre plutôt la résurrection de Jésus. Elle est le premier acte d’une longue lignée d’êtres humains. Tous sont appelés à la plénitude de la vie en Dieu au-delà de la mort. Toutes les puissances du mal seront détruites. Ce sera un très beau cortège et, bien sûr, Marie y occupera une place de choix. Elle sera la première à bénéficier en son corps et en son âme des fruits de la résurrection de Jésus : c’est le mystère de l’Assomption.

 

C’est là qu’il est temps de laisser parler l'Evangile. Il dépeint, en effet, une scène de la vie quotidienne: la visite de Marie à sa cousine Elisabeth. Deux cousines qui se rencontrent. Un épisode de la vie ordinaire, puisque Marie a vécu l'existence humaine partagée par beaucoup de femmes. Et là un problème se pose quand même: Pourquoi dit-on que toutes les générations lui diront bienheureuse? Qu’a-t-elle donc de si différent, cette femme ordinaire, cette femme presque invisible qu'on pressent derrière quelques pages de nos évangiles?

 

Une seule chose : Elle a toujours dit oui à Dieu et cela suffit. Sa cousine Elizabeth lui a dit: «Bienheureuse es-tu parce que tu as cru». Et Marie de rajouter: «Désormais tous les âges me diront bienheureuse». Oui, Marie est bienheureuse d'avoir cru à la parole de Dieu et de l'avoir mise en pratique. Aujourd’hui donc, Marie nous dit à nous ici présent, que l'extraordinaire est possible dans l'ordinaire d'une vie toute simple. La Vierge n’a pas changé, si nous l’appelons, elle accourt toujours vers nous. Et Jésus est toujours à ses côtés. Bien sûr, nous ne sommes pas Elisabeth et Marie n’est pas notre cousine. Mais elle est encore plus, puisqu’elle est devenue notre mère. C’est Jésus qui l’a voulu ainsi lorsqu’il était sur la croix. S’adressant à Jean, il dit : « Voici ta mère ». Et à Marie : « Voici ton fils. » A partir cette heure-là, le disciple la prit chez lui. A travers lui, c’est toute l’humanité que Jésus confiait à sa mère. Alors n’hésitons pas à prendre Marie chez nous et à lui donner la place d’honneur. Nous pourrons toujours compter sur elle. En ce jour, nous rendons grâce à Dieu pour ce merveilleux cadeau qu’il nous fait en nous donnant Marie pour Mère.

Nous célébrons donc Marie qui a été la première des croyants à accueillir la Parole de Dieu. Elle nous a ouvert un chemin qui est emprunté par tous ceux et celles qui ont décidé de lier leur vie  à celle de Jésus. Elle ne fait donc pas écran à Jésus comme nombreux le pensent. Mais elle nous aide à aller vers Jésus : A Jésus par Marie.

En ce jour, nous nous tournons vers toi Seigneur : que cette fête de l’Assomption fasse grandir en nous le désir d’imiter la Vierge Marie. Fais grandir notre confiance en sa prière maternelle pour partager un jour sa gloire. Amen

 

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Homélie du Dimanche 13 Août 2017 (19ème Dim T.O A)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

 

ordinations épiscopales à Kinshassa
P.Daleb avec les nouveaux éveques

Frères et sœurs,

 

Les textes bibliques que la liturgie nous propose, nous invitent à corriger l’idée que nous nous faisons de Dieu. C’est ce qu’a dû faire le prophète Élie sur la montagne de l’Oreb. Il se le représentait seulement comme un Dieu de puissance. Il pensait le trouver dans l’ouragan puis dans le tremblement de terre. Mais le Seigneur n’était ni dans l’un ni dans l’autre. Ainsi, avant de le découvrir dans le murmure d’une brise légère, Élie a d’abord fait l’expérience de l’absence de Dieu dans sa vie.

 

Oui, Dieu semble parfois absent de nos vies. Et c’est l’expérience du prophète Élie qui est découragé parce qu’il est poursuivi par la reine Jézabel qui cherche à le faire mourir. Le voilà donc obligé de passer nuit dans une caverne. Élie demande à voir Dieu pour retrouver l’audace nécessaire à sa mission. Cette expérience d’Élie nous montre clairement la manière dont Dieu passe et dit sa présence dans nos vies. Remarquons que si Dieu nous parle parfois dans le tonnerre et dans le feu (Bruit), il parle aussi et surtout dans le murmure d'une brise légère (Silence). C’est dire que nous nous trompons souvent.

 

L’apôtre Paul s’était lui aussi trompé sur Dieu. Dans un premier temps, il a violemment persécuté les chrétiens. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Pour lui, ce fut le point de départ d’une véritable conversion. Cette découverte extraordinaire, il voudrait la partager  avec ses frères de la communauté juive. Mais ces derniers refusent de reconnaître Jésus comme le Messie. Et dans la 2nde lecture, Paul nous a fait part de sa douleur face à leur incrédulité.

 

Mais dans l’évangile, Jésus vient de faire la multiplication des pains. Il se rend maintenant dans la montagne, à l’écart, pour prier dans le silence. Et ce n’est que vers la fin de la nuit que Jésus vient vers ses disciples. Pendant ce temps, les choses vont mal pour eux. Ils sont là, dans une minuscule barque, figure de l'Église, mais tourmentée par des vents contraires. Jésus est venu vers eux en marchant sur la mer. Pierre hésite encore à croire. Il veut des preuves : ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. Jésus lui dit : viens. Pierre descend de la barque, mais la tempête a raison de son audace. Et là, il commence à s’enfoncer.

 

En effet, comme Pierre, l’Église aussi a souvent peur. C’est à ce titre que le Saint Pape Jean Paul II disait : « N’ayez pas peur ». Jésus ressuscité est avec elle dans la barque, et lui redonne confiance.  Quelle belle manière de décrire ce que nous vivons présentement dans l’Église ? Et pas seulement dans l’Eglise mais même dans nos vies. Les tempêtes ne manquent pas tant l'Église que dans nos vies. Nous sommes parfois secoués dans toutes les directions, à l'intérieur comme à l'extérieur. Pour l’Eglise, il y a des secousses telles : La pédophilie, les scandales financiers, la diminution dramatique d'engagements sacerdotal et même laïque, et j’en passe.

 

Dans nos vies d'individus, de couples, de familles, dans notre société, on peut aussi répertorier des secousses : les déceptions amoureuses, les suicides, les divorces, les licenciements professionnels, le chômage qui perdure, la perte d’un être cher, la maladie, les échecs, etc. C’est dire que, nous naviguons nos vies sur une mer agitée battue par les vagues à cause du vent contraire. Quand vient la tempête, comme Pierre, nous marchons au début sur les eaux avec confiance. Mais voyant la marche se prolonger et le rivage encore loin, nous perdons pied. Nous avons peur de nous enfoncer. C'est alors le moment d’entendre la parole que Jésus adresse à ses disciples : confiance ! C'est moi, n'ayez pas peur !  Et là, une main nous est tendue. C’est celle de Jésus ressuscité.

 

Oui Frères et sœurs,

 

Quand tout va mal, nous risquons de croire que Dieu nous a abandonnés. Mais il est là, bien présent ; et nous dit « Viens ». Il voit nos doutes, nos peurs quand nous sommes affrontés à la tempête. Mais il est là pour nous rassurer et nous apprendre l’espérance. Dieu nous tend la main.

 

Quand Pierre regarde Jésus et met en lui sa confiance, il avance. Quand il regarde le vent contraire et qu'il prend peur, il s'enfonce. La peur dicte un langage de lâcheté qui, au lieu de favoriser le dialogue, ordonne de tuer, de laisser mourir, de créer une société dominée par les puissants, je pense encore aux attentats, aux fameuses menaces nucléaire entre la Corée du Nord et les USA. Et nous avons des raisons d’avoir peur.

 

Frères et sœurs, la peur, nous l’avons peut-être déjà expérimentée dans nos vies : c’est une maîtresse sans pitié. Le malheur qu’elle apporte est tout simplement terrible et dévastateur. Jésus nous invite encore aujourd’hui à prendre le risque de la foi et à marcher sur les eaux. Si nous accueillons le Christ dans la barque de nos vies, nous savons que nous pourrons compter sur lui. Nous serons unis dans la foi en lui. Il ne demande qu’à nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos doutes. Il ne cesse de nous tendre la main. L’Église est aussi cette barque qui doit affronter les tempêtes. Ce qui la sauve ce n’est pas les qualités ni le courage de ses membres mais la foi qui lui permet d’avancer dans l’obscurité. La foi nous donne l’assurance de la présence de Jésus  à nos côtés.

Comme Élie, recherchons des rencontres avec Dieu, sans lesquelles notre foi dépérit. Comme Saint Paul n’ayant pas peur de réajuster notre vie lorsque nous prenons conscience de nos erreurs. Et surtout, n’oublions pas : chaque dimanche, Jésus nous invite à l’Eucharistie. Il nous propose son Corps et son sang pour nous rendre forts dans les épreuves. Avec lui, nous pourrons continuer notre route avec plus de courage. Et à la fin de la messe, nous sommes envoyés pour être les témoins et les messagers de cette bonne nouvelle.

 

 

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En mémoire du Père Jan CZUBA, missionnaire Polonais tué en martyre à Loulombo dans le Diocèse de Kinkala (Congo-Brazzaville)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Lors de la visite d'une délégation du clergé de Tarnow avec l'évêque auxilliaire
Lors de la visite d'une délégation du clergé de Tarnow avec l'évêque auxilliaire
Lors de la visite d'une délégation du clergé de Tarnow avec l'évêque auxilliaire
Lors de la visite d'une délégation du clergé de Tarnow avec l'évêque auxilliaire
Lors de la visite d'une délégation du clergé de Tarnow avec l'évêque auxilliaire
Lors de la visite d'une délégation du clergé de Tarnow avec l'évêque auxilliaire
Lors de la visite d'une délégation du clergé de Tarnow avec l'évêque auxilliaire
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Homélie du 10 Août 2017 (Fête de St Laurent)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

 

Frères et sœurs,

«La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure» (disait St Augustin).

 

Aujourd’hui, nous fêtons St Laurent, sans doute le plus célèbre des martyrs romains. Au service de l’Eglise, parce que Diacre du Pape Sixte II, St Laurent s’est offert lui-même à la suite de Jésus. Il mourut brulé vif sur un gril. C’est ainsi qu’il entra dans la Vie véritable.

 

Et Jésus, dans l’évangile, nous révèle le sens de cette vie véritable. En effet, elle est relation et don de soi. Voilà tout ce qu’il attend de notre part, c’est que nous mourions à nous-mêmes pour les autres. Ceci étant, aimer sa vie et la garder jalousement pour soi, c’est la perdre.

 

Comme une graine, notre cœur est invité aujourd’hui à faire mourir en lui tout égoïsme en brisant ses enveloppes d’individualisme, de violence, de haine, et d’autosatisfaction. L’histoire de ce grain de blé tombé en terre est l’histoire d’une vie donnée dont le seul motif était l’Amour !


Saisi par l’Amour, ce grain s’est laissé semé, arrosé et parfois même abandonné, et oublié de l’extérieur. Mais dans les profondeurs, toute une traversée s’est effectuée. Et ce grain a choisi de s’offrir librement. Il a accepté de mourir et se dépouiller pour parvenir à la vie. Remarquons que tout cela se fait dans l’obscurité et presque en cachette.

 

Oui, il faut le vouloir. Et c’est Jésus qui nous aide à accepter notre enfouissement en vue du bonheur des autres. Il nous donne la grâce de le suivre dans le quotidien, il change nos cœurs et nous aide à traverser cette période noire, sans lumière, pendant laquelle nous recevons une autre nourriture qui nous aide à nous transformer pour entrer dans la phase de croissance, et de la floraison.


En célébrant l’Eucharistie nous faisons mémoire du Don total de Jésus lui-même, et nous puisons là notre lumière et notre force.

 

Demandons au Seigneur, la grâce d’être à l’exemple de ce grain de blé une vie unie à Dieu, Lui l’Amour infini, une vie donnée au quotidien avec générosité à nos frères et sœurs !

 

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Le cardinal Filoni, préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des Peuples, rend hommage au Curé d'Ars en présence de quelques prêtres du Diocèse de Kinkala

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni
Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni
Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni
Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni
Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni
Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni
Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni
Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni
Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni

Séjour de quelques prêtres du diocèse de Kinkala au Sanctuaire d'Ars en présence du Cardinal Filoni

Ce 04 Août 2017 en la fête de Saint Jean Marie Vianey, le cardinal Filoni a rendu hommage au St Curé d'Ars en présence de quelques prêtres du Diocèse de Kinkala en séjour au Sanctuaire.

En effet, comme chaque année, le village d’Ars a fêté son saint Curé pendant deux jours, les 3 et 4 août. Cette année, c’est le Cardinal Fernando Filoni, préfet  de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, qui a présidéces célébrations. «Le Curé d’Ars dans sa vie sacerdotale n’a jamais ignoré la vie spirituelle d’un simple bon chrétien : il savait bien que pour être un bon pasteur, il était avant tout nécessaire de vivre et de cheminer dans la grâce sanctifiante.» Le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, en visite dans ce village de la région lyonnaise, l’a rappelé dans son homélie à l’occasion de la mémoire liturgique de saint Jean-Marie Vianney.

VOICI LE PROGRAMME DE CE WEEKEND

Jeudi 3 août 2017

16h Conférence du Cardinal Fernando Filoni (Foyer Sacerdotal)

17h30 Messe pour les vocations Présidée par Mgr Roland (Foyer Sacerdotal)

20h Soirée Miséricorde : adoration et confessions Nuit d’adoration (Basilique)

Vendredi 4 août 2017

9h Office des Laudes (Eglise Notre Dame de la Miséricorde)

10h Messe solennelle présidée par le Cardinal Fernando Filoni (ENDM) A partir de 12h : exposition du Saint Sacrement

13h à 14h30 Activités ludiques pour les enfants (Prairie)

15h Procession avec la relique du saint curé (Départ du château d’Ars)

16h Vêpres solennelles (Eglise N-D de la Miséricorde)

17h Rétrospective des moments forts de l’année (Chapiteau sur la prairie)

Confessions en continu tout au long de la journée

D’origine paysanne et provenant d’une famille pauvre et nombreuse, Jean-Marie Vianney est né en 1786 à Dardilly, près de Lyon. Le cardinal Filoni a rappelé «son enfance difficile au temps de la Révolution, ses difficultés dans les études et sa piété simple et profonde, à l’école, d’abord, de sa mère, puis de don Balley, qui comme père spirituel l’a encouragé et accompagné dans ses premières années de vie pastorale.»

L’humilité, la pauvreté, l’obéissance et la chasteté sont les quatre solides colonnes, a ajouté le cardinal italien, sur lesquelles le curé d’Ars s’était construit une «maison» : «Ces vertus furent de constantes compagnes de vie ; avec elles il dialoguait et par elles il fut aidé dans son itinéraire humain durant 73 ans.»

Par ailleurs, a rappelé le cardinal Filoni, «l’amitié avec Jésus, doux et humble de cœur, fut la dimension constante de toute sa vie ; de l’enseignement du Christ à travers ses leçons et inspirations de vie durant ses 40 années de ministère sacerdotal comme curé de ce village ; la prière, ensuite, était simple et profonde, comme total fut son filial amour pour Marie».

L’œuvre pastorale de saint Jean-Marie Vianney est devenue modèle de sainteté sacerdotale. Après l’avoir canonisé en 1925, le Pape Pie XI le déclarera, quatre ans plus tard, saint patron «de tous les curés de l’univers». En 1986, année du bicentenaire de sa naissance, le Pape Jean-Paul II avait également rendu hommage au curé d’Ars en visitant ce village

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Homélie du Dimanche 06 Août 2017 (18ème D T.O)

par Abbé Wenceslas daleb mpassy

Frères et sœurs,

 

Les dimanches précédents, la liturgie nous a présenté une série de paraboles. Elles étaient axées sur la moisson et concernaient  toutes :

  • Les difficultés et le succès de la prédication de Jésus.
  • Puis, sa vision du royaume de Dieu.

 

Alors, pendant que Jésus haranguait les foules avec ses paraboles, voilà que Jean-Baptiste vient d'être décapité par le roi Hérode. Pourquoi ? Parce qu’il lui a reproché d’avoir pris la femme de son frère, mais aussi et surtout parce qu’il devait craindre qu’il ne soulève les foules autour d'un messie.

 

C'est donc dans ce contexte que se déroule l’épisode d’aujourd’hui. L’évangile de Mathieu change de ton. Il ne s’agit plus de paraboles, d’histoires, mais de gestes concrets au cours d’un événement : la multiplication des pains. 

 

Le récit de la multiplication des pains est le signe de la nourriture spirituelle que Dieu offre en abondance comme nous venons de l’entendre dans la première lecture. « Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas? […] Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez».

 

En effet, cette nourriture spirituelle ne se perd pas, elle se partage avec les autres. Il y en toujours de disponible et la multiplication des pains est confiée à des disciples qui apprendront à porter sur les foules le regard de compassion de Jésus.

 

Aujourd’hui, dans un monde où tout s’achète et se vend, Jésus nous parle encore de don et de partage. Ce que Dieu attend de nous, c’est notre disponibilité. C’est l’apport du peu que nous avons et du peu que nous sommes. Osons-nous, nous poser ces questions :

  • Avons-nous pour nos frères et sœurs cet accueil de Jésus ou adoptons-nous plutôt l'attitude contrariée initiale des apôtres qui voulaient renvoyer tous ces gens ?
  • Préférons-nous ne pas voir la détresse humaine ou sommes-nous généreux de nos talents reçus gratuitement.

 

Certes, nous ne pouvons pas répondre à tous les besoins du monde, et non plus accueillir toute la misère du monde, mais nous pouvons y faire une différence. Jésus vient nous apprendre à nous mettre au service des plus pauvres. Écoutons leur tristesse et leurs misères et tout deviendra possible. Et le Père évêque, Mgr Olivier y est revenu lors de sa conférence à St Valéry (les Mardi de St Valéry).

 

C’est nous qui devons faire changer le monde. Nous, avec nos talents, nos qualités et même nos défauts, ce que nous sommes, ce que nous possédons comme richesse, ce que nous avons à donner aux autres. Ce n’est toujours pas du matériel, c’est aussi avec notre foi, notre espérance et notre amour. Nous devons les partager afin de combler les faims du monde, mais il ne faut pas s'attendre à une intervention fracassante de la part de Dieu, à vivre de fortes émotions. C'est dans le secret du cœur que Dieu parle.

 

Aujourd’hui, autant les baptisés admettent qu’il faut nourrir les affamés et venir en aide aux misérables, autant ils ne comprennent plus la nécessité de se laisser nourrir eux-mêmes par le Pain de Dieu.

 

  • Comment regarder les multitudes abattues avec le regard de Jésus
  • Comment lutter efficacement pour la justice et la paix du monde si nous ne nous alimentons pas de sa Parole. 

 

Dieu peut nous rassasier jusqu’à remplir d’autres cœurs du même amour et de notre espérance en la résurrection et la vie éternelle. Dans sa lettre aux Romains, saint Paul, après avoir discuté des divers aspects de notre vie nouvelle en Jésus, conclut que rien n’arrêtera notre aventure chrétienne. 

 

Il arrive pourtant des moments où les nouvelles du jour sont décourageantes. Peut-être faut-il alors simplement, à l’exemple de Jésus, se retirer sur la montagne pour prier. Non, ce serait trop simple. Soyons généreux de nos talents reçus gratuitement. Offrons nos cinq pains et nos deux poissons, le Seigneur en a besoin pour redonner l'espérance et pour vivre d'un amour sans limites. Nous avons la responsabilité de distribuer le pain, de le partager pour que les faims du monde soient comblées.

 

Jésus est un Dieu de rencontre, une rencontre qui transforme, qui éclaire, qui apporte la vraie lumière au cœur de l'être humain. Devant les diverses faims qui nous tenaillent, l’évangile nous invite à croire que si nous levons les yeux vers Notre Père du ciel  toutes les faims seront comblées au-delà de nos espérances, y compris nos propres faims.

Père Daleb Venceslas MPASSY

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